060917 2 min

Dans la société déjà, deux camps farouchement ennemis.

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Selon notre capacité de compassion on est tous plus ou moins révulsés par les expulsions.
En fait surtout par l'état d'esprit que cela suscite.

Froidement, les Sarkos déclarent que Cachan était un squat qui ne répondait pas aux normes d'hygiène, et donc qu'il fallait expulser ces gens qui s'y abritaient.
Des squateurs. Des racailles. Des pauvres qui profitent du système et ne veulent rien foutre. Avec plein de microbes sur eux.

Pour aller ou ? Sont-ce de bonnes conditions d'hygiène d'habiter dans la rue ?
Est-ce que c'est une bonne condition d'hygiène de les pousser au suicide ?
Est-ce une bonne condition d'hygiène, mentale, de fermer les yeux sur les raisons pour lesquelles ils s'y trouvent ?
N'est-ce pas une honte qu'on voudrait voir disparaître.
C'est bien de vouloir faire disparaître ce qui est honteux, mais pas si la méthode est honteusement scandaleuse !

La solution la plus probable est qu'une partie d'entre eux aille trouver un autre squat.
"Allez-vous en ailleurs". Mais ça changera quoi ?

Pratiquement, c'est une organisation sociale toute entière qui découle des visions et oppressions de chacun. C'est à la fois logique mais surtout, il ne faut pas l'oublier, une injustice.

"Pour nous ça fera plus propre". Ainsi les groupes de pauvres forment des villes entières.
Ce qui est considéré comme la solution d'un problème n'est en fait qu'une conséquence d'une injustice non déclarée comme telle.

Quand on donne vie à une injustice ça engendre toujours une injustice plus grande et plus parlante.

Détruire ce qui est moche, dissimuler nos manquements sous le tapis, n'est-ce pas se promettre que "ce moche" ait lieu encore et encore plus souvent ?

C'est ça l'état de guerre, c'est quand on s'oblige à une résolution fatidique, avouant son incapacité et son impuissance à se mettre à la tâche pour résoudre un problème plus vaste.

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