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Pourquoi arrive-t-on aux limites du système

Dans le précédent exemple, la ligne de code

<?php
if(x>a && x<b)true;

est un exemple de la façon dont fonctionnent l'affectation d'une condition légale dans le système légal civil.

Il faut comprendre que pour un exemple comme celui que nous avons pris, de l'amende pour excès de vitesse, la seule page de code qui répertorie toutes les conditions possibles et imaginables pour une infraction au code de la route se présente sous la forme d'un véritable carnage logiciel, une rangée indigeste de conditions toutes rangées les unes à côté des autres.

Le premier constat du concepteur de systèmes, qui est très habitué à la topologie des systèmes même sans le savoir, voit immédiatement que le chemin prit par le curseur de la conscience logique qui lit et exécute ces lignes de code de façon linéaire, risque fort de se montrer empli de virages brutaux qui produisent l'effet de contradiction.

A chaque fois qu'on applique un nouveau champ d'application, en soi, un nouveau paramètre, on doit se demander quel impact ça va avoir sur les lignes de code déjà écrites, et comment les réécrire pour obtenir une compatibilité des conditions.

Il est évident qu'il ne va pas rajouter des lignes de code sur le même modèle ad eternam, parce que les nouvelles rendent caduques les anciennes, et qu'il faut que l'ensemble soit cohérent.

La pratique de la topologie des systèmes consiste à se poser les questions qui feront que le chemin emprunté par le curseur de la conscience de la logique sera le plus harmonieux, le plus bref et le plus judicieux possible.

Il est évident que si on connaissais dès le départ la quantité imprévisible de conditions et de paramètres, on commencerait par concevoir les mécaniques et les routines en raison de notre expérience, afin d'y appliquer les petits calculs qui sont susceptibles d'être demandés.

Mais on ne les connaît jamais, et tout l'enjeu de la construction d'un système, ce que la société humaine tente toujours de faire, consiste à rénover les mécanismes et les routines le plus rapidement possible dès l'instant où commencent à apparaître les contradictions insolubles liées à un système que son propre fonctionnement a inéluctablement rendu insuffisant.

On ne peut pas faire autrement que de placer un pas devant l'autre, et ainsi le monde avance.
On peut se figurer mentalement le jolie logarithme qui dessine de façon de plus en plus espacée les rénovations vitales qu'un système se doit d'accomplir s'il veut pouvoir gérer la quantité croissante de données qu'il donne envie de lui confier.

Dans l'introduction, il s'est agit de faire remarquer que les paliers qui servaient à l'âge pré-informatique à cerner les conditions légales civiles, pouvaient et devaient être remplacés par une jolie courbe bien linéaire et progressive, elle-même produite par les algorithmes, qui eux-même autorisent une bien plus grande complexité.

Puis on a vu comment émergeait de cette complexité des paliers ayant pour cause l'apparition de nouveaux champs de réponses possibles à la question qu'on pose à « l'ordinateur ».

On voit donc pourquoi « la loi » est limitée dans sa complexité, ce qui produit l'effet typiquement occidental d'être standardisée, la même pour tous, ce qui d'office la rend pas très juste.

Et on s'imagine très clairement et sans le moindre ombrage de doute que si la loi était le produit d'algorithme joliment écrit,
1- premièrement elle autoriserait une complexité sans limite
2- elle ne pourrait être exécutée qu'en étant compatible avec les autres lois
3- elle serait très facile à manier et à modifier

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Il reste maintenant à se demander pourquoi et comment ces paliers apparaissent, et peut-être, de quoi la précédente version du système était-elle la conséquence ?

Le principe de cristallisation est très important, il est parfaitement logarithmique, il ne semble rien se passer et soudain de nombreuses contradictions sont résolues en peu de temps ; au niveau minéral, le niveau énergétique le plus bas est « trouvé » et soudainement appliqué à tous les atomes de la pierre, qui se conforment immédiatement à la forme idéale, en choisissant leur partenaire électrique.

Quand la graine est mise en terre, il ne se passe rien, et soudain une tige verte rejoint la surface. Sa couleur la prédispose à aller chercher la lumière du soleil. Sa jeunesse l'autorise à vivre dans l'ombre des autres plantes. La graine disparaît, et l'ADN de la plante agit de toutes parts en tant que graine à part entière, générant autour d'elle la forme idéale contenue dans le code de vie spécifique à cette plante.

Les parties basses génèrent ce qui génère des racines, et la partie haute prend les virages homéostasiques qui lui permettent de monter le plus verticalement possible.
Au début comme la plante est légère elle pousse bien droite, puis elle cherche un centre géométrique autour d'elle, sans doute dans l'optique de ce qu'elle est promise à grandir, et s'incline vers le milieu le plus vaste.

L'arbre conservera toute sa vie l'instruction selon laquelle la partie basse est droite, et la partie au-dessus du milieu inclinée deux fois pour rejoindre un milieu. De leur côté les racines vont chercher à faire contrepoids dans le sens opposé, toujours en respect de la loi d'homéostasie, qui n'est que chimique à la base, et qui ne laisse pas forcément prédire que son but est de faire s'appliquer ce concept à un autre champ, celui de la physique.

Dans le cas la cristallisation se fait selon une forme dont seules les grandes lignes sont déterminées, laissant une grande liberté de développement à l'organisme pour chercher par lui-même comment répondre le mieux possible aux lois qui sont les siennes.

Eh bien toute cette aventure de la plante qui pousse ne peut pas ne rien à voir avec la topologie des systèmes.

La construction d'un organisme logique fait apparaître les mêmes mésaventures, les mêmes choix et les mêmes réponses à apporter obligatoirement aux effets néfastes des choix qui sont faits.

La cristallisation, dans un organisme plus complexe que le minéral, est une super-crisallisation composée d'autre sub-cristallisations. Toute sa vie organique consiste à se frayer un chemin vers la réponse la plus plausible aux lois qui sont les siennes, et quand il meure, il se rend compte au moment de cette dernière cristallisation que toutes les lois ont été accomplies, « en dépit » de tous ses efforts !

La question est de se demander comment on obtient un schéma en escaliers à partir d'une donnée linéaire ? Qu'est-ce qui fait les strates, pourquoi il y a des cristallisations consécutives au lieu d'un développement progressif et linéaire ? Quel algorithme fait le chemin inverse de celui qui consiste à passer d'un système de conditions toutes posées sur un même niveau à un système algorithmique faisant seulement référence à ce premier niveau de la programmation ?

Car il est certain que le premier niveau, vivement critiqué pour être insuffisant, n'a pas pour autant à être éradiqué (sans quoi il faudrait refaire tout le travail qui l'a fait naître, ne serait-ce que pour savoir quoi améliorer). Il est seulement placé au second plan, et au centre on place des routines qui iront faire appel seulement aux conditions utiles pendant un calcul.

Donc l'image de la construction d'un système est comme la fabrication de l'écorce de l'arbre, vue sur un plan transversal en 2D. L'écorce fraîchement formée pousse l'ancienne (donc il y en a une de moins) tout en étant poussé par la toute nouvelle écorce interne qui est en train de se former (une troisième écorce), ce qui fait que, finalement quand on y regarde, la nouvelle écorce prend la place, non de l'ancienne, mais de l'ancienne si elle restait sur l'arbre. (+2 strates). L'arbre grossi tout en perdant des couches, c'est quand même pas mal comme prouesse de la nature.
Et d'ailleurs les strates de l'arbre sont visibles parce qu'on les compte par deux, parce que 2 c'est 1 dans le monde des systèmes, mais bon on y reviendra peut-être. Déjà que ceci n'est qu'une parenthèse !

Cette mécanique d'une absolue beauté n'est rien d'autre que le fruit de la logique, c'est le chemin évolutif le plus commode qui a été trouvé pour finalement fabriquer de l'oxygène, dont pourtant aucune plante n'a besoin. Cette fabrication d'oxygène est une prémonition contenue via la logique de façon sous-jacente à la constitution d'un organisme. Si il a organisme, il y a code, et si il y a code, il y a raison.

La prémonition est celle qui consiste à dire qu'une forme plus évoluée de ce système existant va requérir, dans l'avenir, de l'oxygène pour fonctionner.

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Voilà nous avons vu les limites du système dans la réalité.
Le système (la nature), à l'endroit de ses limites, prépare sa future évolution.
Ceci s'oppose beaucoup au système économique, dont la tâche est de subvenir à son propre fonctionnement, sans qu'il n'y ait de raison à cela.

Il y a peut-être de nombreuses choses qui opèrent pour retenir le plus longtemps possible l'éclosion d'une nouvelle strate de complexité dans la constitution d'un organisme, et ce serait la raison pour laquelle le système social humain s'entête autant à conserver des structures aussi injustes et insuffisantes.

On comprend aisément que les limites de tout système sont l'intelligence qui veut bien être mise en oeuvre pour son bon fonctionnement.
Et on observe que quel que soit la qualité de son fonctionnement, il ne cesse jamais de prétendre à de nouveaux champs d'application.

Cette prétention est prémonitoire, elle sait que c'est l'ordre des choses, mais sa limitation est un défi, il invoque l'innovation et pas n'importe quelle innovation, seulement celle qui permettra de faire mieux ce que l'ancien système fait déjà, tout en ayant l'optique de permettre de nouvelles choses.

Et donc,

quand on entend dire « le système a atteint ses limites » parce que la grogne gronde et que les injustices apparaissent en plus grand nombre qu'il n'est possible de les réparer, c'est en terme topologique qu'il faut penser, de façon à déduire sur le plan pratique ce qu'il faut faire, de façon urgente.

Quand on arrive dans une mécanique qu'on n'a pas construite, la façon de prendre ses marques consiste en premier à appliquer les règles de fonctionnement que notre expérience impose à ce qui nous saute le plus cruellement aux yeux, avant même d'avoir à aller s'interroger sur le fonctionnement d'ensemble.

Quand on voit que la façon d'écrire le code pénal civil consiste à mettre sur un même plan des millions de conditions et de paramètres, avec à peine quelques bribes de structure globale nommés « les droits de l'homme », qui servent à guider ces flots de lois pour éviter qu'elles n'entre trop en contradiction les unes avec les autres, on peut dire que ça fait peur, et on sait tout de suite d'où vient le problème qui saute le plus aux yeux, qui fait dire de façon novice « le système a atteint ses limites »... sans qu'il ne se trompe alors qu'il est novice.

La société actuelle est une constellation de protéines totipotentes qui vont devoir, lors de la cristallisation, aller se conformer selon des schémas rigoureux, de façon à ce que, au moins, le concept de société humaine puisse reposer sur des bases logiques, et donc mécaniques, très clairement et calmement descriptibles et articulables.

Cela délivrera de nouveaux espaces dans lesquels le développement pourra aller se faire, telles que la distinction entre ce qu'on nomme des « lois » et les nombreux phénomènes qui sont tout autant des lois, telles que « les lois logiques », les lois qui font la légalité des processus au sein des lois logiques, et les normes et les conventions qui améliorent et facilitent l'écriture de ce qui est légal.

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