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Le néoboycott

Suite à l'article « un boycott total contre une occupation totale » du 15/04/2010 je me souviens de l'article que j'ai écris le 30/07/2006 : « La réponse à une destruction massive devrait être un boycott massif ».

Je préfère souvent inventer mes propos plutôt que de puiser dans les courants qui transpercent la conscience collective. Une fois qu'ils sont lancés dans le bocal ils tourbillonnent, se font récupérer, ou surpassent tous les rêves les plus magiques en devenant bien réels, ce qui est très charmant à observer.

Maintenant que ce que la logique commandait est arrivé, voici ce que la logique continue de commander.
Le boycott, c'est bien, mais là il faudrait un autre mot, pour désigner la conscience de ce à quoi on donne vie.

Cette réflexion va se brancher sur l'arbre de la conception d'un nouveau système social conçu pour être fonctionnel et intelligent (donc rien à voir avec l'actuel).

Une des choses les plus profondes que cette étude à soulevée est l'idée que lorsqu'un marchand accepte de donner un de ses produits à quelqu'un, c'est principalement en supposant que cet argent provient de ce qui a été fait de bien et de positif dans la société. Tandis que si cet argent provient d'un banquier, d'un mafieux ou d'un faussaire, alors son acte de vendre reviendra de facto à approuver et récompenser les actes miséreux qui ont engendré cet argent.

Or, cela n'est point acceptable.

Déjà en premier lieu, quand on voit l'état passer des pubs à la télé pour faire la propagande de décisions qui sont prises sans autre consultation collective que celle des industriels, ou envoyer des petits jeunes en guerre contre les pays innocents pour faire plaisir à d'anciennes puissances coloniales en mal d'arguments pour leur arrogance, on est en droit de s'y opposer.
Et de faire que cette opposition ne soit pas que de l'ordre du simple outrage, mais aussi des actes.

Mais cela ne servira à rien si au même moment on ne donne pas naissance à ce néoboycott dont je parle ici.
Car il est clair que le moyen de pression le plus probant est celui qui consiste à ne pas donner de marchandises aux gens qui font des mauvaises choses.

Surtout que pendant ce temps-là nul ne peut rien donner à ceux qui en ont vraiment besoin, et qui n'ont jamais rien fait de mal dans leur vie.

Ainsi donc, le boycott mondial et unanime actuel (contre Israël, ou tout autre pays criminel) doit désormais prendre racine et engendrer une multitude florale de moyens mis à disposition afin de savoir vers qui il conviendra de rediriger l'énergie humaine, ayant pris forme d'argent liquide.

S'attaquer à un pays qui vend des produits volés ou extraits en terre extérieure à ses frontières, qui fait travailler les personnes qu'elle colonise, détruit la nature, contamine les sols et les eaux, détourne les fleuves, confisque et s'approprie les terres de ses voisins, en étant armés par les états-unis et protégés moralement par l'Europe, est une réaction logique.

Dès lors on annonce la liste des produits à ne plus acheter, et dont on se passerait encore plus aisément si on savait ce qu'il y avait dedans, comme Danone, Coca-Cola, etc etc...

Donc du coup ça devient injuste de ne boycotter que « Israël » alors que les autres qui les aident sont tout autant coupables, les soutiennent, ou qui possèdent des parts importantes dans leurs entreprises.

Déjà la première remarque c'est qu'il faut absolument créer une « App » pour téléphone portable qui puisse répondre aussitôt, à partir d'une photo du code barre ou d'une recherche rapide sur la marque, à la question de savoir si ce produit fait partie de la liste de ce qui n'est pas boycotté.

Normalement ce sont même les états qui devraient surtaxer ces produits mais bon, ils font ce qu'ils veulent, et nous les citoyens on fait ce qu'on veut de notre côté. (ce gag profondément philosophique !)

Dans une plus large mesure, puisqu'on est aidés par l'informatique libre qui rend illimité le nombre de données qui rentrent en compte dans le calcul de ce qu'il faut boycotter, il sera approprié de lister également les autres criotères qui permettront de donner une notation aux produits en général.

C'est à dire que la question ne devra plus être « boycotter ou ne pas boycotter » (notamment tout ce dont le code barre commence par 721) mais dans quelle mesure il est éthique de consommer tel ou tel produit.

Dans la charte de l'éthique des produits de consommation, le nombre de facteurs qui doivent entrer en compte est sans limite.

Dans une première approximation, on peut demander à ce que :

- Les produits fabriqués :

  • Sont réellement conçus pour être fiables ;
  • Ne font pas appel à des matériaux nobles (tels les bois nobles extraits de forêts naturelles*) ni à des matériaux mauvais pour la santé ;
  • * oui parce que depuis des millénaires les hommes n'ont jamais eu le temps de créer des forêts pour être cultivées
  • Ne cautionnent pas des activités criminelles telles que le colonialisme ou la propagande guerrière et politique;
  • Ne soient pas des armes ;
  • Ne contiennent pas d'OGM ;


- Les entreprises qui les fabriquent :

  • Ne font pas de lobyying pour empêcher l'apparition de produits concurrents (comme les constructeurs de voitures qui empêchent depuis 50 ans que ne se développent les solutions écologiques)
  • Assurent un respect physique et moral à ses employés ;
  • Ne redistribuent pas des salaires mirobolants à ses cadres et à ses investisseurs ;
  • Reversent une partie de leurs bénéfices à des causes nobles


Tout cela doit pouvoir s'évaluer sous forme d'une notation sur 10, de sorte que la notation la plus basse joue pour un facteur Xmax et la note la plus haute d'un coefficient Xmin : je m'explique.

Si il y a 5 facteurs pris en compte, la note la plus basse compte 5 fois, et la plus haute compte 1 fois.
De cette manière, un vendeur d'armes qui répond positivement au critère de « fiabilité » ne se retrouver pas avec une note de 5/10 !

Cet algorithme aura ensuite tout le loisir d'être développé par différents instituts, qui chacun seront en concurrent pour obtenir la meilleure réputation de d'honnêteté.

L'utilisateur final, verra au moment de son achat, sur son appareil mobile, ou après-coup sur un serveur en ligne, la notation des produits qu'il aura choisi en se fiant bêtement au packaging !

C'est à dire que nous entrons dans un monde où le packaging et la publicité vont perdre leur hégémonie au profit de facteurs bien plus fonctionnels et utiles pour le devenir de notre espèce en devenir.

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