060910 3 min

A la mode israélite

On m'a rapporté aujourd'hui la dernière mode en Israël.
Ce sont des bars où on vient pour simuler la prise d'un café, d'une assiette ou d'un verre dans un restaurant, mais seulement dans un but décoratif.
Le client s'installe à une terrasse, et commande une tasse. Mais la tasse est vide, c'est conceptuel.
Ainsi il peut rester au café virtuel avec des amis, et à la fin bien sûr, il paie l'addition.

Au début je me suis dit, ok, ils sont fous.
Ce doit être une imagerie de l'homme parfait qu'ils croient être, propre sur eux, exempts de tous défauts, en quelque sorte immaculés, et du point de vue capitaliste : des clients parfaits.

En creusant un peu je me suis dit "et si il y en a un qui a vraiment faim ou soif ?".
Et c'est là qu'apparaît le concept du truc.
Quand on voit un verre, une tasse, une assiette, une coupe de champagne, automatiquement cela est associé à son contenu.
Ici il serait alors question de déconditionner cette association, comme un exercice psychosocial culturel.

La nourriture, la boisson, c'est ce qui est vital.
Ici il est question de se défaire d'un conditionnement qui a attrait à quelque chose de vital pour eux.
C'est assez pertinent.
Parce que c'est une activité artistique, elle recouvre des fonctionnements psychiques de façon non explicite. L'art, la comédie, c'est pareil, ça évoque des situations intimes mais sous couvert de personnages extérieurs auxquels ont s'identifie, puisqu'on les croit extérieurs...

Il y a donc quelque chose de vital pour eux dont ils ont un besoin hygiénique de se défaire.
Leur besoin vital c'est celui de se regrouper et de s'isoler du monde cruel.
Cela les a conduit à vivre dans une autarcie culturelle, qui en terme psychosocial, correspond à un autisme.
Ce mouvement me semble donc, finalement, être une désaliénation du besoin vital de s'isoler.

La correspondance des faits ; la névrose compulsive

Quand le capot Shalit a été enlevé, ça a déclenché le fait que Israël rase le Liban de fond en comble, à la mode apocalyptique.

Devant l'inconséquente disproportion, le monde a eu du mal à le croire et même a en parler. De toute évidence, du moins selon ce qui nous paraît logique, l'enlèvement du capot Shalit aura été un prétexte pour une guerre planifiée.
Et si cette version arrangeait la réalité, finalement ?

Parce que ce que je crois, est que cette disproportion n'est pas apparue aux yeux autistes des israéliens. Pour eux cela était proportionné, raisonnable, mérité.
Pour eux même, ça n'a pas été suffisant, et en ce moment ils se reprochent de ne pas avoir été assez efficaces dans l'holocauste.

C'est cela qui est très intriguant, et menaçant, c'est que lorsqu'ils retiennent 10 000 prisonniers, pour eux c'est normal, mais si un seul sioniste se fait enlever, c'est un affront insupportable.
Si ils rasent le Liban, c'est normal, mais si une bombe du Hezbollah laisse une tâche sombre sur leur bitume, ça leur fait froid dans le dos, et ils passent la nuit dans leur bunker privé même si la guerre est passée, juste pour être rassurés.
(me dis-je)

Mais j'en suis maintenant convaincu, l'enlèvement du capo Shalit n'était pas un prétexte, c'était vraiment vécu comme un affront insupportable. Et cela est bien plus inquiétant.