061013 11 min

Wargame

w4lk61013

Après avoir été torturé, humilié, incompris, traumatisé, je suis allé me réfugier derrière un monde virtuel simplifié dont je connais les règles, les limites et les failles.
Ainsi allat enfin pouvoir s'exprimer mon génie habituellement comprimé par les autres.

Dans ce jeu de guerre les deux adversaires, l'homme et la machine, sont à armes égales.
Au début ils ont les mêmes potentiels.

Alors le jeu commence.
J'arrive avec mon campement et deux vaisseaux amis.
Je vois un gisement alors je dis "toi le campement, installe-toi ici".
Comme ça aussitôt un extracteur s'installe sur le gisement et puise son énergie.
Ainsi je peux fabriquer des jolis vaisseaux, des constructeurs, des défenses...
Pourquoi des défenses ? Vivons heureux et installons d'abord un beau campement paisible qui vivra en bonne compagnie avec son voisinage ! Eh bein nan.

A peine j'allais j'allais installer des nouveaux modèles de générateurs d'énergie, voilà un ennemi qui vient attaquer mes constructions.
Quoi ? On est en territoire déjà occupé ici ? C'est pas interdit de se mettre là !

Alors je m'occupe d'eux, je les zigouille, mon vaisseau est quasiment foutu, les constructions sont en ruine, il va y avoir du boulot.
Mais cette fois, je pense à fabriquer des défenses, tout autour de la base.

Une fois que c'est bouclé et qu'on a retrouvé une certaine stabilité, que les principaux éléments ont été reconstruits et qu'il n'y a plus qu'à les administrer, le calme revient.

C'est intéressant le fait que le calme revienne quand on a enfin démêlé tout ce qui doit être fait, on les a fait dans le bon ordre, on a mit des sentinelles, réparé des buildings, ajouté d'autres sentinelles, on en a perdu aussi, il faut les remplacer, mais en gros le système tient bien.

Il y a que le stress c'est ce qui permet de se sortir d'un marasme.
Ce fameux stress qui est une drogue.

Par exemple quand la guerre contre le Liban s'est finie, ayant tout suivi en détail, ça a fait comme une dépression. Tout ce temps j'avais été captivé par cela, et maintenant je n'avais plus ma dose de captivant.
Il en est resté un goût teinté de ce qu'en pensent les gens (manipulés), ce n'était qu'une guerre de plus, y'en a toujours de toutes façons"...
Ça précisément, c'est un marasme.

Et donc après on en sort, on règle ses petites affaires, et ça se fait tout seul.
On arrive à un moment de paix.

Mais voilà que pendant ce temps-là l'ennemi n'a pas chaumé non plus, et d'ailleurs il revient avec une armée bien plus conséquente !

Et cet ennemi, qui provoque un stress réel, que me veut-il à la fin ? Bon bah si c'est comme ça, ok, c'est la guerre, j'arrête de me poser des questions et je focalise sur sa destruction.

Désormais, accrochez-vous bien citoyens, je laisserai pourrir les bâtiments un peu plus, et j'investirai dans l'armée.

Sans compter ceux qui sont à leur poste, les deux qui m'accompagnent partout, j'ai une réserve de deux ou trois modules d'attaque, et quelques armes que j'ai eu le temps de fabriquer.

On attend avec impatience de pouvoir dégager assez d'énergie pour fabriquer une protection unique et puissante pour toute la base, surtout que ça libérera quelques positions, qui pourront rejoindre l'armée, le bataillon.

Car il y a un plan.
Moi et mes potes on part à l'aventure. Par où on passe personne d'autre ne pourrait passer.
On progresse sur la map, et on voit quelques gardiens postés. On continue, et on découvre un nouveau gisement.
Il est inoccupé, on va le prendre. Je balance un gardien, un technicien, et un de mes meilleurs hommes sur le terrain, et essaie de faire la jonction avec la base qui n'est qu'à quelques centaines de mètres.

Bientôt, le carte du monde aura changé ! j'aurais redessiné le moyen-Orient.

Et moi et mes hommes, on repart à l'aventure. Nous sommes les privilégiés, les découvreurs, les armées nous saluent et font de la place quand on passe.

Surtout moi, les deux autres ils m'accompagnent seulement.
Et là on découvre des appareillages aliens.
Apparemment, c'est avec ça qu'ils extraient l'énergie du gisement.
C'est très joli, on sait pas comment ça marche, mais si on l'explose, on pourra installer les nôtres. Comme ça il sera bien redessiné le moyen-Orient.

On pousse un peu l'exploration, et on voit d'autres appareils, sûrement des défenses. Puis on peut discerner dans le brouillard au loin, toute leur base. Ah ! les vilains ! ils ont un esprit guerrier, regardez ça ! ils se tiennent avec leurs armes prêts à se tuer entre eux.
Ce sont des sauvages.
Ce sera pas dommage qu'on les extermine si on veut vivre en paix.
En plus comme ça on récupérera leurs gisements.
Une pierre deux coups, il est pas beau le calcul ?

Sur ce on retourne dans les buissons, et on contourne pour aller voir cette base d'un peu plus près.
Mais déjà par radio j'entends des attaques sur ma base ! Ai-je le temps d'y retourner ? Ai-je le temps de me poser la question ? Oh ils sont grands, ils peuvent se défendre.
Puis, plus aucun bruit.
J'interroge pour savoir, et l'attaque a été essuyée, il y a eu des pertes.

Ok. Moi et mes potes on regarde bien leur base, puis on continue par l'autre côté. Quand on l'a encerclé moralement, croyez-moi, il ne tarde plus beaucoup pour qu'on l'encercle physiquement.

Mon armée à grandi avec le dernier gisement découvert.
Maintenant j'ai deux bataillons. Cool, je peux en sacrifier un.

Je repère un gisement pas trop surveillé, et j'y envoie dix vaisseaux contre deux pauvres paysans. Ils ont aucune chance, ahaha.

Mais aussitôt, ah! j'avais mal observé, cinq ou six tanks surgissent de nulle part. Aïe, il va y avoir des pertes.
Je me place à l'écart et je regarde paisiblement mes troupes se faire exploser.

Mathématiquement notre supériorité devrait résulter de l'action.

Et là je vois, plus que trois vaisseaux à moi, deux ennemis, et un des miens qui va bientôt péter. Allez, tel Zorro, j'arrive !
Pendant qu'ils visent sur mes potes je vise sur eux. Eh! c'est très loyal ! j'aurais sûrement une médaille.

On les nique. Enfin Je les nique. Je les éclate. Faut tout faire soi-même ici. Comme des raisins sous la pression des doigts en colère. Aucun problème de conscience. C'est juste stratégique, il me faut cette place, ils n'ont pas à être là, c'est tout.

Le gisement est à découvert, et vas-y ma procédure habituelle, un gardien, un technicien, et un de mes meilleurs hommes, bonne chance à vous les gars.
Essayez de grandir jusqu'à la base, je placerai des sentinelles sur le chemin pour faciliter les échanges.

Telles des cellules qui grandissent, elles se rejoindront et formeront une macrocellule. C'est beau. Mais bon moi je suis un militaire, je ne fais que mon devoir.

Allons-y pour le prochain gisement. J'ai à nouveau un bataillon fraîchement fabriqué, ils ont vingt ans, espèrent payer leurs études, comme si c'était possible de faire des études après ça, enfin bon, et je peux le mobiliser directement. Avec 3 points d'énergie, j'aurais vite fait d'en refabriquer d'autres.
Allez les gars !

Mais là c'est difficile, l'ennemi a sûrement trouvé d'autres gisements pour être aussi puissant. On se fait décimer, mais on récupère quand même un quatrième gisement. Il y en a 7 en tout, donc ça y est, on a l'avantage.
Ah ! on a bien souffert mais ça valait le coup.
Maintenant, on peut vraiment dire que "la situation est stabilisée".
L'ennemi est en position d'infériorité.
Et avec les défenses que j'ai mises, il peut y aller.

En fait on aurait dû y penser plus tôt, la bonne technique, c'est celle qu'on a faite sans faire exprès, obtenir la mort par attrition. En les étouffant.
C'est sûr que si on y va frontalement, c'est suicidaire : les pertes seraient si nombreuses de part et d'autre que ça ne ferait que nous faire revenir à un stade moins avancé du jeu.

A noter : en cas de défaite annoncée, ne pas oublier de tout faire sauter avec une méga-bombe, ça aura pour effet, je note je note, de faire revenir l'évolution à un stade antérieur. Ça peut servir.

Mais par étouffement, en attaquant les gisements un à un, en envoyant à chaque fois un ou deux bataillons de jeunes "Boys" tous frais, on peut les soumettre.

Et voilà ! on y est ! Israël-Palestine en live sur mon bureau.

J'ai pu poser des tours de protection partout autour de leur base. Elles envoient un super joli éclair sur tout ce qui bouge, lapin, poules, enfants, aucun problème.

Ça les contient dans une évolution contrôlée par nous. Avec un seul gisement, ils peuvent bien vivre et ça leur suffit ! Puisque nous on s'occupe qu'ils ne soient pas trop nombreux.
C'est tout un équilibre, quand les ressources ou les gens sont trop nombreux, on les réduit.
C'est ça le contrôle absolu.
Regardez-les ! Ils ne se rendent même plus compte qu'on est là. Ils se battent pour un bout de pains. Quelle bande de creuvards.

Si on veut on peut les exterminer en deux minutes. Avec mes richesses je peux construire 3 bataillons en même temps, j'en ai 10 de disponibles, sans compter toutes les options que le jeu permet : des bombardiers, de nombreuses sortes de vaisseaux adaptés à tous les terrains, des mécano partout, etc etc... et la supermégabombe.
Cette option-là pour l'avoir i faut être parmi les boss. C'est le maximum possible, le top du top. On peut pas mieux. ça résout tous les problèmes en un seul clic.
Une énergie bien utilisée.

Mais rien qu'avec mes bataillons je peux les exterminer.
D'ailleurs comme c'est un jeu, je Save, et j'essaie pour voir. Mais là c'est juste une simulation. Combien de secondes pour exterminer la vermine ?
Je me place sur une hauteur du relief, je balance toutes les troupes, et j'observe le massacre. Ça gicle de partout, c'est un vrai feu d'artifice.

Quand je vois ça je pense à tout ce chemin parcouru. Je n'étais qu'un jeune soldat qui plaçait les gardiens, et peu à peu... snif, quelle émotion. J'ai grimpé les échelons.
Le temps à passé. On est plus des campeurs dans la campagne maintenant, on a toute une structure, toute une activité, toute une vie.

Là, je vois l'ennemi éradiqué, dominé par mon pouvoir, la récompense pour toutes ces années consacrées à ma patrie, pouvoir que je suis libre d'utiliser comme bon me semble.
Je vois aussi que ça n'a pas été si facile, la bataille a été rude, il fallait s'y attendre, la prochaine fois je dispatcherai mieux les attaques, et le jeu se termine.

"Vous avez gagné ! Ça y est, vous êtes content ?"

Nan bon, je retourne à ma sauvegarde.
C'est vrai quand on y pense, toute notre vie, la vie de la société, est axée sur son destin terrible de vivre entouré de gens hostiles et vilains.

Tout est axé autour de la guerre. C'est ça notre vie. Regardez cette station, c'est rien d'autre qu'une caserne avec un supermarché et des putes pour détendre les soldats.
Ils sont plus efficaces après.
La guerre c'est toute notre vie.
La vie est une guerre.
Snif.

Et là on arrive au stade du chat et de la souris, non pas qu'ils se courent après, mais surtout que le chat joue avec la vie de la souris pour se distraire, avant de la tuer nette quand il ne trouve plus ça amusant.

On va faire pareil, c'est ça la stratégie, on va les maintenir en vie.
C'est plus marrant !

On tire entre les gens pour leur faire peur, on fait claquer des bombes jour et nuit pour leur mettre la pression, on les empêche de passer, on les rend fou !
C'est très amusant.

A chaque fois que la cellule veut grandir, parce qu'ils se multiplient, ils commencent à devenir nerveux et désagréables.
A ce moment, il convient de confisquer quelques engins de fabrication, mal répartir les richesses, provoquer des conflits internes, saboter des trucs pour qu'ils s'engueulent...

On est installés dans les tours tout autour, et ça nous fait un spectacle.
Et eux, ils ont oublié notre présence.

Si jamais le peuple nous demande des comptes sur ce que nous faisons, on les motive à nous encourager pour toute réponse. On leur file de nouvelles munitions toutes neuves.
Eh oui, c'est ça le fruit de notre travail, donc c'est normal que ça vous revienne.
C'est bien mérité, si si !

C'est vrai que des citoyens peut se poser des questions, "quels sont nos plans au juste ?", on leur explique qu'ils ne peuvent pas comprendre parce qu'il faut l'avoir vécu.
Il faut être un initié pour comprendre.
Quoi ? Vais-je leur dire que toute notre société a besoin d'un ennemi à détester ? Sans quoi elle retournerait à un état benoîtement paisible, c'est à dire avec de défenses insuffisantes !
Pour le militaire que je suis, et pour tous les Boys morts au champ d'honneur, ça non il n'en est pas question !

Donc il faut maintenir l'ennemi en vie.

C'est comme une cellule dont on arrive à contrôler la croissance. Tel Dieu le fit avec les humains au début de l'humanité, nous-mêmes avons pour rôle de réguler leur population pour qu'elle reste constante. C'est une très jolie idée !
Je suis sûr que ça passerait si on disait ça aux gens.

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