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Le danger du libéralisme : sa mutation incessante et son adaption permanente

Pour un mouvement uni antilibéral et une candidature unique de gauche en 2007

Ce texte est un essai sur le libéralisme qui débouche sur des choix à faire en vue des échéances électorales prochaines, avec la contribution d’extraits de divers articles d’actualité. Il n’engage que moi-même en tant qu’enseignant en économie et doit permettre d’alimenter le débat actuel. il n’engage aucunement le collectif qui vient d’être créé à Rueil-Malmaison. Le libéralisme se fonde sur trois grands principes :

la liberté de conscience et de tolérance, le droit pour les citoyens de choisir librement leurs gouvernants et la liberté économique qui consiste à laisser chaque individu rechercher son intérêt personnel, unique garantie pour amener le meilleur état social possible.

Le libéralisme économique est la doctrine affirmant la capacité du marché à instaurer un ordre économique harmonieux (l’équilibre économique est un optimum) et la nécessaire limitation des actions de l’État (Etat-gendarme). Le libéralisme est issu des courants de pensées classiques (Adam Smith, Jean-Baptiste Say, David Ricardo et John Stuart Mill) puis néoclassiques (Léon Walras, Alfred Marshall, Jevons, Menger), qui privilégient les lois naturelles dans l’économie (marché et concurrence) avec comme règle : « laissez faire, laisser passer ». Il est fondé sur la propriété privée des moyens de production, l’initiative individuelle la recherche de l’intérêt individuel débouche automatiquement sur l’intérêt général) et la liberté d’exercer une activité économique dans le cadre du marché, d’où le nom d’économie de marché. Un système économique qui orienté par la concurrence aboutit, pour les économistes les plus libéraux, à la satisfaction des consommateurs au prix le plus bas possible, le profit récompensant les entrepreneurs les plus efficaces. Ce qui fait dire que le libéralisme et le libre-échange sont à la base de la prospérité. Les tenants de la social-démocratie dénoncent un libéralisme sauvage qui impose la force de l’argent à ceux qui ne disposent que de leur travail à échanger. Une lecture positive du libéralisme, de Voltaire à Hayek, voit dans son émergence une reconnaissance de la personne et des droits de l’individu contre le despotisme et le totalitarisme. Pour Jean Jaurès, le libéralisme n’est rien d’autre que : « le renard libre dans le poulailler libre ». Pour Marx et Engels, l’idéologie libérale et individuelle, a transformé les relations entre les hommes, qui ne sont plus guidées « que par le froid intérêt... et le calcul égoïste ». Il semble que le système libéral ait failli car il n’a pas atteint son objectif qui était de « faire parvenir l’économie à l’état social le meilleur », bien au contraire il a dégradé cet état social en conduisant tout droit au chômage, à la précarité et à la pauvreté.

Quelle position adopter face au libéralisme ?

Faut-il dénoncer le libéralisme, ses excès et son incompatibilité avec le modèle social français ou européen ou bien est-il préférable de démontrer que ce modèle a de moins en moins d’adeptes car il est quasiment obsolète, qu’il a creusé sa tombe en ne cultivant qu’égoïsme et individualisme. Ce qui est certain, c’est que ce modèle qui ne crée plus que désolation, précarité et chômage sévit encore et qu’il faut le combattre sous toutes ses formes. Mais tout en dénonçant ses méfaits, il faut affirmer que le modèle libéral s’effondre, se liquéfie étouffé par ses profits qu’il est bien incapable de redistribuer équitablement. On nous a fait croire pendant des années que c’était la panacée alors qu’il ne reposait que sur du sable, qu’il était incohérent, mais l’esprit était plus fort que la matière et on nous l’a imposé pendant des décennies alors que ce n’était qu’une imposture qui a détruit l’économie au fil du temps, en privilégiant l’intérêt privé, plutôt personnel de quelques-uns à celui de la collectivité, produisant des millions de pauvres, d’exclus sur l’autel de la finance internationale, au profit de l’oligarchie financière. Mais les intérêts personnels et capitalistes ont eu raison du libéralisme - les loups ont commencé à se dévorer entre eux atteints par la rage de la spéculation - qui pour mieux se protéger se réfugie derrière la bannière du protectionnisme ou plutôt derrière les barrières douanières tarifaires et extra-tarifaires. Le libéralisme s’appelle maintenant pseudo-libéralisme, un mensonge éhonté qui veut faire croire qu’il arbore les vertus de la libre-entreprise, du laisser-faire et du laisser-passer tout en respectant les règles sociales. Le constat est clair : le libéralisme est mort et bien mort et tous ceux qui veulent le voir resurgir et renaître de ses cendres sont d’autant plus dangereux qu’ils veulent s’en servir à des fins politiques, pour mieux lutter contre le Keynésianisme et le socialisme. Tous les régimes qui le brandissent comme l’étendard des libertés et de la démocratie font courir à l’économie et aux peuples de la planète un grand danger, celui d’une crise économique pire que celle de 1930, eu égard à l’endettement colossal des particuliers, des entreprises et des Etats, dont le porte-drapeau sont les Etats-Unis. Comme le communisme en son temps, le capitalisme et son bras mercantile le libéralisme a montré ses limites et a causé de nombreuses victimes, des millions et bientôt des milliards de pauvres. Ses jours sont comptés mais méfions-nous des soubresauts de la pieuvre aux tentacules innombrables comme autant de paradis fiscaux ou de sociétés offshore. Recherchons un consensus unitaire autour des forces de gauche pour une autre voie, plutôt que contre un modèle et ses adeptes qui bien surnageant voient chaque jour leur bateau prendre l’eau pour un naufrage, un sabordage (à l’exemple des entreprises bradées) programmé à moyen terme. Mais attention, soyons vigilants car le Libéralisme est en train de se transformer après avoir intégré le protectionnisme, il mue, se transforme et veut maintenant se teinter de social...

Le libéralisme veut se teinter de social

Méfions-nous de cet amalgame entre social et libéralisme, de ces récupérateurs, opportunistes le temps d’une élection dont le leader est Nicolas Sarkozy. Le danger vient de son côté tout particulièrement si on se réfère à ce titre de L’Expansion.com du 23 juin 2006 : « Sarkozy met du social dans son libéralisme... » « Nicolas Sarkozy place le véritable clivage de la prochaine présidentielle sur le travail et le pouvoir d’achat, pour stopper la « désintégration sociale ». Au programme, l’exonération fiscale totale des heures supplémentaires et la revalorisation des allocations familiales. Nicolas Sarkozy change de registre et veut montrer qu’il peut aussi faire du social. Le président de l’UMP a axé son troisième discours de pré-campagne présidentielle sur le pouvoir d’achat et le travail. « Voici le véritable clivage de la prochaine élection présidentielle » a-t-il déclaré à Agen. Avec plus de pistes que de mesures concrètes et une formule choc : mettre un coup d’arrêt à la « désintégration sociale » de la France, référence directe à la « fracture » chiraquienne de la campagne de 1995. Pour accroître le pouvoir d’achat, priorité numéro un des Français, Nicolas Sarkozy propose de réduire les charges qui pèsent sur le travail pour augmenter le salaire net (avec une possible compensation par une TVA sociale), de revaloriser « fortement » les allocations familiales dès le premier enfant pour ceux qui gagnent moins que le SMIC, et d’intéresser les fonctionnaires aux gains de productivité. Autre proposition : exonérer le patrimoine de droits de succession pour les enfants. « Le futur candidat veut aussi « libérer le travail », autrement dit, faire tout pour les salariés qui veulent travailler davantage : exonération fiscale totale (« impôts et charges sociales ») de toutes les heures supplémentaires et possibilité de travailler le dimanche. Et pour que les grands patrons donnent l’exemple, Nicolas Sarkozy propose que les rémunérations des dirigeants soient publiquement approuvées par l’assemblée générale des actionnaires, et que tous les salariés puissent bénéficier de stock-options. Quant aux finances publiques, elles doivent s’adapter à la conjoncture économique : « Etre conséquent, c’est aussi refuser une logique absurde qui conduit (...) à couper les investissements publics et à tailler dans les dépenses sociales quand la croissance ralentie et le chômage augmente ». « Jouer la carte sociale, c’était aussi s’adresser aux partisans du non au référendum sur la constitution européenne. Après une virulente charge contre de la politique de la Banque centrale européenne, Nicolas Sarkozy promet d’agir pour créer un véritable gouvernement économique de la zone euro et rediscuter le statut et les objectifs de la banque centrale européenne. « Il n’y a aucune raison pour que la zone euro soit la variable d’ajustement des déséquilibres économiques du monde (...) Nous avons fait l’Europe pour agir, pas pour subir ! » a-t-il martelé. Nicolas Sarkozy a du chemin à faire pour parfaire son visage « social ». Selon un sondage TNS Sofres-Le Figaro Magazine, 51% des Français ne lui font pas confiance pour « lutter contre les injustices et les inégalités" ou lutter efficacement contre le chômage. Pire, une majorité ne lui fait pas confiance pour « dire la vérité » et redonner confiance aux Français ».

Objet et objectif de notre combat

L’objet du mouvement anti-libéral pour une candidature unitaire, c’est le « droit de choisir une véritable alternative, une société disposant de services publics, respectant l’environnement, répartissant mieux les richesses, et défendant des valeurs sociales et humaines... Tous ces objectifs sont clairement affichés dans un appel « pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes ». Son objectif c’est de faire redémarrer une dynamique semblable à celle qui avait tout emporté sur son passage il y a un an : le scepticisme des uns et la mauvaise foi des autres. Il s’agit de dessiner les contours d’une gauche antilibérale. Car l’ambition va bien au-delà des échéances de 2007.

Programme : pour une concrétisation politique des aspirations sociales, c’est-à-dire construire l’alternative de gauche au libéralisme

Propositions du forum regroupant des individualités impliquées dans la vie sociale et des mouvements (outre le PCF, la LCR, les Alternatifs, PRS, le MRC et le Collectif pour l’Eco-développement), ouvert à toutes celles et ceux, individualités ou organisations, partageant les mêmes idées, avec une aspiration anti-libérale. Faisant suite à une première rencontre publique à Nice, le 11 octobre 2005, un rendez vous de travail qui a permis d’avancer vers de nouvelles initiatives.

1°) Une démarche Il y a accord pour centrer son activité et ses initiatives sur cet enjeu essentiel pour les droits des individus et des peuples : peut-on faire autrement, en France et en Europe, que ce à quoi condamne la mondialisation libérale et la consanguinité croissante entre libéralisme et social-libéralisme ? Avec quel contenu de propositions alternatives ? et quelle démarche pour les faire avancer dans un rassemblement majoritaire ? En affrontant franchement les défis du « réalisme », de la crédibilité et de l’efficacité. En ce sens le forum est complémentaire des collectifs qui sont nés de la campagne référendaire et qui poursuivent leur combat pour une autre Europe ; complémentaire aussi des initiatives utiles qui existent pour lutter sur des objectifs précis, contre l’AGCS ou la directive Bolkestein. Le Forum travaille le versant « alternative politique » que doit se construire le mouvement social et populaire, s’il veut pousser jusqu’au bout ses colères, ses luttes, ses aspirations et ses espérances. Or la perspective politique est déterminante pour que le mouvement social ne soit pas uniquement en « défense » face au libéralisme, et pour qu’il puisse également s’émanciper des résignations, qui aboutissent à des impasses, au « moindre mal ». Il est largement ouvert aux militants du mouvement social. Même si naturellement il faut entièrement comprendre qu’en tant qu’organisations, des associations ou des organisations syndicales peuvent ne pas vouloir être co-organisateur d’un tel forum destiné principalement à l’élaboration d’un projet politique (par exemple, lors du RDV de travail du 20 octobre, Gauthier Broquet pour la FSU a fait connaître que la FSU pouvait être intéressée à participer aux échanges et à faire valoir ses analyses et propositions mais ne pouvait naturellement pas être co-organisatrice, ce qui est très compréhensible). Par contre, il faut avoir l’attention de permettre à toutes les organisations associatives ou syndicales qui souhaiteront faire connaître et faire prendre en compte leurs visions des problèmes, de s’exprimer en toute indépendance, lors des forums. Enfin ce forum s’est donner l’ambition d’être autonome, de n’être la succursale de personne, ni au niveau local, ni au niveau national, mais d’être ouvert, attentif, et en réseau avec les forums existeront ailleurs, comme aux initiatives nationales qui permettront de mutualiser les réflexions.

2°) Un contenu Plusieurs thèmes ont été évoqués comme pouvant faire l’objet de prochaines initiatives publiques du forum. La première concernera l’immense enjeu des services publics. D’autres thèmes ont également été prévus. Celui de la place de l’action contre toutes les discriminations dans un projet d’alternative de gauche, et notamment toutes les questions liées aux droits des migrants et de leurs familles. Celui de la dimension internationale d’une politique alternative face à l’OMC, l’AGCS, et à l’Union européenne, entravée dans sa prégnance libérale actuelle. Il s’agit de mettre en débat ce qui doit relever du service public et des biens publics dans une alternative au libéralisme ; de la place du secteur public en terme d’efficacité économique sociale et environnementale face au marché ; de la question centrale des financements et des moyens pour ces secteurs et services publics ; de poser la question de ce qui doit être gratuit dans la société ? et des formes nouvelles d’appropriation sociale. Avec des questions concrètes, comment revenir sur la privatisation d’entreprises essentielles comme EDF-GDF ? comment construire un pole public de financement émancipé de la dictature des marchés financiers ? À l’heure où les menaces de l’AGCS et de la directive Bolkestein se réactivent, les services publics représentent un véritable enjeu de civilisation. Au cœur de la question de toutes les inégalités. Au cœur également des questions des droits à la santé, à l’école, à l’accès à des biens essentiels comme l’eau ou l’énergie, à l’aménagement du territoire comme à un développement équilibré. Avec un rôle irremplaçable à jouer pour faire reculer toutes les discriminations et notamment homme/femme. Dans une politique alternative ils peuvent être également le creuset de démarches participatives et autogestionnaires qui doivent transformer le rapport entre l’économie et la société, le rapport entre le pouvoir et les hommes. Bref, une alternative vraie doit renouer, dans les conditions d’aujourd’hui, avec les grandes ambitions émancipatrices qui ont marquées des étapes déterminantes de progrès social, comme le programme du CNR à son époque. C’est également indispensable pour renouer tous les liens entre la population et ses services publics. Ceux ci sont rançonnés, enserrés et asphyxiés dans la logique du capital, et ils ne sont souvent, au désespoir de leurs salariés et au mécontentement de leurs usagers, que des caricatures d’eux mêmes. C’est aussi l’enjeu de l’alternative que de relever ce défi (Source : Salade-Niçoise.net, vendredi 4 novembre 2005).

La candidature unique

« Une tâche historique », Denis Sieffert (journaliste et directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Politis), article publié le 22 juin 2006 (Politis n°907), en consultation sur notre site et sur Bellacio. « Nous avons donc décidé de nous engager en faveur d’un « candidat unitaire de la gauche antilibérale ». Ce qui n’est guère étonnant en regard de ce que défend Politis semaine après semaine depuis maintenant plus de dix-huit ans. Ce qui s’inscrit surtout dans la logique de la campagne que nous avons menée voici un an contre le projet de Constitution européenne. À l’époque, souvenez-vous, nous avions parlé d’une véritable « insurrection démocratique ». Et la démocratie, en effet, avait été au cœur de notre argumentaire. Parce qu’il nous paraissait inconcevable qu’une doctrine économique (en l’occurrence, le libéralisme) fût gravée dans une constitution, s’imposant aux citoyens sans qu’ils ne puissent plus en délibérer. C’est le même ressort qui nous fait agir aujourd’hui. La résistance au libéralisme n’est certes pas interdite par notre Constitution, mais disons qu’elle est au minimum malaisée dans le paysage politique actuel. Bien entendu, il y a le PCF et la LCR, voire le MRC de Jean-Pierre Chevènement, ou les Alternatifs. Mais, sans faire injure aux militants de ces organisations, c’est à nos yeux une « offre politique » qui ne correspond pas à l’attente d’un électorat qui potentiellement les dépasse de beaucoup. Il suffit pour s’en convaincre de revenir un an en arrière. Les analyses d’après-référendum européen avaient révélé deux réalités convergentes : 49 % des partisans du « non » se déclaraient proches du PC, du PS ou des Verts ; et 63 % des proches de la gauche parlementaire avaient voté « non » (« Nous faisons ici référence à un sondage Ipsos-Le Figaro d’après-scrutin, le 29 mai 2005. »). Autrement dit, le « non » de gauche était nettement majoritaire, mais il avait dû souvent s’exprimer dans la dissidence de deux des trois partis de l’ancienne gauche plurielle. De très nombreux socialistes et de nombreux Verts avaient pris des libertés avec les consignes de leurs dirigeants. Mais un référendum n’est pas une élection présidentielle ni une législative. Dans ces derniers cas, les logiques d’appareil reprennent le dessus. Et ces logiques conditionnent aussi un réflexe bien compréhensible d’adhérents ou de militants qui finissent par voter pour leur propre parti même si son candidat n’est guère enthousiasmant. Il y a peu de chances pour qu’un électeur socialiste, qui avait laissé parler ses convictions en votant « non » au référendum, opte à la présidentielle pour le candidat de la LCR, ou même du PCF. Plus fâcheux encore : la masse de ceux qui ne voteront pas parce qu’ils ne se reconnaissent dans aucune étiquette. C’est ce que les politologues appellent la « crise de représentation ». Ce sentiment d’être orphelin en politique. D’être bâillonné faute d’une offre qui corresponde à vos idées. L’adaptation de la social-démocratie au libéralisme ambiant (lire à ce sujet notre entretien avec Jean-Luc Mélenchon) est un facteur important de cette crise. Mais il y a un autre argument encore en faveur de cette candidature unitaire d’un front antilibéral. L’émiettement. La balkanisation, plus sensible de ce côté-ci de l’échiquier politique, et qui condamne tous les candidats à la marginalisation. Cela fait déjà beaucoup de bonnes raisons. Mais ce n’est pas tout. Car l’essentiel réside dans la situation elle-même. Plus que jamais, le fond de l’air est libéral. Plus que jamais, les principaux partis politiques, les grands médias présentent le libéralisme comme s’il était le dernier mot de l’histoire. Depuis la chute du mur de Berlin, l’ultralibéralisme apparaît bien comme le crime posthume du stalinisme. Il se présente comme la réponse trop évidente et trop universelle au « socialisme réel ». La politique serait binaire : le Goulag ou le CAC 40. Par un dévoiement des mots, le « libéralisme » s’identifie à la liberté individuelle, alors qu’il n’est qu’une autre forme de totalitarisme. Et que, comble d’ironie, il produit une concentration des pouvoirs qui n’a rien de démocratique. Voir à cet égard les débats actuels sur les fusions-concentrations dans le secteur de l’énergie. La démocratie, cette fois, est dans le camp opposé. Celui qui revendique le droit de choisir une véritable alternative, une société disposant de services publics, respectant l’environnement, répartissant mieux les richesses, et défendant des valeurs sociales et humaines... Tous ces objectifs sont clairement affichés dans un appel « pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes » (voir pages suivantes), qui regroupe déjà des signataires qui ont l’avantage de dépasser les clivages habituels au sein de la gauche. Mais, bien sûr, on n’évitera pas la question : qui ? Puisqu’il est question d’une « candidature unitaire », il va bien falloir que celle-ci se trouve un visage, un regard, une couleur, un accent... On sait déjà que José Bové est disponible pour cette tâche aussi grisante que redoutable. Nous n’en sommes pas encore tout à fait là. Même si l’homme à la pipe incarne bien toutes ces valeurs que nous défendons. D’autres noms peuvent aussi surgir. L’essentiel aujourd’hui est ailleurs. Il s’agit de faire redémarrer une dynamique semblable à celle qui avait tout emporté sur son passage il y a un an : le scepticisme des uns et la mauvaise foi des autres. Il s’agit de dessiner les contours d’une gauche antilibérale. Car l’ambition va bien au-delà des échéances de 2007.

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