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Le système (qui est) économique

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En expliquant en long en large et en travers ce qu'est un vrai « système » normal, j'espérais mettre en relief l'inanité de l'arrangement, l'agencement et l'organisation déplorable de l'énergie humaine, au sein d'une mécanique érigée sur le sacro-saint « échange équivalent », lui-même perverti jusqu'à ne plus pouvoir ressembler à lui-même, alors pourtant que ce principe n'a même pas à être prioritaire, et surtout qu'il doit être mieux compris.

Reprenons dans l'ordre : au départ, l'échange équivalent a pour prétention de faire que les échanges soient équitables, ce que j'appelle « produire de la justice » ;
Ensuite ce principe est érigé en dogme fondamental et indépassable, de sorte qu'aucune autre considération ne puisse rivaliser avec lui ;
En passant, on note que l'équivalence des échanges doit tenir compte de beaucoup plus de propriétés que celles, élaborées mentalement par estimation grossière, nommée « les prix » ;
Et enfin, ce principe est bafoué le plus hypocritement du monde (de sorte qu'on a même inventé le « commerce équitable » pour se refaire une santé morale, nonobstant le fait que ce soit la même personne qui fasse les prix et vende les objets).

Il y a des gars qui s'apitoient à étudier comment se forment les prix, au lieu de se demander comment devraient se former les prix ; ce qui est nettement plus simple, et plus utile.

L'étude du chaos mondial actuel est une entreprise qui prendra des centaines d'années et qui ne pourra porter ses fruits qu'en se plaçant au pays du recul salvateur, protégé par une justice prouvée méthodiquement.
Ces fruits seront surtout d'ordre philosophiques, histoire de comprendre ce qui gît sous la raison.

Donc, après avoir élucidé qu'un système est un moteur qui s'auto-engendre avec succès au moyen de buts changeants qui concernent des dimensions multiples, il s'agit aussi de clarifier le terme de ce qui est économique, impératif inhérent à tout système, de sorte que « système économique » ne soit qu'un pléonasme.

Un système a pour but de superviser, globaliser, fédérer, agencer, organiser, dans le but de produire un meilleur rendement qu'en l'absence de système.

Ce qui n'a rien à voir avec la volonté de produire du rendement afin de justifier un système défectueux depuis ses fondements.

- L'idée est tellement simple que je suis sûr que personne n'y a encore pensé, mais bon ça doit être dans le vent cosmique, ça va venir !

L'ensemble des prix de toutes choses (même si c'est étonnant de parler de « prix » mais là, j'admets devoir faire avec les outils existants et la culture ancrée) doit inclure l'ensemble des dépenses.

Mais il ne faut pas entendre cela de l'oreille d'un simple marchand de choses, il s'agit ici de parler d'un système global.

Il faut nettoyer tout le système qui consiste à payer des impôts, calculés plus ou moins finement en fonction des dépenses des états, qui sont sensés administrer ce qui appartient à la collectivité, et qui échappe de fait à la capacité d'administration d'une simple entreprise.

D'autant plus les entreprises, quand elles ne voient pas ce qu'il y a à gagner de façon tangible dans une dépense, elles ne le font pas ; elles ne dépensent qu'en terme d'investissement, et de rentabilité à court terme.

Le long terme lui, nécessite quelques avancées techniques.
Comment estimer ce que rapporte à la société le fait d'investir dans l'éducation ? Quand cette question sera résolue, et qu'on aura des valeurs, non en argent, mais en joie, en bonheur, en bien-être, et qu'on pourra comparer ces valeurs, alors soudain l'intérêt de l'investissement en argent apparaîtra.

L'état a pour responsabilité tout ce qui concerne le long terme.
Dans cette société effritée le seul long terme possible à atteindre du bout des doigts des politiciens est la survie immédiate de l'ensemble des entreprises, noyées par l'injustice du système qu'elles ont engendré avec tant de joie.

Le seul but pour les états est la survivance immédiate d'un système qui tend à réduire chaque jour la portée de « long terme » comme une peau de chagrin, de sorte que les considérations plus vastes passent à la trappe, ce qui est un piège grossier bien entendu, mais dans lequel les états sont poussés par les industries, qui « pèsent des milliards » (ou pesaient), et qui donc on l'air d'être plus importants à satisfaire que les citoyens, qui meurent de faim, eux aussi, par « milliards ».

Le but de la manoeuvre est de conforter un monde où le gars, qui travaille dans une multinationale en tant que maillon non vraiment conscient de tout ce qui se trame autour, va pouvoir acheter des produits de consommation, qu'ensuite il va jeter à la poubelle, poussé par une fausse pression sociale fomentée par les médias.

Et c'est là que commence le questionnement sur la proposition, dont je suis sûr que 95% des lecteurs ne la comprennent pas, qui consiste à, « tout simplement », « établir les prix en fonction des coûts ».

Moi ce que je veux en tant que créateur d'activité, qui potentiellement pourra entraîner avec elles des dizaines voire des centaines d'ingénieurs qui s'échineraient à rendre l'usage de l'informatique plus accessible au moyen d'objets, est :

- de n'avoir aucune comptabilité à faire
- de pouvoir embaucher autant de personnes qu'on en a besoin
- de disposer de locaux
- que les prix soient immédiatement établis de façon automatique
- que chacun des employés touchent un salaire en rapport avec ce qu'ils apportent au projet

Et qu'ensuite, bon là je fabrique de l'immatériel, mais si je fabrique du matériel, qu'ensuite le conditionnement, le retraitement, recyclage, et toutes les conséquences fortuites et inattendues soient couvertes par les prix.

La question de ce qui devrait faire les prix est là, ce sont les coûts, or les coûts, incluent les prix des autres choses. On est donc au coeur d'une machine dite itérative, ce qui fait que la construction des prix ne peut que provenir d'un algorithme récursif, qui fonctionne en temps-réel, en tenant compte de tout simultanément, ce qui n'est qu'une broutille pour les processeurs existants déjà..

Là vous commencez à entrevoir l'intérêt du logiciel que je veux fabriquer.

Ensuite, il faut savoir, quand on établit les prix, dans quelles proportions ces prix ont l'autorisation (le droit, la légalité) d'être des prix directs ou des prix indirects.

Ah, alors là voilà une nouvelle notion. Mais elle est impérative au sein d'un système de formation algorithmique des prix : puisque par nature on fait coïncider ensemble plusieurs système d'évaluation.

L'algorithme dit : « tel prix est la conséquence de tels coûts*, qui eux-mêmes incluent telles évaluations faites sur différents plans. »

*le coût n'est que le pluriel du prix

Par exemple, au mieux de sa forme, l'algorithme incorpore la coût de l'éducation et des découvertes scientifiques passées qui doivent être prises en compte dans la formation du prix d'une tomate.

Le gars qui produit des routes, qui sont des biens publics, ne les vend à personne. Pareil pour l'autre gars qui soigne les gens, et le gars qui se charge d'instruire les étudiants. Pourtant c'est sûr que ça a un coût. Dans ces cas particuliers le prix est indirect à 100%), c'est à dire que son coût est supporté par les prix de ce qui est inhérent à ces institutions.

Or ce qui est inhérent à l'éducation, la médecine, l'alimentation, l'habitation et la culture (que j'appelle les biens et services de première nécessité, qui justifient qu'on s'embête à créer tout un système), c'est à peu près tout dans le monde.

Ainsi ces coûts sont répartis dans à peu près tout, y compris le prix de la tomate, dont on sait informatiquement que 0,0000021% du prix est dédié à l'éducation.

- C'est exactement comme aujourd'hui mais c'est absolument différent.
Le système nouveau, qui a pour but de résoudre les problèmes actuels, a aussi comme prérogative initiale de faire que ce qui fonctionne aujourd'hui puisse fonctionner au moins aussi bien demain.

Car en effet voyez-vous, quand on pense, répète, s'exclame qu'il faut changer le système, c'est quand même à, mettons 55%, dans le but de reproduire tout ce qui marche déjà très bien aujourd'hui de façon parfaitement équivalente, au moins.
Ce qui constitue déjà une assez lourde tâche, rien que pour revenir à l'état actuel des choses.
Mais cela est une des prérogatives des lois des systèmes, ils évoluent forcément, et à chaque pallier évolutif, ils doivent au moins être capables de faire aussi bien qu'avant.
Parfois même on change un système juste par commodité sans qu'aucune différence ne soit constatable dans ce qu'il produit. (alors que dans le monde réel c'est le contraire, on refuse de changer un système qui ne tient plus que sur un tibia).

La seule crainte qu'on peut attendre d'un nouveau système, est que certaines choses qui marchent bien aujourd'hui ne soient plus permises demain, comme par exemple le fait d'accaparer des terres à des paysans qu'on aura préalablement ruinés, de raser des forêts dans le but de gagner trois ou quatre dollars, ou encore de devenir extrêmement riche en faisant travailler son argent à sa place tout en baignant dans la luxure et la paresse, ce qui par ailleurs est mauvais pour la santé.

Bon, revenons à nos affaires.

Je veux que, quand on vend des aliments, les prix incorporent toute la chaîne en amont, sans qu'aucun but lucratif n'ai eu à en être extrait, mais... (il y a un mais) que ça incorpore aussi tout le traitement des déchets qu'immanquablement, ça engendre.

Eh oui ! Pourquoi les entreprises gagnent-elles de l'argent en vendant des trucs, tandis que la collectivité doit se dépatouiller avec des déchets aussi nombreux polluants et inutiles que ces sociétés produisent ? Les emballages augmentent les ventes (+1 point) et polluent (-100 points) résultat : -99 points.

On voit bien qu'il doit forcément y avoir une jonction entre ces producteurs et les états, et souvent cette jonction se fait sous forme d'une quantité illégale de lois (illégale car il faut 220 vies pour les connaître toutes !).

Alors que si c'est le même gars, enfin le même algorithme, qui décide des prix en fonction des coûts, alors d'une seule traite on obtient les conséquences suivantes :

- plus personne n'a le moindre impôt à payer
- plus aucune loi n'est à créer ni aucune violation à constater (car en effet, par voie de conséquence purement économique, les producteurs deviennent responsables des coûts qu'ils engendrent, avec 99 points à économiser)
- la seule comptabilité à faire reste celle qui permet à la curiosité de savoir comment l'énergie - humaine est répartie
- plus besoin de banques
- plus besoin d'assurances
- plus besoin d'investisseurs
- donc plus besoin de bourse
- la disparité des prix dans le monde est résolue
- une quantité incroyable d'énergie humaine est ainsi économisée
- une seule monnaie mondiale suffit (puisque ce qui établi les prix est pareil pour tout le monde)

Pour ce faire, reste la question de comment on répartit la proportion de ce qui est direct et indirect dans le prix, c'est à dire dans quelle mesure le coût est supporté par « la collectivité ».

Il est certain que de nombreuses choses, du domaine de l'immatériel comme du domaine des biens et services de première nécessité, doivent avoir un prix direct de 0%, c'est à dire être pleinement gratuites pour tous.

Après tout, si tous ces gens travaillent, pensent, investissent leur vie et leur énergie dans des activités humaines, ils ont bien le droit de prendre le bus, d'habiller leurs enfants, et d'être certains que quand ils seront vieux ils seront prix en charge, avec la carte « retraité » qui augmente de façon substantielle la proportion de produits accessibles à un prix direct réduit !

C'est carrément la moindre des choses si on veut prétendre que toute cette énergie humaine dépensée dans l'histoire de l'humanité ait finalement servi à quelque chose.

Par exemple si une catastrophe naturelle intervient dans le monde, immédiatement des gens de tous les pays devraient accourir afin de sauver le plus de vies possibles, et de remettre en état ce qui a été détruit, sans délai, sans tergiversation, et sans limitation dans les moyens.

Pour ce faire, pas besoin d'investisseurs, de bourses ou de banques !!
Immédiatement, tous les moyens nécessaires seraient mis à disposition, sans aucune limitation, suite à quoi ces coûts, en raison de l'échange équivalent, seraient répercutés à hauteur de 0,0000021% sur le prix de l'ensemble des biens de consommation sur toute la terre.

Qu'est-ce que cela signifie au fond ?
Ça veut dire que, c'est un principe dont j'ai fait un adage, dans un système économique viable (ce qui fait la viabilité d'un système économique) d'abord on met les moyens à disposition, et ensuite seulement on fait la compta, et non l'inverse !

Pour l'exemple que j'ai pris avec ma petite structure qui crée des logiciels, il doit y avoir, en face des coûts, le contraire des coûts que sont l'utilité !

Cette utilité doit être mesurée, comme à chaque fois, sur une échelle de valeurs, et comme à chaque fois, au moyens de tenseurs de différentes natures conjugués entre eux, comme par exemple l'intérêt écologique, l'intérêt pour la science, la quantité d'utilisateurs et le temps que cela leur a permit de gagner, et pour les oeuvres culturelles, ce qu'on nomme le « coefficient affectif », par exemples.

Le rêve de l'humanité est d'explorer l'espace, explorer la conscience, progresser dans la science, s'incorporer dans des schémas plus vastes. Ces rêves que l'humanité poursuit ne sont pas inutiles, car demain ils peuvent très bien subitement revêtir une importance cruciale pour l'évolution de l'humanité.

Car les rêves du long terme autant que les urgences du court terme nous somment de nous atteler à la conception de mécanismes qui soient régis par l'intelligence, elle-même minutieusement mise en oeuvre par l'informatique.

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