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façons de dire les choses

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Ecoutant d'une oreille distraite, le thème de l'identité nationale qui a servi de tremplin à l'instauration de lois qui rendent illégales des coutumes vestimentaires, je pense à l'identité humaine.

Il faut bien comprendre, il y a une hiérarchie des causes de toutes choses, et quand on accède à un de ces paliers, qui se reflète par inversion comme dans un miroir dans ce qui est sous-jacent aux propos tenus, on comprend les choses différemment.

Et à chaque fois qu'on fait ce chemin on peut en extraire une troisième voie, perpendiculaire à la première, par laquelle on peut contempler l'optique qui nous fait avancer.

- Dans tout dialogue, la télépathie est une composante si présente que le discours pourrait très bien se contenter du son et de la tonalité du discours, sans même avoir à prononcer les mots.

C'est le langage lui-même qui est comme cela, l'erreur étant de l'oublier trop souvent, on s'accroche bêtement au sens des mots, alors que c'est par la télépathie qu'il faut opérer, ou au moins par déduction.

Le langage consiste à nommer une chose qu'on voit en fonction de la description qui permettrait de le reconnaître même sans l'avoir vu.

C'est mission impossible en fait mais ce rêve est poursuivi par l'évolution.
L'attroupement d'hommes préhistoriques qui se sont trouvés témoins d'un phénomène naturel, retourne dans son village avec la mission de retransmettre le plus fidèlement possible ce qu'il vient de voir (mettons un geyser).
Eh bien non il ne va pas dire « suite à divers mouvements tectoniques a produit une expulsion spectaculaire colonne d'eau chaude d'environ 20 mètres de haut ». ça c'est la télé, ils peuvent se le permettre, puisqu'ils montrent les images.
Notre homme préhistorique lui, va devoir transmettre son émotion. Il ne s'agit pas seulement d'être agité et excité pour susciter la curiosité, il faut choquer les esprits ! « L'esprit de la Terre s'est manifesté ».

Car la description technique a moins de sens que le sentiment d'exaltation sympathique mêlée à un peu de terreur facilement maîtrisée est l'occasion d'un spectacle qu'on aime toujours partager.

Au moins cela inclut dans sa définition la dimension cosmique de toute chose, « L'esprit de la Terre s'est manifesté » décrit un événement déjà connu et ainsi nommé, et qui soit le moins illogique possible avec le reste du langage.

Même quand on remonte à des millénaires d'évolution le langage a toujours forcément été une production autonome (il se produit lui-même) en utilisant ce qui est déjà présent en mémoire.

Autre exemple que j'aime bien, quand on dit « je veux de l'argent » (sachant déjà que vouloir c'est se promettre à ne pas avoir), du moins ils le disent par les actes pas par les mots, même là ils s'expriment mal, ils ne savent pas eux-même ce qu'ils veulent.

Il faut comprendre « je veux vivre en paix ».
Mais même eux ne savent pas qu'ils veulent au fond. Le mot « argent » veut dire « moyen d'accéder à ce bonheur indescriptible ».

Les gens qui se perdent en route à force de comprendre comme des raisons ce qui ne sont que des éléments de langage, tiennent aussi peu leur parole qu'ils ne se tiennent leur parole à eux-mêmes.

alors que tout le but du langage est qu'il permette de tenir parole.
C'est pour ne pas le faire qu'ils aiment déformer le langage et lui faire perdre de sa substance. Eux, on les reconnait facilement dans un village, c'est le camp des pas contents. Quoi qu'ils disent ils ne sont jamais contents.

Ce bonheur indescriptible, comme il faut bien le décrire les gens emploient le mot le plus proche, et bêtement, oublient pourquoi ils se sont mis en mouvement au début, et continuent d'agir tels des robots mécaniques de façon à produire une richesse qui, vous vous demandez pourquoi, ne leur apportera jamais en lui-même le bonheur dont il n'était au départ qu'un élément de langage servant à le décrire.

(celle-là vous la gardez de côté, ça pourrait faire partie des citations que je veux entendre à mon enterrement !)

- A travers ce qu'ils disent les gens disent autre chose.
Les amis et les proches qui ont vu le geyser savent de quoi il parle, alors que les autres n'arrivent pas à être émerveillé quand il décrit le mouvement de ses mains.

Cette question d'identité nationale trace donc un chemin vers la question de ce qui fait l'identité humaine, sachant que si on trouve celui-là, les découvertes sur la précédente question paraîtront bien fades.

Et perpendiculairement à ce chemin on peut faire une halte pour contempler l'insuffisance et le but du langage.

En réalité on va s'intéresser à sa fonction, ce dont il n'est qu'un élément de description d'une réalité trop mal comprise.

Par exemple on peut dire que les humains forment un groupe social, que donc les gens sont reliés par des cosmogonies, qui sont toutes superposées les unes aux autres de façon à ce qu'il soit possible de parcourir toute la surface du genre humain, en passant d'une cosmogonie à une autre, soit par des voies historiques, soit par des voies idéologiques.

On remarquera la terrible percée de la cosmogonie qui rend possible l'idéologie qui se cache derrière ce qui veut être dit à travers le thème de l'identité nationale.

Ils sont très loin d'aller dans le sens qui mène à la question sur l'identité humaine, ils sont en train de penser en terme de frontière, de budget, et non contents de ça, ils pensent en terme d'instaurer un type de société qui provoque le moins de contraste avec leur état d'esprit, qui est fortement maladif.

Or d'après le plan que j'ai décrit il n'est pas logique qu'une cosmogonie se substitue à d'autres avec lesquelles elles n'ont aucune partie commune, puisque si aucun élément de langage ne permet le contrôle de l'esprit de l'autre, afin de lui faire voir ce qui veut être dit, on les considère sur un même plan telles des flaques de microbes vues au microscope.

- L'humanité est un caractère dont on peut admettre qu'il est plus ou moins bien prononcé selon les individus.

Le langage est toujours unique et lié à une circonstance expliquée au sein d'une cosmogonie, et souffre d'être réutilisé à mauvais escient, ce qui arrive à chaque fois qu'un élément de langage devient une dénomination à part entière.

Mais le sentiment d'humanité ne se réfère à aucun langage, sauf peut-être corporel (on se dit que l'humain idéal est beau quand même).

De la même manière que le langage est adaptatif, dans la dimension technique (de la société décrite comme un réseau) on considère que les méthodes ont elles aussi ce caractère.

La méthode qui consiste à discriminer des gens, est inappropriée si elle s'appuie sur des éléments de langage devenus des dénominations à part entière.
(c'est quand même la définition la plus limpide qu'on ait du racisme isn't it ?)

Par contre dans la société il s'opère une forme naturelle de dénigrement qui affère le plus naturellement possible à ceux à qui ont veut dire qu'ils ont encore du chemin pour devenir des Humains.

C'est uniquement quand on se place sur ce plan que la méthode de la discrimination s'aligne le mieux avec le but recherché par tous.

Mais comme on est un peu limités en énergie, à chaque fois que le racisme essaie une invasion guerrière des esprits afin de parfaire son confort, ça gaspille des billes dans une forme de discrimination inadéquate à la vue de l'intérêt général, et après, qu'on ait succombé à la haine ou qu'on ait dû rivaliser avec elle et savoir comment la rendre caduque, on est un peu fatigués pour aller discriminer les gens en fonction de leur honnêteté.

- En fait tout n'est que dénomination, ce qu'on voit est fabriqué par le cerveau par reconstruction en se basant sur des données communes à tous, rien n'existe vraiment, par contre du coup ce qui existe vraiment ce sont les liens entre les choses, et les descriptions de ces chemins.

En fait le genre humain a une tendance naturelle à baser son activité principalement en tenant compte ce qu'il peut décrire par son langage.
Et ce qui fait le taux d'humanité d'une personne, est sa capacité à agir positivement au détriment de cette tendance naturelle.

Quelque chose que seuls les yeux peuvent voir...

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