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Les Dés son Jetés

Le croupier a distribué les cartes,
maintenant c'est à chacun de jouer sa mise,
et le peuple est All-In !

Ah oui, je suis un conquérant au Poker, je dois encore écrire tout un traité sur ce sujet, car c'est un jeu où seul le plus intelligent gagne !
Comment ça direz-vous ? Pourtant c'est un jeu de hasard, addictif et aussi, une des plus grosses laideurs de ce monde, où « devenir riche » s'obtient au moment d'un « jeu ».

Quand les gars jouent au « cash-game », j'appelle cela le « Wall-Street Poker », ils le font avec leur propre argent, à coup de dizaines ou centaines de milliers de dollars, posés sur la table dans le seul but de « bluffer » leur adversaire, dont on a détecté que le timing allait lui suggérer qu'il était vraisemblable qu'il n'allait quand même pas gagner ce coup, alors pourtant que cela aurait été le cas s'il n'avait pas eu peur de poser ses blindes.

Et là tu vois quatre cent mille dollars qui auraient pu sauver la vie de milliers d'enfants en train de voler dans les airs dans un moment de délire capitaliste tout ce qu'il y a de plus immoral.
Et là tu vois comme ça marche Wall Street.

Le Poker, c'est un sport et un jeu « de droite » quand c'est avec du vrai argent, mais heureusement je n'en n'ai absolument aucun, et je le pratique uniquement pour la beauté.

Oh, je me dis qu'une fois advenu le cataclysme économique qui est largement facile à prévoir, où les voitures seront abandonnées dans les rues, les réverbères à moitié cassés, les ponts en train de s'effondrer, les immeubles effrités et retenus par des poutres de maintien, et des tonnes de détritus à moitié consumés aux coin des rues, à ce moment-là il me suffira de rentrer dans un « cash-game » et d'exercer mon QI de 140 sur les pauvres crétins qui n'ont rien compris à ce jeu, afin de survivre.

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Eh mais,
c'est la révolution !!

ça y est.
Pendant des années j'ai répété comme un robot :
« Je fais ce site d'actu, libre et gratuit, organisé et structuré,
afin de nourrir au maximum la conscience collective afin qu'au moment de la Révolution,
qui est inéluctable,
l'énergie soit le moins maladroitement dirigée possible. »

Il était évident, comme ça l'est pour toute personne éveillée, que le temps presse.
Et évidemment, c'est, en même temps, beaucoup trop tôt, et presque déjà trop tard pour que la Révolution éclate.

C'est trop tard parce que le mal est fait, la Terre est contaminée, endolorie, parfois irrémédiablement, et quand je dis « la Terre » il ne s'agit pas d'une partie externe à l'humain, c'est bien d'une partie interne de l'humain dont il s'agit.
Beaucoup de gens sont beaucoup trop contaminés moralement pour continuer à avoir le droit de s'exprimer en public.
Sur les forums, dès qu'on avance une idée que personne n'a eu avant, on devient un ennemi à abattre, y compris si on est dans le même camp, ou si l'autre s'y croit.
Dans les échanges, la violence n'attend rarement plus de trois réponses avant de tourner à la confrontation brutale et idéologique. Les gens sont fiers d'être de Droite. Ils détournent toutes les idées qu'on leur met entre leur mains, tous les arguments plausibles et raisonnables sont convertis en haine destructrice et en insultes rampantes.

Parler sincèrement et clairement, ce qu'on leur reproche de ne pas faire, devient précisément ce dont ils se réclament, tout en balançant des insinuations aussi brutales que stupides.
La xénophobie n'a jamais atteint un tel niveau de honte et de mauvaise foi, personne ne pense l'être, par contre la moitié des gens détestent les arabes, qu'ils considèrent comme arriérés mentaux, sans avoir le moindre doute à propos d'eux-mêmes, ou se demander s'il n'y a pas des domaines où c'est vrai et d'autres ou c'est faux. C'est global et c'est unique, c'est monolithique dans leur tête, c'est tout ou rien, ils pensent, comme les Siths (dans Star Wars), « dans l'absolu ».
Quand on veut être générique, ils répondent en étant généralistes.
Quand on veut donner de la profondeur et inclure un deuxième et un troisième degrés au discours, quand on veut étendre la portée des concepts-clefs, quand on parle de lois inéluctables de la Mécanique, ils y voient un « double-langage » pernicieux et diabolique, et crient à l'hérésie, à la tromperie, à la tentative de les pervertir.

Et en même temps il est trop tôt pour la Révolution,
parce que les objectifs et les méthodes n'ont que très peu été percés à jour.
Dès qu'on parle d'objectifs, on se fait rattraper par des gens qui disent que, objectivement, on ne peut pas changer le monde. Dès qu'on parle de méthode, ils reviennent en force pour asséner des banalités aussi violentes que grossières, tout en étant irrités et scandalisés d'avoir à le faire, d'avoir à dire des choses que tout le monde sait déjà, sous-entendu que tu n'es qu'un idiot qui n'a rien compris.

Il est trop tôt pour une révolution parce qu'une vraie révolution, c'est un recommencement.
Que voulez-vous, l'humain se fourvoie, il est légitime de se fourvoyer, et c'est valable à l'échelle historique. Tout part de bons sentiments, c'est certain, mais tout fini en catastrophe, ça aussi c'est certain, si on ne sait pas se renouveler constamment et garder les pieds sur terre, et si on n'ose pas accomplir les recommencements aussi nécessaires que légitimes, repenser ce qui a pourtant marché, innover, inventer, avoir le courage de se lancer dans de nouvelles aventures, et cela en permanence.

Le système lui-même, figé, dogmatique, ne peut que s'effondrer tout comme la pierre devient du sable. Et pourtant rien n'a changé, sauf peut-être Le Temps, et donc, l'Evolution, qui fait irrémédiablement s'effriter les plus grandes certitudes.

Là où il faut tout recommencer, c'est au niveau du système, de ses objectifs et des méthodes, bref du Fonctionnement.

Le Fonctionnement, ce doit être un système social, des règles qui seront souples et évolutives. Des règles adaptatives, une intelligence en permanence réévaluée.

Les objectifs, ils doivent être clairs, définis, et tangiblement observables pour savoir si ils ont été atteints :
Liberté
Egalité
Fraternité

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Là les gens de droite ne comprennent plus rien.
Mais il faut chercher : ceci n'est pas un dogme, ceci n'est pas une obligation, ceci n'est pas une loi,
c'est une énigme qu'il faut résoudre.

Rien que ces seuls mots peuvent tracer les lignes d'une vraie et digne révolution, car après tout il s'agit d'utiliser les mots qu'on connaît, et de se défaire des acceptions qui ne sont plus acceptables.

La Liberté, elle s'acquière, elle se mérite, elle ne peut être soutenue que par la Responsabilité, elle s'obtient par le travail, ce sont les choix qu'on se donne à soi-même, afin de pouvoir prendre un chemin plutôt qu'un autre. Rien ni personne ne doit venir influencer ces choix, car le libre-arbitre est à la base du principe même de la Vie. La raison pour que la vie existe, c'est que les lois morales soient appliquée Librement. (Autant que vous le sachiez tout de suite !)

Et par « librement », cela veut dire pleinement, du fond du coeur, avec une forme de certitude plus proche de la foi que de la condescendance. C'est une décision intime, c'est une conviction intime, c'est aussi un risque et une aventure, c'est comme faire un pas dans le vide, en luttant contre une raison trop mal informée qui n'arrête pas de crier gare !

Voilà ce qu'est la liberté.

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L'égalité ?
Pensez-vous vraiment avoir le droit de parler et de discuter de choses importantes avec les politiciens ? Pensez-vous vraiment que mille personnes soient utiles pour en convaincre une seule ? Pensez-vous vraiment qu'ils sont au niveau des gens et qu'ils se sentent près des gens ?
Pensez-vous vraiment qu'il est légitime de punir mortellement les citoyen pour un seul crime là où les états s'autorisent des massacres en permanence et en toute impunité ? N'est-il pas comparable d'observer la mort que répandent les industries, les finances, l'oubli, le mensonge ?

L'égalité c'est la balance de la justice. La question revient exclusivement au domaine algorithmique (si si ! Évidemment, mais vous n'y connaissez rien !). C'est à dire que dans un monde sans repère unique, mais avec des repères multiples, et donc les différentes valeurs que peuvent prendre des choses uniques, le seul garant de la justice est la multiplicité des mises en relation.

C'est simple à comprendre pourtant, c'est Pythagore, on compare un et deux, deux et trois, et donc on obtient la relation entre un et trois.
La Balance de la Justice, celle qui soupèse les forces antagoniques, n'est qu'une image d'Épinal illustrative ! Ce n'est qu'une illustration symbolique ! Procéder à une « justice » en mettant en opposition des « pour «  et des « contre » relève de la psychiatrie ! Ne le voyez-vous pas !

Quelle Egalité est-il bon d'obtenir ?
Cette question fut posée une fois et oubliée pour toujours, et remplacée par la méthode unique d'Epinal de l'égalité que des amnésiques abrutis on découvertes en regardant une image d'une femme avec les yeux bandés qui tient une balance dans une main et un couteau dans l'autre !
Alors les gars se sont dit « ça doit être ça l'égalité, d'un côté on confronte les deux, et ensuite on donne un coup de couteau à celui pour qui la balance penche négativement ! ». Voilà, fin de l'histoire de l'intelligence humaine.

Cela ne vaut-il pas une Révolution ?
Cela ne vaut-il pas qu'on y repense le temps d'une fraction de seconde, afin de produire l'effet de justice qui est pourtant tant désiré, et dont on est si loin, alors même que la méthode numéro UN et unique ne cesse d'être appliquée sans le moindre succès ?

L'Effet de Justice est le sentiment que ce qui arrive est juste. Quel effet de justice produit le fait d'obtenir une compensation pour un crime, qui va sans doute se reproduire indéfiniment ? Quelle générosité y a-t-il dans une justice qui porte un regard convergeant sur des cas de figure considérés comme exceptionnels ? Quel intérêt y a-t-il à « rendre justice » si son seul outil, le couteau, est sensé dissuader les autres de commettre des crimes aussi exceptionnels que divers ?

N'est-il pas flagrant que la justice telle qu'elle existe, se situe en dehors de tout les processus, comme autant de voies sans issues ? N'est-il pas évident que c'est en amont qu'il faut intervenir afin d'éviter d'avoir à rendre justice ensuite ?
N'apparaît-il pas que la justice, et l'égalité, doivent pouvoir être constatés en permanence au sein, au début et à la fin de tous les processus, et que c'est à chacun d'y veiller ?
Ne serait-il pas plus sympathique de constater que « rendre justice » soit l'action qui consiste à rendre infaisable les irrégularités qu'on a constatées ?
C'est à dire, en intervenant directement sur les lois des processus, sans pour autant compromettre le pendant si nécessaire et utile qu'est la Liberté.
Il est évident que dans un système monolithique, cela est impossible, cela est hérétique.
Il est évident aussi que dans un système non-injuste et révolutionnaire, où on sait intégrer de nouvelles connaissances et augmenter la complexité, cela est parfaitement faisable.

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Fraternité ?

Il y avait écrit ces trois mots sur le portail de l'école primaire, l'Ecole Voltaire, dessinée sur le modèle psychogéométrique qui donna lieu au fameux « Pentagone » où j'allais.
Je me disais que c'était une bonne nouvelle surtout que chacun pouvait le lire.
Et pourtant ces mots gravés ne firent jamais que de recevoir crasse et poussière, et de ne plus jamais être vus tant ils étaient présents, pour finalement tomber dans la désuétude.

Fraternité ? Quelle fraternité ? Tu rigoles ou quoi ? Donne-moi ton goûter !! (ahaha)

La fraternité est-elle une injonction qu'on va pouvoir ordonner à des enfants ? Est-elle un ordre péremptoire qui tombe du ciel comme une sanction divine, faisant que si on ne l'écoute pas, au moins le gars qui pointe du doigt ne pourra pas prétendre avoir eu tort ? La fraternité est-elle une de ces choses qui se trame dans le premier degrés du monde, là où on dit, et ensuite on fait ?

Est-ce, comme ces poèmes transformés en signature d'une dictature qu'on force les élèves à lire en les priant de rester calmes parce qu'il faut « respecter », qu'on enseigne la fraternité ?
Est-ce de la bêtise de faire cela ou carrément et simplement, une tentative tout ce qu'il y a de plus intelligente de provoquer le chaos, de diviser les gens, d'inciter à la sauvagerie ?
Faire cela, n'est-ce pas bousiller ces mots pour les vider de toute leur substance, jusqu'à en faire un slogan publicitaire qu'on colle sur toutes les pièces de monnaie qui est l'instrument d'un pouvoir qui chie sur les peuples ?

Regardez le fond, la fraternité ne s'obtient pas par la poursuite d'objectifs, c'est typiquement ce dont j'ai besoin pour appuyer mon propos sur la seule et unique bonne manière de concevoir un système qui fonctionne correctement.
La fraternité, comme les Droits de l'Homme, comme les objectifs évolutifs à long terme, comme l'éradication de la famine, de la misère, de la pollution écologique et psychologique, sont un point zéro dans un processus qui doit être convenablement articulé.

Le point zéro, ou point de rupture, c'est celui, dans un cercle, qui se trouve au début et à la fin. C'est de là qu'on part, avec cette idée en tête, en respectant ses préceptes approximatifs, et c'est là qu'on est sensés arriver lorsque, à la fin de la boucle du processus, on observe de façon pragmatique le résultat obtenu, mais cette fois à l'échelle sociale.

Mais entre les deux, entre l'échelle individuelle et l'échelle sociale, là où se déroule la boucle de l'accomplissement, (qui se répète autant de fois qu'il y a d'individus et qui converge vers un point unique qui est le social) se situe la méthode, les méthodes.

Il est parfaitement céciteux (« qui est frappé de cécité) de vouloir appliquer à tout le monde une méthode unique si on veut arriver à une fin unique. Je vous l'ai dit, la méthode est algorithmique, et multivalente, ce qui ne veut dire qu'une seule chose, qu'il faut faire preuve d'intelligence et d'inventivité.

L'obtention d'un monde non-injuste, pour le peu qu'on peu désigner ainsi le but évolutif commun à tous, ou on peut dire d'un monde idéal, utopique (sachant qu'il faut d'abord en rêver pour ensuite le fabriquer) est un phénomène intimement lié à celui de la Liberté. C'est quelque chose qui s'obtient volontairement et pleinement librement, ce n'est réglementé que par la raison, les mises en relation, le savoir, et la force. Un monde juste ne peut être obtenu que librement.

Et pour cela il faut se donner les moyens de cette liberté, il faut se l'offrir à soi-même ;
il faut qu'elle soit « libre de droits », qu'elle soit aussi offerte aux autres, qu'elle soit valable pour tous. Que les solutions trouvées ici aillent inspirer celles qui seront trouvées là-bas.

Et dans le psychisme, pour que la révolution soit permanente, c'est à dire pour pas qu'on ne se perde en chemin, il faut constamment se remettre en cause, regarder les effets obtenus et les comparer aux objectifs désirés et rêvés. Il faut être très critique, car vous le savez, entre la mélodie qu'on entend dans sa tête et les premiers mouvements des doigts sur un piano, il y a tout un travail à faire ; Et vous le savez, seul les non-artistes et les moins habiles sont vraiment contents des sons odieux qu'ils produisent avec leurs doigts, car dès leur esprit est encore trop embrumé par ce qu'ils rêvent d'entendre, et leur oreille trop peu certaine pour aller fustiger ce massacre mélodique.

Ils se prennent pour des artistes, pour des Maîtres, parce que ça fait bien de le penser, et que ça compense l'énorme distance entre leur rêve et la réalité, mais les vrais artistes, les vrais maîtres, sont ceux qui n'ont aucun besoin, voire qui souffrent un peu de se trouver qualifiés de la sorte.
Mais au moins ils sont qualifiés de la sorte par d'autres que par eux-mêmes !

Le monde actuel, avec ces politiciens aussi exubérants de vanité que dénués de talent ou d'intelligence, complètement figés dans leur esprit comme une mouche dans la glace, et ces gouvernements monolithiques imbus de leur posture qu'ils suppose, par l'altitude, être la plus proche du ciel, sont en fait tout le contraire de ce qu'ils pensent d'eux-mêmes.

Et ça le peuple ne peut que le voir, et il ne peut que en tirer des leçons pour lui-même, afin que jamais plus une telle bêtise puisse avoir lieu à nouveau.

Vive la Révolution !
Pourvu qu'elle soit pleine et entière !

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