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Remplacer l'argent par des bons d'achat

Tout système va en s'améliorant, que ce soient des systèmes criminels ou des systèmes néguentropiques.

Dans l'état actuel du système social mondial, les entreprises avides de profit préfèreraient n'avoir aucun autre salaire à payer que la labeur qui consiste à fouetter ses esclaves, si possible par des robots économes en énergie.

Ils ne se demandent même pas si les gens en auront les moyens d'acheter leurs produits, contrairement à l'adage de la logique du capitalisme selon lequel, en toute logique, s'ils agissaient ainsi ils feraient faillite, les gens ne pouvant plus acheter leurs produits. Tu parles ! Le seul but est de placer cet argent en bourse afin de le faire fructifier, sans se demander comment ni pourquoi.

En tous cas à un moment à défaut de pouvoir payer leurs employés ils vont avoir l'idée de les rémunérer en bons d'achat.
Ainsi la caissière d'un supermarché aura droit à un bon d'achat représentant 25% de son salaire, suite à quoi elle sera forcée de s'alimenter dans la supérette dans laquelle elle travaille.

Suivons un peu cette voie.

Ce faisant, l'entreprise vend pour 250 euros par mois de nourriture qui ne lui coûte que 100 euros. Elle en économise ainsi 150. C'est à dire qu'elle transforme son bénéfice en économie, ce qui tend vers le principe du but non lucratif.

Lassés de toujours manger pareil la caissière peut demander à ce que les bons d'achat soient valables dans d'autres magasins, comme c'est le cas pour les fédérations qui offrent des « ticket restaurant ». Normalement ces « tickets » sont en plus du salaire, mais ici ils en deviendraient la partie intégrante.

Alors les entreprises doivent s'accorder entre elles pour justifier ces transferts de marchandises.

Dès lors on s'approche de la préconisation la plus élémentaire du commerce selon laquelle les commerçants doivent préférer donner leurs marchandises en premier lieu aux gens qui ont une activité positive dans la société. Une entreprise pourra refuser de servir les bons d'achats dont l'activité ne lui semble pas conforme à l'éthique, comme par exemple les banques et les compagnies d'assurance, autant que les marchands d'armes.

Le bon d'achat permet de se défaire de la valeur de l'argent, si le pot de beurre coûte 1000 euros et que le bon d'achat donne droit à des aliments de base parmi lesquels des pots de beurre, le prix n'a plus vraiment d'importance.

En fait comment sont établis les salaires ? Ils doivent permettre, comme je dis souvent, à la vie d'avoir lieu. Si on énumère ce qui permet à la vie d'avoir lieu, que sont les biens et services de première nécessité, on admet que le salaire de base est ce qui permet l'accès à la première nécessité, et qu'un meilleur salaire permet d'accéder à des nécessités secondaires et ternaires, et ce, quelles que soient leurs « prix ».

Déjà on peut dire que le bon d'achat fait sauter la notion de valeur ainsi que la notion du but lucratif.

L'autre caractéristique du bon d'achat est qu'il est temporaire. Si le bon d'achat n'a pas eu besoin d'être entièrement utilisé pour la période pendant laquelle il est valable, alors le reste est perdu. On considérera que l'utilisateur n'a pas eu besoin d'utiliser entièrement son bon d'achat, ce qui représentera autant d'économie pour l'industrie.

En réalité ils peuvent émettre des bons d'achat d'un million d'euro par mois et par caissière, sachant qu'elle n'aura jamais besoin de tout cela !

Là, on s'approche du principe de société d'abondance, qui est une solution d'avenir pour l'humanité. Il est certain que c'est seulement dans une société d'abondance que les meilleurs progrès peuvent avoir lieu, et en même temps il est certain que cette abondance ne peut être que le produit d'un juste calcul.

Y compris les grands patrons payés à coup de fortunes consécutives, si ils l'étaient en bons d'achat, il est certain qu'il ne l'utiliseraient pas entièrement, ce qui représenterait une économie faramineuse pour l'ensemble du système, au lieu que ce pouvoir d'achat soit bloqué sur des comptes.

On pourrait dire par exemple que les totaux des bons d'achat non utilisés resteraient en mémoire afin de subvenir aux situations de pénurie. Dans ce cas, cela revient à dire qu'une banque centrale citoyenne gère les compte des gens, en leur donnant ce dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin, tout en permettant aux valeurs inusitées de circuler librement vers là où elles sont utiles.

Cet exercice montre la nécessité de convertir le « pouvoir d'achat » en « pouvoirs d'achats » au pluriel, qui soient ciblés. On sait que la caissière de notre exemple ne va pas dépenser 100% de son salaire dans la nourriture que vend son supermarché. On en est même certains. Pourtant le système de l'argent l'autorise, au nom de la liberté de faire n'importe quoi. Mais cette liberté-là est inutile.

Si on nomme précisément les besoins fondamentaux de chacun, et qu'on leur affecte une valeur (forcément arbitraire et temporaire, surtout que cette affectation se fait de tête) on peut déjà déterminer ce que les salaires doivent contenir comme « pouvoir d'achat », dont notamment l'habitation, l'alimentation, le transport, l'éducation la médecine et la culture (bref les BSDPM).

Si le salaire est constitué de 10 points d'habitation, 10 points d'alimentation, 2 de transport, etc... ce simple travail permettrait de réaliser une économie fulgurante à l'ensemble du système social.

Il en découlerait en toute logique, en raison des fédérations et des relations entre les industries, qu'il s'avérera bien plus économique de centraliser ces activités au sein d'une seule activité bancaire globale.

Ces points seraient immédiatement crédités sur les comptes des ayant-droits, sans que l'employé n'aie à sen occuper.

Ainsi munis de cette comptabilité, il serait possible d'estimer les coûts et les non-coûts, et de réaffecter ceux-ci dans les coûts non compensés, c'est à dire quand une industrie pourtant utile est en faillite, comme par exemple... eh ! Bien tous les biens et services qui ne sont pas compatibles avec le système capitaliste !

Dès lors ça obligera à pondérer les priorités vers lesquelles ces non-coûts devront être réaffectés.
Par exemple les employés seraient libres d'adhérer à l'une ou l'autre des fédérations qui s'occupe, comme une compagnie d'assurance, de réaffecter les sommes d'argent inutilisées là où on en a besoin, en fonction de leurs politiques respectives.

Cet exercice mental qui consiste à remplace l'argent par des bons d'achat est un exemple parmi de nombreux autres des solutions qui sont possibles pour sauver immédiatement de la mort les 1,2 milliards d'humains en situation de famine dans le monde.

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