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Notes évolutives

Ça y est ça commence, les appels prévus pour que les gens se bougent les neurones afin de « trouver des solutions » à la faillite du système social, commencent à se faire entendre.

Bien que je médite à ces question depuis des lustres, je trouve cela irritant.
Il va falloir abandonner l'habitude d'attendre qu'un rejeté de la société en raison de son QI trop élevé vienne à la rescousse des braves gens, en tant que sauveur, seul capable d'envoyer la lumière assez loin pour tout pouvoir transformer.

Le but de l'opération justement est que la hiérarchie s'inverse, que la masse de population soit considérées avec plus de crainte qu'un banal et temporaire président de république.

Il faut prendre l'habitude à ce que les décisions sociales soient le fruit d'un travail collectif et que la travail collaboratif soit habitué à obtenir des succès.

Bien sûr, seul un sur-homme peut arriver et d'un oeil nouveau, et d'un cerveau puissant, il peut dire quoi changer et comment, de façon à impacter par effet de levier le plus positivement possible la conversion globale du système actuel en un système qui fonctionne mieux.

Seul un groupe peut agir, inspiré par des choses qu'aucun orateur n'aurait les épaules de vouloir oser personnifier.

Et inversement ça ne marchera pas non plus, si à la mode libérale chacun pour soi choisi de faire « quelque chose de bien », ça ne garanti pas plus le succès de la conversion vitale et nécessaire.

Pourtant les appels libéraux à ce que « chacun devienne responsable », par exemple en utilisant des ampoules basses consommation, sont sensé être basés sur l'idée que la collectivité de type anarchique est une bonne source pour faire émerger les principes généraux, qu'ensuite on s'amuserait à observer.

Cela, je le perçois comme une expérience sociale cherchant à faire apparaître à l'échelle des générations les premiers prémices de la topologie des systèmes.

Depuis l'avènement de l'informatique, on peut toucher, modeler, tester, combiner les lois de la nature afin de faire progresser nettement plus rapidement notre connaissance de ces lois fondamentales, qui n'attendent pas que nous les connaissions pour agir avec force.

Car c'est bien d'avoir des lois civiles, des règles de jeu sociales, et des principes directeurs, mais en observant les carences du système humain élaboré par sédimentation culturelle on ne peut que s'interroger sur la faisabilité d'une mécanique qui produirait moins d'injustice.

D'autant plus que, comme je l'ai dit, l'expérience en programmation (et donc en construction de systèmes qui marchent) on croise avec une densité de plusieurs unités de mesure supérieure les lois du cosmos, suffisamment pour qu'on puisse les ordonner, sans toutefois pouvoir dire laquelle est la plus importante. Elles le sont toutes. Et les enseigner constitue toute une éducation.

Et tout bon système est celui qui laisse le plus la liberté au plus grand nombre de lois de la nature de se trouver respectées.
Ouaouh quelle phrase. Je la recommence.
Plus les lois de la nature sont respectées au sein d'un système, plus ce système est fiable et profitable.

A la perspective de cette seule loi des systèmes, tout politicien devrait s'empresser de se dire qu'il a mal choisi sa voie dans la vie et qu'il aurait plutôt dû partir à la recherche des lois du cosmos s'il voulait avoir une chance d'agir positivement pour son peuple.

Que penser d'une mécanique qui contrevient à plusieurs principes vitaux de la mécanique, à savoir un pivot monté dans un rectangle, des tiges de perceuses et des vis qui ne sont pas régies par des protocoles, qu'on n'a jamais démontée et sur laquelle on a bâti d'autres mécaniques, la plupart du temps pour empêcher que tout le fatras ne s'effondre ?

On ne peut pas, nul n'a le droit d'outrepasser les lois de la mécanique, car cela est improductif, et non fonctionnel... sauf en période d'apprentissage.

Tout ce qui s'implante dans un bon système, là je vais vous parler d'un bon système, se positionne au sein de la structure globale, puis au sein des conditions locales.
Si on devait implanter une nouvelle mécanique hors de ce système global et fonctionnel, il faudrait en reproduire près de la moitié pour le seul usage qu'on destine à sa fabrication, alors que pour le poids total du système, on possède déjà des milliers d'usages, auquel on greffe le nouveau auquel on vient de penser.
Ceci relève de la loi de la synergie, tout système attire à lui les autres systèmes afin qu'ils se fondent en une seule goutte d'eau.

Là on ne veut rajouter qu'une fonction.
Dès lors, on va profiter des bienfaits du système existant.
La plupart des choses routinières ont déjà leurs entrées, il suffit de s'y brancher pour en profiter. Il n'y a aucune création à faire, le job consiste à savoir que ces branchements étaient disponibles. C'est pour cela que je dis que toute mécanique nouvelle, dans un bon système, se réfère au système dans sa globalité, parce qu'il faut en connaître les entrailles. Si non, on risque de créer des lourdeurs qui se ressentent dans tout le système.

Les conditions locales offrent un contexte et des possibilités, et en même temps interdisent des usages et créent des contraintes. Ces contraintes sont jugées légitimes quand, si on va trifouiller dans les autres mécaniques connexes, on se rend compte qu'elles en ont toutes besoin, et que sa forme actuelle est la plus économique possible.
Il est souvent plus difficile de concevoir la ligne de code accommodante que la tripotée de fonctions autonomes.

Il se peut qu'on ait à dire à la localité qu'on a besoin que ce protocole soit revu, et imposer aux fonctions qui utilisent aussi ce protocole de le revoir. Dans ce cas on a fait une enquête dans l'ensemble du système, et on s'est demandé comment la charge globale va supporter cela, est-il rentable de se trimballer des fonctionnalités toute l'année alors qu'on en a besoin une fois par an ? Et nombre de question qui servent à décider, si oui ou non, on s'engage dans une réforme du système, dans le but de faire naître un protocole, dont le but est de rendre fonctionnel, une portion mécanique dont l'utilité pourrait s'avérer précieuse par la suite, même si pour l'instant ce n'est qu'une théorie.

C'est à dire qu'un implantation locale peut très bien avoir une influence globale, en stimulant la cristallisation d'un protocole unitaire, dont cette nouvelle fonction a besoin, mais dont de nombreuses autres auraient aussi sérieusement besoin.

Dans ce cas on fait naître une situation bien connue et bien aimée, celle où on ouvre une parenthèse dans son job pour commencer un autre job, dont l'issue permettra de finir le premier qui a été laissé en plan, même si en passant on a fait muter tout le système.

Vos allez rire mais en tant que geekprogrammeur, ça arrive très souvent qu'on ait ouvert cinq ou six parenthèses dans le fil de notre boulot, et voyant que ça continue encore, de dire « stop ! je boucle celle-là, et les cinq autres qui attendent derrière, et puis je reviendrai voir ce qui se passe ici après ».
Ah mais, il faut bien produire un minimum de solidité, sinon on se perd en route. Mais bon, c'est très charmant de pouvoir divaguer comme ça. En fait la majorité de la vie de l'éboueur des systèmes qui marchent consiste à passer dans les ruelles pour voir si tout va bien. C'est vrai que c'est un peu de la maniaquerie, mais souvent il est question de remettre des petites choses à niveau, de fignoler, c'est très important d'avoir le temps de fignoler après une grande mutation, et avant la mise en marche.

En fait il arrive très souvent qu'on s'engage dans des réformes systémiques, au sein d'un système qui tend vers le joli.

Et cela n'est dû qu'à la nécessité. En même temps, si des réformes se font tardives, c'est pour mieux consolider l'autonomie et la fiabilité des fonctions en place. En fait, les fonctionnalités ont besoin de temps pour « se tasser », c'est assez inexprimable, et pour qu'on sache comment elle vieilli.

Il y a énormément de fonctions qui sont évacuées du système, au fur et à mesure des réformes.
Parfois l'extension du domaine des fonctionnalité (le développement) va atteindre des zones où on avait implanté des sections autonomes, ne faisant appel qu'à très peu de principes systémiques, si ce n'est par la mimique peut-être. On peut ressentir l'odeur de la poussière, et entrevoir dans ces contrées lointaines les vestiges d'une façon de faire qui a complètement disparue depuis plusieurs générations de fonctions.

Entre temps de nombreux procédés sont apparus pour produire les effets obtenus à cet endroit d'une façon parfaitement bucolique, et non dénuée d'intérêt souvent. On y retrouve parfois même des astuces formidables qui avaient servies à combler des lacunes légitimes, et on se prend à rêver d'une nouvelle réforme qui donnerait une vraie vie à cette intelligence.

Les plus belles parmi les obsolètes vont figurer dans le musée du Trash, tandis que la plupart des écritures du passé se font effacer, et remplacer par des protocoles devenus standards entre temps.
C'est qu'il n'y a pas que la révolution (ou mutation soudaine) qui est importante, mais le succès du transport de cette révolution dans les ornières les plus exotiques du système. C'est justement là qu'on sous-pèse sa puissance.

Ah bien oui car voyez-vous dans le domaine de la conception des systèmes, on est juste des petits mécanos, et on n'avance que de façon empirique, mais par contre ce qui est sûr c'est que quand on fait un pas en avant, ce travail ne sera plus jamais à refaire.

Toute forme d'intelligence mise en oeuvre au sein d'une mécanique informatique ne peut que subsister, et de plus, ne peut que s'ajouter aux autres. En informatique l'usure par friction ne concerne pas l'intelligence mise en oeuvre par le passé, mais seulement sa méthode.
C'est à dire que l'évolution est incrémentielle, c'est pas comme à l'époque de sarközy où on revoie à la baisse le niveau éthique minimum acceptable, afin de coïncider avec la dépossession de toute chose par des fous.

Non non il faut que je me concentre, je veux parler aux gens des systèmes qui fonctionnent bien, pour dire ce qui est possible.

Je ne crois pas qu'il soit crédible qu'un gars arrive soudain avec une vue de l'esprit qui englobe les possibilités offertes par un système social qui fonctionne bien, de façon courante et conventionnelle.
Enfin je veux dire que personne ne le croirait, et que l'utopie la plus exacerbée n'arrive même pas à la cheville de ce qu'il est possible de faire.

Souvent j'entends parler des utopistes, que les gens de droite descendent de peur d'avoir moins intelligents que ceux-là, quelquefois il y a des gens de l'ancienne ère qui s'accrochent à l'idée de ce que l'utopiste est une personne morale à but lucratif (je veux dire dont on n'a rien à attendre !), là l'idée c'est que ça commence, on fait des appels aux utopistes, c'est pour dire que dans quelle frayeur la conscience sociale se trouve, ayant observé l'amplitude prise par l'entropie.

Imaginez-là la pauvre, elle connaît toutes les « solutions » mais sont rôle n'est que passif, en tant que conscience du monde, elle ne fait que ce dont le monde rêve.

Toutes les lois sont prêtes à s'écouler dès lors qu'on le leur permet, via la mécanique, fut-elle informatique. Pourvu juste qu'on lui balise la route, elle pourra s'exprimer et engendrer les retombées positives dont on a besoin pour notre progression.
L'idée c'est qu'on peut bien empêcher des lois de s'écouler, voire les faire se déverser ailleurs, mais que justement, il faudrait déjà les connaître dans leur intimité, avant de se prétendre en mesure de les jardiner... avant d'en arriver au stade où elles pourront toutes agir.

Ce que je dis là c'est que les lois, non seulement elles se découvrent, mais aussi on peut jouer avec elles, elles ne sont pas statiques, quoi que irrépressibles.

- La vie, la raison de la vie, les lois du cosmos, l'esprit de découverte, l'étonnement, tout ce qui fait la joie humaine n'a aucun besoin des souffrances engendrées par l'imperfection du système social humain actuel.
Tout cela est supporté, à tel point qu'on se demande presque ce qu'on ferait s'il n'y avait plus aucune menace de guerre, plus de famine, une gestion des ressources aussi rigoureuse qu'intelligente...

La plupart ne savent pas quelle joie serait la leur si leurs actes quotidiens venaient s'incrémenter positivement à un système social qui tend vers le joli.

Une des terribles maladies infantiles de l'humanité a été sa tendance paresseuse à s'accommoder trop rapidement des avancées de la civilisation sans plus être capable d'en évaluer la beauté, ce qui les conduisait immanquablement à les perdre (comme de nos jours avec les droits fondamentaux).

Au sein d'un système fonctionnel, on a le loisir de palper les catastrophes qu'on s'évite si on choisi telle ou telle voie de développement, tel ou tel chemin pour le destin.
La connaissance minimale pour fonctionner est suffisante pour voir les erreurs qu'on s'évite constamment de faire. (donnez-moi un politicien capable de faire ça !)
On est toujours heureux (nous les geeks on est toujours heureux), par petites touches successives, d'apporter des améliorations de nature protocolaire à des voies informatiques très pratiquées par de nombreuses données qui y circulent tous les jours.

Quand on distribue un logiciel, c'est la même émotion que celle qu'on ressent si produit une publication que les gens vont lire, acheter, juger, aimer ou pas. Il y a cette forme de stress, où au moment où on clic sur le dernier bouton pour tout mettre en mouvement, où on prie pour que tout se passe bien !

Dans cette série d'articles sur la politique algorithmique, le politicien du futur, celui dont personne ne se doute à l'heure actuelle, (et dont aucun n'a la compétence) est de facto l'objet volontaire d'une loi du cosmos qui se nomme l'humilité, où il craint de mal faire lorsqu'il s'engage à influer le destin du monde.

Il le craint, mais pas de façon officielle et tonitruante, en mettant des slogans sur des affiches de papier collées à 5 heures du matin sur l'autoroute, en disant « Oui ! Je le crains ! ».
Non, le vrai scientifique, celui qui est mû par l'amour de ce qui fonctionne bien, a mit toute son expérience, son psychisme, et sa labeur à faire que son « expérience » produise les effets escomptés, et au moment où il agit, il sait qu'il ne sait peut-être pas tout, mais il est prêt à l'entendre ; et c'est ça la modestie et l'humilité dont une personne extérieure peut le rendre propriétaire.

- En ce qui concerne la réforme urgente de la loi de la jungle en une organisation raisonnable, il existe encore des préhistoriques qui, si ce n'est pas en attendant le tout-savant qui viendra les sauver, pensent que c'est en ayant la moindre étincelle de première idée et en l'appliquant de façon mondiale et immédiate qu'on obtiendra des effets positifs.

Imaginez le gars avec des éprouvettes, du nitrate, de la glycérine, tout cela est bien inofensif, et soudain le gars décide de les mélanger (pour faire de la nitroglycérine) et ce, en versant 15 tonnes de nitrate dans 10 tonnes de glycérine.
Voilà pour les bienfaits positifs.
Il va tout de suite comprendre, notre politicien amateur, que le bienfait positif de son acte, c'est à dire la connaissance qu'il réussit à obtenir pour le prix qu'il a payé, est d'un rapport qualité-prix moindre que ce qu'on trouve dans la grande distribution alimentaire.

L'approche scientifique du système social préconise de facto la précaution, l'expérimentation, une mise en oeuvre surveillée de près et un suivi évolutif chronique.
C'est à dire que, un peu comme cette fonction dont je parlais qu'on retrouve dans un coin éloigné du système, et qui « fonctionne toute seule », (qu'on met dans un musée) on va bien regretter la ludique simplicité d'un système social humain régit pas des règles inaltérables et dont personne ne s'occupe.

Tout le système social, à partir du moment où il prétend prendre le relais de ce que la nature a créé de façon temporaire (en attendant que sa mise en mouvement devienne un acte conscient, tel que le veut le sens de toute chose dans la vie), sera constamment étudié, réparé, rénové, perfectionné, protocolisé, déprotocolisé, modelé, mesuré, testé et repensé en permanence.
Et cela mesdames et messieurs les deux ou trois lecteurs, vous êtes les premiers à l'entendre.

On ne peut as traiter de sujets aussi délicats que les systèmes, avec les gros doigts boudinés du boucher-charcutier.
Il n'est pas raisonnable de se servir du destin du monde afin d'expérimentation pour savoir ce qui marche ou pas, ce qui est accepté, digéré, oublié, ou ce qui veut se faire assimiler par la force.

Ce ne sont pas des manières d'agir, du moins d'un point de vue fonctionnel ; ce qui paraît appartenir à une névropathie aigüe, n'est que la façon d'agir la plus conventionnelle d'une époque encore complètement ignorante des lois du cosmos.

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