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La logique du langage

Un jour j'ai écrit « la théorie du tout », en deuxième sous-titre d'un texte sur le langage et la logique, et ensuite cette expression a fait le tour du monde en très peu de temps. Plein de gens disaient avoir trouvé la théorie du tout, se heurtant à la doxa de béton de ceux qu'ils admiraient.

Le titre c'était un truc du style « théorie de la logique, théorie de l'évolution, théorie de tout », me suis-je rendu compte en même temps que je l'écrivais.

Le principe était hyper simple, en lui-même c'était en fait l'escabeau qui permettait de sortir du labyrinthe de la compréhension du « Pourquoi ? » et dont seuls les développements font la substance de l'énoncé dans le titre.
Il s'agissait d'un système à appliquer à chaque mot pour pouvoir lui affecter une définition normée, fondant ainsi une logique, et rendant toute chose possible à relier aux autres.
Une fois ceci stratifié dans l'esprit il en résulte qu'on détecte immédiatement (voire on devient allergique) à l'emploi de termes appartenant à des champs distincts que le discours suppose comme étant des champs commun (ceci étant la définition de la rhétorique).

La loi des systèmes est la même pour tout ce qui fonctionne, une plante doit initialiser la première pousse qui sort de la graine pour recevoir l'eau qui va la faire se développer, et de même, la compréhension du monde doit démarrer par un système de boot parfaitement classique.

Le système de boot est un système à part, indépendant, fabriqué après et actif avant l'utilisation d'un système. Il permet de résoudre la contradiction élémentaire, comme pour tout moteur*. La plante a besoin d'eau pour pousser et donc pousse pour aller chercher l'eau. De plus, l'eau trouvée conditionne le développement de l'organisme, en tant que paramètre (c'est elle qui renferme l'information sur « le milieu »). Son ADN est son code de programmation, et il est suffisamment souple pour laisser une grande liberté d'adaptation à la plante, qui s'adapte morphologiquement à son milieu, tandis que l'ADN s'y adapte informatiquement, à ceci près que les changements ayant à être accomplis ne seront valables que pour la génération suivante.
Il y a donc une part de liberté locale (durée de la vie de l'organisme) et une autre part de souplesse structurelle, à l'échelle des générations. De là on comprend le terme de « liberté » comme une nécessité élémentaire de nature biologique.

* l'exemple topique est le moteur à explosion qui est booté par un moteur électrique.

Il n'est donc pas raisonnable d'envisager la mise en oeuvre de quoi que ce soit dans le monde sans mettre au point en même temps son système de boot.
Par exemple l'accouchement est le summum des systèmes de boot : des conditions exceptionnelles sont requises pour la procréation, la fusion génétique (je connais pas le terme exact), les différents stades de la croissance, où on voit la même boule devenir, au choix, un éléphant, un dauphin ou un humain, et enfin l'accouchement, où le corps de la mère s'aperçoit soudainement que son bébé est un organisme intrus et qu'il faut l'expulser le plus vite possible.

Et à chaque fois qu'un boot opère avec succès le démarrage d'une application aussi magnifique qu'improbable, la joie est immense !

- Oui oui c'est vrai, la réalité de ce monde est uniquement informatique. Toutes les données qu'on reçoit sous forme d'onde sont interprétées par le logiciel du cerveau, afin de produire une simulation d'un monde cohérent.
C'est le fait même que ce soit la logique qui ait opéré l'assemblage des données, qui produit une image cohérente du monde. Et c'est logique !

Une amorce, une excuse, un point d'appui, un repère, un déclic, les mots sont tous très différents mais quand on les considère au sein de leurs matrices respectives, ce sont tous des systèmes de Boot.
De plus le principe du boot est le debrès zéro de tout cycle, il peut aussi considérer l'ensemble d'un système comme un boot génat pour autre chose dont nous ignorons les développements, mais pas les lois de ces développements.

Ainsi si il y a une évolution que le langage doit opérer, c'est bien celle qui permet de réduire à son comportement fonctionnel l'événement qu'on essaie de décrire, de sorte que cette désignation protocolaire (dit « le langage ») soit implicitement applicable à n'importe quel autre exemple, et de sorte qu'on sache, dès le moment de la désignation, en comparant avec l'ensemble de la culture de la topologie des systèmes, où l'on est par rapport à l'ensemble de tel contexte. C'est à dire (je redis la même chose différemment) que le langage fonctionnel permet de définir à la fois la position et le contexte d'un événement ; ce qui est à opposer, avec un langage culturel, qui ne parle ni du contexte (donc ment) tout en stipulant une posture que rien ne prouve.

Le langage conventionnel est un langage de posture, ceci est comme ci, ceci est comme ça, ça ressemble, ça a l'air, c'est mieux, c'est moins bien, c'est mal...
Ce charabia n'a de sens que pour les interlocuteurs au sein de leur discussion dont nous ignorons tout et dont nous ne pouvons rien comprendre sans être dans la confidence de leurs us et coutumes, ainsi que du sujet de leur discours.
En fin de compte le langage conventionnel est une lourdeur mentale qui a pour attrait de faire se développer la compréhension, la logique. Mais bon il est d'une pauvreté accablante, imaginez-vous par exemple que des pays partent en guerre parce qu'ils croient l'un et l'autre que leur interlocuteur ment, simplement parce que leurs langages sont incompatibles et stupides.

Le langage fonctionnel connaît à l'avance toute une culture du mouvement, et le seul fait situer un endroit topologique évoque immédiatement son passé probable et ses différents devenir possibles.

La question sur ce qu'est le langage est transcendantale. Dans l'usage commun, le langage permet l'échange bref d'informations utiles. Mais les hommes étant bavards, il a tendance a devenir fonctionnel, au moins de devenir subitement la racine de ce qui doit être. A ce moment-là on assiste à un retournement (principe élémentaire de la physique des lois), quand le langage, d'un aboutissement, devient un commencement, si on se base sur le langage lui-même.

Ce qu'on fait à ce moment-là est du pré-informatique. Il faut connaître tout le langage pour comprendre la sens des mots entendus. Et surtout, ils servent de « boot » à la mise en oeuvre de n'importe quelle activité.

Mais alors dans ce cas, faisons le saut quantique, pourquoi ne pas dès le départ constituer une somme de symboles légaux de ce qui est fonctionnel, et procéder à la désignation de ce qui est observé au moyen de « la façon dont cela doit s'écrire ».

Dans un langage informatique (fonctionnel, donc) l'écriture est ce qui permet l'émergence d'une fonction. Donc quand on observe quoi que ce soit, on doit pouvoir le reproduire.
Comme je disais c'est un exercice d'ordre mental, qui sert à rendre le cerveau plus intelligent !
(C'est un exercice que la nature s'auto-impose, plaçant l'augmentation d'intelligence comme une fonction remarquable, qu'on peut appeler « croissance ».)

Et donc en partant de là, on comprend mieux le terme qui est au centre de notre étude du moment, à savoir la politique algorithmique.
Dans les précédents numéros, on a vu que l'ensemble des paramètres à prendre en compte pour qu'une décision soit possible à qualifier de « juste » dépend de notre capacité à faire ce job. Or ce job ne peut être que informatique, il tient compte de milliers de paramètres pour produire un résultat qui tend le plus possible vers la justice (enfin la justesse, de son point de vue, le point de vue du robot, vous suivez ?).

Ce faisant, au moment où on dit à la machine de produire les lois civiles qui conviennent selon le moment et les paramètres choisis, ça veut dire qu'avant on a pu procéder à une écriture de ce qui était observé.

On a observé des effets inattendus, et on a dû les convertir en langage fonctionnel pour que la machine puisse dorénavant prendre en compte cette possibilité ou ce fait.

C'est simple, on dit « l'ambulance a le droit d'enfreindre le code de la route », ça veut dire qu'on a deux champs de véhicules, les ambulances et tous les autres.
Dans ce cas on dit : if(vehicule_autorisé==true) alors pas d'amende pour excès de vitesse.
(ça c'est ce que l'ordinateur se dit ; il cherche qui a le droit de faire telle chose, et ensuite compare ce champ avec celui auquel appartient l'objet de l'analyse en cours)

Le langage fonctionnel est donc un langage qui permet de produire les algorithmes qui permettent de reproduire ce qui a été observé et qui veut être décrit.

Dans le cadre de l'amélioration de la justice, ayant observé qu'on allait avoir besoin de l'informatique pour s'assurer que tous les humains de la terre aient des conditions de vie comparables, (et ce quel que soit le système social choisi) il apparaît nécessaire au préalable d'établir quelques codes protocolaire (un langage) qui faciliteront la croissance du système social.

- Mettons (en maths on dit « soit » la proposition suivante) :
on dispose de l'accès à la base de donnée Alpha qui contient toutes les informations sur tous les humains, situation géographique, âge, famille, métier, revenus, environnement, dispose d'un véhicule, etc etc...

C'est super parce immédiatement on sait, sans connaître la forme que ça va prendre, comment seront distribuées les calories contenus dans les aliments produits.

On peut déjà comparer le nombre de calories produits et le nombre de calories nécessaires, et dans un premier dégrossissement, comparer leurs répartitions géographiques, et prévoir quels seront les mouvements auxquels on dot s'attendre.

Mais ne vous inquiétez pas, dans 0,000031 secondes l'ordinateur en saura beaucoup plus et pourra produire une réponse beaucoup plus fine et détaillée, tenant compte des droits, des demandes, des disponibilités et des priorités.

Seulement ces 0,000031 secondes nous paraissent une éternité, parce qu'il y a énormément de boulot à faire pour qu'ils se passent bien.

Quand on traite ce de qui est fonctionnel de toutes façon, et quand, alors qu'on en est encore qu'aux prototypes, on cherche à « reproduire par l'expérience ce qui a été observé », il ne s'agit toujours et jamais que de choses qui sont hors du temps. C'est du domaine adimensionnel.

On pourrait demander à la machine de calculer qu'il y a des bandits sur la route qui vont s'emparer des chargements, afin qu'elle prenne ses disposition pour que les approvisionnements soient ceux qui sont attendus.
La machine peut très bien s'accommoder de cet état des choses, mais si on l'instruit suffisamment, Elle arrivera à la conclusion que ces vols doivent être interdits. De cette manière, la loi qui interdit le vol émerge du fonctionnement normal du système.

Non ceci n'est pas stupide.
Ceci est l'exemple, parfaitement banal et éducatif, où une loi est prononcée en fonction d'une raison qui a été sous-pesée par l'agencement de différents algorithmes, qui savent comment exploiter les données à disposition dans la base Alpha.
Il est possible de prévoir que cette loi persistera dans le temps, mais c'est tout ce qu'on peut dire.
Cela rentre en opposition avec le fait qu'un loi puisse oser être déclamée en se basant uniquement sur des impressions approximatives, impossible à dire, à part avec les termes « c'est évident ».

« c'est évident » ne veut rien dire pour l'ordinateur, il lui faut une raison.
Mais cela n'est pas un obstacle à la construction d'un système qui produit les lois en fonction des raisons, qui tiennent compte du maximum de paramètres possibles observer.
Au contraire d'un obstacle, c'est ce qu'on appelle une contrainte du système, et qui plus est, une contrainte qui motive une raison mieux affûtée.
C'est pour ça que pour un système, pour tout système qui fonctionne bien, les "lois" sont bonnes par nature.

Notez en passant qu'il y a des gens qui déclament l'obligation de réciter des poésies dans les écoles : ceci est vraiment l'autre extrême du fonctionnalisme, c'est l'autoritarisme, les raisons et les motifs n'ont même pas le droit d'être auscultés. Ça paraît « évident » seulement aux yeux d'une seule personne, et pas de chance, c'est elle qui dicte la loi.

Mais nous en ce moment on modèle un monde nouveau.
Et pour ce faire, cet article a pour but de dire que le plus gros du travail à faire consiste à traduire en langage fonctionnel à peu près tout ce qui peut être observé.

C'est un exercice permanent, c'est un paradigme à part entière.

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