110128 13 min Système

La solution non banale

Arrive le moment où l'humanité a essayé toutes les stratégies qui lui sont connues, sans qu'aucune n'ait eu de succès.
C'est quand les recettes qui faisaient les succès d'Hollywood n'attirent plus personne. Et, exactement de la même manière que les cinéastes non imaginatifs s'étonnent de ces défaites, l'humanité s'interroge sur son évolution.
Eh oui ! C'était difficile à croire pourtant le bon vieux temps ne reviendra pas. On dit que l'esprit d'une époque doit se vivre tant qu'il est temps, car après, c'est fini. Les conditions, le contexte fait que c'est fini, il est stupide de réitérer des solutions anciennes à des cas nouveaux, puisque entre temps, tout autour a changé, les mentalités ont changées.

Cela soulève une question assez fondamentale, le genre de réflexion qu'on n'a pas le temps de faire dans l'urgence et qui pourtant s'impose, à propos de tout ce qui fait notre société. Elle vit sur ses acquis, elle pense en terme d'acquis, l'acquisition (du savoir) est procédurale, et la reconnaissance de la compétence est plus de l'ordre de la coutume que du véritable effort qu'il faut faire pour savoir la reconnaître.

Toute l'éducation, toute la pensée et toute la politique, toutes les lois fonctionnent sur ce qui est acquit, et soudain apparaît l'horrible vérité qu'il est très brutal de digérer, selon laquelle l'acquit ne sert plus à rien si le contexte change.

Alors à quoi se fier ?
C'est là qu'on entre dans la nouvelle ère. Va-t-on obtenir de nouveaux acquis ? Détecter ce qui marche et ce qui ne marche pas, comme des aveugles qui tâtonnent les murs dans le noir, sur le modèle ancien d'un empirisme hasardeux ?

Cet empirisme hasardeux a mit de nombreuses générations à trouver les équilibres qui fonctionnent assez correctement, et soudain, au même moment, tous ces fonctionnement s'avèrent insuffisants.

Les gens de science le savent, ou en tous cas l'apprennent à leur dépend et finissent par le savoir, mieux vaut être vigilant et courageux que de se fier à des procédures connues.
Car tout, dans ce qui est connu, affère à un vocabulaire qui n'a pas été interrogé, et c'est de là que germe la déception.

Que cherche-t-on ? Où veut-on aller ?
Et surtout, la sempiternelle question au sommet de toutes les autres, Pourquoi !
Pourquoi vivons nous, quel est le but de la vie ? Est-ce que ça vaut le coup de vivre pour renflouer les piscines d'eau potable des gens qui nous crachent dessus ? Doit-on mourir de misère, ou changer ce qui fait nos vies ?

Ceux qui se fixent comme but dans la vie de devenir riches ou puissants, ne font rien d'autre que de se fixer un but intermédiaire vers un autre but secret. C'est ce but secret qu'il faut découvrir, et c'est ce même but secret qui doit devenir accessible à tous sans distinction.

Ce but secret est simple.
J'ai vu une pub pour un concours à la télé : « gagnez 1000 euro par mois jusqu'à la fin de votre vie ! ». Super sympa. Pour une personne seule, il y a moyen de s'en sortir avec ça uniquement !
Le bonheur promis, c'est celui de la tranquillité de l'esprit. C'est de se défaire à tout jamais de la pulsion de mort qui incite les gens à défier les lois morales (et écologiques), à passer sous silence les inconvénients majeurs, à ignorer volontairement les conséquences de ce à quoi on participe dans son travail, ou pire encore à carrément piller les plus faibles que soi.

Quand soudain les humains n'auront plus besoin de piller les plus faibles, alors tout aura changé définitivement. Mais pour arriver à cela, ce but qui devrait se positionner tout en haut de toutes les priorités (alors pourtant qu'aucun n'en n'a jamais parlé jusqu'à présent), cela voudra dire qu'on sera plongés dans un autre Système.

Aujourd'hui, il n'y a qu'une solution, il n'y a plus qu'une balle dans le chargeur. Et l'humanité doit décider ce qu'elle devra descendre avec cette dernière cartouche. Va-t-elle se tirer une balle dans le pied ? Va-t-elle tirer en l'air ? Va-t-elle poser son gun moral sur la tempe des politiciens criminels qui conduisent ce monde à sa perte avec la même avidité qu'un enfant de quatre an réclame son bonbon ?

Si il n'y a qu'une chose à faire, il n'y a aucun doute que ça va consister à démanteler les organismes, les états, les organisations qui font usage de procédures qui appartiennent à une époque où le mal qui était fait était invisible, là où aujourd'hui il est prédominant et criminel.

Toutes ces structures, la structure des états, les gouvernements sont les détenteurs de procédures devenues non fonctionnelles. Et ce qui est alarmant c'est de voir avec quelle cécité mentale ils ne cessent de réitérer des techniques qui ne font qu'aggraver les choses, et d'observer la croissance de leur dureté morale pour pouvoir accomplir ces tâches inutiles.

Mais que sont ces gouvernements ? Ne faut-il pas interroger leur utilité ?
Les peuples se sont associés en gouvernements dans le but de constituer une société civile qui ara la responsabilité, qui appartient à personne en particulier et à tous en général, de se soucier du « bien public ». Et ces gouvernements ont lâchement abandonné leur raison d'être, pour redevenir ce qu'étaient les roi tyrans d'une très ancienne époque, c'est à dire complètement isolés et coupés des réalités, plus soucieux de leur intérêt propre que de celui de million de gens.

Et malgré ce fantastique revirement dans leur fonction, dans ce à quoi ils servent, tout continue à être comme si rien n'était, les élections se succèdent, les policiers pètent la gueule des manifestants dans un esprit de « pertes et fracas » au sein d'un projet qui leur semble plus grandiose, et même la soumission à l'autorité n'a pas fléchi alors pourtant que cette autorité est systématiquement utilisée à mauvais escient.

On se souvient de l'élu français Sarkozizi qui se scandalisait qu'on n'ai pas de respect pour sa fonction, alors que lui-même traite ses contemporains de pauvres abrutis, autant indirectement que directement : c'est un exemple aux contours clairs et saillants d'une façon de penser typique de tous les gouvernements, qui consiste à profiter de ce qu'ils ne savent pas créer pour le convertir en intérêt propre.

Aucun d'entre eux n'aurait été capable de construire le monde tel qu'il est, aucun ne préconise de système social, aucun ne construit de valeur, mais ils profitent qu'il y ait un système social, et qu'il y ait des choses de valeur, pour les utiliser dans leur propre intérêt.

Et bon, de quel droit, au niveau réel, palpable, et fonctionnel, les gouvernements peuvent-ils influer négativement sur la vie des gens ? Le seul droit sur lequel ils se fondent sont les acquis en terme de respect qu'on pu engendrer une époque passée où « la croissance » était fleurissante.
A l'époque on ne s'inquiétait pas des répercussions, ou alors ceux qui le faisaient n'étaient pas écoutés. Aujourd'hui ils le sont un peu plus, mais le décalage avec la réalité reste énorme, puisque nous arrivons au moment où il n'y a plus qu'une cartouche à tirer.

Tels des cow boys, les dirigeants et les peuples s'affrontent avec chacun une balle dans leur révolver. Celui qui tire le premier gagne, à moins qu'il ne vise mal évidemment !
Si les gouvernements s'unissent en micro-société dirigeante et esclavagiste, tout sera perdu, puisque même les communications seront brutalement freinées. Ce tableau noir, est celui des dictatures qui sont craintes avec raison par ceux frémissent devant ce futur inquiétant.
Et oui, ils ont raison de s'inquiéter, car la situation est grave. Et en tous cas, c'est ce qui va se passer si les peuples n'infléchissent pas eux-même le cours de l'histoire.

Si c'est le peuple qui tire la première balle, celle de la révolution, il a intérêt à ce que ce mouvement soit unanime et décisif. A l'heure actuelle, avec la révolution de la Tunisie, le mouvement est en marche. On espère que le mouvement va s'étendre, autant qu'il est certain que si les gouvernements puissants passent du silence à la réprobation qui les démange tant, ils ne feront que de se tirer leur balle dans leur pied, puisque le monde entier se soulèvera de façon unanime.

Il faut féliciter le peuple tunisien pour sa révolution, c'est un peuple frère avec la France à présent ! Eux et nous avons eu le même réflexe. Et ils peuvent tirer les leçons de ce qui s'est passé ensuite, quand les coupables se sont mués en responsables, en politiciens modernes, capables de ne dire que ce que les gens veulent entendre, ou en tous cas à tout faire pour rester à leur place, et empêcher de l'intérieur que la révolution ne prenne effet sur ce qui régit ce monde, puisque c'est là le principal levier de leur pouvoir (l'argent ! La possession !).

La question doit donc aller plus loin que la prise de contrôle du système dominant.

Cela intègre la question précédente sur l'efficacité des procédures et la question sur les moyens et les raisons de « faire société ».

Le secret de la réussite peut se résumer et se transmettre en peu de mot, ce qu'il faut c'est une solution non banale.

Ici, il est question de constituer la règle dont découlent les effets escomptés, que sont la non utilité de piller, la non-utilité de soumettre, faire croire, mentir, vendre, tricher, se présenter comme plus fort que les autres.
Le système social qui est souhaitable, est celui qui rend caduque dès son fondement toutes les crasses qui caractérisent cette fin d'époque.

La principale différence avec l'ancienne, quitte à tout repenser, c'est qu'il n'est plus question d'additionner au hasard des procédures qui ont un effet positif temporaire, mais de penser une procédure globale qui incrémente positivement et avec une certitude de 100% le bien-être de tous.

Les gens aiment bien les concours, pourquoi ne pas lancer un concours, avec simulation informatique à la clef, de la procédure qui produira le plus de justice ?

Au moment où naissent les questionnements sur la réforme de ce qui fait société, qu'on appelle l'altermondialisme, il est à craindre que la discussion ne cesse jamais de s'effondrer vers des solutions de plus en plus modestes, en raison de ce que les infiltrés empêcheraient de croire, avec le sempiternels et puissants sarcasmes. Et si je crains cela ce n'est pas juste pour parler, c'est parce que la pensée humaine ne peut que dégrader ce qui est idéal pour le faire devenir réalité.

Et ce dont il est question c'est de partir à la recherche d'une qualité de la pensée qui soit capable de dégrader le moins possible ce qui est idéal pour le faire devenir réalité.
Ce dont on doit partir à la recherche, c'est d'une qualité de la pensée.

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Pour cela il faut étudier la pensée elle-même. Il est aberrant de vouloir changer le monde sans ausculter au préalable la pensée humaine et son fonctionnement au sein du cosmos.
L'enjeu d'une révolution systémique consiste à partir en quête de ce qui fonctionne correctement, et donc des mécanismes qui reproduisent les effets escomptés. Ce ne sont que des lois à découvrir et à appliquer. Et il est essentiel, avant cela, d'interroger la conscience et ses fonctionnements.

Je dis cela parce que j'ai détecté un problème dans le psychisme humain en général. Je m'en suis rendu compte après de nombreuses années d'interrogation, et bien que cela ne figure dans aucun bouquin, c'est en se référant à l'informatique que je l'ai découvert, ou du moins, que j'ai trouvé un moyen d'exprimer ce problème que j'observais depuis longtemps.

En informatique on utilise trois sortes de mémoires. C'est très important de savoir comment fonctionne la mémoire avant de se lancer dans une discussion, car vous l'avez forcément remarqué, toutes les discussions ne font rien d'autre que de dériver encore et encore, en s'épuisant sur des micro détails sans importance auxquels la mémoire relie les faits importants qui doivent être débattus. (prenez les commentaires des blogs, le premier commentaire oublie 90% de l'article, et le second répond au premier commentaire en oubliant 90% de sa teneur, et ensuite les gens se battent comme des chiffonniers, sans que ça n'ait plus aucun rapport avec quoi que ce soit ! - c'est du moins ce qu'on leur apprend à faire à l'école occidentale, ne pas écouter le prof, parler d'autre chose, systématiquement !).

Si on dit qu'il faut changer le système, et que le traditionnel et inévitable sarcastique sans âme tente d'opposer une résistance saine afin de mettre les arguments à l'épreuve, il va d'office s'attaquer à un levier qui va rendre caduque toute la démarche dans son entièreté, par exemple en disant « les gens comme vous » ou des choses comme ça. Il va employer des sous-jacences très puissantes, qui remettent en cause jusqu'à la raison d'agir et de parler, et c'est pour cela qu'elle font levier, parce que avec de très petits arguments sans valeur, ils peuvent rivaliser avec des inquiétudes légitimes à l'échelle mondiale. (et ça c'est toute l'année).

La mémoire fonctionne avec une mémoire cache qui stocke les informations qui doivent être combinées afin de découvrir une nouvelle solution, et l'intarissable sarcastique de naissance va toujours vouloir introduire dans cette mémoire cache des éléments qui n'ont rien à y faire et qui conduisent directement la réflexion à échouer.

Cette mémoire cache est comme le diamètre apparent de la lune comparé au diamètre apparent du soleil, il prend une importance absolument égale à l'entièreté de ce qui est en mémoire, alors pourtant qu'il est minuscule. C'est donc un piège très important que j'évoque ici, et je suis certain que les exemples ne manqueront pas pour monter des discussions qui viennent s'échouer sur des détails affligeants, faisant perdre le fil d'une pensée qui était pourtant pure et prometteuse.

Les gens savent très bien faire cela, avec leurs sarcasmes, car c'est très facile de détruire et ça conforte leur égo stupide, mais les humains savent-ils, au contraire, soutenir, encourager, aider la réflexion des autres avec la plus grand bonté et bonne foi, dans le but de faire accoucher la solution non banale et vitale qu'on est venus chercher ?

C'est quand même autrement gratifiant que de penser qu'on a pu être un soutien pour une réflexion qui a pour mission de sauver la vie des gens, et même carrément de sauver le monde !
Il n'y a rien d'autre à gagner que cette gratification morale, personne ne viendra vous féliciter, et vous ne gagnerez pas un copec dans cette histoire, et même votre égo ne saura que faire d'un tel succès. Et pourtant le gain à l'échelle globale est substantiellement plus important.

La recherche d'une solution, d'une innovation, d'une idée géniale ou de toute une procédure qu'il faudra suivre scrupuleusement, ne peut être que le fruit d'une réflexion qui aura cherché à combiner entre elles des facteurs réellement transcendants, ou pour le moins qu'on puisse en dire, réellement efficaces et utiles.

C'est quelque chose qui doit se faire à l'abri du bruit, en toute vulnérabilité et sans se soucier de ce qu'en diront les sarcastiques inopérants. Evidemment c'est plus facile quand on est tout seul, mais quand il s'agit de travailler ensemble à cela, c'est autrement plus difficile.
Avec toutes ces manifestations en faveur d'un monde nouveau, je n'ai jamais assisté encore à une réflexion sociale qui trace une ligne de la problématique à la solution.
Et je suis même persuadé que si j'assistais à ces réflexions, je n'aurai aucune chance de m'y faire entendre !

C'est là qu'on se dit que l'avenir de l'humanité ne tient pas à grand chose. Il suffirait juste que les gens s'unissent et s'entraident, dans un esprit constructif, en étant munis d'une bonne structuration de l'esprit, pour tout résoudre. Il suffirait de réunir des groupes de chercheurs, des équipes, qui proposeraient chacun leur tour le résultat de leurs efforts intellectuels. Les états devraient se battre pour constituer l'équipe de chercheurs qui décrochera le ponpon !
Quels qu'ils soient ces résultats pourront être simulés, testés, et appliqués.

Maintenant que la révolution a commencé, et alors même qu'aucune solution n'a encore été élaborée ou même recherchée avec détermination, et alors même que c'est cette solution qui déterminera la finalité de la révolution mondiale des peuples pour leur prospérité, eh bien : le temps presse.