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la gratuité est la seule alternative

Je reprends ici quelques bribes du texte "la gratuité est la seule alternative" afin de les commenter.

De nombreuses réponses à ces questionnements ont été proposées au cours des travaux sur la topologie des systèmes.

Le remplacement du capitalisme

Le capitalisme est un non-système, le non-système ne sera pas supplanté directement, il ne peut que être repoussé aux limites de ce qui fera système.
Actuellement, le capitalisme étant au centre, c'est à sa périphérie qu'on y perçoit le besoin de solutions alternatives. Et en même temps, comme une peau de chagrin, le domaine où capitalisme est utiles diminue. Si la reconstruction d''après-guerre était fertile pour le capitalisme, aujourd'hui il serait fertile pour des systèmes mieux pensés à l'échelle globale. La différence tient la juste répartition des richesse, qui n'est possible qu'au moyen de l'algorithmie.

ces deux systèmes (capitalisme « moralisé », autoritarisme « paternaliste ») sont basés sur des rapports de force, et donc fondés sur l'injustice

En effet, « la main invisible du marché » est d'autant plus invisible qu'elle est inexistante. Ainsi en l'absence de loi, c'est par défaut la loi du plus fort qui prévaut.
Le problème est de ne jamais confier à des émotions vagues et indescriptibles le soin de « faire système ». Sauf s'il s'agit de l'intuition ! Mais l'instinct de ces « lois » réside dans ce que le système social juste a longtemps perduré dans un état embryonnaire. Aujourd'hui, les lois doivent être certifiée en raison de leur utilité.

justice et force (…) il est de fait que lorsque l'un augmente, l'autre diminue en conséquence ; c'est une loi quasi naturelle

C'est ça que j'étudie dans la Topologie des Systèmes, ces lois de la nature qui apparaissent de façon flagrante et concrète quand on étudie l'algorithmie (par exemple). Ce là découlent une énorme quantité de préconisations préalables au fondement d'un « système » (= chose qui fonctionne).
En l'occurrence, justice et force ne sont pas un bon exemple pour cette loi de permutation binaire.
L'idée c'est que l'un se mute en l'autre. Depuis les Droits de l'Homme, on a obtenu la connaissance de ce que l'absence de démocratie conduit inévitablement à la dictature. En effet, les gens (politiciens) peuvent devenir comme « trop gâtés ». Actuellement, les droits individuels se permutent en droits des industries. Ainsi les gens perdent leur liberté et les industries en acquièrent de nouvelles chaque jour. Observant cette déviance on conclut à dire que la dictature prend de la vitesse tandis que la démocratie perd du terrain.

un système non plus fondé sur la rareté qui crée l'injustice (…) mais plutôt par l'opulence seule capable de créer la gratuité

En effet, dans la nature il y a assez d'arbres pour que chacun se construise un beau plancher et pour autant, qu'aucune forêt ne diminue de taille. Dans une exploitation agricole, le fait d'être radin et de ne pas laisser les insectes et autres animaux se servir comme ils veulent, conduit à une perte plus grande que dans le cas inverse. Là où on gagne à petite échelle, on perd à grande échelle.

Ne parvenant pas à amorcer le début d'une réflexion censée et crédible sur ce à quoi pourrait ressembler un tel système concrètement

Le mur de l'utopie peut être franchi uniquement en trouvant le chat de l'aiguille par lequel passera le fil. Il faut pouvoir se faufiler entre les contradictions apparentes.
La contradiction majeure que vous soulignez, est celle de l'abondance, nécessaire, et de l'économie (au sens de l'efficacité et l'utilité)n tout aussi vitale.
En ce sens le capitalisme a trouvé un bon équilibre. Mais arrivant à ses limites, il conviendra de rompre cet équilibre afin d'en trouver un autre. C'est cette idée que vous développez dans votre texte... mais uniquement par la symbolique.

pour changer le système, je pars toujours d'un point de vue capitaliste : changer les règles, définir une morale, refonder l'éducation

Changer les règles, définir une morale, refonder l'éducation ne sont en rien des points de vues capitalistes. Ils le sont depuis toute notre vie car ils ont toujours été tourné dans le but lucratif à court terme. Le problème de cette époque est que le court-terme de l'utilité de ces domaines, est tellement minuscule que le dérisoire ne tarde jamais à apparaître.
Par exemple je vous conseille cette analyse sur un feuilleton américain, où l'obsession de l'apparence de la réussite surpasse les motif réels de se réjouir ! The Wire ou le désastre des chiffres.

En l'occurrence ces trois points d'appui que vous citez se forgent en raison du système social adopté, autant qu'ils lui garantissent sa pérennité.
Ainsi c'est de toutes parts simultanément que le changement doit provenir.
L'éducation doit enseigner à travailler en groupe, la morale et l'éthique doivent être cultivés, les règles doivent pouvoir être pensées et repensées, au lieu de se trouver dictées puis figées.

le fait de se séparer du concept même de l'argent remet l'esprit humain et les relations sociales, la société toute entière dans une autre perspective

C'est sûr ! Il faut surtout comprendre ce que l'argent veut faire, et comment on peut refaire la même chose sans pour autant hériter des propriétés de l'argent, en particulier, le fait qu'il puisse être amassé, comme on dit, « par crainte de l'hiver ». Ici, c'est la notion de flux-tendu qui permet de se sortir des méfaits de l'argent. Mais en soi, le principe de valoriser un travail au moyen de notations, est très important. Car c'est par l'équilibre de ces valeurs qu'on justifie si le système est équitable.

En particulier, la gratuité et la valorisation d'un travail ne seraient pas contradictoires si cette valorisation pouvait se faire « gratuitement », c'est à dire, sans retirer de la valeur à autre chose, ce qui revient avec notre système de pensée, à une création monétaire ex-nihilo, ce que la loi condamne comme « fausse monnaie » et que les banques font tous les jours.

Si on autorisait chacun à posséder autant de voitures qu'il le souhaite, en voudrait-il plus qu'il n'en peut conduire ?

En fait chacun doit avoir droit à une évaluation qui lui dit si il a besoin d'un véhicule ou si il doit se contenter de transports en commun. En fonction de ça, le véhicule lui est attribué, sans pour autant lui appartenir, c'est juste un usufruit. Si ensuite le monsieur ou la dame a du crédit, il ou elle est toutefois autorisé(e) à se procurer un véhicule par ses propres moyens pour son seul plaisir.
Là aussi, la société de Droits et la liberté ont largement moyen de ne pas entrer en concurrence.

ceux qui sont à la recherche d'un travail vous le diront : ils s'ennuient

Euh pas forcément ! Au contraire ils sont moins obtus, moins conditionnés, les émissions de divertissement à la télé ne les concerne plus, et surtout ça permet de se « trouver soi-même ».
L'important dans la vie c'est de faire ce pourquoi on est fait, et rien que de trouver cela peut prendre un certain temps.
La question est très importante car c'est celle du fameux « bonheur ».
Pour trouver le bonheur, nécessaire à l'équilibre mental et à ce que la société soit cohérente, il faut que sa raison de vivre soit très présente au cours de son activité quotidienne. Et finalement les exclus du marché du travail (après cette introspection) trouvent très vite de nombreuses occupations, souvent tournées vers le biens commun.
C'est exactement ici que vous observez l'effet que vous décrivez, où on passe d'un système à un autre, en passant par une phase où on a perdu ses repères, pour ensuite retrouver un équilibre.

pour éviter les abus, on peut très bien imaginer comment les choses pourraient fonctionner, en établissant une règle simple : le don n'est pas obligatoire. Cela signifie que le producteur possède sa production, et ne la donne qu'à celui qui, à ses yeux, le mérite.
(...)
à force de sentir il comprend que les choses demandées avec gentillesse aboutissent plus certainement

L'humain est très capable de s'adapter à de nouvelles conditions de vie.
Le paradigme de ce qui fait système dans une société se découvre à force de tâtonnements comme un nouvel équilibre.
Les conséquences sociales d'un nouveau système doivent être attendues par avance : ce qui fait une société est qu'on puisse avoir confiance les uns envers les autres, et qu'on puisse à la fois lui servir positivement, et à la fois y trouver son compte sur le plan moral et physique.

Si ces conséquences découlent naturellement du nouveau système, alors il sera aimé, et donc cultivé.

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