090725 10 min

Exemple de monde meilleur qui est possible

On dit souvent que la plus urgente des mesures à prendre est que les états reprennent le droit qui est le leur de battre monnaie, afin que les crédits puissent être affectés aux grands projets publics.

Mais aussi il faudrait encore que les peuples reprennent eux-mêmes le contrôle des gouvernements, ayant observé la disproportion que l'industrie et le business représente face à eux.

Les deux illusions selon lesquelles, d'une part l'argent est un bien public, et d'autre part les états sont une émanation des peuples, ne sont plus que des utopies quand on y oppose les dégâts et la misère causés par ces derniers.

En fait ce serait une approximation moins irrationnelle que de dire que la plupart des malheurs que ce monde connaît sont directement causés par les gouvernements leur si grande dévotion à l'industrie.

En promouvant l'industrie les gouvernement leur délègue la responsabilité de créer le phénomène de justice ou écologiques, alors qu'ils en sont la cause. Combien de fois a-ton entendu que « le bouclier fiscal », les subventions et toutes les manoeuvres en faveur de l'industrie avaient pur but que cette richesse vienne à se retrouver, par un phénomène de fontaine d'eau à étages, entre les mains des peuples ?
Que dirait-on s'il s'agissait d'arroser les plantes en passant par un système de canalisation en hauteur si vaste qu'il cacherait la lumière du soleil et que l'eau n'arriverait jamais en bas ?

- La quantité de travail à faire pour retrouver une prospérité sociale et une vraie confiance en les gouvernements, est bien plus importante que la solution qui consiste à tout recréer en partant de principes nouveaux.

Par exemple on pose la question au gouvernement : « Comment se fait-il que les travailleurs soient si oppressés de travailler à grande vitesse (le TGV !), et qu'en même temps il y ait autant de sans-emploi ? Comment arrivez-vous à faire qu'on puisse simultanément manquer de ressources naturelles, abattre les forêts qui nous fournissent notre oxygène, et à la fois mettre autant de gens dans la famine ? ».
Le temps qu'ils réfléchissent à cette question des solutions peuvent être mises en oeuvre.

Rien que cette façon de présenter le problème, à savoir l'idée de se référer à un « maître » dont on attend des réponses, est déjà une lourde erreur.

Aujourd'hui avec l'informatique on peut gérer la multitude avec une efficacité meilleure qu'avant, on gérait ce qui devait être hautement normalisé et standardisé.

Par instinct ou par jeu, de nombreuses activités proposent une monnaie alternative, où on gagne « des points », en fonction de certains critères, ce qui permet d'occasionner un semblant de système d'échange.

L'idée est que la monnaie doit être une valeur informatique elle-même dénuée de valeur, créée en un clic de souris par les comités ayant jugé nécessaire la mise en oeuvre d'activités.

L'équité qui veut être obtenue, n'est possible qu'au sein du réseau d'une corporation qui dit à peu près : « untel a fourni tel travail qui a telle valeur, ainsi il obtient les droits à son tour de retirer, sous la forme qui lui plaît, les biens et services pour une valeur équivalente ».

A cela il faut ajouter que si une valeur est attribuée dans le but de permettre des échanges, cela signifie implicitement (le saviez-vous ?) que l'ensemble de la communauté est prête à accepter l'argent venant de ces productions, et donc en somme, de payer pour qu'elles existent.
Cela permettrait d'initialiser une forme évoluée du boycott, au sens où il apparaît comme incontestable et logique que la création d'activité soit intimement liée à une otion d'utilité.

Il faut aussi ajouter qu'il y a une astuce à ce « valeur équivalente » puisqu'on inclut l'ensemble des coûts supportés par la communauté, avant que les comptes ne tombent juste.
En effet 50% des habitants sont forcément inactifs (enfants, vieux et malades), et le but lucratif relégué à l'échelle sociale signifie qu'on inclue le service social (alimentation, médecine, éducation, habitation, urbanisme, transport...) garanti à tous les citoyens. Cela représente sûrement moins que les 50% d'impôts qu'obligent à coûter les guerres....

La seule chose qui mérite d'être centralisée en effet, est justement celle qui ne l'est pas dans ce monde, à savoir la comptabilité des activités humaines. Une banque, c'est une base de donnée, et à partir de cette base commune il doit être possible de rémunérer directement les travailleurs depuis un seul et unique endroit : l'état.

Il faut préciser en passant que le seul rapport avec le communisme est le principe de "mise en commun" et de planification, de gestion et d'organisation. Je suis obligé de préciser cela parce que les gens disent "ah oui tu veux recommencer le communisme" alors que fait la seule chose qu'il faut retenir, est ce qui est utile et fonctionnel.
En fait on peut rajouter aussi que la volonté d'obtenir un meilleur contrôle et "pouvoir", est d'autant plus possible que cette activité n'est pas nuisible.

Parfois on a même envie de dire que la bonne idée serait de créer le principe d'état, pour que les peuples soient coordonnés et organisés.
Ou "d'agence pour l'emploi", pour planifier et optimiser la ressource humaine. Ce serait une bonne idée ! Mais ce genre de projet n'est possible que si les employés ne sont pris qu'en raison de leur compétence et non discriminés pour d'autres raisons, si intimes et indicibles que ça en devient révoltant. C'est connu que la plupart des employeurs ne savent pas où trouver des gars qui sont juste à côté et qui ne demandent qu'à travailler.

Si on veut recréer un système social complet, il est certain qu'au début on va simplifier énormément son fonctionnement.

C'est ainsi qu'apparaît l'idée du but lucratif relégué à l'échelle sociale.
Tout au long d'une chaîne de production, où des matières premières sont assemblées et produites en passant d'une entreprise à l'autre, il ne doit y avoir aucune comptabilité d'ordre commerciale : tout doit être à prix coûtant.

Si chacun des membres de cette chaîne est rémunéré de façon satisfaisante, et si on lui donne tous les outils dont il a besoin, on peut estimer de tête sans trop hésiter que le coût du produit fini serait bien inférieur à celui qui résulte d'une industrie dont tous les maillons sont à but lucratif.

Normalement le but lucratif, ou l'excès dans la fabrication des prix consiste à prévoir les imprévus.
Petit à petit cet excès a consisté à rémunérer les investisseurs, dans une proportion de plus en plus démente. Mais si le système assure lui-même l'affectation des moyens de production, la chaîne fait automatiquement l'économie des investisseurs, dont la fortune ne sert plus à rien (faut-il préciser).

Dès lors qu'il ne sert plus à rien de devenir « riche », et que d'autre part l'approvisionnement en biens et service courants est assurée de façon conventionnelle à tout être humain, aussitôt on coupe l'herbe sous le pied à une très grande part des vélléités d'ordre criminelles.
Et dès lors aussi, la raison pour laquelle on travaille se rapproche plus de la raison pour laquelle on vit sur Terre : à savoir servir positivement ce monde.

Toute la question vient à se concentrer sur la fabrication des prix de façon à ce qu'ils couvrent les coûts de production, quels que soient les moyens donnés à cette production et la complexité de la chaîne de fabrication.
Cette question ne peut être que d'ordre informatique et ainsi, il est prévisible que les prix ne peuvent être que le résultat d'un calcul volatile réactualisé en permanence.

Il va de soi que lorsqu'une production occasionne des dégâts, cela se répercute immédiatement sur les prix finaux. Ou que lorsqu'une production est jugée sans intérêt, qu'on attende pas de savoir si « la main invisible du marché », le résultat de « l'offre et la demande » ordonne, par faillite, l'arrêt ou la diminution de cette production, et inversement, que la médecine, l'éducation, et tous ces services qui n'entre pas dans le cadre d'un choix de consommation mais d'une obligation étatique envers les citoyens, ne soit pas sujette à « l'offre et la demande », mais impulsés directement à la base par l'octroi de moyens jugés suffisants.

- En fait si on regarde ce monde d'en haut, on voit que l'activité humaine est soit trop occupée à travailler pour les industries au point de ne plus avoir le temps de se construire une réflexion personnelle, soit laissée pour compte de la société des gens normaux et humiliée et envieuse d'en faire partie.

Puisque de toutes façons « c'est foutu » pour ces derniers, autant directement commencer à mettre en place ces corporations, comme des coopératives, qui, partant de rien, mettent les gens au travail en leur affectant un salaire sous forme de points informatiques, leur permettant de consommer ce que d'autres produisent, au sein d'un système d'échange dont de toutes façon la comptabilité retombe inéluctablement à Zéro à la fin ! C'est à dire que ce n'est qu'une question d'organisation.
C'est ça un système.

- Comme j'ai déjà étudié ça depuis quelques temps, on sait d'avance qu'à un moment le principe prenant racine, va tendre à se trouver dans une forme d'autosuffisance vis-à-vis du système monétaire et industriel mondial.
Et inévitablement il va y avoir des échanges avec celui-ci.
Par exemple les citoyens travaillant dans ces corporations touchant un salaire virtuel, aux yeux de l'état normal (qui aura quatre trains de retard) sera considéré comme « chômeur », improductif, et donc incapable de payer des impôts sous la forme de monnaie courante et reconnue.
(Alors qu'en fait il aura un emploi très supportable humainement lui apportant autant d'avantages que s'il faisait partie d'une classe dite « moyenne-supérieure », avec une maison fabriquée pour dix mille points (équivalent euros), de nombreux espaces publics pour les loisirs, des transports mutualisés non polluants et très économiques, etc etc...

Lorsqu'il s'agira de produits que la corporation est incapable, dans les premiers temps, de fournir, il se saura agit d'occasionner quelques échanges, qui forcément seront très coûteux, sachant que la corporation ne possède aucun argent légal à proposer en échange, mais seulement des produits.
Mais cela motivera d'autant plus les initiatives à présenter comme une meilleure économie de devenir soi-même fabricant de ces marchandises (technologiquement avancées) que de faire appel au monde industriel et politique, dont la guerre et la mésentente est un fond de commerce.

En fait au sein de cette corporation, il n'y aurait aucun système de brevet ou de droit d'auteur, certains travaux seront de l'ordre de ce qui est cumulatif, c'est à dire produits une fois et rémunéré autant de fois qu'ils sont utiles, en fonction de système à points récursifs, pour tout ce qui est de l'ordre intellectuel et dont l'utilisation serait répandue.
C'est quand même marrant comme idée de se dire qu'au lieu d'être freinée, l'innovation soit la promesse d'une rémunération automatique.

Par contre le monde industriel n'aurait aucun droit d'accéder à ces brevets à moins de verser une contrepartie !
Mais quand mêmes les biens publics le seraient à disposition de tous, de façon à ce que cette Entreprise reste inattaquable par l'ancien système.

Ainsi cette corporation, faite de multiples fédérations coordonnées de coopératives locales, étendra son champ d'action et proposera à tous les citoyens du monde d'en faire partie partiellement ou complètement, et d'y tenir un rôle d'ordre politique en participant à la valorisation ou la dévalorisation de ce qui y est produit.

Chacun sera libre de créer toutes les initiatives qu'il aura envie, sans se soucier de savoir si c'est « lucratif », comme par exemple les domaines de la recherche fondamentale, l'étude de la biologie, l'entretien des forêts, puisque les fédérations de citoyens auront pour tâche de leur affecter une valeur, qui est de l'ordre de l'intérêt collectif, d'un intérêt qui lui-même peut se mesurer rationnellement, scientifiquement, ou encore émotionnellement.

Voilà le genre d'autre monde qui est possible.

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