110317 6 min Système

Je rêvais d'un autre monde (4)

4. le revenu de vie

Nous avons un problème avec le revenu de vie.
Si les capitalistes savaient cela, ils sauterait sur l'occasion de manière furibonde pour instaurer un revenu de vie.
Ils mettrait en branle toutes les machines à inculquer les idées toutes faites dans le cerveau des gens en s'enroulant dans un robe blanche de pureté intellectuelle et morale, en se présentant comme les sauveurs du monde, dans le seul but de donner un second souffle au capitalisme.

Comme je l'ai dit auparavant, dans toute mécanique qu'on démonte et qu'on rénove, il y a d'autres pièces à démonter et à rénover à leur tour, et bien souvent, rien ne peut se faire tant que tous les tenants et les aboutissants ne sont pas mis en conformité. Avant cela, on reste bloqués, ou pire, si on relance une mécanique seulement à moitié rénovée, tout explose.

L'idée d'un revenu de vie revient à rendre réel l'utopie capitaliste selon laquelle tout le monde est sensé avoir assez d'argent pour acheter ou ne pas acheter ce qui est le meilleur, de façon à ce que l'offre te la demande conduise les fabricants à devenir de plus en plus responsables.

Personne ne voulant remettre en cause cette croyance, cette foi aveugle, et n'étant pas assez instruit en mécanique des Lois pour comprendre à quel point cela est stupide, la solution du revenu de vie pourrait très bien sembler une solution viable.

Le peuple, assez terre-à-terre il faut le dire, n'y verrait que du feu, puisque lui on lui promet d'être tranquille dans sa tête, du moins tant qu'il ne se préoccupe pas trop des questions annexes à sa petite vie.

Non, c'est stupide. Au niveau de ce que j'appelle nouvellement la mécanique des lois, il existe une proposition qui stipule que lorsqu'on passe d'une échelle à une autre, la méthode doit elle aussi gagner autant en complexité. La méthode capitaliste qui utilise pour l'échelle microcosmique et macrocosmique les mêmes lois sans les faire gagner en complexité, est vouée à l'échec par avance, et rien ne pourra empêcher cette vérité d'apparaître, car les lois de la nature ont tendance à être tenaces.

Mais comme souvent, comme avec le capitalisme social, dans le principe du revenu de vie on peut dire « il y a de l'idée ».
En fait ces solutions, comme souvent quand on a à faire à une méthode insuffisamment complexe, sont seulement symboliques des vraies bonnes solutions.

Le revenu de vie va dire que tout individu ayant eu le privilège et la joie de naître sur cette planète-ci, bénéficiera d'un revenu mensuel lui assurant, en toutes circonstance, et quels que soient les prix des marchandises de pouvoir
habiter
manger
se soigner
se déplacer
s'instruire.

Il est clair que si cela était la seule règle et la seule loi, (dans une première approximation) il serait prévisible que les biens de consommation seraient insuffisants.
En effet, devant la maltraitance qu'on subi quand on est employé la plupart du temps et dans la plupart des pays, on aurait mieux fait de s'abstenir d'aller souffrir.

Surtout que la plupart du temps on est contraint à faire des choses qu'on regrette de faire, qu'on aurait préféré faire différemment, d'être plongés dans une production qui refuse d'évoluer et de tenir compte des avis des autres, etc etc... (il y a tellement de problèmes).

Peut-être ainsi cela fera-t-il naître des conditions de travail qui soient dignes et conventionnelles, parce que, si l'emploi consistait à recevoir une rémunération supérieure à celle qui est utile, ou permettant d'obtenir des produits privilégiés, il faudrait quand même que les employeurs commencent à se soucier du bien-être de leurs employés, de leur épanouissement personnel (ce mot, épanouissement, est un des motifs des Droits de l'Homme).

Oui peut-être que à terme cela résoudrait pas mal de problèmes.

On peut aussi considérer, parmi les bonnes conséquences, que le temps libre dégagé permette une meilleure répartition du temps de travail, ou que le progrès social et scientifique soit accéléré.

Mais cela ne résoudra le problème de la surconsommation, de la fabrication du plastique, de la pollution des usines, que en seconde ou tierce instance.

Il y a aussi un problème de poids qu'il faut résoudre, c'est que si on supprime les banques et les assurances tel que je le préconise, ainsi que tout le système financier (qui permet de choisir dans quoi il faut « investir »), et qu'on remplace ces fonctionnalités par une monnaie électronique uniforme créée sans contrepartie et par des comités qui décident de ce à quoi il est préférable de s'investir, si on arrête la fabrication des armes tel que je le préconise et si on robotise à outrance le maximum de production tel que le préconise aussi (au lieu de faire des drones de guerre, on peut faire des robots qui vont cueillir les fruits et les légumes), comment promettre une répartition équitable des richesses ?

Les richesses, enfin la seule richesse que je connaisse (personnellement !) c'est de jouir de la nature féconde, de s'y promener, de pratiquer du sport, d'inventer des trucs etc...

Quand on parle de répartition des richesses on parle d'un argent qui soit réparti mathématiquement.
Or ce sentiment de justice ne peut que être le fruit d'une mécanique de précision.

Le danger avec la méthode du revenu de vie c'est que l'offre et la demande perdure comme système (aberrant) sensé produire le sentiment de justice, alors que ça ne marche pas, et que précisément c'est cela qui motive les révolutions.

Cela veut dire que même dans un monde où les moyens de la subsistance sont garantis, on peut encore trouver des motifs d'injustice, par exemple lors de l'exploitation des forêts, (des robots qui rasent les forêts ?) du soucis écologique, ou tout un tas de chose que je ne m'imagine même pas.

Il faudrait veiller à ne pas débrider le capitalisme de sorte qu'il puisse s'exprimer dans toute sa splendeur, car finalement le revenu de vie deviendrait insuffisant, ceux qui travaillent seraient en colère contre ceux qui ne travaillent pas, des systèmes de classe perdureraient, et rien ne promet que les grandes décisions à propos du destin du monde seraient prises rationnellement, ou au moins démocratiquement.

Un système, c'est un tout, et les méthodes doivent sous-tendre ce « tout ».

-

Le fait est qu'avec cet argent, on a des droits.

Si on déclare un revenu de vie, on déclare des droits, d'accéder, pour quiconque, aux biens et services de première nécessité (BSPN).

Et sans faire exprès on déclare que les biens et services de seconde et tierce nécessité ont le droit d'exister, puisque celui qui est riche, qui possède beaucoup de choses, qui peut jouer sur l'avidité des gens, continue de posséder les leviers d'un pouvoir, et de jouir de droits supérieurs.

Or cela n'est pas conforme à l'égalité de droit que préconisent les droits de l'Homme.

Pourquoi une personne malade isolée n'aurait-elle accès qu'à des biens et service de première nécessité, quand on peut lui fournir les meilleurs soins ?
Pourquoi le salaire d'une personne profiterait-il à sa famille et à ses proches et pas aux plus déshérités ? (et pourquoi une personne seule bénéficie-t-il d'un meilleur salaire puisqu'il n'a pas à le partager avec de la famille ?)

Tout cela sont des questions de justice sociale. Le fait de les poser constitue le socle sur lequel on peut concevoir la mécanique d'un système non injuste.