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Au seuil de deux portes

Sur les dix milliards de planètes habitées par des humains organisés autour d'un système social au sein de notre petite mais charmante galaxie, et à part les civilisations qui se sont autodétruites pour diverses raisons, je crois que rares sont les cas où une planète où tout allait très bien ait pu dégénérer aussi vite.

Depuis que les gouvernements ont eu connaissance certaines de ces exocivilisations, ils n'ont eu pour principal soucis que de se demander comment récupérer à leur avantage, tant la dissimulation que la révélation au public de leur existence.

La question qui se pose est de savoir, quand dans une école un élève n'arrive pas à résoudre un problème, s'il peut trouver de l'aide ou de l'inspiration en regardant ce que font les autres.

L'idée que la dissimulation de cette existence suppose, est celle qui consiste à s'épargner la douleur de penser à un monde exempt d'injustice et de criminels, où les gars ont même le loisir d'aller visiter d'autres planètes dans le but sacré d'augmenter leur capacité à s'émouvoir.

Je me dis que même en l'absence de la moindre preuve, tout politicien digne de ce nom se devrait d'en suggérer l'idée afin que le rêve et l'espoir guide l'humanité vers des horizons plus pacifiques. Eh bin non, c'est exactement le contraire qui se passe.

Je sais qu'il existe encore des gens qui ne croient pas qu'il y ait d'autres civilisations dans cette galaxie, ou dans les autres, et qui rejettent toute réflexion à ce sujet étant sûrs et ayant peur de dire des bêtises qui pourraient ensuite être fatalement retenues contre eux. Ils refusent de croire pour se protéger et pour ne pas avoir à mentir.

En effet, quelle drôle de sensation que de se promener parmi les gens tout en ayant une idée bien plus nette et instruite de ce qui se passe autour et de ce qui régie leur vie. C'est un coup à se désocialiser illico.

Mais depuis le jour où j'ai vu ça, les mentalités ont évoluées suffisamment au moins pour qu'une partie suffisante des gens soient capables de rivaliser avec n'importe quel politicien, ou de proposer des idées qui seraient plus utiles.

Dès lors on s'interroge sur l'utilité de l'activité des politiciens, qui semblent tourner en rond autour de concepts dépassés, et simulent avoir l'air embêtés de ne savoir pas quoi faire, tout en décorant cela d'une sorte de condescendance de celui qui a pourtant tout essayé.

Et donc le monde s'effondre.

Le monde ancien s'effondre.
Le monde qui s'effondre est celui des règles d'un système pensée mis en oeuvre par les forces de l'égoïsme inconséquent.

- Dès lors on regarde le ciel et on se demande quelle est la meilleure solution pour être heureux, si ce n'est de permettre au plus grand nombre de l'être ?

Au fur et à mesure, avec une douceur et une précaution dictés par une constante prise de pouls psychosociale, ils s'acheminent vers le point de rendez-vous avec la civilisation de la planète Terre, en souhaitant qu'elle ne se saura pas autodétruite avant.

Les conditions qui permettront à ce rendez-vous d'avoir lieu, puis à des voyages, puis à une plus grande avancée technique et psychologique, peuvent être décrites comme minimales, c'est à dire qu'en leur absence il serait cruel et néfaste que ce rendez-vous ait lieu.

Oui c'est vrai c'est dommage parce que c'est bien maintenant qu'on aurait besoin d'un petit coup de pouce, au moins pour consolider ceux qui se battent pour la justice ; au lieu qu'ils ne se fassent systématiquement mettre à l'écart.
De toutes façon toute la population est mise à l'écart des décisions des politiciens, que ceux-ci soient conscients ou non de ce à quoi ils participent, à savoir la pérennisation d'un monde et d'une vision du monde qui sont obsolètes et nuisibles.

- Quand on dit qu'un autre monde est possible, en fait 10 milliards de milliards (multiplié par le nombre de galaxies) de monde sont possibles. Multiplié par les époques et des diverses tentatives, et par les cultures, ça fait encore plus. Même chaque humain possède en lui un monde qui lui est propre, dans lequel il se sentirait parfaitement à l'aise.

C'est ce monde-là que les gens du pouvoir veulent, non pas construire mais pérenniser, un monde dans lequel ils sont parfaitement à leur aise, où tout va bien, où ils sont riches et célébrés, où les critiques ne les touchent même pas, et où leur avenir consiste à figurer dans les livres d'histoire rédigés par TF1, qui paiera des stagiaires pour aller fleurir leurs tombes.

Évidemment ! Ils n'ont aucune raison de vouloir que quoi que ce soit ne change !
C'est logique qu'un président stupide ne va pas imposer qu'on fasse faire des tests de QI aux prochains présidents !
C'est parfaitement normal que les multinationales polluent, contaminent, exterminent tout ce qui leur permet de glaner un ou deux dollars par ici ou par là.
C'est parfaitement conventionnel que les principaux business dans le monde soient le pétrole, la drogue et la marchandisation des corps humains dont l'esprit aura été méticuleusement massacré dès le départ.

Et évidemment, c'est absolument stupide de vouloir défendre l'ancien monde en lui demandant de bien se comporter et de ne pas enfreindre les lois qu'il promulgue pour les citoyens, ne pas tuer, ne pas nuire, ne pas voler...
Quelle idiotie de réclamer qu'on fasse cesser la pollution, le marché de la drogue et du sexe, les guerres à but lucratif ou pour le simple amusement (on ne connaît pas trop les raisons en fait).
Qu'est-ce qui peut se passer, que les criminels et les mafieux à la tête de ce monde ne prennent plus de précautions pour ne pas se faire prendre ? (malgré leur envie de frimer) Qu'ils lavent le cerveau des gens pour qu'ils aient l'impression que tout va bien ? Ou pire, qu'il fassent du chantage pour extorquer des fonds en échange de la promesse de résoudre les problèmes qu'ils ont engendrés ?

Vouloir éliminer toutes les tares de ce monde équivaut exactement à exempter les criminels de sorte qu'ils n'aient plus rien à se reprocher.

- Il y a une planète où on fait très attention à ce que les criminels, désignés en fonction des dommages dont ils sont à l'origine ou auxquels ils ont participé, soient intimement touchés par la peine qui se doit de leur incomber. Il n'y a pas de prison car les criminels n'ont vraiment aucune raison d'exister, au sein d'un système social suffisamment bien pensé, mais il y en a toujours un peu. Alors on leur affecte un travail obligatoire, qui est précisément celui dont personne ne veut, ou celui qui est le plus dangereux. Au pire des cas on le condamne à errer nu jusqu'à la fin de sa vie.

Ce qui compte est que son esprit soit atteint pas la peine de ce qu'il a commis, c'est comme ça que chez eux ils obtiennent « réparation ». Le plus important est qu'il ressente la honte et la culpabilité, quel que soit le moyen d'y parvenir. L'effort consiste à percer une carapace d'assurance de soi et de sentiment de supériorité pour y envoyer l'instruction d'une bonne leçon d'humilité et de modestie.

Je me dis que pour le salut des âmes des dirigeants de ce monde, c'est le mieux qu'ils puissent espérer... voire même c'est précisément cela que leur subconscient ne cesse jamais de réclamer.
Et ensuite on les mettra à la retraite dans un lieu à l'écart (une fois j'ai supposé qu'on leur mettra des casques 3D sur la tête jusqu'à la fin de leur vie, qui les immergera dans un monde virtuel brutal et injuste, le plus propre à ne pas trop les désorienter).

- Si on se demande comment les gens vivent sur les autres planètes, une chose est sûre, ils ne vivent pas aussi malheureux que sur Terre ! Et la raison pour laquelle cela est vrai est que nécessairement les gens obtiennent les moyens de s'organiser, et que nécessairement les lois les plus utiles sont celles qui permettent le bonheur de tous.

Si, au sein d'un système, on s'attache à y résoudre ses imperfection, à l'améliorer en permanence, à en prendre soin, à huiler ses rouages, à faire que ce soit une belle mécanique et à l'aimer, cela ne peut vouloir dire qu'une chose, c'est que ce système mérite l'amour qu'on lui porte.

Aujourd'hui sur cette pauvre et riche Terre, il n'est plus utile de vouloir améliorer, réparer, remettre sur pied un système social qui n'a jamais été pensé par aucun laboratoire, jamais été mesuré, ni jamais été conçu pour ne serait-ce que permettre aux gens de vivre.

La charge de travail pour obtenir ce résultat fictif qui consisterait à remettre sur pied le seul système social humain connu sur le bon chemin d'un avenir radieux, ne cesse de s'alourdir à chaque seconde, qu'on soit inactif ou qu'on essaie quoi que ce soit, dans quelque sens que ce soit.

Car en vérité, quoi que fasse l'humain, il est certain qu'il va provoquer des dégâts plus vastes que ceux qu'il voulait résoudre.
On voit l'incompétence des dirigeants de ce monde rien qu'en observant la plus minime des causes du mal qu'ils provoquent, qui est leur comportement hautain, leur assurance, et leur arrogance qui transpire à chacun de leurs mots.

Alors que la sagesse indique pourtant, surtout en ce qui concerne les lois, que rien ne doit jamais être décidé autrement que dans la crainte de commettre une erreur, autrement qu'avec une minutie, un soucis du détail, et une maîtrise hors norme et reconnue comme telle.
Y compris pour les petites décisions, y compris pour n'importe quel choix, objet du libre-arbitre.

La liberté est si précieuse qu'elle ne saurait jamais donner lieu à ce qu'un choix soit fait autrement que dans la crainte de commettre une erreur.

Mais eux nan, eux il agissent à coups de canons. Rien à foutre.

Y compris la psychologie sociale collective commence à s'adapter à des règles injustes et à admettre comme vérité universelle des adages de sauvagerie qui ont été mis dans la tête des gens au départ pour justifier des activités mercenaires.

C'est à dire que sans un mouvement rapide et une prise de conscience immédiate, l'humanité de la terre va entrer dans une phase incontrôlable de ce qui est connu sous le terme de « cercle vicieux ».
A partir de là, toute action n'aura pour seule conséquence que d'aggraver la situation globale ; ce dont nous somme au seuil.

La situation deviendra « impossible » au moment où le temps nécessaire pour agir avec sagesse manquera, il où il faudra agir avec le même grossièreté que les décisions qui ont été prises antérieurement.

- Savoir que de beaux animaux existent sur Terre est plaisant et participe à ce qui fait qu'on peut être heureux. Savoir qu'ils n'existent plus, que les paysages ont été saccagés, ne permet plus aucune issue de secours en cas de dépression. Si il n'y a plus rien de beau dans le monde, aucune affiche de pinup ou publicité pour un McDonald ne pourra remonter le moral des gens. Et alors... Bien c'est là qu'on comprend mieux comment certaines civilisations se sont auto-exterminées, puisque nous suivons exactement ce même chemin.

Mais heureusement (ceci est sensé faire contrepoids à tout cela) l'humain a potentiellement de la ressource.
Comme je l'ai lu récemment, une petite révolution de temps en temps ça ne fait pas de mal.
Si au lieu de se rassembler pour des rituels sportifs, la même masse de gens prenait de force les pavillons des gouvernements, en deux secondes ce serait réglé.
Une fois ceci fait la première chose faite serait de demander à ceux qui ont des idées de venir les proposer.

Cela arrivera, mais avant cela, il est question de fournir à ces citoyens les armes qui leur permettront d'arriver à cette fin glorieuse.

Ces armes ne sont pas que des arguments, qui sont certes taillés dans la roche et inébranlables, même contre les discours sophistes des politiciens qui ont réponse à tout, même malgré la cécité mentale dont ils font preuve, ces armes sont l'état d'esprit qui permet d'innover des arguments-massue dans l'instant. Cette arme peut être mue par la colère, ça c'est le cas où on attend l'extrême limite avant d'agir, ayant laissé toutes leurs chances aux dirigeants de ce monde de se racheter. Une fois ces chances épuisées, le sursaut sera automatique, comme un réflexe nerveux.

Mais le sursaut peut être préemptif, puisqu'il aiment ce terme, et d'ailleurs ce n'est que cela qu'il doit être. On sait d'avance qu'ils vont faire des conneries, on sait d'avance qu'ils vont faire des guerres, polluer, contaminer, empoisonner, mentir, on peut déjà les accuser des crimes qu'ils vont forcément commettre, en plus de ceux qui ont déjà été commis, et on sait d'avance que cela n'aura pour finalité que de faire advenir une destruction globale. Et c'est parfaitement normal qu'il en soit ainsi puisque c'est le sort de tous les systèmes injustes.

Le préemptif de l'action révolutionnaire se situe dans ce que les générations futures peuvent encore être préservées d'une mentalité criminelle et d'un monde halluciné par l'injustice.

- Pourquoi parlé-je d'humains venus d'autres civilisations, où ils auraient appris la discipline, la science, la raison, et l'intelligence, qui viendraient assouvir leur curiosité naturelle en prenant contact avec les terriens ?

Parce que cela constitue l'autre seuil devant lequel la civilisation terrienne se situe. C'est comme s'il y avait deux portes, l'enfer et le paradis, l'enfer vous promet que tout restera comme c'est déjà maintenant, ou au moins en partie, ou au moins que vous aurez le temps de vous habituer aux changements, et le paradis ne promet rien du tout, ce qui laisse entendre qu'il faut être prêts à tout, vif d'esprit, capable d'improviser des solutions intelligentes, faire preuve de sagesse et de générosité, et surtout le plus difficile et ce qui fait le plus peur : réfléchir, repenser, réévaluer.

En fait c'est pour s'épargner la douleur en laquelle consiste le fait de réfléchir et d'avoir des nouvelles idées que l'humanité préfère plonger vers la destruction. Mais à un moment les gars il faut se réveiller !! (je sais, je n'aime pas cette phrase)

Il n'est pas possible de laisser un criminel en liberté muni d'une arme se promener où il veut, et encore moins possible de lui donner tout ce dont il a besoin pour commettre ses forfaits. Alors comment peut-il être possible de laisser les activités marchandes diriger le monde en fonction des bénéfices qu'ils peuvent extraire ?

Quand on pense à des enfants qui jouent dans l'herbe d'une autre planète et à des riverains qui s'y déplacent à bord de véhicules silencieux antigravitationnels, menant à bien leur tâche quotidienne et passant du bon temps avec leurs amis, il n'y a pas grand chose à découvrir que nous ne connaissions pas déjà. En fait, si au lieu d'extra-terrestre on se figure, et c'est sûr que le subconscient le fait, que cet « autre monde » est en fait celui dans lequel la Terre sera entrée après avoir résolu les conflits qui la ronge, peut-être alors apparaîtra à votre conscience à quel point cela n'a rien d'impossible.

C'est même une obligation légale du cosmos.

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