060825 7 min

Le plus grand scoop à propos du 911 : l'absence de scoops.

Welcome in Orwell Land
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Souvent on se dit que si on avait su ce qu'on a apprit après, on aurait sûrement réagi avec plus de précision et de pertinence au moment où il le fallait.
C'est justement pour éviter ces réactions que la désinformation se présente comme un tampon contre la brutalité de la réaction.

Mais si on procède avec le recul historique, alors on peut combler les inconsciences d'une époque par ce qui est su bien longtemps après, afin de reconstituer "la vérité".

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Disons qu'à une époque c'était la mode des "scoops" dans les rédactions des journaux. Le scoop avait l'avantage de rendre tout le journal plus important, en meilleur contact avec les vents de la réalité.
Après, le scoop est devenu moins exceptionnel car il avait l'avantage de faire augmenter le chiffre d'affaire, on le cherchait précisément lui et pas autre chose.

Quel chemin a-t-on parcouru depuis cette époque lointaine.

Car ensuite les scoops ont fleuri dans tous les domaines comme étant une simple façon de s'exprimer. Il suffisait de mettre un titre en très gros, pour que ce soit un scoop. Puis des magazines se sont spécialisés dans les titres écrits en gros. C'était l'époque du "poids des mots, le choc des photos" ; bien avant que le mot "poids" ne devienne aussi pesant... Aujourd'hui on dirait "la lourdeur des mots, le trucage des images".

Le titre en lui même est devenu l'attrait principal, ce qui donna lieu à l'époque des slogans. A ce moment-là il suffisait de diffuser un slogan à grande échelle pour que le fait qu'il ait été entendu par tous en fasse une plus grande vérité.
Mais après les gens se sont rendus compte qu'ils ne pouvaient jamais parler entre eux de ces slogans qui hantaient leur tête, sans être ridicules.

Un discours politicien de nos jours est prévu pour être rattrapé en cours de lecture et abandonné avant la fin, c'est pas grave, ce n'est qu'une succession de slogans.
Les slogans, sont devenu des "messages" au sens de "messie-qui-le-dit".

Les publicités (ou discours politiques) font l'apologie de grandes idées consensuelles et pleine de bon sens, honteusement détournées mais c'est pas grave elles sont "vraies" quand même non ?

Et puis soudain est venue l'époque où le super super scoop, la super phrase-choc qui allait assurer plus de ventes dû être abandonnée à cause de la pression étatique exercée sur le journal.
Ils ont dû faire une drôle de tête au début ces rédacteurs en chef, piégés dans une confidence secret-défense.

Mais ils s'y sont vite habitués, et finalement ils ont même prit l'habitude de garder le téléphone du ministre dans la mémoire du téléphone pour demander si on avait le droit de parler de tel ou tel sujet.

Puis enfin, pour en arriver à nos jours, les journaux dont le salaire est assuré par les publicités plus soucieuses de "l'image" que de la quantité des ventes, fonctionne en toute syntonie avec les intérêts étatiques, sans même à avoir à demander l'aval d'untel ou untel.
De toutes façons les dépêches arrivent automatiquement du grand-bureau, puis les rédacteurs doivent peaufiner un truc sur ces sujets imposés, enfin on va dire imposés par l'actualité.

C'est alors qu'arriva le 911. Le jour le plus déprimant de toute l'histoire journalistique.

On procède à la démolition contrôlée des deux plus hauts building au monde, en pleine journée sans prévenir personne et avec des gens dedans.

C'est tellement énorme que sur le moment, l'establishment journalistique émet à peu près les commentaires suivants : "3 immeubles se sont écroulés après voir été percutés par deux avions avec des kamikazes dedans. Le monde est en effroi."

Là-dessus les pilotes de ligne se sont dit "ouahou, ils sont super forts, moi j'y serais jamais arrivé".

Le débat n'a même pas pu porter sur la taille des particules en lesquelles ont été réduits des millions de tonnes d'acier et de béton (quelque microns).

Après un lent réveil comme suite à un choc sur la tête, les plus intelligents ont commencé à se demander si, concrètement, ce à quoi ils avaient assisté était "possible".

C'est certain que lorsqu'on assiste à l'incroyable, nos yeux semblent nous jouer des tours et on se demande si on est en train de rêver.

(C'est dû à l'absence dans la mémoire de ce qui aurait permit de percuter la réalité observée et la recherche de la vérité consiste à trouver les voies d'accès neurales qui permettent de percuter cette observation.)

A partir de là a commencé un travail formidable, assemblant des centaines et des centaines de faits scientifiques, de témoignages, d'informations annexes peu à peu révélées, afin de consolider une conception qui tienne la route afin de rendre ce qui avait été observé explicable.

Le plus extraordinaire est que chacun de ces faits qui s'entrecoupent, même si on les prend indépendamment du reste, constitue un scoop extraordinaire ; avec des gros titres et tout.

L'explication consolidée fait l'objet de conférences, de sites web, de vidéos qui parcourent les câbles toute l'année, tissant des liens puissants entre ceux qui ne peuvent qu'accepter ces explications qui font du bien.
Puisque la vérité fait toujours du bien.

Et voilà qu'on en arrive à l'avant dernière étape, celle où ces glorieux chercheurs constatent chaque jour qu'il reste toujours une grande partie de la population qui n'est tout simplement au courant de rien, internet étant réservé aux riches, et les 80% des humains restants doivent se contenter de l'information étatique.

Et même dans les villes riches des pays riches, encore un bon tiers des gens ne prennent pas la peine d'utiliser leur ordinateur pour se renseigner, croyant que laisser le son de la télé étatique en background sonore leur suffit amplement.

C'est alors que l'information a essayé de passer "à la télé", et dans les journaux, mais quelle ne fut pas la surprise, de constater que comme le veut une coutume ancestrale, les avis différents sont toujours hautement critiqués avant même d'avoir été exposés.

Même s'il ne s'agissait pas de leur faire gober que la terre n'était pas plate mais bien ronde, ils ne voulaient rien savoir, préférant faire des scoops sur des scandales qui décrédibiliserait ces chercheurs, tout en passant du même coup pour des super-journalistes pour avoir été dénicher ça...

Alors pendant quelques temps ils ont essayé de se faire entendre, d'expliquer que tout ça était manigancé, que les politiciens étaient dans le coup, qu'il fallait se méfier d'eux ! Au moins...

(Normalement il aurait fallu ouvrir une enquête et ensuite destituer les politiciens dans le coup et les enfermer à Gantanamo par exemple, puisque c'était considéré comme une prison tout-à-fait normale.)

Mais non, au lieu de cela ils sont "réduits", si on peut dire, à diffuser l'information vivifiante sur internet, créant par la même un conduit de l'information d'une rare crédibilité et pertinence, gratuite, en concurrence frontale avec les journaux publicitaires, que les gens achètent quand même.

Et pendant ce temps-là, est procédé à une lente habituation comme à une grenouille qu'on fait bouillir doucement, de l'idée que c'est normal si les politiciens sont méchants, que ça fait partie de leurs attributions légitimes, "pour un monde démocratique". Qu'on devrait presque les féliciter pour leur dévouement et sacrifice personnel.

Mais quand même, pouvons-nous dire maintenant, la principale information, le scoop de tous les scoops, celui qui réclame à grand cris de devoir être expliqué par le fluide tonique de la Vérité, n'est-il pas précisément le silence des médias ?

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