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Comment faire ?

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Ceci est une condensation des différentes idées élaborées au cours des années.

Pour que les échanges qui font l'activité humaine puissent « faire système », c'est à dire la mécanique permette à ces activités d'avoir lieu de façon pérenne, il faut que cet ensemble d'activités soient le fait d'un processus.

Le processus à l'oeuvre en l'absence de système comme c'est le cas aujourd'hui est celui de l'appauvrissement et de la destruction, c'est à dire l'entropie.

Ce qui facilite grandement la conception d'un système (ceci est un euphémisme) est d'en définir les buts.

Les buts ne peuvent pas se contenter d'être unidimensionnels et figés dans le marbre, car au fur et à mesure de l'enrichissement d'un système de nouveaux buts deviennent possible.

- La question quand on part de zéro comme maintenant est comment faire ? Par où commencer ?

Il est certain que dans toute mécanique les rouages préalablement conçus doivent être ensuite assemblés avant d'être pour la première fois initialisés.

Ce à quoi on s'attend à ce moment-là est est un semblant de routine qui va certainement très vite tourner au vinaigre. Mais c'est pas grave car le moindre succès sera porteur d'une énergie d'espérance inestimable.

Mais bon ! Il faut travailler dans l'esprit d'une NASA qui va lancer une fusée, en sachant que l'erreur est évitable à condition que le maximum d'énergie soit mise en oeuvre avant le lancement de la fusée.

Il faut aussi au préalable avoir obtenu des succès moindres, dont l'assemblage constitue la preuve, et permet la foi en la réussite du système.

- Le plan proposé ici n'est qu'une ébauche, toute personnelle, mais je sais très bien que ces idées vont s'étendre et s'entendre, pas forcément en partant d'ici, mais en passant par le Grand Esprit, et que d'autres arriveront aux mêmes conclusions puisque c'est le fait de la logique (comme ça a déjà été le cas avec une étonnante proprtion des propositions élaborées dans ce laboratoire).

Ces prérogatives ne peuvent pas être ordonnées ni dissociées des autres, puisqu'elles sont conçues pour faire système.

- Tout n'est pas fait que d'échanges, l'équité peut s'obtenir également par le don.

- Comme 50% des humains sont inactifs, la néguentropie repose sur les actifs d'une part, et sur l'efficacité du système pour une très grande part.

- On peut récupérer une énorme quantité d'énergie humaine en supprimant toutes les activités liées à la finance, les banques, les assurances, le facteur commercial ;
- Les banques peuvent avantageusement être remplacées par de simple bases de données

- Tous les échanges doivent se faire au sein d'une intercoopérative d'entreprises dont la fonction est d'en produire la comptabilité de façon quasiment automatique, et dont le but est social ; En effet si tous ses composants sont à but non lucratif, et les coûts fixés depuis l'échelle supérieure puisqu'ils incluent tous les traitements et toutes les conséquences, le bénéfice retiré est d'ordre social. Ainsi sa fonction est la répartition équitable des richesses et la production de biens publics.

- Toutes les échanges entre les entreprises (groupes sociaux) et les individus supposent techniquement un contact entre deux dimensions très différentes. Ceci est la partie centrale du système, ce qu'on appelle le Noyau. Les individus ont des Droits humains qui doivent être rendus mesurables, tandis que les groupes sociaux ont pour but de les mettre en oeuvre.

- Toute la chaîne de production, allant de la matière première au produit fini, puis à la consommation et enfin au recyclage, doit se faire sans but lucratif afin de pouvoir estimer les coûts de chacune de ces activités et de rechercher en permanence les coûts les moindres, capables de satisfaire aux exigences publiques et légales.

- L'ordre est inverse par rapport à d'habitude, d'abord on fabrique on estime les coûts, et ensuite on regarde comme il y aurait eu moyen d'obtenir un meilleur rendement. Toutes les activités humaines sont permises, à condition qu'elles participent de façon évident à la santé du système.
D'abord on distribue les richesses, immédiatement et sans condition, et ensuite on fait la compta afin que cette distribution soit plus équitable.

- « Le revenu de vie » est un crédit minimal accordé à chacun qui lui permet d'accéder à la quote-part qui lui revient de droit pour ce qui concerne les biens de première nécessité, que sont l'alimentation de qualité, l'habitation, l'éducation, la médecine poussée au maximum de son potentiel, le transport et l'accès à la culture.

- Le revenu de vie est une somme de droits donnant accès aux bien de première nécessité. Il peut être déterminé en quantités de produits plutôt qu'en argent.

- On a vu que l'argent possède différentes valeurs combinées, ce qu'il va falloir décombiner.
De nombreux systèmes d'estimation de la valeur, en forme de points, doivent permettre d'estimer l'ensemble des paramètres qui interviennent dans la production. La responsabilité, la conception, les idées, la participation, la gratitude sociale, la valeur du bois qu'on prélève dans les forêts, l'aptitude professionnelle, doivent faire l'objet d'estimations, ceci dans l'optique que ces estimations soient combinées par des petits calculs très simples (algorithmes) afin d'extraire ce qu'on nomme « une valeur ».

- Un inventeur qui fournit une simple idée qui tient sur une ligne, et qui rend service à beaucoup de gens, représente une création de valeur qui se traduit immédiatement par une création monétaire.

- Toute denrée immatérielle distribuée gratuitement donne lieu à une création monétaire.

- Très très important ! Tous les échanges commerciaux sont en réalité le fait de l'acceptation par les producteurs du don de leur marchandise en échange d'une monnaie qui leur est utile. Par extension de ce principe, un commerçant devrait toujours s'assurer qu'il donne sa marchandise à quelqu'un qui participe de façon constructive à l'amélioration de l'ensemble du système. Et par corolaire, la marchandise qu'il produit doit elle aussi participer à son amélioration ou du moins à son maintient. Il n'est donc pas logique d'accepter une monnaie qui a été fabriquée par des banques et qui fait perdre de la valeur à son travail.

- Le principe global de l'intercoopérative est que tout est fait à but non lucratif, puisque chacun reçoit déjà un salaire de base suffisant. En faisant son travail, il ne fait que remplir un devoir, dont la gratification est estimable au regard de l'utilité de ce qu'il produit, ce qui permet une augmentation de ses revenus.

- Les revenus de tout le monde sont échelonnés selon des règles qui sont uniformes.

- La gratification (chose qui semble difficile à éviter tant que l'immatérielle fierté ne se mesure pas !) doit provenir d'un dosage de calcul entre ce qui est objectif et ce qui est subjectif.
Ainsi, une base fondamentale objective permet d'estimer l'utilité d'une production, tandis qu'un système de notation populaire permet d'ajouter de la valeur à une production, favorisant ainsi son expansion. En fait, la valeur subjective favorise l'expansion d'une production, tandis que la valeur objective a pour effet de la défavoriser, sauf exception.

- Un système viable implanté dans un lieu géographique lui permettant d'obtenir un semblant d'autarcie, doit pouvoir produire des résultats assez exemplaires pour que ce système puisse vouloir être étendu. C'est ce qu'on nomme le principe d'expansion virale.
Ainsi les pays les plus pauvres, si ils étaient administrés à la façon de ce que je nomme ce « organisationnisme », montreraient la voie aux autres pays du monde.

- Le but premier de la manoeuvre qui consiste à créer un système social fonctionnel est de sauver la vie des 1,2 milliards d'êtres humains en situation de famine.
Par le suite, un niveau de vie équitable sera fondé, puis il sera progressivement accrût ; et c'est en observant ceci qu'on pourra parler de « croissance », tant qu'il s'agit de la croissance du niveau de vie moyen. La moyenne de ce niveau de vie ne doit pas être statistique, mais algorithmique, de sorte qu'on ne s'en sorte pas en établissant un équilibre entre 10% de très riches et 90% de très pauvres !

- Problèmes à résoudre

La mise en oeuvre du système déclenche une certaine somme de problèmes. Notamment, il y a le fait que des systèmes différents entrent inéluctablement en concurrence, ce qui déclenche les passions, et la déraison humaine, car en premier lieu, ça déclenche des illogismes.
Par exemple le système de protection sociale est en concurrence avec le système capitaliste, car si on travaille, les droits sont supprimés, et donc on obtient la même somme en travaillant et en ne travaillant pas.

Si une intercoopérative d'entreprises produit une richesse sociale locale et donc des biens publics, ses habitants ne sont plus redevables d'impôts envers l'état. Et dès lors une très grande quantité de biens publics tombent sous sa juridiction, ce qui la fait s'épuiser très vite, tant que le système n'est pas plus répandu.

Les échanges entre une bulle d'intercoopératives et le système du profit à court terme ne peuvent se faire qu'en respectant les conventions des deux systèmes, ce qui pose un certain nombre de problèmes, étant donné que l'intercoopérative produit une monnaie qui ne peut être utilisé qu'en son sein. Dès lors, elle se trouve bloquée par le système des brevets si par exemple elle veut produire du matériel informatique.

- Exemple de fonctionnement d'un algorithme d'évaluation :

On extrait du bois d'une forêt.
Dans une forêt des arbres naissent et meurent tous les jours, et le vieux bois fait se déclencher des incendies s'il n'est pas ramassé. Si la forêt est entretenue, elle permet à l'écosystème de subsister. Si la forêt est rasée, elle extermine l'écosystème.
Entre ces deux extrêmes, la valeur du bois est la plus basse.
Si il y a trop de bois mort, il va coûter plus cher, et s'il la forêt est trop coupée, le prix du bois augmente exponentiellement. Si la forêt est bien entretenue et que les espèces animales sont préservées, le bois est à son prix minimum.

- La question « Comment Faire » revient à celle de la mise en oeuvre de la mécanique.
Par où commencer, si indépendamment des autres pièces de la mécanique, chacune est insuffisante pour rivaliser avec le non-système (fruit d'une sédimentation culturelle et donc très enraciné) ?

La pari tien au fait que même à un stade très primitif, un tel système sera déjà en mesure de rivaliser avec le but lucratif, puisque les denrées produites le sont à un coût, même s'il inclu l'ensemble des buts sociaux poursuivis, nettement plus faibles que si, dans toute la chaîne de production une but lucratif a voulu être extrait.

Une première préconisation est de créer un statut d'entreprise, pour que toute nouvelle activité professionnelle soit conforme aux prérogatives de la coopérative et de l'intercoopératives qui aura été choisie.

L'intérêt que les intercoopératives soient multiples est de laisser la liberté à chacun d'adhérer à des normes qui peuvent varier, tant qu'on est dans une phase de tests.
Ainsi toute nouvelle entreprise doit s'affilier à une coopérative, qui lui assure d'avance un revenu, lui fait sa compta, lui permet d'accéder à des ressources vendues sans but lucratif, et la met en relation automatiquement avec les clients qui ont besoin d'elle.
Ensuite au but d'un certain temps, avec le calcul de valorisation objectif et subjectif, on estime si cette activité est profitable ou non.

Evidemment, tant que le système n'est pas plus étendu, le seuil de l'utilité va rester très bas, mais en toute logique, il sera très vite meilleur qu'au sein d'un non système.

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