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Qui veut devenir président ?

Sans soucis pour l'avenir, nul ne se demande ce qu'il adviendra des prochaines élections présidentielles.
Pourtant le pouvoir en place s'en soucie, lui au moins, en incitant les peuples à se chamailler au sujet d'une hypothétique « identité nationale », afin que ces débats renvoient à des conclusions auxquelles ce pouvoir est très bien entraîné à discourir.

Peut-être, dirions-nous, que la télé va s'en charger. A un an des élections, comme par hasard une certaine Ségolène Royal va regagner en popularité, être présentée sous un jour favorable avec des journalistes qui demandent « mais comment ça se fait que personne n'y ait pensé avant vous ? », sans compter une petite ribambelle de pègnes-derrières qui se sentiront dans l'emphase de servir de faire-valoir, et le plus naturellement du monde, selon toute la traditionnelle habitude rodée et légale, l'égrainage démocratique nous conduira à poser la question déterminante pour l'avenir de l'humanité : « Alors, vous préférez quoi, la folle ou celui qui a fait ses preuves ? »

Le principal mal de ce monde est que sa structuration hasardeuse et injuste engendre l'effet selon lequel, en toute logique, ce sont toujours les moins aptes qui sont nommés aux postes à responsabilité.

On ne pourra se sortir de ce cycle logique qu'en refondant la structure même de l'organisation sociale, y compris le rapport à la hiérarchie, qui doit se permuter de l'asservissement aveugle des sous-fifres à un sentiment de service dont seraient emprunts les plus hauts fonctionnaires.

En ce moment, il existe sans risque de se tromper, au moins un millier de candidat dont le QI est supérieur ou égal à 140, les intentions nobles, les méthodes éprouvées, le coefficient affectif équilibré, la limpidité et la capacité de synthèse affûtés, et l'instruction politique et historique relativement suffisantes pour briguer le poste honorifique de représentant des Français auprès des autres nations.

Alors bien sûr, si il ne s'agit que de représenter les français, il convient que ce poste aille à une sorte d'énergumène nerveux et klaxonnant, irritable et malpoli, et dont la vue d'esprit est aussi courte que sa pensée est étroite.
Dans ce cas tout va bien.

Mais comme il s'agit ici d'effectuer des réparations, des innovations, des mutations, avec le soucis de ce que les résultats soient à la hauteur de ce que les peuples sont en droit de réclamer d'une société convenablement organisée, et malgré le petit mensonge que cela suppose, je pense, enfin personnellement, qu'il serait plus approprié que notre président soit plutôt une lumière d'intelligence et de courage, un phare de la méthode et une référence respectée pour sa sagesse.

Et tout en même temps, on peut se dire que déjà que c'est difficile pour un étroit d'esprit de ne pas finir par se croire supérieur aux autres, comment un noble philosophe, soudainement devenu une « référence » en terme de sagesse, pourrait-elle garder les pieds sur terre ?

La réponse, enfin ce n'est qu'une réponse, est que cet individu se soit entouré des équipiers les plus compétents dans leurs domaines respectifs, et dont il partagerait de façon étroite le travail et les questionnements, en tant que bon pluridisciplinaire.

Accessoirement je me demande comment on peut élire des gens qui ne s'expriment jamais personnellement, d'autant qu'ils n'en n'ont ni à cirer de le faire, ni même assez d'imagination pour se renouveler, alors que tant de penseurs et scientifiques de l'ombre (ou même parfois mis en lumière) nourrissent chaque jour l'humanité de leurs réflexions et analyses ?

Comment élire quelqu'un qui n'existe même pas sur internet, si ce n'est peut-être à la limite au moyen d'un « site web » conçu par des graphistes, rédigé par des rédacteurs, (utilisant des logiciels libres qu'ils combattent par ailleurs mais c'est juste une parenthèse) qui ne sont que des façades superficielles dont le but est d'aromatiser les seules deux ou trois petites phrases piochées dans des discours oisifs ou au mieux, un édito par an ?

- Bon en fait l'idée, c'est de ne pas attendre que le programme télé ne commence à s'en soucier, et d'inaugurer une candidature nationale pour la prochaine élection.
(je veux bien mettre à disposition les outils, serveurs, et développer les fonctions utiles pour ce faire. je vous paye même le nom de domaine avec mon RSArkozy).

Quand c'est pour élire le chanteur de l'année, ils vont bien parcourir la France entière en TGV pendant un mois pour faire les présélections, ensuite de quoi de nombreux tamis sont passés afin de ne garder que la crème de ce qui est supportable.

Mais pour un président de la république, là par contre il faudrait faire comme si ni internet, ni même le téléphone n'existait, en n'acceptant que des candidats ayant assez baigné dans le milieu politique pour connaître les ficelles qui permettent de se faire élire ?

Au risque, parmi ces ficelles, de trouver le chantage, la corruption, et toutes les sortes de manigances possibles.
Comme si, quand c'est vraiment très important, il fallait nécessairement que ce soit grave et opaque, avec une sonorité légèrement mafieuse afin de renforcer le frisson de ce qui est solennel.

Alors que justement, la solennité du moment est celle d'une révolution.
Aucun discours politique ne devrait plus être applaudi sans qu'il ne prenne en compte les questions aussi solennelles que la survie de l'humanité, la famine dans le monde, les réfugiés climatiques, les désastres écologiques, la co-responsabilité des gouvernements et des industries dans les guerres, l'atteinte croissante aux libertés, ou encore le désir et la raison qui peuvent rester de vouloir encore vivre sur cette planète.
Ça personne n'en fait la pub.

- Cher compatriotes,
Ainsi arrive le moment de faire face à ses responsabilités de la manière la plus humaine qui puisse être, à savoir en toute intelligence.

Nous avons tous soufferts, directement ou par empathie, des dégâts causés par l'aveuglement et la foi sans faille en un système social qui n'était viable que dans la tête de ceux qui y trouvaient un intérêt personnel.

Nos prédécesseurs se sont tous enfoui la tête dans le sable en espérant qu'on ne verrait pas que leurs erreurs et manquement ont engendrées les conditions contre lesquelles ils prétendaient avoir des solutions, toutes plus aggravantes les unes que les autres.

On en était arrivés à un stade où même les plus jeunes pouvaient en une phrase proposer des solutions bien meilleures que toute une clique mondiale de politiciens mis au service d'une infime minorité de possédants.

Avec cette élection présidentielle française, il est question d'inaugurer une deuxième révolution, dont l'origine se trouvent encore une fois être la tyrannie, et l'échappement, un espoir nouveau qui rayonnera dans le monde entier.

En élisant ce nouveau président, Monsieur X, nous inaugurons dans la même foulée une nouvelle constitution, un nouveau fonctionnement, et un nouveau système social.

La nouvelle constitution reprendra la tonalité d'origine des Droits de l'Homme de 1789 en plaçant la loi dans l'ordre de ce qui est désirable, et de ce vers quoi il faut tendre.

Le nouveau fonctionnement politique fera que nous devons créer de nombreux et multiples centres d'analyses qui travaillent et se coordonnent en réseau afin de produire les ajustements systémiques les plus judicieux. Un conseil général des réseaux politiques sera élu tous les quatre ans par référendum, après avoir bien entendu subi toute une batterie de tests psychotechniques.

Le système social partira du principe acquit que les biens et services de première nécessité seront en toutes circonstances livrés à tous les habitants du pays, y compris tous les résidents immigrants.

En toute logique, nous exporteront ce fonctionnement systémique à tous les pays qui le désirent et les aideront sans aucune contrepartie à installer les structures qui permettent cette organisation d'une haute complexité.

Des ingénieurs travailleront toute l'année au fonctionnement du système de répartition et de valorisation.
De nombreux secteurs professionnels seront annoncés comme faisant partie du service public, tels que la recherche scientifique, l'éducation, la médecine, l'urbanisme, les télécommunications, l'alimentation et les transports.

Cela signifie que toue la société travaille pour le bon fonctionnement de ces services publiques, que ce soit en reversant des impôts ou en y exerçant une profession.

Il y a tant à faire aujourd'hui qu'en ces temps où certains parlent de « surpopulation » il conviendrait mieux désormais de parler d'énormes vides à remplir, d'urgences sur lesquelles intervenir, et d'un travail rigoureux et incrémentiel de sorte que chaque action de notre part fasse avancer cette société dans un sens positif pour les générations à venir.

Merci

(discours d'investiture de votre serviteur déjà préparé à l'avance au cas où)

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