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Ce qu'il nous faut c'est un nouvel ordre mondial

L'actualité est à la destruction des états parce qu'ils se rendent compte que leurs intérêts sont commutatifs, et cela prend forme (dans une phase primitive) d'ingérences odieuses.

Les états sont une catégorisation de l'humanité qui n'est pas fonctionnelle, à part peut-être pour le tourisme où on a besoin de nommer les différentes langues parlées. Mais le fait que les langues soient différentes n'est aucunement une barrière pour parler des intérêts collectifs.

Le principe d'état doit être révolu, si le système social a besoin de se trouver clarifié au moyen de la catégorisation, il est plus vraisemblable que les clivage utiles soient multiples et composites, comme par exemple « actif/inactif », le seuil de pauvreté, l'accès aux BSPN (biens et services de première nécessité), etc... et ensuite ces catégories peuvent se combiner. Et c'est en s'appuyant sur ces résultats qu'on peut prendre des décisions.

Le mouvement vers un ordre mondial a été lancé par les possédants des richesses de ce monde qui sont au nombre de dix maximum et qui ont largement le pouvoir d'influer sur la direction politique de chacun des pays de façon à les enfoncer le plus possible dans le libéralisme pour qu'ils leur deviennent redevables.

Il y a quelques années je disais à quel point c'était stupide de faire cela (de leur point de vue) puisque au mieux ça provoquera des révoltes et naîtront des initiatives autonomes en terme de création monétaire, et que si les possédants voulaient garder le contrôle qui leur confère tant d'autosatisfaction, il vaudrait mieux pour eux qu'ils se fassent discrets. Mais non, la manipulation et le subversif sont quand même lourds à gérer (avec toutes ces inversions de sens qu'on donne aux mots il faut s'y retrouver) et il serait plus simple d'y aller franco, en prônant un état mondial directement et définitivement libéral par nature, et dictatorial dans les faits bien que nommé l'inverse de dictatorial (évidemment).

C'est cela qu'on appelle le nouvel ordre mondial, qui n'est plus nouveau depuis dix ans, et qui prend forme graduellement. C'est déjà l'ordre mondial actuel, et donc réclamer un nouvel ordre mondial c'est rebondir à ce projet aberrant dans lequel les pays se font enfermer.

Face à ce projet aberrant, la riposte purement aristotélicienne c'est de dire « non, l'inverse est mieux » alors du coup il apparaît salvateur de revenir à des états-nation bien distincts les uns des autres comme c'était avant, parfaitement souverains et dans lesquels il est illégal que d'autres pays interfèrent.

Mais je trouve cela encore plus stupide. C'est une telle régression qu'elle n'est possible à envisager que dans l'esprit de ceux qui ont fomenté l'actuel ordre mondial et qui se rendent compte des inconvénients de leur plan, à savoir que les gens peuvent tellement bien communiquer qu'ils peuvent tout aussi bien se désolidariser financièrement du système injuste. Cette idée grouille de toute part et il ne tardera pas d'en voir émerger quelques unes ici ou là. Et devant le succès que ces projets rencontreront, ça donnera envie aux autres de faire pareil. Et du coup l'argent des possédants ne servira plus à rien, il ne pourront même plus payer les sbires qui iront défendre leurs possessions. (aah!)

C'est vraiment étrange la marche du monde, le prophète Karl Marx prévoit qu'on abolira les états-nation, les libéraux disent l'inverse parce qu'ils se croient plus fort, puis finalement en arrivent à cette conclusion (en créant des « multinationales »), et étant donné que la mise en commun des moyens de production est très profitable en réalité, ce concept s'opère au sein de propriétés privées après avoir découragé les états de le faire eux-mêmes en jouant sur le fait que leur vertu se devait d'être effarouchée même si personne ne savait pourquoi, et finalement il s'avère que tant qu'à faire, gardons cette idée préconisée par les « mondialistes » et faisons comme eux le font toujours, réutilisons leurs idées navrantes mais à bon escient.

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Le fait est que les peuples de ce monde doivent concourir à des objectifs à long terme qui leur sont communs, en particulier l'élévation du niveau de vie moyen par habitant sur toute la terre.
Il n'y a aucune raison qu'un pays ait droit à cela et pas les autres, et précisément c'est le fait de mettre les ressources en commun qui permettra d'arriver à ce résultat. Notez que cette idée est purement libérale, du moins c'est ce qui est prétendu ou parfois cru de bonne foi, et qui les motive à renforcer de plus en plus des méthodes qui fonctionnent de moins en moins.

Il n'y a aucune raison non plus que les monnaies soient différentes, et que le taux de change soit profitable aux uns et un handicap pour les autres. Par contre si un pays est pauvre et dévasté il y a une raison pour la production y soit renforcée au détriment de pays riches, de façon à ce que ceux-là diminuent d'autant leur durée du travail.

Finalement ça ressemble beaucoup au libéralisme ce que je dis là, du moins c'est ce qui était sensé se produire : les pays pauvres devaient attirer les productions et devenir riches à leur tour, alors que finalement ils sont gardés dans la pauvreté et qu'il paraît plus judicieux aux possédants de faire que tout le monde soit pauvre.

La possibilité de transvaser l'énergie du développement humain là où on en a besoin tient au fait que non seulement la monnaie soit unique sur toute la Terre, mais aussi les lois.
Il ne devrait pas y avoir d'avantage fiscal à être dans un pays plutôt qu'un autre, ne serait-ce qu'au nom de ce que préconise les Droits de l'Homme (la liberté de circuler), les lois devraient être homogènes.

Ce que j'essaie d'exposer est très difficile, parce que je veux que les libéraux se disent « mais oui c'est ça qu'il faut faire, comme ça on sera tous sur un pied d'égalité et c'est vraiment le meilleur qui gagnera », et que les racistes se disent « mais oui c'est ça qu'il faut faire, puisque comme ça les nègres n'auront plus besoin de venir habiter en France manger le pain blanc des français blancs » et que les autres, intelligents, se disent « mais oui c'est ça qu'il faut faire, puisque comme ça les Droits de l'Homme auront enfin pris pied dans la législation, au nom de l'intelligence ».

Car quand on parle de « l'ordre mondial » en fait il ne faut pas entendre « celui qui donne les ordres » dans le sens de dictature, mais le principe de « mettre de l'ordre », c'est à dire littéralement augmenter le niveau d'organisation du système social, et donc augmenter son efficacité et son intelligence. On devrait dire « il nous faut une nouvelle organisation », tout simplement (puisque « un nouveau système » fait peur à entendre puisqu'il suggère qu'on reboote toute la société).

Une nouvelle organisation de l'activité humaine, basée sur les raisons tangibles d'agir qui sont débattues librement et où l'ensemble des arguments sont pris en compte (vous allez voir que je vais en revenir à mes algorithmes, seuls capables de gérer cette multitude qui dépasse allègrement ce qu'un humain seul peut investir par sa pensée) cela signifie qu'on réorganise l'existant sans pour autant y toucher.

C'est une idée topique que j'utilise souvent depuis des années (pour bien faire comprendre) : le nouveau système va prendre le relais de l'ancien, de façon à ce que la plupart des activités humaines actuelles puissent continuer. Par exemple ce n'est plus à la banque qu'on déposera nos sous (enfin pour ceux qui en ont) mais dans une base de donnée centrale et commune à tous. Cela ne change rien en apparence mais cela change tout au niveau du fonctionnement. Cela ne coûte rien, mais cela permet de faire des économies substantielles à l'échelle mondiale.

Et puis ensuite progressivement « ce qui dirige le monde », c'est à dire non pas une personne mais une somme de raisons arbitrées en public, (ce qui est directeur) donnera son aval pour que perdurent ou cessent telle ou telle activité, comme notamment la fabrication d'armes et la finance.

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Quand on discute avec les gens et qu'on leur dit que la plupart de l'activité humaine consiste à fabriquer des armes, il arrive assez souvent qu'ils répondent que c'est une bonne chose parce que ça donne du travail aux gens. C'est très difficile pour pas mal de gens de prendre en compte plusieurs choses simultanément dans leur réflexion, surtout si elles paraissent contradictoires, ils s'accrochent à ce qui leur paraît « bien » et rejette ce qui paraît « mal » (le fait de ne pas avoir de travail ».

Il y a bien une petite voix en eux qui leur suggère que la conclusion à laquelle ils sont arrivés a comme l'odeur d'une fausse note, mais de là à expliquer pourquoi, (je parle en vérité) pas mal de gens n'en sont pas capables.

Les gens sont des animaux (enfin on dit « échappés de la zoologie »), on peut leur faire gober n'importe quoi ; il est inutile de revenir ou de nier le niveau d'intelligence des masses, leur niveau évolutif est ce qu'il est, et seule la refonte du système éducatif permettra d'arriver à de meilleurs résultats d'ici quelques centaines d'années. Par contre la conclusion qu'on en tire est variable selon qu'on se place dans un système injuste ou dans un système qui part à la poursuite de ce qui est raisonnable. De ce point de vue, il m'apparaît que les peuples (si il n'ont aucune capacité à se faire une idée utile de ce qui se trame autour d'eux) doivent être jugés comme fragiles et donc, qu'il faut les protéger afin que leur intelligence puisse croître. Je veux dire que ce n'est pas aux peuples de connaître toutes les ficelles et d'avoir la maîtrise de sujets politiques, ce qu'ils veulent, et ce que le système doit leur permettre, c'est de vivre libre, heureux et en paix, car c'est ainsi que leur évolution sera la plus harmonieuse.

Je suis certain que les peuples n'ont pas, (pas seulement en terme de compétence mais aussi en terme de morale) à se soucier des questions complexes sur ce qui dirige le monde. (et dans l'autre sens, si jamais ils s'y intéressent, toutes les questions doivent avoir des réponses).
Je n'aime pas l'idée d'une société où il faudrait que chacun soit hyper-spécialiste dans un seul domaine, la politique, et où toute naïveté, toute gentillesse et toute humanité serait corrompues par ce qui résulte de la connaissance, à savoir la méfiance chronique. Et où ceux qui ne seraient pas à niveau, les arnaquables, n'auraient qu'eux-mêmes à qui s'en prendre. Non, ce n'est pas ce genre de société qu'il est utile de vouloir.
Pourtant, à l'époque actuelle du système injuste, vous êtes tous des arnaquables, et vous faites tous semblant de ne pas en avoir l'air afin de vous protéger.

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Les questions politiques sont complexes de toutes manières, et elle ne se simplifieront qu'après avoir été structurées convenablement. Comme il n'y a aucune structure ni aucune homogénéité entre les différents pays du monde, c'est forcément complexe.
Le libéralisme ce sont des règles simples – le business – qui sont sensées « faire système » une fois répliquées partout, à ceci près que ça ne le fait pas du tout, ça que revient strictement à la même chose que l'absence de lois et de règles, puisque les riches et les pauvres ne le sont que par chance ou par malchance. Il faut qu'il y ait des pauvres, et en général personne n'est volontaire pour tenir ce rôle dans la société, alors ils y sont forcés. Voilà ce qu'est l'organisation actuelle.

Quand, pour commencer, on aura homogénéisé les méthodes, les lois et la monnaie, on pourra s'attaquer aux questions organisationnelles proprement dites. On pourra ériger les raisons d'agir, et agir efficacement.

Les gens qui ne sont pas d'accord avec cette homogénéisation, sont motivés par le fait qu'indubitablement ça profitera aux possédants de ce monde puisque ça leur facilitera la tâche qui consiste à manipuler les masses incultes et faciles à berner. Pourtant il faut observer que cette direction prise par les possédants n'est pas à leur avantage et ils s'en rendent compte c'est pourquoi, grâce à l'implosion du système financier mondial, les états sont motivés à se rétracter sur eux-mêmes afin de retrouver la prospérité qu'ils avaient dans le passé dans des conditions similaires. Mais cela encore une fois, est bien plus une utopie que ce que je viens d'exposer.

Et donc ce qu'il nous faut, c'est bien « un nouvel ordre mondial », à part bien sûr, que si cette idée sort de la bouche d'un des sbires des possédants, ça ne voudra pas du tout dire la même chose !

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