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Iii - Israël, du mythe à l'histoire...

AUX SOURCES DU CHAOS MONDIAL ACTUEL

" La chose la plus difficile au monde est de suivre à la trace n'importe quelle idée jusqu'à sa source. " (Edward Mandell HOUSE)

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2ème Partie

Aux sources du sionisme

III - Israël, du mythe à l'histoire...

"L'organisation sociale des hommes ressemble beaucoup à celle des rats qui, eux aussi, sont, à l'intérieur de la tribu fermée, des êtres sociables et paisibles mais se comportent en véritables démons envers des congénères n'appartenant pas à leur propre communauté."

Konrad Lorenz, L'agression, une histoire naturelle du mal

1 - Il était une fois un ciel vide et une terre toute petite...
2 - Le dieu de la tribu
3 - Du polythéisme à l'hénothéisme. Une déité mixte
4 - Les fondements religieux du comportement d'Israël
5 - Où l'on voit Samson essayer d'ébranler les colonnes du temple
6 - Religion et morale
7 - Où l'on comprend que la "bibliothèque de Babel" de Jorge Luis Borges situe Israël dans le cosmos
8 - Où l'on suit de hardis explorateurs se lançant à l'assaut du mythe
9 - Où l'on découvre comment le mythe crée un corps collectif et le pérennise
10 - Où l'on assiste à la chute du mythe dans la politique. Il était une fois Israël...
11 - Une question de psychophysiologie
12 - Où l'on observe le "peuple élu" confronté à l'insurrection morale des peuples du monde
13 - Où l'on verra le mythe prendre la forme d'une montgolfière cosmique

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1 -Il était une fois un ciel vide et une terre toute petite...

Afin d'essayer de comprendre les racines religieuses et anthropologiques du drame de la Palestine et le chaos que cette tragédie provoque dans la politique internationale, je suis remontée le plus haut possible dans l'étude de la naissance des mythes qui structurent aujourd'hui encore les actions et la mentalité d'Israël.

Il ne s'agit nullement d'une étude théologique du contenu du judaïsme. Je n'ai pris en considération que les éléments du dogme qui se traduisent aujourd'hui encore par des conséquences politiques sur le terrain - à savoir les notions de "terre promise" et de "peuple élu". Ces deux faveurs du dieu national ont scandé l'arrière-monde mythologique du judaïsme antique. Elles sont le pivot autour duquel tourne tout l'édifice des récits bibliques et talmudiques, lesquels ne font qu'illustrer les péripéties liées à la réalisation de ces deux "promesses" du Dieu Jahvé. Concentrées à l'origine dans les cinq Livres du Pentateuque - ou Thora dans la terminologie juive - et notamment dans le Deutéronome, le plus ancien des récits bibliques, ces deux notions sont la pierre d'angle sur laquelle repose tout l'édifice psychologique du judaïsme politique dont le sionisme contemporain est l'héritier direct. C'est pourquoi il est absurde de prétendre que le sionisme n'est qu'une idéologie politique sans rapport avec la Bible.

Certes, tous les peuples se donnent une origine para-mythologique et se réfèrent à une histoire légendaire originelle plus ou moins riche, plus ou moins originale, mais toujours fondatrice de leur existence et de leur identité; car l'unificateur mythique est le créateur et le gardien de l'identité des groupes humains. L'empire romain s'était inventé l'histoire de Romus et de Rémulus nourris par une louve afin d'autojustifier son installation sur les collines du mont Palatin par une manière d'intervention divine. La civilisation grecque est née de la légende homérique qui a mythologisé la guerre de Troie. L'empereur du Japon est réputé être le "fils du soleil". Le "messianisme" révolutionnaire d'une France "patrie des droits de l'homme" a remplacé celui des rois, dont le "sang bleu" d'origine christique en faisait "la fille aînée de l'Eglise" depuis le baptême de Clovis. Mais toutes ces mythologies nationales demeurent abstraites, non belliqueuses ou exclusivistes et ne débordent pas sur le territoire des voisins.

En revanche, les Etats-Unis, peuplés, à l'origine de leur existence en tant qu'Etat par des protestants calvinistes dont l'esprit était modelé par l'Ancien Testament, se sont proclamés la "nouvelle Jérusalem" ou le "nouveau Canaan". Ils se vivent, à l'instar des Israéliens, comme un nouveau "peuple élu" laboratoire d'un futur mirobolant. Leur nouveau Moïse - Thomas Jefferson, auteur de la Déclaration d'indépendance des États-Unis - affirmait que cette nation était "the world's best hope". Bien que se proclamant athée, mais en réalité franc-maçon déiste, Jefferson partageait la mythologie biblique de ses contemporains et voyait dans le nouvel Etat un fanal pour les autres peuples.

En conséquence, l'Etat né sur les terres indiennes s'est donné pour devise: "Per aspera ad astra". Il s'est immédiatement employé à exterminer systématiquement les habitants autochtones qui vivaient sur ces terres depuis la nuit des temps. Derrière l'étendard du "Manifest Destiny" et de la mission évangélique de porteurs des valeurs d'un "Bien" et d'un "Mal" censés universels, mais définis par leurs soins, les nouveaux missionnaires se sont approprié les terres et les richesses, et continuent aujourd'hui leur "mission civilisatrice" sous le prétexte de délivrer le monde de l'oppression des tyrans et tout en se proclamant les messagers du Progrès et de Démocratie. C'est ainsi que leur avant-dernier président, G.W. Bush, n'avait pas hésité à affirmer urbi et orbi: "Nous sommes exceptionnellement bons. Nous sommes le peuple élu."

L'installation des colons originaires d'Europe et notamment d'Angleterre sur les terres du Nouveau Monde et celle des colons juifs en Palestine présentent donc un parallélisme saisissant. Elle explique l'alliance psychologique étroite et profonde entre une Amérique baignant dans une religiosité vétéro-testamentaire - qu'elle soit dirigée par un Clinton, un Bush ou un Obama - et l'Etat sioniste actuel. Elle ne peut donc se réduire à la seule influence, certes très importante, des généreuses contributions financières destinées à influencer ou à corrompre les décideurs politiques ou économiques et offertes par les groupes de pression de l'AIPAC ou de la loge maçonnique B'nai Brith réservée aux membres qui peuvent attester de leur appartenance au judaïsme.

2 - Le dieu de la tribu

J'ai poursuivi mon exploration du fleuve du temps et j'ai suivi à la trace l'histoire stupéfiante de la tribu qui, depuis la nuit des temps s'est éprouvé si différente du reste de l'humanité qui l'environnait qu'elle s'est sculpté progressivement, laborieusement au fil des péripéties politiques auxquelles elle a été mêlée, la statue du dieu spécifique auquel elle a prêté les mêmes sentiments de répulsion et de haine à l'égard des autres humains que ceux qu'elle éprouvait elle-même. Puis, elle a ordonné à la statue: "Et maintenant marche devant nous...."

Code destiné à règlementer la multitude de rites à observer si l'on veut maintenir les bonnes dispositions du Dieu envers la communauté, le Deutéronome est aussi et avant tout un texte politique, adapté aux circonstances politiques de l'époque.

Ezéchias et son petit-fils Josias étaient de grands rois et de fins politiques et ils savaient d'instinct qu'il est beaucoup plus efficace pour tout pouvoir de faire passer ses lois par le détour d'un Dieu unique et que la pluralité des dieux de l'époque présentait un grave inconvénient pour le pouvoir. C'est pourquoi le premier texte rédigé de la Thora - le Deutéronome - pullule de commandements concrets concernant à la fois l'exécration des autres dieux et la gestion quotidienne d'une cité : le statut des dettes entre les particuliers, la répartition des terres, la manière dont il convient de se partager le butin conquis sur les voisins, le statut des esclaves ou celui des femmes enlevées lors des rezzous en dehors des frontières. Mais il s'agit également d'un code civil qui fait interdire par la voix du Dieu les vices qui rendraient impossible la vie policée d'une cité - le meurtre, le vol, l'adultère, l'irrespect à l'égard des parents - ainsi que toutes les formes de débauche individuelle - la paresse, la luxure, la goinfrerie, etc. Cependant il était prévu que ces vices auraient toute licence de s'exprimer à l'égard des étrangers qu'on avait le droit de massacrer et de voler; il était également permis de faire des femmes enlevées lors des campagnes militaires des maîtresses ou des esclaves.

"Lorsque Jahvé, ton Dieu, t'aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, et qu'il aura chassé devant toi beaucoup de nations, les Héthéens, les Gergéséens, les Amorrhéens, les Chananéens, les Phéréséens, les Hévéens et les Jébuséens, sept nations plus nombreuses et plus puissantes que toi, et que Yahweh, ton Dieu, te les aura livrées et que tu les auras battues, tu les voueras à l' anathème, tu ne concluras pas d'alliance avec elles et tu ne leur feras point de grâce." (Dt 7, 1-3)

"Jahvé, ton Dieu, enverra même sur eux les frelons, jusqu'à ce que soient détruits ceux qui auront pu échapper et se cacher devant toi. Tu ne t'effrayeras point à cause d'eux; car Jahvé, ton Dieu, est au milieu de toi, Dieu grand et terrible! Jahvé, ton Dieu, chassera peu à peu ces nations devant toi; tu ne pourras pas les exterminer promptement, de peur que les bêtes sauvages ne se multiplient contre toi." (Dt 20-23)

Petit commentaire de ces versets:

"Le pays dont tu vas prendre possession... " : traduite en langage "historique", cette phrase du Deutéronome nous apprend que les Hébreux israélites étaient des envahisseurs en voie de sédentarisation qui se cherchaient un territoire afin de se fixer.

"Il [le dieu] aura chassé devant toi beaucoup de nations": attribuer au dieu ses désirs et ses actions est un procédé psychologique classique utilisé par tous les auteurs de textes théologiques. La phrase révèle par ailleurs que le territoire choisi était déjà habité par de nombreuses "nations" qui s'y étaient fixées antérieurement. En application de l'immémorial "syndrome du coucou" qui consiste pour un intrus à s'installer dans le nid d'autrui, tout en s'auto-innocentant de toute mauvaise intention, les nouveaux-venus réussirent à s'approprier les lieux. Une pratique drastique de "purification ethnique" s'ensuivit au détriment des habitants autochtones. Ce premier brigandage victorieux devient une action divine et préfigure la politique des sionistes du XXe siècle.

"Tu ne leur feras point de grâce" : les habitants de Gaza et les prisonniers dans les geôles israéliennes peuvent certifier que ce commandement est aujourd'hui scrupuleusement respecté.

On voit à quel point rien n'a changé et à quel point les principes du Deutéronome originel sont rigoureusement mis en pratique aujourd'hui tant en Cisjordanie qu'à Gaza, notamment celui, vicieux et hypocrite, qui conseille l'extermination en douce et par petits paquets: "Tu ne pourras pas les exterminer promptement, de peur que les bêtes sauvages ne se multiplient contre toi "(Dt 20,23). Surtout ne pas réveiller les dormeurs de la "communauté internationale" et autres rédacteurs de rapports Goldstone, ces "bêtes sauvages" qui ont le mauvais goût de n'avoir pas apprécié la beauté du feu d'artifice des bombes au phosphore blanc illuminant le ciel de Gaza.

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Feu d'artifice au phosphore blanc sur Gaza en janvier 2009

3 - Du polythéisme à l'hénothéisme, une déité mixte

La religion hébraïque originelle n'était nullement une religion universelle. Le polythéisme était la règle et Jahvé, un dieu parmi d'autres, a cohabité pendant des siècles avec ses collègues, y compris à l'intérieur du petit Royaume de Juda et chaque divinité était honorée en un lieu particulier, principalement sur des hauteurs. A l'époque toutes les tribus possédaient leur dieu protecteur. Les Moabites avaient Camos - orthographié parfois Kemosh - les Tyriens avaient Melqarth, Hadad était la divinité de Bagdad et Jahvé, successeur du Jéhovah célébré dans le royaume du nord, devint le protecteur militaire de la tribu des Béni-Israël. Son culte fut localisé à Jérusalem où il supplanta les autres divinités particulières.

Du polythéisme primitif, cette religion a conservé le dieu local. Elle a progressivement suivi le mouvement d'évolution qui fut celui de tous les autres dieux vers le monothéisme, mais un monothéisme particulier puisque, dans le Deutéronome, il est demeuré racial et déclaré dieu unique du royaume de Juda par Ezéchias, puis par Josias. Il n'est devenu un Créateur cosmique - donc, en principe, universel - que dans les Livres rédigés ultérieurement, après l'exil en Babylonie, comme nous le verrons plus loin.

On aboutit alors à la bizarrerie théologique, donc anthropologique, d'un groupe humain qui se déclare protégé par un dieu particulier, mais néanmoins cosmique, lequel ignorerait superbement les autres peuples et aurait créé le ciel et la terre uniquement en vue d'en assurer la jouissance à ses seuls adorateurs hébreux. Cet hénothéisme (heno=un) est un stade intermédiaire entre le polythéisme et le monothéisme. Le monde existe pour Israël et le reste de la planète doit lui être subordonné.

Les autres dieux nationaux de l'époque avaient probablement la même mentalité que Jahvé. Comme lui, ils n'avaient en vue que le bien de la nation dont ils assuraient la prospérité. Mais la vitalité des théologiens yahvistes, la psychologie de ce groupe humain et le talent littéraire des auteurs du récit ont su garder ce dieu-là en vie alors que tous les dieux rivaux ont disparu avec la défaite politique des villes et des royaumes qu'ils n'avaient pas su protéger. En effet, il était admis que la défaite d'une ville tantôt signait l'acte de décès de son dieu, tantôt était considérée comme le signe de la volonté du dieu de punir son peuple.

La description des frontières de la "Terre Promise" correspond d'ailleurs aux limites des terres connues par les Judéens du -VIIe siècle. Dans leur esprit, c'était donc la terre entière que Jahvé leur aurait "promise". Voilà bien la preuve absolue de sa puissance exceptionnelle par rapport aux autres divinités. Mais ce désir est surtout un puissant révélateur de la psychologie de la population qui s'est crue - et qui continue de se croire - la bénéficiaire de ce cadeau.

4 - Les fondements religieux du comportement de l'Etat d'Israël établi en Palestine

La légitimation psychologique et anthropologique dont se réclame Israël afin de s'auto-inocenter de ses exactions et de justifier aux yeux du monde entier son installation à la force du poignet et à la pointe des missiles en incitant par tous les moyens des immigrants juifs de venir peupler la Palestine est religieuse.

Son dieu particulier, Jahvé, aurait donné cette terre à leur tribu et cet acte de donation oral serait tombé dans l'oreille d'un chef nommé Moïse. Un contrat aurait d'abord été consigné sur un morceau de granit, qui s'est révélé moins durable que la pierre de basalte noir du code d'Hammurabi. Mais par un nouveau miracle du dieu, l'acte d'acquisition a pu être reconstitué après moult siècles par une sorte de scribe-notaire aussi informé de la tractation que s'il avait assisté à l'évènement. Tout le monde peut en prendre connaissance, puisque la "session immobiliaire" reproduite dans son intégralité est scénarisée dans les textes sacrés de cette tribu.

C'est sur le fondement de ce scénario que les représentants officiels de l'actuel Etat d'Israël clament sur tous les tons que "La terre a été donnée par Dieu aux juifs", et que, par conséquent, il ne peut y avoir de compromis avec les Palestiniens, qui sont priés de déguerpir. [1]

Même si la plupart des dirigeants de cet Etat ne sont pas des religieux pratiquants, tous sans exception se réclament des deux axiomes religieux qui structurent le "retour du peuple élu" sur sa "terre promise".

C'est sur cette fiction théologique digne d'Alice au pays des merveilles que repose la certitude des sionistes d'aujourd'hui que la terre de Palestine leur a été donnée par leur dieu. C'est au nom de ce roman fantastique que les émigrants venus de tous les continents chassent les habitants autochtones de leur patrie et cherchent à faire coïncider le pays de leurs rêves religieux avec le pays réel. Ce genre d'Etat porte un nom : c'est une théocratie raciale ou communautariste.

A partir de 1945, s'y est ajoutée une instrumentalisation officielle des souffrances subies en Europe durant la IIe guerre mondiale: "Pendant deux générations, notre politique étrangère a fait de l'Holocauste son principal instrument. La mauvaise conscience du monde déterminait son attitude à l'égard d'Israël. (...) Toute critique des actions de notre gouvernement était automatiquement qualifiée d'antisémitisme et réduite au silence ", écrit un connaisseur juif de la politique de cet Etat. [2]

Les conséquences politiques immédiates de la réfutation historico-archéologique de la folle prétention des nouveaux immigrants seraient évidemment considérables. Pour utiliser une métaphore biblique. Samson ébranlant les colonnes du temple imaginaire ferait voler le rêve sioniste en éclat et réduirait l'édifice théologico-médiatique tout entier à l'état de ruine.

C'est pourquoi les Israéliens de l'intérieur et les juifs de la diaspora refusent les analyses d'exégèse biblique et les découvertes archéologiques scientifiques avec autant de virulence que l'Eglise des XVe et XVIe siècle les découvertes de Copernic et de Galilée.

5 - Où l'on voit Samson essayer d'ébranler les colonnes du temple

Décrypter les métaphores relatées dans le texte biblique tel qu'il nous est parvenu, afin d'accéder à la réalité historique originelle que le récit a triturée, mâchouillée et métamorphosée pour les besoins de la mobilisation psycho-théologique du groupe, tel est le travail de fourmi auxquels se consacrent les Argonautes de la vérité. Mais il leur faut, pour cela, quitter les brillances et les fausses évidences des représentations offertes sur le devant de la scène du théâtre mental sur lequel s'agitent les marionnettes, et pénétrer dans les coulisses et les sous-sols des motivations conscientes et inconscientes des scripteurs talentueux de la fiction, afin de démêler les ficelles qui mettent en branle le gigantesque mécanisme qui mouline la pseudo "vérité" et qui crée, depuis deux millénaires et demi, l'illusion qu'il s'agit d'un texte historique.

L'exemple d'Abraham et de son périple est particulièrement révélateur de la manière dont ont procédé les rédacteurs des livres bibliques.

Des tribus d' Hébreux nomades ont certes pérégriné dans cette région durant la préhistoire et les débuts des temps historiques. Mais le nom générique d'"Hébreux" - les Ibrim , "ceux de l'autre côté", "ceux qui ont passé le fleuve [Euphrate]" - s'appliquait à l'origine à de nombreuses peuplades : Ammon, Edom, Moab, Ismaël, Jébuséens, Madianites, etc. pour ne citer que celles qui se trouveront évoquées beaucoup plus tard dans les textes bibliques. Ainsi, des dizaines de tribus hébreux plus ou moins nomades erraient, commerçaient, trafiquaient, guerroyaient, établissaient et rompaient des alliances entre elles dans la région allant de la Syrie à la Phénécie - la région côtière exceptée, les nomades n'aimaient pas la mer en laquelle ils voyaient un manque, un vide de la création. On en trouve une trace jusque dans l'Apocalypse (21,1) . Dans un monde parfait, la mer aura disparu: "Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus."

Toutes ces peuplades parlaient des dialectes proches les uns des autres et se comprenaient parfaitement. En revanche, les Kenaanis ou Chananéens, beaucoup plus influencés par la civilisation et les moeurs des Egyptiens, étaient haïs par les groupes hébreux, bien qu'ils parlassent un idiome semblable au leur.

Ces tribus nomades se rattachaient au mythe d'un même père fondateur. Ab-Orham, devenu Ab-ram, "le haut Père", ou Abraham, "le Père de beaucoup de peuples", était une sorte de patriarche éponyme mythique, d'origine assyrienne, commun à tous les nomades de la région. Lorsque le récit de la Genèse trouvera sa rédaction définitive, les scribes du temps de l'exil babylonien des Judéens au -VIe siècle jetteront toutes leurs forces dans l'entreprise qui consistait à donner au petit groupe de la tribu des Béni-Israël un statut suréminent par rapport à tous les groupes concurrents. C'est ainsi qu'Isaac - nom éponyme et symbole des Béni-Israël - sera le fruit miraculeux de deux vieillards légendaires soudain reverdis. En revanche, ces mêmes scribes affecteront aux groupes tribaux voisins et rivaux les pires turpitudes et des origines subalternes ou méprisables telles la légende d'Agar et de son fils Ismaël (Gen.16, 17) - nom éponyme des Ismaélites - ou l'histoire des autres "fils" d'Abraham - c'est-dire des tribus qui se réclament de sa descendance - avec une nouvelle femme, Qetoura, si insignifiante que les auteurs se sont contentés de donner un nom (Gen.25) sans aucun autre renseignement sur sa personne. Il faut y voir un procédé classique destiné à montrer que les autres peuplades de la région alliées ou rivales des Beni-Israël, ne méritent pas qu'on s'attarde à leur généalogie ou à leur descendance. Sans oublier les nations nées de la fornication incestueuse de Loth et de ses filles (Gen. 19).

Lorsqu'elles choisirent de se sédentariser, ces tribus se taillèrent le territoire qui correspondait à leur puissance et à leurs alliances. La province convoitée par les Béni-Israël était déjà peuplée; il a donc fallu conquérir le territoire et expulser les premiers occupants. Il faut évidemment oublier la légende de Josué et ses trompettes miraculeuses. Les envahisseurs israélites guerroyèrent alors victorieusement contre les Amorrhéens, les Moabites, puis les Cananéens déjà installés dans cette région. Traduit ultérieurement en langage biblique, cet épisode est devenu, comme je l'ai cité ci-dessus (n° 2): Lorsque Jahvé, ton Dieu, t'aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, et qu'il aura chassé devant toi beaucoup de nations... " (Dt 7, 1) C'est donc le généralissime en chef divin qui s'est chargé du travail, nous dit le texte.

S'étant divisés en deux branches rivales, les Israélites établis au sud, dans la région de ce qui deviendra le "Royaume de Juda" et qui aura Jérusalem pour capitale, ne représentaient qu'une toute petite partie de l'actuelle Palestine. C'est là que fut conçu le dieu protecteur qui n'aimait qu'Israël, un dieu qui ne pensait qu'à sa nation bien-aimée, un dieu "d'une partialité révoltante pour Israël", d'une "dureté affreuse pour les autres peuples", comme l'écrira Ernest Renan.

Les moeurs rustiques et cruelles de l'époque transparaissent sous la teinture théologique de la notion de "désobéissance aux commandements du dieu" puisque dans Ezéchiel (20, 25-26) il est fait état de sacrifices d'enfants commandés par un dieu-Moloch sadique qui châtiait "son" peuple en le forçant à se punir lui-même: "C'est pourquoi je leur ai donné des lois qui leur étaient funestes et des commandements qui ne pouvaient les faire vivre. Je les ai souillés par leurs offrandes quand ils sacrifiaient tous leurs premiers-nés, pour les frapper de stupeur afin qu'ils reconnaissent que je suis l'Eternel».

Quant au Royaume du Nord - l'Israël originel - il a disparu de l'Histoire avec la fin de la Maison des Omrides au VIIIe siècle avant notre ère. Sa florissante capitale, Samarie, fut détruite par le puissant empire assyrien en -722. Le petit Royaume de Juda, autour de la cité-Etat de Jérusalem a connu un certain éclat pendant une courte période au septième siècle avant notre ère. Il survécut en paix pendant cent vingt ans en se reconnaissant vassal des Assyriens, c'est-à- dire en acceptant de payer un tribut annuel. Mais le brassage des populations en Samarie et en Judée au fil des tribulations politiques de la région et des invasions par les grands empires voisins, ainsi que la présence immémoriale d'autres ethnies sur les lieux rendent les prétentions théologiques et génétiques des actuels immigrants venus du monde entier et fondées sur les fictions bibliques, politiquement farfelues et historiquement infondées.

Seules la nullité politique et la pauvreté culturelle de l'indéboulonnable homme à la petite moustache grise qui "préside" aux destinées de la Cisjordanie, son ignorance de l'histoire des peuples, des religions et des mentalités théologiques, ainsi que sa reptation obséquieuse devant Israël, les USA et les Européens qui le maintiennent au pouvoir à bout de bras et à coups de millions de dollars, bien que son mandat ait expiré depuis longtemps, lui ont fait reconnaître humblement "le droit du peuple juif sur la terre d'Israël" devant l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), lors de l'interrogatoire de conformité cachère sous forme de questions/réponses que trente hauts responsables du lobby sioniste américain lui ont fait subir le 10 juin 2010.

Abbas reconnaît " le droit du peuple juif sur la terre d'Israël "

La collaboration est un puits sans fond.

Le grand Jean de La Fontaine avait percé Mahmoud Abbas à jour dans sa fable Le Loup et le Chien. Lorsque le loup, alléché par les rondeurs, fruits des agapes du molosse qui a croisé son chemin, et envieux de la prospérité du dogue "aussi puissant que beau", lui demande, candidement

- Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire:
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons:
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.

Le Président auto-proclamé de "l'Autorité" palestinienne accepte que sa milice "donne la chasse" aux résistants en coordination avec l'occupant et il est allé promener aux USA son embonpoint de mangeur de reliefs de poulets, d'os de pigeons et son cou pelé par la corde de la servitude et les caresses de ses maîtres.

6 - Religion et morale

Une religion ne détermine nullement le niveau moral d'une société, c'est au contraire le niveau moral du groupe qui prédétermine et dicte les formes que prend sa religion.

L'illusion du "peuple élu" n'est d'ailleurs pas propre au judaïsme; on la trouve même dans les croyances de tribus archaïques de Nouvelle-Zélande. On en comprend aisément les motivations psychologiques. En effet, la puissance de conviction qu'exerce une idée ou une croyance ne réside nullement dans le fait qu'elle relaterait des évènements qui seraient réellement arrivés. Elle est crue vraie et s'impose grâce à la force de séduction qu'elle exerce sur les esprits et aux avantages que le groupe en escompte. Comment ne pas accepter avec enthousiasme de faire partie d'une tribu si exceptionnelle qu'un dieu aurait fait de vous ses chouchous et vous aurait fait un gigantesque cadeau foncier ici et maintenant? Un cadeau immédiat, parfaitement palpable et autrement alléchant qu'une félicité potentielle dans un au-delà virtuel conditionné par la disparition de votre propre carcasse. Et peu importent les incohérences du récit s'il fait de vous un heureux propriétaire terrien.

Le mythe est auto-actif. Il EST celui qui EST pour reprendre la déclaration attribuée à Jahvé - "Je suis celui qui est" (Exode 3,14). Véritable axiome, sa réalité est tout entière contenue dans son affirmation. Le récit censé le démontrer n'a nul besoin de vraisemblance ou de cohérence. Il n'est là que pour théâtraliser l'axiome fondateur et en explorer toutes les facettes. Car le mythe est un théâtre. C'est ce théâtre psychique qui fait sens dans les esprits et entraîne la conviction par l'intermédiaire de son scénario.

Ainsi, au sujet d'un événement aussi capital pour le christianisme que l'est la croyance à la vie éternelle, et donc à la résurrection des corps, l'apôtre Paul dans sa Lettre aux Corinthiens (15,14-15) affirme bien que la croyance précède le fait et en fournit le code d'interprétation : "S'il n'y a point de résurrection des morts, Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine." Le postulat de la résurrection de tous les morts est donc premier et conditionne les déductions théologiques en chaîne, interprétées à la lumière du mythe: l'affirmation de la résurrection du Christ à partir de la constatation que le cadavre n'est plus dans son tombeau; puis arrivent les prédicateurs chargés de diffuser la "bonne nouvelle" et enfin se répand la foi des fidèles.

Le mythe n'a pas non plus besoin de logique. Le récit emporte dans son flot les contradictions, les incohérences, les innombrables absurdités et les cruautés grossières qui pullulent dans le récit biblique. Ce n'est pas le lieu de les énumérer toutes ici, je n'en retiens que deux. Au sujet d'un point fondamental - la "rencontre" de "Moïse" avec Jahvé au cours de laquelle le dieu est censé avoir dicté la loi - on peut trouver à quelques lignes d'intervalle deux affirmations qui se contredisent. Il n'est pas équivalent de "dialoguer" face à face, donc en égaux, ou d'apercevoir furtivement une forme de dos, ou encore de se sentir à l'ombre d'une gigantesque "main divine".

"Jahvé parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami." (Exode, 32,10)

" Tu ne peux voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre ! Voici un endroit près de moi ; tu te tiendras debout sur le rocher. Et quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que je sois passé. Puis je retirerai ma main et tu me verras de dos ; mais ma face, on ne peut la voir. " (Exode, 33, 20-23)

Pour s'imposer, le mythe doit s'incarner. Encore fallait-il concevoir un chef et un scénario susceptibles de soutenir tout un arsenal de rites, d'obligations, d'interdits, de cérémonies, de dogmes qui forment l'essence des religions primitives.

Toutes les grandes évolutions religieuses se sont faites sous la houlette d'une personnalité éminente, dont les origines seraient surnaturelles et dont la vie serait parsemée de miracles. Mais un héros central ne donne toute sa mesure que porté par une fiction suffisamment convaincante et envoûtante, destinée à rassembler tout le groupe sous sa bannière. D'où l'invention d'un passé glorieux auquel se référer, des gonflements d'évènements minuscules, moult manifestations de la volonté de votre Dieu domestique en votre faveur, d'exhortations à l'obéissance, de condamnations méprisantes des autres dieux, d'exécrations des autres peuples: rien de tel pour souder les énergies de la communauté et stimuler les enthousiasmes.

Un premier effort de structurer la théologie israélite autour de ce qui est communément appelé la "loi mosaïque" a été entrepris du temps du roi Josias au - VIIe siècle.

Voir : - L'invention du aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr "peuple élu" et de la "Terre Promise" aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr, 30 mars 2010

C'est d'ailleurs entre le -VIIe siècle et le -Vème siècle avant notre ère que sont nés sur la terre entière tous les grands mouvements spirituels ou religieux qui, aujourd'hui encore, nourrissent la foi et l'espérance de leurs disciples, chacun d'eux étant le miroir et réflecteur de la société dont il était issu. L'Inde eut le prince Gautama vénéré comme Bouddha - l'Eveillé; la Chine connut avec Confucius son éducateur moral et avec Lao Tseu une voie, un chemin, un Tao vers la sagesse; Zoroastre, que Nietzsche appellera Zarathoustra, fut le précurseur d'un monothéisme moral qui influença le christianisme, Socrate et son disciple Platon furent les éducateurs à la fois moraux et intellectuels de la Grèce.

C'est dans cet environnement religieux mondial que naquit la religion dite "mosaïque" et que fut rédigée la première version du récit doublement fictif d'une épopée symbolique qui, dans un texte appelé Deutéronome - la deuxième loi - raconte des évènements censés s'être déroulés environ un millénaire et demi avant d'être couchés par écrit avec la précision journalistique exemplaire d'un témoin visuel en dépit du fabuleux décalage dans le temps. La Première loi était censée, elle, avoir été dictée directement à Moïse lui-même par le Dieu personnel de cette tribu sur un fragment de montagne au cours des nombreuses rencontres de dos ou face à face. Des vestiges de cette Première loi auraient été miraculeusement retrouvés dans les souterrains par les lévites lorsque le roi Josias a procédé à l'embellissement du Temple de Jérusalem commencé par son grand père Ezéchias.

Voir : - L'invention du aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr "peuple élu" et de la "Terre Promise" aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr, 30 mars 2010

Si un rouleau de parchemin ou de cuir avait bien été découvert du temps de Josias, comme certains historiens le sous-entendent, il ne pouvait s'agir que de l'énumération d'un corpus législatif très bref, conçu et rédigé à l'époque d'Ezéchias et non de Moïse, bien qu'il soit aujourd'hui appelé "loi de Moïse". Comme toutes les législations antiques - la loi des douze tables publiée à Rome sur douze tables d'airain entre -450 et -451 et qui a régi la vie des Romains jusqu'au premier siècle ou la loi de Moïse qui aurait été conçue du temps d'Ezéchias, le premier roi législateur et réformateur religieux du Royaume de Juda - ces codes législatifs se sont inspirées du Code d'Hammourabi rédigé deux mille ans avant notre ère. De nombreux articles de la loi de Moïse et de la loi de Babylone concordent, d'autres ont été adaptés aux conditions sociales de la société judéenne.

Stèle de basalte noir érigée par le roi Hammurabi de Babylone dans les dernières années de sa vie, au XVIII è siècle av. J.-C.

7 - Où l'on comprend que la "bibliothèque de Babel" de Jorge Luis Borges situe Israël dans le cosmos

Une nouvelle du grand auteur argentin Jorge Luis Borgès invite le lecteur à le suivre dans une promenade à l'intérieur d'une bibliothèque tellement fantastique qu'elle contient la totalité des livres que l'esprit humain peut produire en combinant les vingt-cinq lettres de l'alphabet. Dans ses rayonnages se trouve consigné "tout ce qu'il est possible d'exprimer, dans toutes les langues." Tout et son contraire, le capharnaüm des connaissances et des erreurs humaines: "l'histoire minutieuse de l'avenir, les autobiographies des archanges, le catalogue fidèle de la Bibliothèque, des milliers et des milliers de catalogues mensongers, la démonstration de la fausseté de ces catalogues, la démonstration de la fausseté du catalogue véritable, l'évangile gnostique de Basilide, le commentaire de cet évangile, le commentaire du commentaire de cet évangile, le fait véridique de ta mort, la traduction de chaque livre en toutes les langues, les interpolations de chaque livre dans tous les livres."

Ce monument fabuleux symbolise la totalité de l'univers sensible et les vains efforts des hommes afin de trouver un sens à leur vie et au monde. Ses rayonnages en forme d'hexagones régulièrement disposés autour d'un puits central "figurent l'infini", mais un infini trompeur, grâce à une "glace qui double fidèlement les apparences". Des "puits sphériques appelés lampes assurent l'éclairage". Or "ces globes émettent une lumière insuffisante" quoique "incessante": les humains, suggère le grand Argentin, sont des fourmis tenaces, mais la loupiote cérébrale insuffisante dont ils disposent confirme que leurs "connaissances" sont un leurre multiplié à l'infini par des miroirs et tous ces pseudo savoirs n'aboutissent, en réalité, qu'à un gigantesque désordre.

Les usagers de cet univers-bibliothèque "interminable" croient que l'ensemble aurait la forme d'une sphère, symbole de la perfection, car "ce livre cyclique, c'est Dieu". La "perfection" est sa qualité intrinsèque mais, comme le prétendra Anselme dans sa démonstration de l'existence de la divinité, la perfection de Dieu s'accompagne de son existence: si Dieu est parfait, alors il existe car l'existence est le corollaire nécessaire de la perfection. CQFD.

Plongés dans une semi obscurité, les locataires de ce labyrinthe interprètent les tableaux qui se présentent à leur regard de la même manière que les prisonniers de la caverne de Platon, dont la nouvelle de Borgès est visiblement une petite soeur métaphorique. "Pour les idéalistes, les salles hexagonales sont une forme nécessaire de l'espace absolu. (...) Quant aux mystiques, ils prétendent que l'extase leur révèle une chambre circulaire avec un grand livre également circulaire à dos continu, qui fait le tour complet des murs ; mais leur témoignage est suspect, leurs paroles obscures." Borgès ne croit pas que l'extase soit le meilleur chemin de la connaissance. Mais de leurs côté, les humains ordinaires ne jouissent que de "lumières insuffisantes" et sont condamnées à l'imperfection, à la confusion et à la finitude. Pour échapper à cet état misérable, ils inventent avec frénésie des paradis délectables dans lesquels coulent des fleuves de lait et de miel et des enfers sadiques remplis de flammes et de tortures.

Le mythe biblique de la tour de Babel détruite par un Dieu colérique et jaloux qui aurait condamné les humains à la "confusion des langues" parce qu'ils se seraient avisés de s'organiser sans lui, court en filigrane dans la nouvelle de Borgès.

Cependant l'attrait du mystère des confins de l'univers, qui seraient le lieu de résidence de Dieu, taraude les hommes et fait naître en eux un désir incoercible de s'échapper des hexagones mentaux dans lesquels ils sont cantonnés ou attachés à un banc, à l'instar des prisonniers de la caverne de Platon. Tels de nouveaux Icare, ils rêvent d'atteindre d'un bond la circonférence de la sphère et de participer à la félicité divine. Aussi tentent-ils par tous les moyens de quitter "l'élégante provision d'étagères, de tomes énigmatiques, d'infatigables escaliers" afin de s'approcher de la lumière du soleil de la vérité.

Par les allusions bibliques nombreuses dont elle est parsemée comme d'autant de petits cailloux blancs, la nouvelle de Borgès ouvre à une lecture métaphorique du destin du "peuple élu". Après avoir bétonné le petit hexagone psychique dans lequel il s'est enfermé à triple tour, ce peuple l'a transformé en une casemate militaire hérissée d'interdits et de menaces à l'encontre des hexagones habités par d'autres rêveurs d'absolu, par d'autres créateurs d'univers oniriques. Il en a soigneusement bouché les meurtrières, puis il a condamné la porte et tous se sont tous mis à crier en choeur, avec une fureur dont leurs écrits portent la trace, qu'eux seuls ont capturé l'absolu, qu'ils sont un peuple si exceptionnel qu'eux seuls ont réussi à bondir jusqu'à la circonférence de la sphère. Ils affirment qu'ils ont donc emprisonné la perfection divine et l'ont si puissament arrimée à leur petit hexagone mental qu'ils sont parvenus à en devenir les possesseurs exclusifs. Toute la lumière du monde est désormais la possession privée des habitants d'un unique petit hexagone mental et le reste de l'univers est condamné à tâtonner dans les ténèbres.

Ces privilégiés ont pris soin de consigner minutieusement cet évènement dans les kilomètres de rayonnages dont ils ont tapissé les murs de leur hexagone depuis plus de deux millénaires. Ils y célèbrent le bonheur d'être à la fois les chouchous et les propriétaires exclusif de la divinité. D'un même élan, ils ont légalisé l'adéquation entre l'étendue du pays mental qu'ils souhaitaient s'attribuer et celui que foulaient leurs pieds: voilà, proclamèrent-ils à tue-tête, c'est là notre "terre promise", l'absolu nous l'a donnée en nue propriété. La preuve? Un de nos ancêtres s'est entretenu avec Dieu, de dos ou de face, l'affaire est en suspens, mais son témoignage est néanmoins irréfutable puisqu'il est consigné en toutes lettres dans nos livres, lisez donc.

Puis ils affirmèrent que le l'absolu, qu'ils avaient attaché avec de lourdes chaînes d'or confectionnées grâce aux bénéfices de leur esprit industrieux, leur avait ordonné de faire un grand ménage et de bouter hors de leur vue les intrus qui auraient eu l'audace de prétendre qu'ils sont chez eux depuis des temps immémoriaux. Nous sommes dans notre droit, c'est écrit dans nos livres clament-ils en choeur: "Jahvé, ton Dieu, chassera peu à peu ces nations devant toi...".

C'est pourquoi, aujourd'hui encore, le cerveau de l'actuel Premier Ministre d'Israël, M. Benjamin Netanyahou, embrumé de vapeurs bibliques, le conduit à identifier les Iraniens aux Amalécites et à vouloir répéter compulsionnellement l'antique guerre des Hébreux contre les tribus rivales. Les armées de Jahvé sont sur le pied de guerre et ses représentants sur la terre fanfaronnent qu'il est deux minutes avant minuit et le début d'un holocauste nucléaire.

Le véritable adversaire des Palestiniens, c'est le Jahvé qui a été enfermé dans l'hexagone cérébral des Judéens et qui demeure, aujourd'hui encore, tapi dans le cerveau reptilien archaïque des Israéliens sionistes.

8 - Où l'on suit de hardis explorateurs se lançant à l'assaut du mythe

Je me suis donc attachée à suivre pas à pas les différentes étapes de la rédaction des livres de la bibliothèque mythique dans lesquels les Judéens se vantent d'avoir scrupuleusement consigné les péripéties de leur rencontre avec l'absolu divin en essayant de préciser, chaque fois que c'était possible, à quelle date ces vénérables grimoires avaient été rédigés et à quel moment s'étaient produits les quelques rares événements vraisemblables évoqués et présentés comme "réellement historiques", alors qu'il s'agit de la transposition, sur le mode héroïque et grandiloquent, d'événements minuscules dont l'histoire réelle n'a pas gardé la moindre mémoire. Malgré toute leur empathie pour le judaïsme les auteurs de La Bible dévoilée - Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman - concluaient que "l'image que l'on se fait de Jérusalem à l'époque de David, et davantage encore sous le règne de son fils, Salomon, relève, depuis des siècles, du mythe et de l'imaginaire romanesque. "(p.208) "Il s'agit de la peinture d'un passé idéalisé, d'une sorte d'âge d'or nimbé de gloire." (p.201)

Voir : La Bible et l'invention de l'histoire d'Israël, 5 mars 2010

Il faut donc lire la Bible comme on lit l'Iliade et l'Odyssée. Presque tout y est inventé. "Toutes les impressionnantes constructions attribuées par le passé à Salomon furent en fait réalisées postérieurement par le Royaume d'Israël" écrit Shlomo Sand dans un ouvrage récent, Comment le peuple juif fut inventé, p. 235)

Le véritable miracle réalisé par ce petit peuple, c'est que, le christianime ayant grandi et prospéré sur ce terreau imaginaire et que l'islam ayant également repris quelques-uns de ses mythes, le plomb de la fiction biblique s'est transmué durant deux millénaires dans l'Occident chrétien et dans l'Orient musulman, en or de la vérité historique. Certes, depuis un siècle, les exégètes n'acceptaient plus comme "parole d'évangile", si je puis dire, le récit biblique en bloc et en relevaient les incohérences, les contradictions, les similitudes avec les légendes des empires voisins.

Plus personne ne croit, comme l'écrivait encore Bossuet en 1689, dans son Discours sur l'histoire universelle, que le monde a été créé en l'an 4000 avant notre ère, mais deux siècles plus tard, en 1887, Ernest Renan considérait encore, dans sa volumineuse Histoire du peuple d'Israël, que les épisodes relatés dans les Rois, les Chroniques ou les Juges seraient "historiques" au sens de l'historiographie moderne. Il a fallu attendre la fin du XXe siècle et le début du XXIe, à partir des travaux d'historiens, de linguistes, d'archéologues comme Finkelstein et Silberman, mais aussi grâce aux minutieuses analyses à la fois historiques et exégétiques - beaucoup moins célèbres, mais très importantes - du bibliste italien Mario Liverani dans son ouvrage Oltre la Bibbia, Storia antica di Israele de 2002, publié en 2006 par les éditions Bayard sous le titre La Bible et l'Invention de l'histoire, pour que l'histoire redevienne l'histoire et la légende la légende et pour que la réalité scientifique finisse par s'imposer... dans les cercles érudits seulement pour l'instant. Plus récemment, l'ouvrage de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, paru chez Fayard en 2008, qui a connu un succès considérable dans le monde et déchaîné les passions en Israël, a confirmé et prolongé sur le plan politique, les analyses des prédécesseurs.

Admettre que le monde a cru dur comme fer à des légendes exige une révolution copernicienne des mentalités que peu d'individus sont prêts à accepter et surtout pas les habitants du nouvel Etat surgi en Palestine et pour lesquels la fiction biblique est le fond de commerce messianique à partir duquel ils s'auto-justifient d'être là où ils sont. L'habitude de transformer un récit imaginaire en vérité historique se pousuit sous nos yeux. De 1947 à une époque récente, les gouvernements sionistes successifs ont réussi à imposer une image idyllique du nouvel Etat et à enfouir dans les caves des archives les crimes monstrueux sur lesquels Israël s'est édifié.

Car elles sont nombreuses les organisations terroristes sionistes qui ont sévi en Palestine avant la création officielle de l'État d'Israël ou depuis cette création. Il y eut d'abord le Ha-Shomer (la Garde), la première organisation paramilitaire clandestine, avant la première guerre mondiale et qui devint la Haganah (la Défense) entre les deux guerres. Créée en 1920, cette armée clandestine comptait à l'origine 15 000 membres mais finit par former une armée de 160 000 combattants parfaitement équipés. A partir de 1941, elle comptait une "compagnie de choc", le Palmach, de 6 000 unités prêtes à tout. Cette organisation militaire sioniste n'hésitait pas à s'attaquer même aux Juifs antisionistes - c'est elle qui a assassiné en 1924 le poète et journaliste juif De Haan.

Puis il y eut l'Irgoun forte de 5 000 hommes spécialisés dans les attentats à la bombe contre les forces britanniques et les Arabes de 1935 à 1939. Elle redevint active en 1944 et le Likoud en est l'héritier. Il y eut également le Lehi (ou groupe Stern). Dissidence de l'Irgoun cette organisation a multiplié, elle aussi, les attentats, les exécutions sommaires et les extorsions de fonds. Yitzhak Shamir, chef du Lehi, a fait assassiner Lord Moyne grand ami de Churchill, ambassadeur d'Égypte et envoyé spécial de Churchill en Palestine. Aujourd'hui est toujours active en Israël l'organisation terroriste sioniste mista'arebim et des membres du Mossad déguisés en diplomates opèrent dans quasiment tous les pays importants du monde.

Parmi les victimes les plus connues des organisations terroristes juives, citons l'assassinat en 1948, du comte Folke Bernadotte, envoyé spécial de l'ONUet de son assistant français le Colonel Serrot, abattus dans leur voiture prise en embuscade à Jérusalem par une équipe de quatre tueurs; toujours en 1948, le Vicomte De Tapia, Consul d'Espagne à Jérusalem, est tué dans un attentat de la Haganah contre l'Hôtel Sémiramis de Jérusalem (dont le propriétaire était un Arabe) en compagnie de vingt autres civils; en 2010, le dirigeant du Hamas Mahmoud Al-Mabhouh est étouffé par un oreiller à Dubaï. Il semble que depuis les jours heureux où les terroristes juifs faisaient sauter comme à la parade des trains, des hôtels, des autobus, des pipe-line, des camions, des camps militaires anglais, les tueurs du Mossad aient quelque peu perdu la main, car il s'y sont mis à vingt-sept pour réussir l'exploit d'éliminer un seul homme... et se sont fait repérer. Le talent se perd!

Mais d'innombrables personnalités moins connues sur la scène internationale, notamment des Palestiniens par centaines, ont été assassinés par ces groupes terroristes. Mme Tzippi Livni fut membre d'un de ces commandos agissant à l'étranger, dans la grande tradition des organisations terroristes juives. "Nous avons montré au monde que nous sommes prêts à devenir fous, » jubilait-elle après les massacres commis durant l'agression contre Gaza en janvier 2009 oubliant que Nemesis, la déesse de la vengeance, celle qui punit l'hubris des fous, a déjà commencé à faire tourner la roue de la fortune qu'elle tient à la main.

Némésis statue en marbre du IIe siècle, Villa Getty

Déportations, empoisonnements, utilisation d'armes biologiques, de gaz invalidants, assassinats individuels ou de masse, la liste des "opérations" de ces puissantes organisations terroristes qui ont sévi en Palestine depuis 1920 aurait révélé que derrière la façade d'un "Etat Potemkine" démocratique grouillaient les pires corruptions et s'entassaient des piles de cadavres, si les historiens avaient pu travailler librement. Pendant que les tueurs s'activaient à chasser les habitants originels et à raser les villages, "le monde" regardait ailleurs. On comprend pourquoi le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son gouvernement ont senti le danger et ont décidé de porter de 50 à 70 ans le temps de maintien du statut confidentiel des archives de l'État. Israël voit clairement que la révélation publique de ses crimes passés serait dévastatrice pour son image. "Si les gens savaient ce que nous avons fait, ils nous pourchasseraient dans les rues, et ils nous lyncheraient" a pu écrire le rabbin anti-sioniste WEISSMANDL dans son ouvrage Sefer Min Hametzar.

Rien de nouveau sous le soleil. La fiction qui a permis de scénariser la religion juive dans l'antiquité est utilisée aujourd'hui pour blanchir la politique sioniste et réécrire l'histoire. Comme des millions de documents sont archivés tant en Israël que dans de nombreux pays du monde, il s'agit d'empêcher par tous les moyens, y compris par le vote de lois liberticides, que les historiens puissent les consulter librement et rétablissent une vérité dérangeante. De plus, il faut laisser au roman fantastique le temps de pervertir les esprits et aux petites mains qui opèrent dans l'ombre celui de détruire les pièces les plus compromettantes.

J'ai essayé de mettre en évidence l'influence que les évènements politiques qui se sont déroulés à l'intérieur et à l'extérieur de cette tribu dans l'antiquité ont exercée sur la formulation des récits bibliques. Réciproquement, il était important de montrer comment des récits théologiques mythiques ont structuré en retour la psychologie des Judéens de l'antiquité, et comment ils continuent d'influencer l'action politique de l'Etat actuel - dans les jeux de miroir à l'infini qu'évoque la nouvelle de Borges. Baignant dans les brumes théologiques de leur fiction biblique, des immigrants venus des quatre coins du monde rêvent d'imposer à la planète entière le droit pour eux seuls de remonter le cours du temps, d'incarner leurs fantasmes et d'anéantir deux mille ans d'histoire des peuples du monde.

9 - Où l'on découvre comment le mythe crée un corps collectif et le pérennise

Une grande partie de la difficulté réside dans la définition du mot "historique". Qu'est-ce qui est "historique" dans une religion? A partir du moment où le mythe crée l'histoire, parce que l'histoire véritable est celle qui se déroule dans les têtes, le mythe est une forme de l'histoire. La religion politique commence lorsque les croyants prétendent extraire le mythe de leur cervelle, habiller de chair et d'os les personnages qui gazouillent dans leur cervelle et les faire marcher sur la terre, l'arme à la main.

Les recherches archéologiques et historiographiques les plus récentes ont établi que les grands héros du récit deutéronomique censés constituer les fondements d'une "histoire authentique du peuple hébreu" - Abraham, Moïse, Josué - sont des personnages mythiques construits à partir d'un caléidoscope de légendes empruntées aux grands empires voisins, Egyptiens ou Assyriens. Repeints aux couleurs locales et adaptés aux mentalités tribales du moment, ils n'ont jamais eu davantage d'existence historique concrète que Zeus, Hermès ou Athéna.

Voir : La Bible et l'invention de l'histoire d'Israël, 5 mars 2010

Mais à partir du moment où le mythe crée l'identité du groupe, parce qu'il s'est enkysté dans les psychismes d'une manière indéracinable, non seulement il est constitutif de la personnalité privée de chaque croyant, mais il crée un corps collectif si puissant que même des membres qui n'adhèrent plus aux rites et aux prescriptions de cette religion continuent à se réclamer de leur "judéité". Israël est un seul corps et chaque unité est une parcelle de ce corps. Cette notion sera reprise par la doctrine chrétienne. L'Eglise est le Corpus Domini et chaque membre de l'Eglise est une parcelle du corps de Dieu.

Aucune preuve historique ne convaincra les Israéliens qu'ils vénèrent des héros symboliques et que leur arrière-monde psychique repose sur un roman. Les juifs continueront à commémorer la fuite de leurs ancêtres hors d'Egypte et à croire que la mer Rouge s'est ouverte afin de faciliter leur passage, car cette mythologie est une rationalisation nécessaire et une justification politique de leur destin passé et de leur histoire présente. "Si Jahvé ne nous a pas donné cette terre, nous sommes des brigands" proclament les plus lucides.

Cette fiction nationale héroïque était destinée, à l'origine, à galvaniser les énergies et à permettre l'apparition d'un sentiment national qui fait de la tribu un seul et même corps psychique homogène, donc efficace et innocent. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle cette mythologie a été inventée. Rien n'a changé et le comportement tribal instinctif est au fondement du soutien quasi unanime des habitants d'Israël à la politique de leur gouvernement, y compris à ses exactions les plus repoussantes, comme le monde entier a pu en être le témoin au moment du bombardement du camp de concentration de Gaza en décembre 2008, de l'invasion du Liban en juillet 2006 ou du massacre de volontaires de la paix sur le Mavi Marmara le 31 mai 2010, pour ne citer que les plus récents, qui ont enfin débarqué dans l'actualité mondiale.

Des étudiants d'université manifestent leur soutien à l'armée pendant les attaques contre Gaza en décembre 2008

Un bel exemple de solidarité tribale est donné par l'épisode du caporal Shalit, fait prisonnier au cours d'une embuscade tendue par les résistants de Gaza alors que celui-ci n'a pas été capturé alors qu'il baguenaudait bucoliquement dans la nature, un bouquet de fleurs à la main, mais pendant qu'il participait, sur un char, à une de ces opérations illégales de l'armée israélienne dont on sait combien elles sont toujours meurtrières pour les civils palestiniens. Depuis lors une mobilisation en vue de récupérer cet unique et obscur représentant d'une troupe qui n'hésite pas, par ailleurs, à tuer sans sommation des civils des deux sexes et même des enfants, d'une population dont ils cherchent à s'approprier les terres, donne lieu à des manifestations multiples et variées tant à l'intérieur des frontières de l'Etat que dans la diaspora mondiale.

En quoi ce caporal est-il plus précieux que les milliers de résistants palestiniens qui croupissent dans les geôles israéliennes, parmi lesquels un grand nombre de femmes, d'adolescents et même d'enfants pour que des politiciens européens et même des chefs d'Etat se mobilisent en sa faveur? C'est qu'il est un membre de la tribu. Bien qu'il ne soit qu'un obscur individu anonyme, un prisonnier de guerre sans valeur particulière, certainement beaucoup mieux traité que les milliers de Palestiens raflés dans leurs villages, comme on en voit chaque jour des images, puisqu'il représente une monnaie d'échange précieuse, le monde entier retentit de lamentations sur son sort. Le corps collectif de la société israélienne se sent amputé par la détention de cette unique unité. Ce corps psychique tribal souffre et saigne. Seule la récupération de ce prisonnier de guerre permettrait au "corps collectif" de cicatriser sa blessure. Mais ce "corps collectif" si sensible à la détresse d'un unique individu adulte, parce qu'il est juif, trouve tout naturel que des centaines d'enfants soient détenus et soumis à des tortures sexuelles dans ses geôles, parce qu'ils sont palestiniens et que des hommes et des femmes soient maltraités d'une manière sadique.

En effet, qui, dans cette tribu si merveilleusement soudée et solidaire de tous ses membres aurait l'idée saugrenue de s'indigner de ce que certains d'entre eux soient spécialisés dans la rafle de gamins de dix ans dans leurs écoles? Gifles, coups de pied, coups de poing, coups de crosse de fusil ou de bâton sont le traitement courant. Mais des tortures plus sévères sont réservés aux récalcitrants: suspendus par les bras jusqu'à provoquer des luxations des épaules ou attachés pendant des heures dans des positions inconfortables, les yeux bandés. Il s'agit de dissuader cette graine de "terroristes" de jeter méchamment des pierres sur les gentils soldats israéliens - comme ceux de la photo ci-dessous - qui rasent les maisons de leurs parents, cherchent à leur extorquer des renseignement sur leurs proches, matraquent et tuent impunément. Chez quelques-un(e)s de ces tortionnaires mâles et femelles, un début d'humanité commence à pointer le bout de son nez et des aveux écrits ou filmés expriment des remords tardifs. Mais ils n'ont pour l'instant aucune influence sur mentalité générale de la société israélienne et sont même considérés comme "anti patriotiques".

Enfant palestinien raflé dans son école

J.-H. Rosny aîné avait anticipé la situation de Shalit dans son roman d'aventures La Guerre du feu. Les Wah avaient atteint, écrit-il, un stade d'évolution supérieur à celui des tribus environnantes. Des hordes plus violentes et plus énergiques les avaient peu à peu repoussés dans des territoires de plus en plus hostiles, mais, en dépit de leur faiblesse numérique - ou peut-être à cause d'elle, précisément - les Wah "risquaient tout pour délivrer un des leurs pris, cerné ou tombé dans un piège. Cette solidarité (...) qui jadis avait immensément accru leur puissance, les conduisait parfois à de sinistres aventures."

La "libération du caporal Shalit" n'était-elle pas l'un des principaux objectifs avancés afin de justifier la "sinistre aventure" du bombardement du ghetto de Gaza et ses 1 500 morts?

La solidarité tribale est allégorisée par la fiction biblique présentée dans le Livre d'Esther particulièrement vénéré par les juifs, bien que le nom de Jahvé n'y soit jamais cité. Une jeune orpheline qui a caché son origine ethnique est devenue reine de Perse grâce une beauté exceptionnelle. Au péril de sa propre vie et en compagnie de son cousin Mardochée, elle aurait réussi à déjouer un complot et à sauver tous les juifs de Babylone qu'un méchant premier ministre perse voulait exterminer sans raison.

Aucun des événements relatés dans ce récit n'est historique, bien qu'il situe l'action durant la déportation d'une partie des Judéens à Babylone après la déroute militaire de Megiddo et la mort du roi Josias en -598. Rédigée probablement par le scribe Esdras, cette fiction raconte la délivrance in extremis de la "communauté" d'un massacre imaginaire. Elle continue depuis près de vingt-cinq siècles d'être joyeusement commémorée chaque année dans une fête dont le nom, Pourim, est une simple reprise des Pûrim babyloniennes qui fêtaient le retour du printemps. C'est la grande fête de la solidarité communautaire, à la fois carnaval pour les enfants et joyeuses extravagances et transgressions pour les adultes, par laquelle la "communauté" fête symboliquement la puissance de son "corps collectif" et savoure la volupté d'une vengeance par procuration, puisqu'ayant "échappé" à un massacre potentiel, les juifs ont été autorisés, dans la fiction biblique du Livre d'Esther, à exterminer réellement tous ceux qu'ils considéraient comme leurs ennemis.

Les rabbins qui proclament aujourd'hui qu'il est "licite de tuer les bébés et les enfants" des "ennemis d'Israël" car, disent-ils, "il est clair qu'ils nous porteront préjudice lorsqu'ils auront grandi" se situent dans la continuité directe du Livre d'Esther et de son massacre préventif, ce qui prouve que sur un "corps collectif" en béton armé le passage des siècles ne produit pas la moindre érosion. [3]

10 - Où l'on assiste à la chute du mythe dans la politique. Il était une fois Israël...

Dans son ouvrage "Mon père était un combattant de la liberté, l'histoire de Gaza telle qu'on ne vous l'a jamais racontée", l'écrivain palestinien Ramzy Baroud raconte une expédition punitive de la troupe israélienne dans un camp palestinien de la bande de Gaza: "Les soldats avaient pour habitude de demander à celui qui avait été désigné pour un tabassage: "Tu écris avec quelle main?" et lui cassaient ce bras-là d'un coup de batte, puis ils cassaient l'autre bras et ensuite les jambes." [4]

J'ai longuement décrit, dans de nombreux textes de mes Chroniques de la Palestine occupée, la barbarie de l'Etat d'apartheid israélien. Il faudrait un volume plus épais que la Bible pour collationner les innombrables formes que prend la sauvagerie d'une soldatesque omniprésente jour et nuit aussi bien en Cisjordanie occupée qu'aux frontières du goulag de Gaza dont elle contrôle en réalité chaque centimètre carré.

Voir, entre autres, - Le territoire, les rats et les hommes

On ne peut que constater, une fois de plus, la remarquable homogénéité psychique de la quasi-totalité du "peuple élu". Elle se manifeste par des applaudissements enthousiastes aux exactions de son armée contre des civils.

Ainsi, le 5 juin 2010, le gouvernement a décidé de décorer de la médaille d'honneur le membre de l'unité du commando marin qui s'est révélé l'assassin le plus efficace au cours de l'abordage en haute mer de la flottille internationale de la Liberté par des commandos-pirates armés jusqu'aux dents. A lui tout seul il a, en effet, réussi l'exploit de tuer à bout portant, d'une balle dans la nuque ou entre les yeux, six des neuf victimes officielles parmi les volontaires pacifistes désarmés qui voguaient sur le cargo turc Mavi Marmara en direction du camp de concentration de Gaza. [5]

Le Mavi Marmara, navire amiral de la "Flottille de la Liberté", attaqué par les commandos de marine israéliens (PHOTO: MENAHEM KAHAN, AFP)

Enfermés dans le bunker d'un tribalisme bétonné par un dieu qui lui aussi "tue, ment, trompe et vole pour le plus grand bien d'Israël", comme l'écrivait Renan, et bien qu'ils se proclament officiellement les habitants d'un Etat laïc, les Israéliens manifestent un soutien sans faille aux crimes contre des civils - enfants et nourrissons compris - ainsi qu'aux lois qu'un sadisme législatif particulièrement ingénieux et d'une imagination raciste confondante parviennent à concocter.

Les tueurs du Mavi Marmara ont été accueillis en héros par des vivats et des rodéos de véhicules klaxonnant dans les rues des grandes villes.

Scènes de liesse à Tel-Aviv pour fêter le retour des tueurs des volontaires de la paix

Je dis bien habitants et non citoyens, car cet Etat présente une autre particularité mondiale, celle de hiérarchiser, en fonction de leur appartenance religieuse, les occupants du territoire qu'il a investi. Nul "citoyen universel" n'y existe. Au sommet de la pyramide sociale trônent les "Juifs", ornés de la majuscule qui leur accorde le bénéfice de la nationalité raciale et qui les distingue des juifs, sans la majuscule révérentielle, utilisée lorsqu'il est question des adeptes de la religion fondée sur les textes de la Thora. Une soixantaine d'autres "nationalités", et notamment la masse des indigènes, habitants autochtones et authentiques possesseurs de la terre palestinienne regroupés sous le vocable d'"Arabes", barbotent dans un marécage législatif filandreux et confus, subtilement hiérarchisé dans lequel les "Russes" ont un peu plus de droits que les "Arabes", mais nettement moins que les "Juifs".

Les contacts sociaux ou politiques entre les différents groupes raciaux sont quasi inexistants à l'intérieur même des frontières de cet Etat. [6]

L'apartheid ne régit donc pas seulement les rapports entre l'occupant et les occupés, il est également omniprésent dans la vie quotidienne à l'intérieur des frontières officielles de l'Etat. Il se manifeste même entre les "Juifs" cachères et les ceux qui le sont moins, c'est-à-dire entre les immigrants originaires des régions talmudiques d'Europe centrale, d'Ukraine, de Russie et du Caucase - les Askhenazes - et ceux qui proviennent d'Afrique du nord et des autres pays musulmans du Moyen Orient - les Séfarades - contaminés, semble-t-il, par la pollution arabe. [7]

Il s'épanouit dans des règlements administratifs sadiques qui témoignent d'une inventivité et d'une fertilité qui suscitent une stupeur admirative par le degré de malfaisance qu'ils sont capables de produire à l'égard des "non-Juifs". [8] Mais, ô ironie de l'histoire et retour du boomerang, une nouvelle forme d'apartheid est en train de naître à l'intérieur même du groupe des "Juifs" de la première catégorie. Les juifs orthodoxes hyper religieux, ignorants comme des carpes dans tous les ordres utiles à la vie en société - et auxquels Ben Gourion avait accordé le privilège de vivre sans travailler afin de consacrer leur vie à l'étude la Thora et du Talmud - refusent tout contact physique avec le reste de la société, y compris avec les autres juifs, impies à leurs yeux, et exigent des écoles spéciales pour leurs nombreux enfants. La libération de toute obligation militaire, une démographie galopante - chaque famille comptant huit à dix enfants - ainsi que l'attrait d'une vie oisive semblable à celle des lévites judéens du temps de Josias, ont assuré la prospérité et augmenté l'arrogance de cette partie de la population juive d'Israël qui compte déjà 600 000 membres, soit près d'un quart de la population ethniquement "pure".

Manifestation de colons ultra-orthodoxes

S'y ajoute la catégorie des "colons", les pires prédateurs. Une masse de 475 000 individus originaires du monde entier, jeunes et vigoureux, fanatisés par l'idéologie sioniste, dépourvus de tout sens moral inné et armés jusqu'aux dents, harcèle jour et nuit les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem, détruit leurs maigres cultures, incendie des maisons, coupe ou brûle de merveilleux oliviers centenaires, vole sans vergogne tout ce qui est à sa portée - une vidéo montre la manoeuvre qui semble bien rôdée de quatre chenapans juifs de la colonie voisine en train de subtiliser un mouton lors du transit d'un maigre troupeau conduit par un berger palestinien. Un membre caché des groupes de solidaires qui essaient de protéger les Palestiniens a pu filmer la scène. [9]

Bien que les 144 colonies qui les hébergent soient toutes illégales et construites sur des terres volées, non seulement leurs exactions ne sont jamais sanctionnées, mais ils sont armés et officiellement protégés par l'armée, dont ils sont devenus l'une des composantes les plus actives. On peut les identifier aux fameux "frelons" évoqués ci-dessus par le texte du Deutéronome. Chargés implicitement par une administration complaisante de dégoûter les Palestiniens de continuer de vivre sur la terre de leurs aïeux, ils s'acquittent de leur mission avec zèle.

Soldats originaires des colonies de Cisjordanie en prière

Ainsi, comme les fameux trains sur les panneaux de la SNCF, un apartheid peut en cacher un autre. Victime de la mentalité ségrégationniste de ses habitants, l'Etat d'Israël se trouve confronté à des apartheids internes en forme de poupées russes.

Plus surprenant encore, des sites juifs parmi les plus officiels en arrivent à justifier la judéité par la génétique [10] et, ironie de l'histoire, à se réclamer eux-mêmes d'un racisme biologique. Des publicités invitant les amateurs à se livrer à une recherche de "gènes juifs" fleurissent sur internet. [11]

Quant à l'Etat d'Israël lui-même, il s'agite frénétiquement sur la scène internationale afin d'obtenir la reconnaissance de sa légitimité comme "Etat juif" sur un fondement "biblico-génético-matrilinéaire".

Quel paradoxe de voir les représentants d'un Etat qui justifie l'appropriation de la Palestine par le matraquage médiatique mondial d'un rappel des persécutions racistes dont ses membres ont été victimes en Europe, en arriver à se réclamer, avec une innocence stupéfiante, d'un tribalisme génétique et à s'auto-justifier à partir de la biologie. Quelle ironie de l'histoire de voir une population dont les ancêtres ont été victimes en Espagne et au Portugal, durant les XVè et XVIe siècles, de la fameuse politique de la limpieza de sangre, la "pureté de sang", qui bannissait de toutes les fonctions politiques et administratives même les convertis au christianisme soupçonnés d'une ascendance juive, se réclamer à leur tour de ce principe contre les "goys" et les "arabes"!

Mais au moment où la politique d'un Etat est dictée par ses chromosomes, on quitte l'histoire universelle des humains pour choir dans une variante du comportement animal. Si le tribalisme biologique est le déterminant majeur de la politique d'un Etat, ne devient-il pas légitime d'étudier la politique israélienne à la lumière des observations éthologiques de Konrad Lorenz dans son Histoire naturelle du mal et de la comparer au comportement démoniaque des rats envers des congénères n'appartenant pas à leur propre espèce?

11 - Une question de psychophysiologie

Car toujours revient la même question lancinante: pourquoi les Juifs aujourd'hui, les Judéens hier, considèrent-ils comme physiquement et psychiquement indispensable à leur équilibre corporel et mental de s'isoler des humains qui ne font pas partie de leur ethnie et donc à édicter des lois tribales qui leur font rejeter aussi violemment que les rats, les humains qui ne partagent ni leur patrimoine génétique, ni leur arrière-monde psychique? Israël est aujourd'hui le seul endroit sur la planète entière dans lequel un racisme officiel et revendiqué s'épanouit et se développe au vu et au su de tous, et au mépris de toutes les lois internationales. "Les personnes qui souhaitent obtenir la nationalité israélienne devront prêter allégeance à Israël comme « Etat juif et démocratique » et plus seulement à l'Etat d'Israël, comme c'est le cas aujourd'hui", Vous voulez la nationalité ? Déclarez qu'Israël est un Etat juif, rapporte le site de l'ambassade de France en Israël. [12]

Ainsi, il y a quelques années, un colon juif originaire de France qui venait de débarquer dans la patrie de son coeur a cru bon de fêter son "retour" en poignardant de sang-froid un chauffeur de taxi arabe après une course. Lorsque la police l'a interrogé: "Je n'ai rien ressenti (...) C'était comme abattre un animal", avait déclaré aux enquêteurs israéliens Julien Soufir, 25 ans, qui a reconnu s'être rendu à Jérusalem pour trouver un chauffeur de taxi palestinien dans l'intention "de tuer un Arabe parce qu'il était arabe". [13]

Le Monde du 14 août 2010 rapporte dans une toute petite bulle qu'un colon de Cisjordanie de 29 ans, auteur de quatre assassinats de Palestiniens avec un poignard et de sept autres agressions anti-arabes a été condamné par un tribunal israélien à une peine vraiment trop féroce: 15 jours d'assignation à résidence dans sa propre maison, soit 1jour, 8heures, 36 minutes et 21secondes par Palestinien poignardé à mort. Le monde entier a partagé avec la "communauté juive" le soulagement de voir que jeudi 12 août 2010, M. Haïm Pearlman a retrouvé une totale liberté d'action. [14]

Le 16 mars 2010, au cours de violents affrontements à Jérusalem-Est, le photographe Ammar Awad de l'agence américaine Reuters, a saisi une scène particulièrement révélatrice de la mentalité et du "courage" de l'armée auto-proclamée "la plus morale du monde".

Arrêter des enfants et des adolescents, les soumettre à des tortures sexuelles, les utiliser comme boucliers humains lors des répressions des manifestations ou des opérations de guerre sont des comportement habituels et solidement ancrés dans les pratiques de cette milice. Mais cette fois, les célèbres FID (Forces israéliennes de Défense) ont eu une idée géniale: comme la vie d'un seul juif est, comme on doit le savoir, plus précieuse que des milliers de vies de représentants d'autres nations - voir le verdict Haïm Pearlman - et que celle d'un arabe ne vaut même pas qu'on use sa salive à en parler, aucune précaution n'est surperflue afin d'assurer la sécurité des inestimables forces anti-émeutes, pourtant équipées de gigantesques boucliers, armées et casquées comme une troupe de Martiens et accompagnées de lourds véhicules militaires.

Eurêka, pourquoi ne pas kidnapper une toute petite fille sur le chemin de l'école avec son petit cartable sur le dos et se cacher derrière ce bouclier protecteur? Une petite fille palestinienne, c'est de la graine de terroriste, il n'y a donc pas à la ménager car, comme l'écrivent les éminents rabbins auteurs de la Thora du roi dans des extraits publiés par Haaretz "attaquer des non-juifs" peut "freiner leurs inclinations malignes"! Ce serait donc pour son bien et au nom de la morale que les FID s'abritent derrière une petite écolière. On comprend enfin pourquoi l'armée israélienne se proclame "la plus morale du monde"! Elle tue les Palestiniens pour leur bien.

Seuls des esprits mal intentionnés pourraient juger qu'il s'agit d'une obscénité morale et que les FID sont des lâches. [15] Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin et ne pas utiliser des berceaux remplis de nourrissons? Il y a tant de marmaille palestinienne grouillante "d'inclinations malignes" !

Courageux petit bouclier humain (© Photo Ammar Awad/Reuters)

Je n'évoque que pour mémoire la guerre sauvage menée contre la prison de Gaza. Il n'a pas fallu moins de cinq cents pages à un co-religionnaire, le juge sud-africain Goldstone, pour collationner les innombrables crimes de guerre commis par l'Etat sioniste durant trois semaines, mais approuvés quasi unanimement par la population qui non seulement n'a éprouvé - et n'éprouve toujours pas - la moindre pitié, la moindre honte ou le moindre remords, mais s'est montrée, au contraire contrariée et furieuse devant l'arrêt du carnage avant qu'il soit complet.

Voir : L'axe de l'apocalypse se rue à l'assaut du camp de concentration de Gaza,

Toutes les guerres charrient leurs cortèges de massacres, mais les guerres à la fois coloniales et religieuses sont les plus cruelles car lorsque la colonisation se fait au nom d'un dieu, la barbarie n'est freinée par aucune loi humaine et par aucune inhibition. L'issue ne peut en être que l'extermination de l'ennemi, car les prédateurs messianiques prétendent qu'ils obéissent à "une autre loi", qu'à celle des institutions internationales qui encadrent la politique mondiale et tentent de canaliser le comportement des hommes de troupe sur le terrain.

Qu'est-ce que cette "autre loi" dont se réclame Israël ? Où et comment a-t-elle été élaborée, comment s'est-elle durcie dans les cervelles et dans les cœurs jusqu'à aboutir à l'espèce de soupe idéologique aujourd'hui appelée sionisme et composée d'un brouet messianico-colonialiste cuisiné à partir d'une interprétation littérale du Deutéronome dans lequel barbotent librement préceptes bibliques, rapines, violences, tortures et toutes les formes de sadisme dont sont capables les hommes quand ils considèrent que tout leur est permis sur la terre et qu'ils obéissent aux commandements d'un Dieu?

A la poubelle, la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de l'Assemblée générale des Nations Unies de 1948; ignoré le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de l'Assemblée Générale de 1977; méprisé le Droit international humanitaire (DIH) ainsi que le Droit international des droits de l'homme (DIDH). Quant à la Quatrième Convention de Genève qui protège les civils en temps de guerre, l'agresseur la tient pour un chiffon de papier et, dérision suprême, se considère en état de légitime défense et en impute les obligations aux victimes. Son ambassadeur en France les avait en son temps dédaigneusement qualifiées de "rituelles".

Sûr de son impunité, Israël fanfaronne et ne lit même plus les 67 résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies qui le condamnent expressément.

Voir : Ils ont crucifié Marianne... Les nouveaux exploits de Tartuffe en Palestine

Cet Etat ne signe ni le Traité de non- prolifération des armes nucléaires, ni celui d'interdiction de leurs essais, tout en s'agitant frénétiquement et en faisant agir les innombrables groupes de pression qu'il possède sur la planète entière afin de faire condamner une arme potentielle qui serait construite dans un avenir indéterminé par une puissance rivale de la région.

12 - Où l'on observe le "peuple élu" confronté à l'insurrection morale des peuples du monde

Quant au traité sur le droit de la mer, le monde entier a pu voir le cas qu'il en a fait durant la nuit du 31 mai 2010 lorsqu'il a envoyé ses commandos de marine investir les navires de la "Flottille de la Liberté" dans les eaux internationales et assassiner de sang-froid une dizaine de pacifistes désarmés. Laisser des blessés se vider de leur sang jusqu'à ce que mort s'ensuive ou rouer de coups de pied un blessé agonisant avant de l'achever de quatre balles dans la tête, voilà le genre d'exploit pratiqué par les commandos de cet Etat et que révèlent quelques vidéos qui ont échappé à la razzia des escadrons de la mort qui se sont livrés, de nuit et en haute mer,à un acte de piraterie, sur la flottille de volontaires humanitaires voguant vers la prison de Gaza.

Non seulement ils étaient munis d'une liste de passagers à tuer, mais ils ont de surcroît procédé à un cambriolage en règle. Tels de vulgaires pirates de la mer, la troupe israélienne a dépouillé systématiquement tous les parlementaires et les volontaires internationaux, y compris ceux qui gisaient dans leur sang, le crâne explosé. Les agresseurs ont fait main basse sur leurs bagages, leurs effets personnels et jusqu'aux chaussettes qu'ils avaient aux pieds, comme en témoigne l'écrivain suédois Henning Mankell présent sur le navire grec Sophia. [16]

Henning Mankell lors d'une conférence de presse à Berlin après sa participation à la flottille d'aide à Gaza et son expulsion d'Israël. (Reuters/Tobias Schwarz)

Camescopes, appareils photos, ordinateurs et même cartes de crédit, argent liquide, bijoux, passeports tout a été volé. En bons voyous, certains soldats ont utilisé des cartes de crédit volées pour leur usage personnel, achats d'i-pod et d'autres babioles électroniques. [17]A côté du comportement de l'armée israélienne, les pirates somaliens font figure de gentils adeptes des principes de Baden-Powell.

L'histoire est facétieuse. Un des lobbyistes les plus actifs dans la défense d'Israël et du sionisme sur la planète entière avait prononcé, la veille, avec des trémolos dans la voix, un hymne à la gloire d'une armée dans laquelle il avait voulu entrer en son jeune âge. "Je n'ai jamais vu une armée aussi démocratique, qui se pose autant de questions morales. Il y a quelque chose d'inhabituellement vital dans la démocratie israélienne."

M. Béhachel Lévy est décidément un grand humoriste.

Mais malgré la censure tacite des journaux et des télévisions, la complicité des grandes agences de presse comme AFP, Reuters ou Associated Presse et malgré les efforts des innombrables petites mains qui officient dans les médias occidentaux et se contentent de relayer la version israélienne, la vérité se fraie son chemin. 18

Au moins avec Israël le monde n'a jamais de surprise: le pire est toujours sûr. Ainsi, après le massacre opéré par les troupes d'assaut sur le Mavi Marmara, cet Etat a accepté, à la suite des pressions internationales, pourtant d'une grande modération, de nommer une "Commission d'enquête" dont le résultat est connu d'avance, puisqu'il est contenu dans son énoncé. En effet, la pseudo "enquête" doit, précise le texte officiel, "préserver la liberté d'action de nos soldats" et "prouver que nos actions étaient de caractère défensif et donc justifiées". CQFD.

Le Père Ubu aurait adoré ce genre d'"enquête".

Mais aucun ridicule, aucun mensonge ne découragent l'armée innombrable des membres potentiels de cet Etat dispersés sur la planète entière. Comme ils occupent des places stratégiques dans les médias de tous les pays du monde leur force de frappe est immense et avec une énergie que ne freine aucun scrupule et ne décourage aucun mensonge, ils s'évertuent à peindre en rose l'Etat bien-aimé, leur véritable patrie. "Des matinées entières, ils s'étaient immobilisés devant ce portrait, s'émerveillant de sa beauté..."

Ils savaient au fond de leur cœur que cet Etat était devenu "monstrueux et repoussant", "en proie à une corruption particulière, pire que celle de la mort", que, de semaine en semaine, de mois en mois, d'année en année, sa figure devenait "bestiale, flasque, immonde", mais ils refusaient de l'admettre. Ils cachaient "son masque de turpitude et de laideur" sous des draperies de mensonges de velours rouge, essayant d'imposer un "universel respect" pour "la seule démocratie au Moyen-Orient", la "lumière parmi les nations", la "nation au-dessus de toutes les nations" qui, grâce à son ingéniosité, avait fait "refleurir le désert".

Mais pendant que les aèdes du sionisme chantaient leur extase, derrière son mur hérissé de bombes et de missiles nucléaires, "un visage hideux dans le clair-obscur grimaçait sur la toile". "La corruption et l'ignominie" donnaient à cet Etat "le visage d'un satyre". (Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray)

Une fois encore, un grand écrivain se révèle un prophète. On voit comme Oscar Wilde a su décrire l'évolution de l'Etat d'Israël et son passage du mythe à la réalité.

La sous-lieutenante israélienne Eden Abargil (photo de gauche): "L'armée, la meilleure période de ma vie"

Il semble que la pression internationale ait fini par avoir raison de l'arrogance de l'Etat hébreu. Celui-ci a été contraint d'accepter que quatre membres - dont un Turc et un Israélien - désignés par l'ONU enquêtent sur les exactions des commandos juifs. Mais sachant que le Président est un Néo-zélandais, l'ancien premier ministre Geoffrey Palmer très favorable par principe à Israël, et que le vice-Président, le Colombien Alvaro Uribe, ancien Président de la République, est un sioniste déclaré, il faudra beaucoup de mordant au représentant turc pour s'imposer face au bloc de ses trois collègues afin de donner une chance à la vérité. Quant au Premier Ministre, M. Benjamin Netanyahu, il proclame haut et fort au nom de l'Etat d'Israël, qu'il est "fier du courage exceptionnel des soldats".

Car la liste des forfaits de cet Etat ne s'arrête pas à ses crimes sur la flottille de la Liberté: il poursuit la construction d'un mur d'apartheid malgré la condamnation de la Cour Internationale de Justice. L'extension des colonies bat son plein au grand jour ou hypocritement. Selon son appréciation des rapports de forces et en vue de conquérir de nouveaux territoires, il bombarde ses voisins libanais, syriens, gazaouis, irakiens. Jour après jour et par petits paquets, il assassine des Palestiniens en Cisjordanie, à Gaza ou au Liban sans compter l'action de commados de tueurs "éliminant", comme ils disent, des personnalités gênantes.

Le comble de la barbarie mécanisée est atteint avec l'installation du système électronique Spot and Shoot (Repère et Tire). Devant des écrans "des femmes soldats, situées loin de là dans une salle d'opération, ont la responsabilité de cibler et d'actionner les tirs des mitrailleuses télécommandées installées sur des tours de guet tous les quelques mètres le long de la grille électronique qui encercle Gaza." [19]

Spot and Shoot: Une tueuse en action

Des militaires femmes sont préférées pour ce genre d'assassinat électronique afin d'économiser les mâles, utilisés de préférence dans les confrontations musclées ou sanglantes. Quand ces femelles-tueuses, qui éprouvent visiblement une véritable jouissance à humilier des hommes arabes, retournent à une vie civile normale après les deux années durant lesquelles elles se sont livrées à des assassinats télécommandés ou à torturer des prisonniers, quelle est leur psychologie? Mlle Eden Abargil - dont le prénom constitue une véritable dérision - a donné une réponse à cette question: « Je hais les Arabes et je leur souhaite le pire. Je serais heureuse de tous les tuer, même de me livrer à une véritable boucherie». (Eden Abergil sur Facebook). [20] Abou Ghraib bis repetita.

Si cette activité-là est normale, alors pourquoi s'étonner et s'indigner du comportement des gardiens des camps de concentration nazis? Quelle est la mentalité d'un pays dans lequel tous ses membres - les hommes pendant trois ans et les femmes pendant deux ans - ont été, au moment charnière de leur existence où ils entrent dans la vie adulte, des tueurs et des meurtriers potentiels entraînés dès la petite enfance au maniement des armes? Et cela depuis soixante-trois ans, c'est-à-dire depuis trois générations. Bourreaux et bourrelles, est-ce là la nouvelle mission du "peuple élu"?

Formation des tueurs de demain: des colons juifs entraînent leurs enfants au maniement des armes

Il semble que le gouvernement israélien soit particulièrement prévoyant dans la formation de ses tortionnaires. Comme chacun sait, plus l'éducation est précoce, plus le "professionnel" est performant. C'est pourquoi l'armée "morale" fait appel à des volontaires lycéens afin de les entraîner dès l'adolescence à harceler les familles palestiniennes et à considérer comme une fête le fait d'écraser au bulldozer leurs maisons. Après les maisons, les humains? Le conducteur de l'engin qui a écrabouillé sans état d'âme l'héroïque Rachel Corrie a déjà montré la voie.

C'est ainsi qu'on voit des gamins de quinze ans intégrés dans la "garde civile israélienne" rigoler à vandaliser les biens, à détruire et à souiller les photos de famille, les meubles et le linge. Même les nazis, qui servent habituellement de référence de la barbarie moderne, n'étaient jamais allés si bas dans la corruption morale des enfants et n'avaient pas directement utilisé les mouvements de "Jeunesse hitlérienne" dans la persécution des juifs. On devine que tous les Abergil mâles et femelles n'attendent que l'occasion pour assouvir la "haine" qu'ils ont aspirée depuis l'enfance et pour se livrer à la "véritable boucherie" à laquelle rêve cette jeune personne, qui n'est certainement pas un cas isolé.

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Des jeunes lycéens volontaires de la police israélienne fouillent dans les biens d'une famille d'al-Arakib et se vautrent dans ses meubles (photos Ata Abu Madyam of Arab Negev News)

Dans son ouvrage Vaincre Hitler : Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste (Fayard 2008) Avraham Burg, ancien Président de l'Agence Juive et ancien Président de la Knesset, devenu français en 2007, analysant la mentalité des Israéliens révèle à quel point ils sont devenus racistes. Les inscriptions "Mort aux Arabes", "Arabes=Nazis" sont devenues banales. "Sommes-nous totalement happés par cette effroyable ressemblance avec nos bourreaux?", écrit-il. Tous ces exemples montrent combien Hanna Arendt avait raison de parler de la "banalité du mal".

Burg critique violemment l'instrumentalisation par Israël du génocide nazi et imagine les mécanismes destinés à sortir Hitler et le nazisme de la tête des Israéliens. Or, vaincre Hitler, c'est, certes, vaincre la référence constante au nazisme et surmonter enfin la complaisance morbide à la faveur de laquelle les Israéliens se posent en victimes professionnelles, y compris lorsqu'ils agressent et tuent des Palestiniens ou des Libanais par centaines. Mais Vaincre Hitler, c'est aussi en finir avec la célébration morbide de l'holocauste et les pèlerinages compulsionnels à Auschwitz. Et surtout, Vaincre Hitler, c'est refuser l'idée que la mémoire d'un massacre puisse légitimer la conduite actuelle de la politique et la mentalité de la société israélienne.

Car Vaincre Hitler, c'est avant tout vaincre la fascination pour Hitler et tuer le bourreau qui habite aujourd'hui de nombreux Israéliens et qui se donne impunément libre cours. Vaincre Hitler, c'est réveiller la conscience des poupées-tueuses qui officient paisiblement devant leur écran aseptisé et déclenchent un missile assassin d'un clic négligent. Vaincre Hitler, c'est tenter de guérir de la paranoïa d'une grande partie de la population et de ses dirigeants qui se traduit par une surestimation pathologique de soi-même subsumée dans la notion d'élection divine. La conséquence en est la méfiance et le mépris pour le reste des humains dont la Thora et le Talmud sont remplis et qui sont aujourd'hui concrétisés dans d'innombrables lois racistes. Guérir de la paranoïa, c'est cesser de rejeter en permanence sur ses victimes la responsabilité de ses propres crimes. Car c'est toujours pour "se défendre" qu'Israël tue, blesse, torture, vole des terres, détruit des maisons, dévaste les vergers, ravage et brûle des récoltes, attaque ses voisins et envoie des bombes de tout calibre et de toutes natures, y compris des bombes à fléchettes interdites par le droit international, au milieu de zones résidentielles grouillantes d'enfants afin de provoquer des blessures atroces. Vaincre Hitler, c'est cesser d'être un meurtrier qui, avec constance se proclame innocent et victime.

Comment les Israéliens habités par l'hubris de leur puissance et de leur "exceptionnalité" peuvent-ils s'imaginer qu'un racisme brutal et inhumain leur permettra de s'implanter durablement dans la région? Comment se fait-il qu'ils soient à ce point aveuglés par un nationalisme orgueilleux qu'ils croient que les missiles et les bombes, même nucléaires, seront suffisants pour leur assurer une présence pérenne dans la région et qu'ils ne voient pas que chaque "succès militaire" contre des civils désarmés est une défaite morale qui sape les fondements de leur Etat, l'isole du reste du monde et constitue un pas supplémentaire en direction de son auto-destruction.

13 - Où l'on verra le mythe prendre la forme d'une montgolfière cosmique

Reflet de la société, la religion s'adapte aux changements historiques. La défaite des armées du roi Josias, puis celle de ses successeurs face aux grands empires environnants - Egypte, empire assyrien, empire perse, puis empire grec d'Alexandre le Grand et enfin empire romain - qui ont abouti à la disparition définitive de l'histoire du monde d'un Royaume de Juda indépendant, berceau du dieu Jahvé, a profondément influencé l'évolution du récit biblique.

A cette occasion entreront en scène deux personnages déterminants dans l'histoire politico-religieuse des Judéens - Ezéchiel et Esdras - les véritables rédacteurs des quatre Livres de la Thora qui font remonter l'histoire de la Judée à l'origine de la création du monde et qui sont censés précéder le Deutéronome rédigé pourtant plus de deux siècles auparavant, mais modifié à cette occasion. Il s'agit là d'un procédé littéraire classique que connaissent tous les auteurs contemporains de bandes dessinées. Mais pas seulement. Ainsi après avoir écrit le Pantagruel, Rabelais a rédigé l'histoire du père de son héros, le Gargantua.

L'illogisme de la déité mixte que ce peuple s'est donnée - à la fois déité communautaire et créateur cosmique - est la cause profonde de la claudication du peuple qui s'en réclame dans l'histoire des sociétés dans lesquelles les migrations l'ont conduit. A partir du moment où les Judéens n'ont plus été enfermés dans leur petite province et où les défaites politiques ont disséminé une partie de ses élites et du peuple au sein des autres nations, la confrontation entre un groupe humain marchant derrière ce dieu-là, miroir de sa représentation suprématiste et autiste du monde et de lui-même, et le reste des hommes qui n'avaient aucune raison d'accepter leur relégation dans un statut subordonné, ne pouvait qu'être explosive. Elle le fut durant deux mille ans. Elle continue de l'être, comme on le voit jour après jour en Palestine occupée.

Car l'histoire du judaïsme et l'histoire des juifs sont inextricablement emmêlées. En effet, les vicissitudes de l'histoire des hommes ont profondément influencé l'histoire de l'élaboration du Dieu Jahvé, et inversement, les innombrables commentaires des textes fondateurs auxquels les talmudistes se sont consacrés durant des siècles, ont, en retour, bétonné les cerveaux d'une manière si indélébile qu'aujourd'hui, les immigrants venus des quatre coins du monde et issus d'ethnies qui n'avaient jamais eu le moindre rapport avec les Hébreux originels, mais majoritairement porteurs de la mentalité rabbinique, se sont révélés inassimilables aux peuples restés sur leurs terres depuis toujours et convertis à d'autres dieux. Car le judaïsme rabbinique fondé sur les commentaires de la Thora a fini par triompher de l'hébraïsme biblique que les prophètes avaient réussi, non sans mal, à adoucir et à universaliser.

le 27 août 2010

A suivre : La bunkerisation psychique d'un peuple: les rédacteurs de la Bible Josias et Esdras

NOTES
[1] Saed Bannoura, Le vice-Premier ministre israélien, lors d'une réunion informelle : " Jérusalem a été promise par Dieu aux juifs "
protection-palestine.org

[2] Uri Avnery, L'Eclair (A Flash of Lightning)
zope.gush-shalom.org

[3] "La Torah du roi": Il faut tuer les non-juifs, même les bébés
soutien-palestine.blogspot.com

[4] Ramzy Baroud, Tu écris avec quelle main ?
info-palestine.net

[5] Georges Stanechy, Flottille de La Liberté : L'Impunité des Assassins...
stanechy.over-blog.com

[6] Jonathan Cook,Peu de recours pour la petite fille arabe rejetée d'une crèche de jour israélienne
femmesennoirmontbrison.com

[7] Leila Mazboudi, Pots de vin et chantage à l'ONU pour la création " d'Israël "
almanar.com.lb

[8] Rory McCarthy, La Zone C remplit d'effroi les Palestiniens, alors que des maisons sont détruites
france-palestine.org

[9]Colons en train de voler des moutons aux Palestiniens (Vidéo)
europalestine.com

[10] Il y a, aujourd'hui, une évidence précise d'un matériel génétique commun à tous les juifs et pas seulement pour les Cohanim.
lamed.fr

[11] Etes-vous juif? Avez-vous des racines juives? Etes-vous un Ashkénaze? Etes-vous un Levi ou un Cohen?

igenea.com

[12] Vous voulez la nationalité ? Déclarez qu'Israël est un Etat juif / Eli Berdenstein - Maariv Revue de la presse israélienne du service de Presse de l'ambassade de France en Israël vendredi 16 juillet 2010
ambafrance-il.org
desinfos.com

[13] Nouvel Obs.com 12/6/07
Voir aussi: Un colon extrémiste: le Shin Beth m'a incité à assassiner des Palestiniens

[14] Haim Perlman, accusé de meurtre et d'agression de palestiniens, assigné à résidence pour 15 jours...
iba.org.il

[15] Chahid Slimani, La Marche de la Résistance et de la Dignité...
Voir chahidslimani.over-blog.com

[16] Les survivants témoignent : Le Rapport d'IHH sur les Meurtres à bord du Mavi Marmara
freegaza.org

[17] Myriam Abraham, Des Parlementaires Allemands Déposent Plainte Pour Crimes De Guerre Contre Israël - Enquête : Israël Veut Etre Juge Et Parti
planetenonviolence.org

[18] Myriam Abraham: BHL Fait L'Eloge De La Démocratie et De L'Armée Israélienne
planetenonviolence.org

[19] Jonathan Cook, Israel inaugure l'assassinat télécommandé
ism-france.org

[20] Myriam Abraham : Le racisme, la haine, la folie meurtrière sioniste a un visage, celui d'EDEN ABERGIL
planetenonviolence.org


Bibliographie

Mario Liverani, La Bible et l'invention de l'histoire, 2003, trad. Ed. Bayard 2008

Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman,La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie, 2001,trad. Ed. Bayard 2002

Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible, trad.Ed.Bayard 2006

Ernest Renan, Histoire du peuple d'Israël, 5 tomes, Calmann-Lévy 1887

Douglas Reed, La Controverse de Sion

Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard 2008, coll. Champs Flammarion 2010

Avraham Burg, Vaincre Hitler : Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste, Fayard 2008

Jorge Luis Borges, Fictions

Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray

Jean de La Fontaine, Fables

J.H. Rosny Aîné, La Guerre du feu

Jacques Attali: Les Juifs, le monde et l'argent, Histoire économique du peuple juif. Fayard, 2002

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