101004 7 min

Mutations

Devant l'accumulation des urgences on a l'habitude de réagir énergiquement et de façon à être tranquilles pendant un bout de temps.
Quand l'urgence est trop importante on est obligés de reporter à plus tard les moments où on aura besoin de dépenser son énergie néguentropique, après l'avoir rechargée après avoir répondu à ce qui était le plus important.

L'énergie néguentropique c'est quand on a laissé traîné des choses à faire et que soudain elles sont toutes indispensables avant de pouvoir se charger de celles qui nous pendent au nez, eh bien à ce moment-là on relève les manches et on s'organise pour que tout soit accompli.
C'est là qu'on est le plus contents d'aller dormir.

Evidemment, ce genre de considération est autant valable en programmation informatique que dans la vie qu'en ce qui concerne le destin du monde.
L'avantage de l'holistique c'est de pouvoir enrichir nos définitions topologiques par les enseignements produits aux différents champs d'application de ces théories.

En tous cas en informatique on a tout le loisir de procéder à des déroulements d'une beauté, d'une perfection et d'une utilité qui laissent admiratifs pendant plus longtemps que ça n'a prit à le faire. Et en général chaque action d'une durée de quelques minutes ou dizaine de minutes, a été méditée et construite mentalement assez puissamment pour qu'on puisse se permettre de survoler les inévitables embûches qui se poseraient sur cette route.
On peut dire que le rapport entre la méditation et l'accomplissement de la mutation désirée est de l'ordre de un pour cent.

Ce qui nous intéresse c'est surtout le destin du monde. En général le temps passé à réfléchir à un problème y est inférieur que le temps pour accomplir ces modifications, et les problèmes engendrés par eux augmentent au lieu de diminuer brutalement, ce qui signe normalement le succès de l'opération.
En programmation on ne peut pas tricher, si ça ne marche pas on ne peut pas prétendre que « ça marchera mieux dans l'avenir », car dans ce cas ça veut dire qu'on est en retard sur le job à accomplir.

-

Il y a de nombreuses choses à faire pour accomplir la mutation que notre civilisation se doit d'accomplir, pour de basses raisons topologiques.
L'énergie néguentropique requise doit être la mieux placée possible et à chaque fois au bon moment, de sorte que les nouvelles compétences (du système social humain) viennent rejoindre les nouveaux édifices (ce qui veut être construit). C'est comme des points lumineux qui apparaissent à différents endroits non simultanés, avec des pics d'activité. Bref rien d'anormal.

Tous les besoins signalés par le système doivent être sustentés absolument entièrement et sans radinerie, d'une façon topologique, générique, et définitive du moins tant que le système reste à ce stade.

C'est pourquoi dès le moment de l'impulsion il a fallut avoir l'idée majeure de ce qui conduira l'ensemble des édifices et de l'application de ces nouvelles capacités aux besoins qui appellent une réponse.

L'idée majeure pour sauver le monde on l'a déjà eue mais elle a été pervertie de sorte que le vocabulaire employé pour désigner sa fonction renvoie systématiquement vers l'acception moderne du mot, j'ai nommé : le fait que les peuples se regroupent sous forme de « sociétés ».

Les nations formées par l'histoire sont autant de sociétés qui n'ont été conçues autour du langage local, sachant que quand les uns partaient habiter dans un autre endroit, automatiquement la frontière de la nation s'en trouvait changée.

Il a fallu attendre l'apparition de photoshop pour visualiser des calques semi-transparents qui laissent entrevoir différentes frontières possibles selon les champs de recherche, et commencer à entrevoir le fait que ces frontières sont souvent impossibles à dessiner d'un trait radical.

Si on devait se fier à la langue il y aurait, en la personne des bilingues et autres polyglottes, des endroits où plusieurs pays se chevaucheraient. Bien sûr on aurait une représentation graphique du plus gros de la masse qu'on cherche mais personne ne s'aviserait de confondre cette représentation graphique avec la réalité.

Dans une société raisonnable, prévoyante et organisée (ce sont la les buts de la mutation désirée) les frontières ne sont établies qu'en raison de l'utilité, de sorte à observer la différence de répartition entre celles constatées et celles désirées.
Dans une société raisonnable ce qui est désiré est définit de façon conceptuelle, en partant de ce à quoi on est en droit de s'attendre à partir de ce qui existe déjà.

Souvent ce qu'on appelle « utopie » n'est que de l'intelligence pour d'autres cerveaux, qu'on considérera simplement de « plus musclés », puisque l'existant servant de fondement à ces théories est le même pour tous, il suffit d'avoir du savoir.

Le deuxième mot que j'ai employé, la prévoyance, est un terme propre à quelque chose auquel on n'a plus besoin de penser étant donné que dès le départ la volonté de régler ces problèmes hypothétiques a été exprimée par un jet d'énergie néguentropique bien ciblé, avec conviction et assurance.
Avoir de l'assurance ce n'est pas signer un contrat chez la MAAF qui balance la même chanson pendant quarante minute dans la file d'attente téléphonique, ça consiste à faire reposer par avance toutes les constructions dont on peut avoir besoin sur des bases qui ont largement prouvé leur solidité.
Cela n'empêche pas de se tromper évidemment, mais nous les Geeks on ne se trompe jamais, sauf pour les trucs débiles.

Ainsi la prévoyance est un terme légitime pour définir une société humaine, dans la mesure où elle implique que ce à quoi on peut s'attendre, tremblements de terre, diaspora, maladies, auront une réponse immédiate et bien entraînée à produire l'effet d'efficacité.
Et en général, les mauvaises choses qu'on se doit de prévoir ne peuvent être que le fruit d'effets imprévisibles de la nature, et aucunement de choix libres des uns de balancer des bombes sur la nation des autres (par exemple).

Bon, et l'organisation d'une société se mesure avec la densité informatique qui lui est nécessaire pour fonctionner, pour donner une idée, aujourd'hui des tonnes incalculables d'argent circulent chaque jour sur Terre mais l'utilité de cette pratique est proche de nulle.

L'organisation c'est un constat qu'on peut faire sur un résultat après y avoir travaillé de façon planifiée et intelligente.
On peut aussi appeler « organisation » le fait que quelqu'un sache s'y retrouver au sein d'un fouillis sans nom, mais dans ce cas ce terme est réduit l'échelle psychologique, or ici on veut obtenir l'effet selon lequel toute ou partie du système peut subir une intervention à n'importe quel moment (comme on l'a vu au moment d'une mutation l'énergie doit être dispensée de façon séquentielle, et en général on ne peut rien faire tant qu'une étape n'est pas franchie entièrement).

C'est donc très important, comme prérogative à un système social, qu'on puisse y intervenir facilement et rapidement, quelle que soit la profondeur de la tâche qui nous incombe,, y compris si ce sont des futures mutations, ça aussi, ça fait partie de la prévoyance.

-

En premier il faut que les gens s'organisent sous forme de centrales d'achat pour se passer des distributeurs et créer des prix qui disent aux agriculteurs qu'ils peuvent cultiver à leur façon leurs champs.
La fonction d'un état c'est de récolter les impôts pour s'occuper des choses de l'ordre de la vie publique, dont aucun business ne peut s'accommoder puisque ça ne luis rapportera rien.

Dès lors les gens s'unissent sous forme de congrégation avec des représentants. Pour cela nous n'avons aucun besoin des structures existantes, puisqu'elles sont très simples et qu'elles sont faciles à rétablir.
Donc : les gens ont le droit de s'unir en « nations » qui régirait les choses de façon rationnelle, par opposition aux nations existantes dans ce monde de oufs.

Cette centrale d'achat doit s'allier à d'autres pour former des centrales de production, des centrales de distribution (« équitable », ça fait bien sur le packaging) sur le modèle des coopératives.

Autant dans une coopérative que dans une société rationnelle l'intérêt de chacun et du plus grand nombre est décisif pour le choix des actions à mener.
Ce serait quand même un fraîchement nouveau paradigme de société les gens étaient heureux de se trouver au service d'une activité constructive et utile.

C'est sûrement cela l'émergence qui bondira du nouveau système social humain pleinement réformé de 2041, organisé et prévoyant, la révélation selon laquelle la liberté ne se ressent que si on a l'habitude d'agir utilement.

8119

Référencé par