090914 5 min

L'esprit des Lois

Jésus disait paraît-il « ce qui est lié sur Terre est lié au ciel, ce qui est délié sur Terre est délié au ciel ».

Mais moi je dis.

Si les sources lumineuses de la vérité sont multiples, les ombres des preuves de ces vérités sont multiples, mais ce qui est éclairé reste unique.

Nous étions enfants, nous faisons les expériences ensemble, nous étions heureux.
Nous étions adolescents, nous découvrions le sens critique et l'humour ensemble, nous étions heureux.
Puis vint le moment où nous durent nous occuper de vérités divergentes.

Les humains vivants sont autant d'ombres projetées depuis autant de sources de vérité. Il y en a qui sont aplaties et diffuses, et d'autres dont les contours sont nets et la silhouette saillante.
Enfin d'autres reçoivent la lumière d'au-dessus, et ce qu'on ne voit d'eux n'est qu'un amas globuleux.

-

Le Cosmos a son sang, qui est un transporteur énergétique qui ravitaille ces ombres en désir d'agir.

Il y a un chemin en forme d'entonnoir entre l'imaginaire et le palpable de la réalité, qui n'est qu'une ombre projetée (l'analogie de l'ombre est insuffisante).

Le palpable de la réalité est tout ce dont la science (actuelle) est capable.
Si la science doit trouver le chemin de sortie d'un labyrinthe, elle ne connaît qu'une méthode, qui consiste à garder une main sur un mur et de ne jamais, au grand jamais lâcher cette main.
De son point de vue si elle voit une impasse, elle est tentée d'aller s'appuyer sur le mur d'en face, et ainsi de louper sa sortie. La science ne constate ainsi son échec qu'en estimant que le chemin parcouru est beaucoup plus long que prévu. Et elle n'en a la preuve qu'en se voyant revenir sur ses pas (si longtemps après).

Mais l'intelligence est plus vaste et plus économique.
Elle peut se dire que le constructeur du labyrinthe creusé dans la montagne a bien été obligé de commencer par l'entrée et la sortie, ainsi peut-être a-t-il d'abord creusé un passage sous-terrain afin de les relier et de ne pas s'y perdre lui-même !
Un labyrinthe, n'a pour fonction que de faire office de « feu rouge » afin de contenir des lois momentanéement.

-

Entre le monde des idées et la réalité, il y a un schéma transitoire, que sont les mathématiques.
La matière que nous observons n'est que la représentation graphique de sa réalité mathématique. (et non l'inverse). La réalité mathématique est préalable à la réalité matérielle ; ainsi, si les gens sont différents, les désirs sont divergents, les buts sont dissociés, les couleurs sont différentes, ce ne sont qu'un jeu des apparences. Si ces représentations graphiques sont différentes, la réalité sommaire qui en est à l'origine est unique. Si la panoplie des nuances est si grande, c'est parce qu'il y a des lois à comprendre. Enfin, on peut se dire qu'il est une réalité bien plus tangible que ce qui vient se coller à notre rétine, et que rien n'est plus réel que la mathématique, et au fond la logique, et au fond la Raison.

-

Les êtres humains du premier degrés, ceux dont les contours sont bien tracés, n'estiment pas qu'il y a autre chose de plus réel que ce qu'ils voient, et l'absence de vision est pour eux synonyme d'absence d'existence. Ils prennent tout au premier degrés, au pied de la lettre, et leur vision du monde touche en butée sur ce qui est palpable.

Mais cela est vite insuffisant. Le désir contenté ne cesse d'en appeler d'autres plus vastes, et nécessairement cela conduit vers les degrés suivants de la réalité de ce monde.
A un moment on ne peut plus se contenter de ce qui est palpable avec les mains et les yeux, si les autres organes percepteurs « voient » quelque chose qui ne peut être corroboré par le monde physique.

L'entonnoir de l'imaginaire, du monde des idées vers le monde physique est algorithmique.
C'est en augmentant la densité des lois à l'oeuvre que se conglomère la réalité.
De la même manière que la matière sont des paquets fermés d'ondes, qui elles-mêmes ne sont que des autoroutes vides prêtes à « transporter » une information de changement d'état de chacun des ponts qui y seront croisés, les labyrinthes psychologiques, les tourments, les pertes de soi sont eux-mêmes l'incarnation physique d'intenses collisions de lois.

Et l'absence de règles qui régissent et ordonnent ces lois, qui émanent du processus global en cours lui-même, produit ces tourments et ces labyrinthes.
Ces règles à chercher sont des lois d'agencement des lois existantes, qui elles découlent de l'existant.
Un des indice de réponse sur ces règles, est qu'elle sont ces mêmes lois appliquées à elles-mêmes.
Et l'intérêt de ces divergences chromatiques, qui découle de ces contradictions, et d'en saisir les règles qui auraient dû être à l'oeuvre, et ce par quoi elles ont été contrariées.

Les collisions de lois, à aucun moment, ne peuvent conduire à en supprimer l'un où l'autre, sauf pendant le temps de l'expérience, où dans ce cas on débranche certains effets afin de tâter l'origine d'une collision illégale. Mais les humains du premier degrés croient que cela est suffisant et arrête ici leur travail. Pourtant très vite l'absence des lois débranchées ne tarde pas à faire sentir son inconvénient. Et leur raison d'être ne peut jamais être remise en cause, car ce sont des LOIS.

L'intérêt de l'expérience est de démêler, organiser, harmoniser les lois afin qu'elles puissent se compléter et s'ajuster. Il ne faut pas non plus omettre que les lois émergent des processus eux-mêmes, et qu'ainsi bon nombre d'entre elles, une fois le cosmos correctement organisé, n'auront plus d'utilité, et disparaîtront d'elles mêmes, comme elles sont venues.

8119