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Tout Améliorer

tout améliorer
permettre de
être dans l'état d'esprit de
devoir

Tout Améliorer

La discipline s'acquière par la pratique régulière. Ce qu'on aime le plus est ce qu'on pratique le plus régulièrement.
D'instinct les enfants qui jouent le font par intervalles réguliers. On sait que la régularité de leurs emplois du temps est une composante importante de leur formation intellectuelle.

Même si on mésinterprète la nature et l'objectif de la discipline, par exemple en y injectant une notion militaire, de routine, d'acte de faire un effort sur soi, se mettre au garde à vous, arriver à l'heure, tout ça n'a rien à voir avec la discipline.
A la limite ce peut être désigné comme le premier pas vers l'initiation à l'idée de discipline.
Mais en vérité c'est très impoli de faire remarquer une absence de ponctualité, par exemple, à un humain déjà correctement formé, surtout s'il est déjà allé nettement plus loin que ces premiers stades de la discipline.

C'est dans la rythmique de la régularité que s'installe la liberté.
Par exemple initiatif, dans toutes les « séries », TV, en BD, il y a un moment où apparaît un épisode d'une très grande étrangeté par rapport aux autres.
Ça aussi ça peut mettre sur la voie.

La musique est rythmique. Mais elle n'est pas que le rythme. Mais le rythme est essentiel. Mieux il est respecté, plus la mélodie est rendue visible.

Comment apparaît l'étrangeté tangentielle et pourquoi ?
Si on pratique la méditation 30 minutes par jour, dès la première semaine on sent venir les effets. Chaque exercice semble pouvoir reprendre le fil d'un voyage là où il en était resté.

Quand on va se coucher, on a aussitôt une réminiscence du rêve de la nuit précédente.
C'est à dire qu'on reprend « le temps » là où on l'avait laissé.
Le temps appartient pleinement à l'activité, et uniquement à elle.
Consacrer régulièrement un moment à faire se dérouler un temps autre permet de lui donner vie progressivement, dans le sens où ce temps pourra devenir majeur.

Quand on cherche à faire changer le monde, qu'on désire un monde meilleur, on estime qu'on croit possible de rendre majeur un écoulement de temps lié à des activités qui ne sont que trop éparses et rares.

- L'activité principale pour un concepteur de systèmes consiste à toujours tout améliorer.
Chaque jour on est face à la mécanique, et surtout après que soient survenus de grands bonds qualitatifs on se trouve devant de grandes quantités de choses à améliorer.

L'esprit critique cherche toujours un nouveau biais pour s'auto-avouer les failles des fonctionnements.
C'est ce qu'on appelle les problèmes de sécurité mais quand on a vraiment affaire à eux on est tristes de ne pas pouvoir leur donner un nom plus romantique.
Ce sont en fait des problèmes d'universalité, de compatibilité, de potentiels.

Grâce à la pratique régulière on commence petit à petit à devenir capables de voir à travers les apparences et d'imaginer des potentialités qui n'étaient pas imaginables la précédente fois qu'on était passé devant.
Et pour cause, à chaque instant appartient son événement, et chaque événement requière toute notre énergie. Après, on est trop fatigués, et on a besoin d'aller dans d'autres temps à d'autres endroits, pas seulement pour se recharger en énergie créatrice, mais surtout, comme un sculpteur, pour prendre une autre perspective, voir qui d'autre a besoin des mêmes soins, et appréhender sa création dans son ensemble.

Chaque amélioration est réjouissante, car elle contient la promesse pour les autres temps d'un nouveau potentiel qui s'offre à eux.
Ainsi, si un charpentier dans sa menuiserie dans sa campagne perdue bat un nouveau record de finesse et d'efficacité, tout le cosmos s'émerveille de voir apparaître cette réalité qu'elle juge aussitôt potentiellement applicable à tous les temps existants.

Et en fait quand on passe sa vie à améliorer des comportements fonctionnels on ne peut que souffrir de ne pas pouvoir, tout aussi facilement, faire évoluer les comportements fonctionnels qui appartiennent à des temps plus vastes.

On est tristes de voir que la raison, la fonctionnalité, la logique, n'arrivent pas à convaincre les ignorants alors que les arguments sont suffisants, et qui refusent de croire que ces motifs permettent de déboucher sur un succès bien plus probable que toutes les méthodes possibles.

Mais les humains préfèrent encore tester d'abord toutes les méthodes qui ne marchent pas.

- Permettre de tout améliorer

Alors voilà maintenant que le système social mondial terrestre est en train de, au ralenti, s'affaisser sur le mur de l'impossible et de l'illogique, les premiers éclats surgissent et des gens aux yeux de fous tranchent dans le vif et osent de plus en plus facilement briser les rythmes qui appartiennent à des temps qui sont comptés.

C'est comme, pardonnez la comparaison, quand on improvise une musique et qu'on arrive à la fin d'un cycle répétitif, et que la rythmique impose de trouver un échappatoire qui soit élégant.

Des gens surgissent soudain, aussi inexpérimentés dans la science de la résolution des problèmes que n'importe qui d'autre, et avancent des « il faut » « il faut » sur un ton décidé et plein d'assurance.

Ah mais oui mais si la musique était écrite d'avance on n'aurait pas ce problème.
Ou en tous cas, si on avait eu la culture de la résolution des problèmes on aurait commencé par mettre en oeuvre les moyens qui permettent de tout améliorer.

Pendant ces moments d'égarements exceptionnels dus à la régularité d'une pratique, on se prend à exporter dans d'autres temps les usages et les méthodes qu'on a apprises dans le cocon de son petit temps à l'écart du monde. On s'aperçoit bien vite du champ immense d'amélioration qu'il est possible d'apporter, partout où on va.

Si on veut sauver les forêts qui sont agressées par des hommes irresponsables, comment est-il possible de ne pas commencer par le plus évident et le plus simple, à savoir noter l'âge des arbres ?
En procédant de la sorte, il devient possible de comptabiliser la quantité de bois dont la forêt a besoin de se débarrasser de toutes manières, et ainsi d'obtenir la valeur, en tonnes par an, de bois qu'il est légal d'extraire d'une forêt.

On donne ainsi à la légalité une notion protomathématique qui est indépassable quels que soient les arguments des uns et des autres.

Pourquoi on évalue pas les besoins vitaux pour chaque humains ? Si on le faisait, tout simplement et rien que ça, on obtiendrait immédiatement la valeur de la production minimale légale, et on s'apercevrait aussitôt que dans ce contexte il n'existe aucune raison pour que ces biens de première nécessité soient fabriqués avec un but lucratif, puisque le but de leur fabrication est déjà occupé par une notion plus importante, qui la légalité.

Tout est possible à résoudre et à améliorer, à condition d'attaquer le problème par les deux bouts simultanément, que sont le micro et le macroscopique.
C'est à dire qu'après avoir longtemps pratiqué avec succès le microscopique, tel de charpentier dans son monde isolé, on accède immédiatement après au niveau macroscopique, qui consiste à réappliquer ses enseignements de façon toute aussi créative et passionnée, prête à en découdre avec les frictions qui vont forcément apparaître, tout en gardant une vision analogique de la réalité du monde.

C'est à dire, en le pensant, en le vivant et en le ressentant au moyen des fonctionnements qu'on aura appris dans le monde microscopique.

C'est alors qu'en bon guerrier courageux, on est prêts à s'attaquer à la résolution de problèmes vastes et complexes, armés de ses analogies qui sont autant de certitudes, aussi difficiles soient-elles à croire pour ceux qui s'obstinent à vivre dans le temps microscopique.

- Etre dans l'état d'esprit de permettre de tout améliorer

Les artistes connus ont droit à des égards que la plupart des gens du monde du temps microscopique envient. Ils ont toute latitude pour créer, on leur autorise leurs désirs farfelus, on sait qu'il n'y a pas grand chose à y comprendre à part que c'est ce qu'ils demandent pour pouvoir se trouver dans l'état d'esprit de créer.

J'ai dans l'idée que les rois de naguère étaient une sorte de simulation instinctive de cette mise en condition, mise en scène de telle sorte que tous les citoyens de tous les empires soient informés que c'était dans cet était d'esprit que devait être un grand chef pour pouvoir être le plus efficace.
En soi, ce message est d'une grande importance.

A ceci près que dans le cas des rois des princes et des présidents de république, le fastueux et l'esprit de supériorité l'emportent sur les raisons logiques de ce confort.
Et comme le cosmos n'est pas non plus du genre à se faire avoir trop de fois consécutives, il s'arrange pour que l'abus de confort sensé être requis pour le travail, mais utilisé à seule fin de paresse et de vanité, finisse par s'effriter assez vite pour qu'on soit forcés de se poser des questions.

En réalité c'est tout à chacun qui devrait disposer de la latitude de s'employer du mieux qu'il peut à la tâche qui est la sienne, quelle que soit la discipline à laquelle il désire se soumettre.

- Devoir être dans l'état d'esprit de tout améliorer

Quand une ouvre est commandée à un artiste, des plans à un ingénieur, des réponses à un dirigeant, quand des choix doivent être faits, on se trouve dans cette posture de compression temporelle qui correspond à celle qui consiste à improviser une nouvelle mélodie au moment où le tempo va inéluctablement apparaître.

C'est là que paient les années de discipline et la somme de tout son travail passé, ainsi que toutes les étapes de sa progression.

On a une obligation de se mettre instantanément dans l'état d'esprit de permettre à une amélioration majeure d'avoir envie d'apparaître.

Ah c'est exactement ce qui se passe quand les premiers éclats jaillissent du monde du temps microscopique pour crier, dans l'urgence, les choix qu'il faut absolument prendre.

Et c'est avec raison que les habitants du temps microscopique ont un peu peur de ces nouveaux résolutionnaires, étant donné que leurs premiers pas dans ce temps nouveau consiste à s'attaquer d'abord aux problèmes les plus vastes et les plus pesants, alors qu'il serait plus raisonnable de voir d'abord si ça marche à une moindre échelle.

Ce que seuls les grands esprits savent réellement faire, et que la plupart des affamés de succès facile prétendent savoir faire.

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