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un autre NOM est possible

(un autre Nouvel Ordre Mondial est possible)

En fait, la mutation de société à laquelle on assiste peut se résumer dans le terme, plus développé que celui de la « décentralisation », de celui de l'externalisation des mécanismes.

La société humaine se doit de constituer dans son ensemble un système.
Ce n'est pas la solution des chefs de tribu alignés qui peut permettre à la vie sur terre de s'organiser rationnellement, mais la co-participation pro-active d'un ensemble d'acteurs organisés entre eux, et capables de gérer simultanément des buts situés à différentes échelles, locales et communes.

Il s'agit ni plus ni moins que de la science de la topologie des systèmes, la fabrication d'un logiciel appliqué à l'organisation sociale.

Concrètement, (et symboliquement) un chef de tribu ne possède pas la légitimité nécessaire, fut-il élu démocratiquement en raison de ses discours oisifs, de légiférer dans des domaines auxquels il ne comprend rien.

C'est automatiquement et en fonction de consensus établis que, par exemple, les « hauts-éducateurs » possèdent le droit moral de légiférer sur l'éducation.
Dans chaque domaine de la vie sociale, les acteurs associés doivent posséder les pouvoirs d'un chef d'état, appliqué au domaine professionnel qui est le leur, et en symbiose logique avec le système social dans son ensemble.

Mais cela n'est pas encore suffisant pour définir le principe d'externalisation des mécanismes.

En fait c'est de cet ensemble pro-actif que doit surgir un fonctionnement global.
C'est en constatant les besoins communs que des règles communes peuvent apparaître.

La gouvernance mondiale proprement dite, ne peut être que la synthèse des acteurs de l'activité humaine ; que sont l'alimentation, l'éducation, la médecine, l'urbanisme, les transports, et la culture.

Aucun de ces domaines n'a particulièrement intérêt à se trouver régionalisé, à part que dans certaines régions du monde certains aliments sont préférés à d'autre, toute la mécanique de leur production et de leur répartition équitable reste la même.

En fait la « globalisation » capitaliste était certainement une simulation en miniature de ce que doit être la « globalisation fonctionnelle ».

- Cette idée, qui se réfère au mode « orienté objet » qu'on connait en programmation, possède l'avantage constructif d'avoir prouvé son efficacité. C'est le meilleur mode de développement logiciel qu'on connaisse, puisque chaque composant du système répond à des normes globales, de sorte qu'il puisse évoluer indépendamment des autres tout en n'entrant pas en conflit avec les autres procédés.

Ici on parle quand même de choses que les plus de trente ans ne peuvent pas connaître !

L'application de ce procédé systémique peut s'avérer d'une simplicité bouleversante.
C'est d'ailleurs tellement simple et évident que ça risque de rester invisible encore quelques temps, du moins jusqu'à ce que l'humanité crie au ras-le-bol de ses propres procédures devenues obsolètes et engendrant la mort plutôt que la vie.

En effet quand on parle de « crise systémique », il ne s'agit pas seulement de dire que certaines personnes ont fait un usage immoral des belles lois inaltérables du capitalisme. Il s'agit vraiment de ce qui concerne le logiciel humain, la logique profonde sur laquelle elle base son activité et sa réflexion. On sait tous que cette logique est le but lucratif privé et qu'il est non fonctionnel à grande échelle, au point de ne plus même pouvoir rester « lucratif » à l'échelle privée !
C'est un système si peu rentable qu'il donne l'impression de patauger dans la semoule, voire même d'avancer sur un tapis-roulant qui roule en sens inverse à une vitesse grandissante.

Alors que si on se fixe des buts simultanés, privés et d'échelle, sans qu'aucun ne prédomine sur l'autre, on peut prédire à quoi ressemblera un système social fonctionnel.

Mais avant d'avouer l'idée maîtresse qui permettrait à l'humanité de passer ce cap, il faut revenir à quelques définitions de base : pourquoi on travaille, qu'est-ce qu'une société, de quoi a-t-on besoin.

Car en fait changer de paradigme systémique ne remet pas en cause ces valeurs qui existent déjà.
Simplement dans l'esprit collectif c'est ce à quoi sont associées ces valeurs qui doit se trouver muté.

L'argent et la possession sont associés à la sécurité ; le but lucratif est associé à la réussite d'un projet, et cette réussite est, fallacieusement, associée au partage de cette réussite, c'est à dire à l'idée qu'elle profite à tout le monde en fin de compte.

Or il est possible d'obtenir ces mêmes résultats, et en fait de meilleurs résultats, sans pour autant se forcer à passer par ces associations d'idées qui se sont engrammées dans l'esprit collectif durant l'ère industrielle.

En effet quand on dira aux gens qu'ils travailleront mais ne seront plus « payés », ça va les effrayer. Pourtant si on leur dit que tout ce dont ils auront besoin pour vivre sera disponible en abondance, c'est tellement beau qu'ils n'y croient pas. (tellement habités à se faire arnaquer)

Quel est l'intérêt de travailler ? Cette question est déjà biaisée par une mentalité qui provient de l'époque industrielle. L'humain préfère travailler, et en fait agir, produire, participer est son état le plus normal. D'ailleurs j'ai toujours annoncé (à mon ANPE) que le non-travail était une grave lésion des droits de l'homme.

Dans ce cadre, l'humain participant au projet global, quelle que soit la teneur, la force, l'efficacité (mise en rapport avec la capacité) de cette participation, est propriétaire du devoir moral qu'a le système social de pourvoir à ses besoins les plus élémentaires.

Le principe de la mise en rapport avec la capacité est très important, car pour une capacité de zéro, les droits sont à cent et les devoirs à zéro, tandis que pour capacité de cent les droits et devoirs sont à cent pourcents. C'est de ce ratio que peut provenir une éventuelle variation des droits de possession, de façon à ce l'esprit hérité de l'ère industriel ne soit pas trop heurté par un sentiment d'injustice individuelle, grâce à la méthode préhistorique de la « récompense » (dont l'utilité est loin d'être obsolète me semble-t-il !).

Mais à part cela, quel intérêt peut avoir le but lucratif privé au sein d'un système social global qui assure par avance que les besoins seront de toutes façons satisfaits ? N'est-il pas plus avantageux de se savoir en sécurité et en paix pour toute sa vie, plutôt que de se sentir motivé par le stress de devoir subvenir à ses besoins les plus élémentaires et ceux de ses enfants ?

Car au fond le moteur de l'économie mondial est précisément le stress et l'angoisse de la famine et de la mort de froid en hiver.
Les gens qui prône un « nouvel ordre mondial » ne remettent pas cela en cause, au contraire il veulent s'en servir comme d'un puissant ressort de motivation qui permettra aux plus fortunés d'expérimenter de façon prototype le bonheur qui consiste à ne pas avoir à se soucier de l'avenir !

Et (ma foi) ils n'y parviennent d'autant moins qu'ils sont crispés par cet objectif.

- Un autre préambule peut consister à examiner le rôle d'un état pour son peuple.
Historiquement il y a deux pentes, une montante et une descendante, où en premier on essaya de centraliser un « domaine public » financé par des impôts, de sorte que l'éducation et la médecine soient accessibles à tous, au moyen d'une participation minime de chacun, qui se situe sur le plan financier. En effet on se demande comment aujourd'hui on pourrait créer des monuments aussi majestueux que ceux qui ont étés conçus dans la lointaine histoire.
Si cette pente avait continué les transports, puis l'alimentaire, l'habitation et la culture auraient pu devenir administrables de façon centralisée.
Mais cela n'a pas été le cas en raison de l'incapacité systémique à pourvoir gérer de trop grosses quantités de devoirs sociétaux (surtout quand on a commencé à toucher à l'alimentaire, le business le plus juteux qu'il puisse être).
De là c'est reparti dans l'autre sens, celui de la privatisation, y compris de la médecine et de l'éducation.

Certainement le but apparent était l'appât du gain mais je pense que la raison profonde était la mutation interne de la société humaine devenant communicante, et donc ayant une tendance naturelle à vouloir se tourner vers une mécanique de type « orienté objet », ce que je nomme l'externalisation des mécanismes.
Cela peut aussi être analysé comme une incompétence fomentée à gérer ces domaines qui auraient gagné à être publics.

Ce qui veut être fait est quand même important, il s'agit de renverser ce qu'a produit une pensée dogmatique aristotélicienne, selon laquelle, progressivement, est apparu une sorte de volonté toute-puissante de gérer depuis un centre-cerveau ce qui en réalité devait provenir d'un constat ou d'une prise de pouls dans la population.
C'est cela que le dogme de l'équilibre entre l'offre et la demande promettait.

C'est ainsi par exemple, mais ce n'est qu'un exemple, qu'un certain président français a un jour déclaré légalement une nouvelle coutume sociale qui consistait à réciter, comme une prière, un poème qu'il aimait bien à la rentrée des classes ; alors que « normalement » une coutume n'en devient une, et la solennité de l'instant n'en devient un, que si cette volonté apparaît d'elle-même au sein de la population.
Comme si il y avait encore besoin de finir de dégoûter les gens de la centralisation de la pensée.

Cela implique qu'un fond il faut être capable d'aller chercher l'information de « ce qui fait coutume » au sein de la population en observant ce qu'elle fait et ce qu'elle aime, contrairement à l'idée de leur dire ce qu'elle devrait faire ou aimer.

Ainsi, de la même manière, les directions que la société veut faire prendre à son destin ne résident que dans les conclusions d'une enquête fédératrice, profonde et philosophique des aspirations des citoyens, auxquelles des chercheurs seraient formés à savoir apporter les réponses les plus appropriées et les plus intelligents.

- Tout simplement,

déjà dans un premier temps,

l'ensemble des entreprises devraient systématiquement reverser ses bénéfices à des fonds communs sous forme de coopératives ou d'associations nationales ou fonctionnelles, de sorte à alimenter la vie publique en biens et services de première nécessité, sans forcément passer par des états.
Déjà il suffirait de cette loi pour résoudre un grand pourcentage des maux de ce monde.
De plus ça obligerait à créer des fonctionnements de répartition visant à produire le phénomène de justice.

En fait mécaniquement, les industries touchant aux biens et services de première nécessité devraient automatiquement devenir semi-étatiques selon ce modèle (notamment l'activité bancaire), et de fait substituer leur notion de « but lucratif » en une notion de « rendement ».

Plus généralement toute industrie passant un certain cap de succès devrait automatiquement suivre cette même voie.

Mais dans un second temps,
(car il faut voir loin)
ce sont les rémunérations qui devraient être converties en « droits » d'accès aux biens et services de première et seconde nécessité ; grâce aux mécanismes ayant eu à être créés par les institutions de gestion des reversements des activités lucratives. Ces droits seraient définitifs et impliqueraient tous les liens de parenté, au premier, puis au second degrés.

Faire cela aurait déjà au moins le premier avantage de faire baisser substantiellement les coûts à toutes ces industries.

Les droits sont une véritable monnaie, ils permettent l'accès aux biens et services désirés, et de plus, procurent une statistique précise sur les besoins des habitants.

Suite à quoi ces industries perdraient le besoin du but lucratif, mais ce n'est pas grave puisqu'entre-temps les mécanismes d'attribution des droits auront été créés.

(et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants)

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