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Vu avez vu, vous avez su, alors pourquoi n'avez-vous rien fait ? demanda Dieu au simple citoyen qui croyait que se taire aurait suffit à l'épargner.

Vu avez vu, vous avez su, alors pourquoi n'avez-vous rien fait ? demanda Dieu au simple citoyen qui croyait que se taire aurait suffit à l'épargner.

Analogie du nazisme : et si ça vous arrivait à vous ?
Faut-il que ça vous arrive "à vous" pour que vous puissiez expérimenter, de loin, la compassion ? Ou alors en seriez-vous réduits simplement à la haine ?
Et n'est-ce pas ce que vous souhaitez finalement ? Avez-vous besoin de la haine ?
N'est-ce pas cet enfer qui attend ceux qui laissent faire les crimes ?
Votre silence n'est-il pas méprisant et violent ? n'est-il pas un consentement ?

Le silence de celui qui peut agir est plus grave que celui qui est réduit au silence.

Voilà l'enfer que subiront les lâches :
(Allégorie de l'appartement caverneux)

Vous avez un superbe appartement que vous partagez avec votre femme et votre enfant.
Soudain un lointain cousin arrive à l'improviste, évadé de prison, et recherché par la police. Mais il ne vous le dit pas tout de suite, en premier, il narre l'injustice dont il a été victime.
Il vous dit qu'il n'aurait jamais dû aller en prison et qu'il n'a jamais commit de crime.

Vous savez qu'il dit vrai, et que ces dix dernières années il a vécu la peur le matin et la terreur le soir. Il ne cherche qu'à être libre. Et vous lui offrez le couvert.

Il s'installe quelques temps, dans un espace qui lui est dédié, entre le canapé et la cheminée.
Il pose ses affaires, et recrée sans le vouloir le décors de sa prison, avec toutes les restrictions. Vous avez pitié de lui et lui offrez de s'étendre, ce qu'il fait.

Mais sa peur ne le quitte pas. Quiconque s'approche de sa zone est vilipendé.
De lui-même il décide de frontières à ne pas dépasser.
Et ces frontières restent valables même en son absence si bien qu'il installe des alarmes, des barrières, du barbelé...

Subrepticement il étend sa zone, et puis soudainement prétend qu'il doit bien accéder à la cuisine et à la salle de bain. Et dès lors ces zones mitoyennes, lui appartiennent, mais il ne le dit pas tout de suite.
Puis il décide d'y installer des corridors, faits de meubles, entourés d'alarmes et de barbelés pour y accéder.

Quiconque s'approche, regarde ou pense à son installation se fait immédiatement hurler dessus. Il ne supporte pas qu'on semble l'accuser de quoi que ce soit.

Puis, excédé par ces provocations, il s'accapare l'ensemble du salon, et réserve un refuge pour vous et votre famille, dans la chambre du bébé, où d'après lui vous serez très bien pour vivre. D'après lui cela vous suffit amplement.
Et il ajoute que ça aurait pu être pire.

Mais cette situation ne saurait durer alors vous le lui faites remarquer, au risque de provoquer une nouvelle crise. Et c'est ce qui arrive.

Un jour, vous décidez de supprimer ces barbelés qui vous empêchent de bouger dans la pièce où vous êtes confiné.
Et vous proclamez "je remettrai les barbelés quand j'aurais un libre accès à la salle de bain et aux sanitaires !!"

Là dessus les voisins arrivent, alertés par le vacarme, et vous insultent directement d'en être responsable. Bientôt, avec les bruits de couloir, tout l'immeuble vous accuse d'avoir provoqué inconsidérément ce chahut !!

Excédé et appuyé par le voisinage à qui votre cousin raconte ce qu'il veut, puisqu'il a accès à la porte et pas vous, le voilà qui débarque dans votre "refuge" pour déchaîner sa haine.

Il s'empare du bébé par le pied, et l'éclate brusquement contre le mur, lui faisant sauter la tête dans un éclat de sang.
Il vous ligote, fait couler du béton à prise rapide sur vous, et se met à saccager et brûler tout votre mobilier, tuant votre femme sans faire exprès.

Pendant ce temps, le gardien de l'immeuble fait une réunion de copropriétaires dont vous êtes absent, et fait voter à votre encontre votre expulsion, de toute urgence.

Là vous apprenez par une lettre, que le gardien de l'immeuble a décidé de restructurer l'immeuble, en installant un balcon commun à tous, à la place de votre appartement, et l'abattage des murs est prévu pour le jour même !

Ainsi, vous mourez écrasé par une pile de béton s'effondrant sur vous, jetant un dernier regard sur votre famille pourrissante.

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