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Un message de paix pour le monde ?

Ce qui caractérise le mieux une prise de conscience collective est certainement la subite critique que suscite des expressions pourtant aussi anciennes que la télé (par exemple).

Déjà au départ la télé était le moyen de parler « au monde », d'être vu et jugé par lui, ce qui équivalait à être vu et jugé par l'histoire elle-même, en direct-live.
Ce qui était la concrétisation des craintes les plus poussives de la politesse et du « savoir-vivre », quand les aristocrates devaient modeler leur comportement en raison d'un virtuel « monde » capable de juger. Bizarrement une fis que c'était vrai soudain ce comportement a disparu...

Avec l'avènement d'une conscience collective vibrante en temps réel, comme au sortir du sommeil paradoxal quand on commence à avoir une certaine maîtrise sur nos rêves, apparaît l'outrecuidance qui consiste à redéfinir des mots et des expressions qui pourtant appartiennent à la statique culture.

Et voilà un gars à la télé interviewé comme un connard qui ose prétendre que le peu qu'il fait consiste à transmettre un message de paix au monde.

Ce qu'il faut pas entendre !

Comme si les gens n'étaient pas déjà en paix.
Comme si les gouvernements et les industries n'avaient rien à voir avec les guerres.

Les personnes qui y participent doivent nécessairement se faire laver le cerveau afin de consentir à cette activité commerciale à but lucratif.
On leur dit tout ce qu'ils veulent sauf évidemment que le but est lucratif, sinon ils en voudraient une part.

Et ceux qui les déclenchent le font en sachant ne jamais être découverts un jour, et s'ils l'étaient, après tout ils n'agissent qu'en fonction de la loi ultime du business comme tout le monde.

Et tous ces gens-là ne font que voir passer le message de paix adressé au monde devant leurs yeux, depuis un candidat involontaire qui sert à les couvrir, jusqu'à des auditeurs crédules qui se disent qu'à force de le répéter les intéressés finiront par l'entendre.

- Le plus terrible c'est ce policier qui maintient un enfant par la nuque le visage contre le sol le temps que l'infirmière lui injecte un virus vivant de grippe mortelle, en croyant bien faire car s'est sensé stimuler l'organisme pour se défendre contre ce même virus mortel, dans la crainte qu'un jour il ne l'attrape.

Là on est dans le même schéma qu'une guerre préemptive où on bombarde un pays de peur qu'il bombarde des gens. Ah oui je sais c'est stupide mais c'est comme ça que les gouvernements d'industries pensent et voient les choses, ainsi, c'est exactement la même procédure qui s'active pour des raisons aussi diverses que variées.

Même quand on essaie de parler avec eux la moindre critique nous est retournée avec plus de virulence avant même qu'on n'ai fini de la formuler complètement.

Ce qui est terrible pour ce flic et cette infirmière, c'est qu'ils agissent au nom de ce qu'ils conçoivent comme étant « la normalité ». Le gamin lui va mourir mais c'est moins grave que de passer l'éternité en enfer, coupable de ne pas avoir été capable de penser par soi-même et de remettre en cause ce que leurs supérieurs ont déclaré être « la normalité ».

Si on écoute les vrais gens normaux on obtient une éthique de meilleure qualité et une morale moins banale, que celle qui consiste à céder l'autorité à un être supérieur hiérarchiquement.

L'autorité dans le nouveau monde, est ce qui découle de la preuve que les actes à contre-courants sont couronnés de succès.
Et ici dans les restes de l'ancien monde l'autorité est déléguée à ceux qui ne font rien d'autre que de vouloir la posséder à n'importe quel prix et qui se mettent en colère quand ils entrevoient l'idée de ne plus en avoir, alors pourtant que chacun de leurs actes conduit à un nouveau désastre, depuis si longtemps qu'on en a presque prit l'habitude.

Dans le nouveau monde, voir arriver un émissaire de l'ancien monde nous recommander de toutes ses petites forces « que les peuples soient en paix », alors que les gouvernements font tout pour les appauvrir les affamer les diviser, et que malgré cela ils sont déjà quand même en paix (une paix fébrile j'en conviens), je ne sais pas si il faut y voir une insulte ou une provocation, mais en tous cas il est certain qu'on peut y voir au moins une ignorance profonde du fonctionnement de ce monde.

Vas-y toi au milieu des gens qui meurent de faim et de soif à cause des puissants de ce monde qui n'ont jamais fini de tout leur prendre, leur dire « soyez en paix es frères ».

Evidemment on devrait leur dire « levez-vous mes frères ». Cette Terre vous appartient, aucun gars en costume de scène ne pourra plus venir faire tomber sur vous une autorité dénuée de fondement.

Et évidemment les gars en costume de scène de la justice télévisée vont être offusqués de ce message de pas-paix ;
Et les gars en costume de scène militaire ou policier vont être très inquiets pour leur job si jamais l'idée les traversait de s'interroger sur ce qu'est « la normalité », parce que s'ils commencent à discuter les ordres qu'on leur donne ils savent très bien de quel côté du bâton il vont retrouveraient.

Alors peut-être, me dis-je, attendent-ils que la masse critique soit atteinte afin que les retardataires de l'ancien monde soient moins nombreux, soudainement réveillés en se demandant de quel cauchemar ils viennent de s'évader.

Car en effet si les gens sont unis dans leur détermination à faire advenir un monde véritablement paisible et prospère, et unanimes sur les causes pratiques de son malheur, même s'ils ne sont pas d'accord sur la méthode (car ça, ça va être bien plus long) ils le seront au moins sur un point fondamental : si tout le monde se place du même côté du bâton, il n'y aura plus personne pour le tenir, et le propriétaire de l'autorité de l'ancien monde n'aura plus qu'à se taper tout seul sur la tête en se demandant quel mensonge pourra sauver son âme.

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