090905 7 min

timetravels

Ah je ne vous ai pas raconté les fois où j'ai voyagé dans le temps.
Là je compte pas dormir donc je vais raconter cette histoire à mes deux ou trois lecteurs.
Que clochard qui vit dans la rue avec un RMI égal (ou supérieur) au mien n'a pas traversé un portail interdimensionnel, discuté avec Dieu ou rencontré des êtres venus d'ailleurs ?

C'est arrivé plusieurs fois, car en fait il y a Des temps. On part innocemment se coucher et on se retrouve parfaitement éveillé dans un temps, un autre, soit à la même époque, soit avant, soit un autre à une autre époque...

J'ai revu des êtres aimés et disparus, j'ai pu les embrasser et leur expliquer ce que j'avais vécu, non sans fierté. J'ai voulu avertir de ce qui allait arriver, j'ai voulu m'auto-avertir de ce qui allait m'arriver, à l limite le plan c'était de me constituer prisonnier pour prendre sa place et agir correctement, car ça aurait été impossible de le convaincre ou alors c'est sûr qu'il aurait agi de travers. Mais j'ai dû à chaque fois remplir des missions plus importantes pour le futur qu'est ce présent. Il y a des gens vivant maintenant que j'ai dû garder quand ils étaient bébé pour leur sauver la vie.

Une fois j'étais à bord d'un sous-marin commandant de mission, on se rendait à une base assez ancienne et juste à côté avait poussé une autre base bien plus grande et moderne. Elle n'était pas d'origine terrienne, alors j'avais très envie de la visiter. J'ai pris quelques hommes avec moi et on a investi les lieux, c'était splendide, je suis sûr qu'on aurait vite compris comme elle marchait. On a fait une colonne entre les deux mais elle a commencé à se fissurer. J'avais un choix à faire dans l'urgence, soit je ramenait 90 hommes dans la base ET super spacieuse et auto-sécurisée au risque de ne pas avoir le temps de ramener tout le monde, soit on retournait dans l'ancienne mais au risque de perdre la base ET, voire même que les deux bases soient englouties. Ah lala ! J'ai dû abandonner la base moderne, alors qu'elle disposait de tous les équipements de survie. Plus tard j'ai demandé à mon supérieur si il pensait que j'avais bien fait, parce que la vie des hommes était autant compromise dans un cas que dans l'autre, il m'a répondu, l'air assez content toutefois, que c'était à moi de le savoir.

J'ai vu dans un certain futur que les routes avaient été remplacées par des pistes pour roller-blades. Il y avait des stupides portiques à passer pour y accéder, ensuite de quoi des systèmes d'élastiques assuraient la propulsion et permettait de monter des pentes ou des monticules de repos. L'air était si pur dans les grandes villes qu'on n'avait plus trop de mal à y faire ces exercices quotidiens.
C'était le moyen de transport le plus conventionnel.

Rien à voir avec cet autre futur où des robots soldats humanoïdes investissait les rues dans le but de « chercher et détruire » tous ceux qui avaient, même en pensée, voulu sortir alors qu'il y avait le couvre-feux. Ils tuait femmes et enfants dans l'indifférence, en faisant des cris stridents terrifiants qui étaient sensés reproduire des rires de sorcières, dans le but de clouer de peur ses victimes pour user moins de batterie en les recherchant.

Puis après j'ai réfléchit à ces voyages dans le temps. J'ai aussi été commandant d'un navire spatial, par défaut car il était abandonné, la vie sur terre étant gravement menacée par espèces de comètes vertes mal-pensantes. On n'avait pas eu le temps de finir la deuxième terre située radialement à 33° sur l'orbite terrestre, que les robots s'acharnaient à architecturer en captant l'énergie solaire et en en faisant des labyrinthes de métal. Au final il n'allait plus rester que deux planètes vides.

L'idée c'est que de toutes manières LA VIE c'est justement l'apprentissage de ces expériences, qui nous arrivent parce qu'on est devenu en droit d'avoir à tester ses capacités dans certaines situations. Malgré les horribles défaites du passé, je n'ai jamais voulu, enfin pas vraiment pu, modifier le cours du temps, du moins pas le mien mais celui du plus grand nombre. Quand ce choix se pose on ne peut que dire « dommage pour moi ».

Plusieurs fois j'ai revu des gens perdus de longue date dans des futurs lus ou moins proches. J'avais vu des hordes de décervelés attaquer brûler tuer et piller tout ce qui leur tombait sous la main, dans peu de temps. Ils avaient explosé un ont dans lequel il y avait des habitations. A peine quelques jours après j'entends un furieux politicien proposer de créer des ponts habités « comme autrefois ».

J'ai aussi assisté à un énième atterrissage de soucoupe volante qui commençait à me lasser, et que les gens venaient toujours admirer sans savoir pourquoi. J'étais parmi les seuls à me méfier de ceux-là, ils n'avaient jamais voulu répondre aux questions directes et se contentaient de faire des démonstrations de leur supériorité technique.

C'est stupide parce que si je modifie l'encours du temps, je triche, car je le fais au moyen de l'expérience que j'ai acquise par le temps qui en a découlé. Et si je change l'encours de l'histoire alors je vais me trouver face à de nouvelles expériences dont je n'aurais pas forcément la solution, en fait le problème du phénomène de la Vie restera entier.

Pour les fois où mes regrets son immenses, je ne peux rien faire, même doté du pouvoir du voyage dans le temps, car c'est irresponsable et stupide de tenter de modifier ces échecs, qui resteront toujours autant réels.

Vouloir effacer les mauvais moment du temps c'est aussi cracher sur les bons et aussi renier les coups de chance miraculeux qui m'auront parfois sauvé de justesse, et pour lesquels les êtres aimés de l'au-delà se donnent du mal.
C'est quand même déjà pas mal de pouvoir aller parler à ces âtres aimés du passé et de leur apporter une sagesse dont ils ont si grandement besoin, en les rassurant à l'aide de préceptes qui sont parfaitement banaux de nos jours.

C'est aussi très sympathique de voir un ou plusieurs futurs, bons ou mauvais, car ils sont porteurs, à travers le temps, de messages dont il reste à trouver l'usage. Ces messages tendent tous vers le même point de fuite, qui est le même endroit d'où il faut être si on veut faire les bons choix. Cela ne sert à rien d'avoir les solutions et les réponses, le miracle c'est celui qui consiste à les innover, les créer et les assembler de ses mains, les faire venir du monde des idées et leur donner réalité.
La récompense c'est seulement quand les choses se passent comme on le prévoit, ce dont seul Dieu est témoin ; si on modifie le temps on change la donne, et du coup plus rien de ce qu'on sait n'est fiable pour agir.

Le temps est comme les épines d'un hérisson, chaque noeud-événement est une pointe dirigée verticalement par rapport à l'en-cours du temps. Si on suit cette pointe on obtient pas seulement tout un temps, mais également tout un univers. Et dans cet univers il y a des vrais gens, qui sont vivants maintenant, et pour qui on possède le droit d'avoir une pensée.

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Ah oui je voulais dire aussi, l'année passée c'était la re-mode des musiques des années 70, puis en 2009 cette des musiques des années 80, qui comme la dernière décennie mais en l'espace de deux mois, ont très vite finies par nous soûler. Là on commence à repasser par les années 90, cette fameuse époque d'après-fête, d' »after-hour ».
C'est très important la musique car c'est le langage de l'esprit collectif terrestre, dont la réalité va devenir « scientifique ».
A chaque fois, on ressent toute l'humeur de ces époques passées et naïves, en tous cas moins savantes et plus romantiques. Mais à chaque fois aussi, ah! Lala, quelle joie de retrouver les musique de cette époque présente ! Elles sont tellement touchantes ! Bien sûr il n'y a plus cette énergie de solennité, on a l'impression que souvent les artistes sont distants d'avec l'art lui-même, mais quand même à chaque fois je dois dire à quel point ça fait du bien de retrouver son époque.
Il y a fort à parier, et c'est déjà le cas, qu'on va re-aimer les sons d'il y a à peine quelques années, ce qui nous conduit directement à 2010, l'année où une collision temporelle est prévue, et où les son qui sortirons seront simultanément vécus et relativisés, c'est à dire, où une prise de conscience d'ordre collective aura lieu. En 2010, seuls les attardés diront encore « il faut que le monde se réveille », car en fait il sera en train de le faire, et quand on se réveille, on aime bien que cela se fasse dans un certain sentiment d'avoir réglé toutes ses dettes avec le passé.

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