090821 11 min

Le droit des groupes sociaux

Les pays dits civilisés se sont lancés dans une guerre contre les pays pauvres incapables de se défendre, tant sur le plan physique que sur le plan rhétorique.

- Sur le plan physique, qu'une armée comme les USA s'abatte sur l'Irak ou l'Afghanistan, ou qu'Israël s'abatte sur la Palestine et Gaza, semble procéder d'un processus qui a prit son élan dans le plus lointain impérialisme... et qui se termine dans ce qu'il y a de plus inhumain au monde.

Peu importent les raisons, comme en psychologie elles sont fabriquées postérieurement afin de répondre aux processus qui ont besoin d'être entretenus. Aucune raison ne justifie une guerre, sinon le mot « raison » n'a plus de sens.

On voit par exemple que les USA sont enclins à faire la guerre à l'Iran, cherchent la provocation, mais devant la richesse de ce pays autant que son inéluctable envie de ressembler aux occidentaux du moins dans la forme d'expression populaire, en tous cas sur le plan matériel, l'hésitation est plus grande que contre les pays plus faibles, qui eux n'ont aucune chance de s'organiser (et qui selon Bourdieux sont coupables de ne pas avoir bétonné leur rues, de ne pas tracer des lignes droites entre les maisons).
Il en est de même avec l'Amérique Latine, où le putsch au Honduras est une forme de dernière tentative coûte que coûte, afin de voir si elle est capable de s'organiser rationnellement et finalement de ressembler aux impérialistes, ou si ils peuvent encore profiter du faits que ce sont surtout des petites civilisations tribales distantes et sans commutation.

Un phénomène très symbolique est l'introduction dans l'armée dominante de robots destinés à aller causer des morts par télécommande, que sont les drones de combats ou encore les robots à pattes mécaniques armés de mitrailleuses, de caméras et de détecteurs.

Là, on entre dans une phase où la lâcheté devient très visible.
Ce sujet est poignant d'un point de vue éthique, et il semble par le peu d'intérêt que cela suscite que la conscience populaire voudrait confier cette réflexion aux futurs historiens revenus au calme et entourés de vraies valeurs humanistes non détériorées ou effritées.

Pourtant il ne fait complètement aucun doute que dans la catégorie des crimes de guerre, l'usage de la force tellement disproportionnée qu'on peut la nommer « la lâcheté » constitue le plus haut niveau de crime jamais atteint dans l'histoire.

Pensez-donc, il suffit aux opérateur d'une base de commandement du pays belligérant d'appuyer sur des manettes pour mettre le feu à des paysans afghans en train de courir pour sauver leur vie, et les opérateurs de rire comme devant un jeu vidéo.

Et tout cela pour quoi ? Parce que l'histoire ne peut pas s'arrêter brutalement à moins de contredire un vieux con de chef complètement hérissé dès qu'on le contrarie, au sein d'une armée où il est parfaitement admit que son métier normal est de faire la guerre... d'autant plus que dans le civil il ne saurait rien faire d'autre.

Sur le plan moral, l'histoire de l'impérialisme et la mentalité qui consiste à faire usage de tous feux contre un ennemi quel qu'il soit, sans aucune autre limite que la victoire complète, éclatante, et la plus rapide possible, provient d'une époque où on ne savais pas encore s'émouvoir de la traite des esclaves, de la déportation des peuples, du pillage des pays étrangers (et donc ennemis), et de toutes sortes de motifs.

Notez aussi la curieuse contradiction dans le fait que la disproportion de force entre les agresseurs, de la même manière qu'avant on ne s'émouvait pas du racisme car il paraissait banal de dire que ces gens étaient inférieurs et non humains, n'empêche pas de nommer « guerre » ce qui est en réalité une agression à main armée contre une innocente victime.

Notez aussi cette autre contradiction entre la surpuissance des pays agresseurs, le fait de pouvoir en finir « le plus vite possible par tous les moyens » et l'acceptation presque devenue populaire selon laquelle ce guerres doivent être chroniques, permanentes, voire éternelles.

Dès qu'un pays est ravagé, hop on passe au suivant.

Et pourtant on note encore cette autre contradiction entre le ravage causé (1,5 million de morts en Irak, l'eau et la terre contaminés à la radioactivité pour les 6000 prochaines années), et l'échec flagrant de l'atteinte des objectifs initiaux. Quand on disait que les raisons n'étaient pas déterminantes pour expliquer une guerre (ou agression) ce qui était seulement philosophique est en fait devenu habituel, et en général on n'y prête pas attention (les gens se disent qu'ils ont dû mal comprendre et ne s'en émeuvent pas plus que cela).

Les gens ont l'air de se dire que ces guerres servent « à nous défendre » et que grâce à elles on peut continuer à vivre tranquilles. A cause du laisser-faire on se trouve vraiment dans le pays agresseur au même titre qu'on aurait pu être des allemands vivant tranquillement à la campagne pendant la deuxième guerre mondiale, insouciants et se disant que ça allait bien finir par passer.

Pourtant le recul historique nous fait nous demander ce qui freinait, ou bloquait la voix de l'entendement à cette époque, et c'est pas peu dire qu'il se passe la même chose aujourd'hui.

- Peut-être que ce paragraphe va paraître superflu, mais il se passe la même chose quand au niveau individuel a lieu l'acceptation de la non tenu de sa propre parole. C'est une chose que dans certaines cultures, quand on ne fait pas ce qu'on a dit qu'on allait faire, on se suicide illico, caron sait qu'une fois qu'on l'a fait on ne cesse lus jamais de le réitérer.

Ceci est une maladie mentale qui se répand à une très grande vitesse dans une société, où, en tous cas je le constate, des gens qui avant faisaient attention à ne pas en dire plus qu'ils ne pouvaient en faire, en sont arrivés à l'autre extrême carrément, à trouver parfaitement habituel et conventionnel de ne pas faire correspondre ses actes avec ses paroles, et même de les oublier tout simplement. Ils ne cherchent pas à être logiques avec eux-mêmes, et peuvent changer leur amour en haine du jour au lendemain, aussi facilement que la mode vestimentaire change périodiquement.
Comme si c'était pour dire qu'il fallait être cool, que ce manquement était tellement courant, ou qu'il fallait vraiment être blindés de principes issus d'une sclérose mentale pour ne pas savoir accepter cela.

Et en même temps notez la contradiction, quand on arrive une minute en retard à un rendez-vous avec un supérieur hiérarchique, on n'obtient aucune sorte de considération sur « des soucis pendant votre voyage ? » ou quoi que ce soit n'est tolérable. Que le métro se soit bloqué dix minutes sans raison ou qu'on ait pas été dirigé au bon endroit, ou quoi que ce soit, alors là c'est considéré comme une provocation à titre personnelle, une insulte, un outrage, une preuve définitive d'inconstance et de manque de maturité...

C'est à dire qu'il y a des choses qui sont déséquilibrées dans cette société, des énergies qui se sont transvasées où elles ont pu, jusqu'à faire apparaître de la névrose psychotique, là où un laxisme pathologique a dû être obligé d'apparaître « en face » (en face dans les tensions tétravalentes).

Autre exemple aberrant et parlant d'une époque, on agresse les automobilistes qui roulent à 51Km/h au lieu de 49 par « sécurité » là où c'est limité à « 50 », ou encore on s'exclame en voyant un sportif ayant fraudé en s'abimant la santé (sans aucune compassion pour sa pauvre bêtise et ce qu'il s'est senti poussé à faire), tandis qu'en ce qui concerne les violations du droit international alors là on laisse ça aux spécialistes.

Dans le premier cas la sanction sera immédiate et les journaux couvriront l'événement avec dans une ambiance de stupeur horrifiée, et dans l'autre on aura des contradicteurs des deux bords à qui on sermonnera de devoir se parler en toute quiétude et en se prévalent d'une complète impartialité dans la façon de présenter les faits, laissant un temps de parole équivalent aux deux commentateurs opposés.

Comme si on oserait agir de la sorte pour défendre le pauvre sportif de haut niveau (haut niveau de stress et de pression psychologique).
En tous cas dans un tribunal c'est ainsi qu'on compte régler les différents, et dans le cas d'un crime on s'attend sans aucun suspense à ce qu'il soit « officiellement » reconnu, dans le but que cette « officialisation » constitue en soi une part du dédommagement, ce qu'on nomme « rendre justice », en accompagnant cela d'une peine négative pour l'inculpé et une peine positive pour la victime.

Mais quand il s'agit de crimes éminemment gigantesques, non pas un meurtre, ou le fait de faire exploser une grenade dans la foule pendant un attentat (qui lui-même sert d'épouvantail pour justifier ce qui suit) mais quand il s'agit de millions, et même si on comptabilise tout ce qui a été causé, ça doit se compter en centaines de millions de morts causés par les pratiques guerrières, en guerre physique ou économique, alors là si on veut « rendre justice » il faut d'abord attendre que l'ensemble des crimes aient cessés d'être commis ; comme s'il fallait d'abord voir si ça menait effectivement quelque part, « comme promis ».

C'est peut-être pour cette raison que la « guerre contre le terrorisme » (pas l'annihilation massive et approximative, le trucage des élections, la stimulation des mafias, la propagande orchestrée, etc...) ont dès le départ été prévues pour durer éternellement.

- Il y a une notion assez importante qui doit pouvoir permettre d'y voir plus clair avant que les crimes massifs ne soient effectivement commis, et l'irréparable effectivement constatable par l'huissier de la justice historique.

On ne sait pas évaluer les dégâts causés par les industries polluantes, on sait juste qu'elles sont négatives, mais étant dans l'incapacité de les évaluer véritablement on se trouve coincés, étant donné la façon dont fonctionne la « justice » (avec des guillemets) qui a besoin de pouvoir soupeser sur sa balance des faits indéniables.
On ne peut rétorquer à ces agressions (contre la nature) qu'au coup par coup, ce qui constitue bien évidemment un travail de titan.

En passant, ça remonte à d'anciennes études, cette question est simple à résoudre, la justice devrait avoir une action politique et un rôle de faire en sorte que les conditions qui ont menées à un crime ne soient plus réunies, c'est à dire ne pas considérer un criminel comme un sous-homme dégénéré, mais comme un humain parfaitement normal pris dans l'étau de conditions désastreuses et convergentes. C'est aux conditions qu'il faut s'en prendre si on veut s'assurer qu'un tel crime ne soit pas commis à nouveau, et pas uniquement à la personne comme si elle était unique et exceptionnelle.

Cela mène à la considération que je veux mettre en lumière.
Bien sûr un humain dispose d'un libre-arbitre et choisi ou non de commettre un crime et dès lors, il en est le principal responsable. A la limite même, que le crime soit volontaire ou non ne devrait pas avoir tant d'importance, ce qui prédomine étant les faits et les dégâts.

Mais une société à but lucratif, ou en terme plus général un groupe d'humains agissant de concert et sans forcément se concerter d'ailleurs, en considérant ce qui lui semble normal, habituel, convenu, ne peut pas être considéré comme un être humain isolé devant la justice.

L'idée, c'est qu'un humain dispose du principe d'innocence jusqu'à preuve de contraire, tandis qu'un corpus social, un état, une entreprise ou tout réseau social agissant de concert, lui devrait être considéré comme coupable à moins de la preuve formelle du contraire.

De la même manière (on pourra multiplier les exemples) l'humain possède en priorité une liberté et par conséquence, des petits devoirs, tandis que le groupe social doit posséder en priorité des devoirs, et par voie de conséquence une certaine forme de liberté.

Notez que soudain il y a beaucoup de contradictions qui volent en éclat une fois qu'on a bien compris ce principe.

En effet il est parfaitement injuste, surtout dans une société où l'individu tend de plus en plus à avoir une tête de coupable en raison des préjugés raciaux ou autres, et où les groupes tendent toujours à avoir une tête d'innocents (appuyés par des médias serviles), de les considérer sur un même pied d'égalité et avec les mêmes principes des Droits de l'Homme.

L'histoire, c'est que les groupes sociaux veulent s'approprier les Droits de l'Homme à leur avantage, et ce faisant par une voie toute mécanique ils les confisquent aux individus pris isolément.

Cette époque, est celle de la naissance des groupes sociaux en tant qu'entités pensantes et agissantes, donc capables d'être considérés comme de vrais humains, comme je le fais souvent en expliquant leur comportement l'aide de la simple psychologie de base (qui est déjà assez suffisante).
C'est l'époque de l'internet où le macro-groupe social terrestre commence à peine à devenir existant, car communiquant.
C'est donc l'époque où doit s'opérer une distinction claire et nette entre ce qui appartient à l'individu, à savoir les Droits de l'Homme, et ce qui appartient aux groupes sociaux, à savoir la défense des Droits de l'Homme.

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