051115 3 min

biopiraterie

Un homme ressort libre de la douane d'un aéroport indien, avec dans sa valise de nombreuses espèces d'insectes et de plantes, avec dans sa valise d'arguments la recherche scientifique pour fabriquer des médicaments.

Tout aussi autoritaire qu'il a voulu en avoir l'air, le douanier s'est fait surmonter par cette idée, laissant partir des insectes sans valeur que l'homme de la grande corporation va transformer en richesse bonne pour tout le monde.

Mais au fond de lui il sait qu'il n'en est pas ainsi, que la médecine est absente de son pays, qu'un virus peut se créer suite à ce transport, que ce que croit l'homme de la corporation est futile.
Et l'homme de la corporation est bien content qu'il en soit ainsi,
car ainsi il a remplit sa mission,
son pillage.

Une loi va apparaître contre "la biopiraterie".

Mais c'est trop tard le mal est fait.
Si un virus avait dû naître il en a déjà eu l'occasion.
Si un savoir pouvait être déposé pour le confisquer,
c'est trop tard ça il l'aura déjà été.

A chaque fois la loi aura un temps de retard, à chaque fois, le mal aura été fait.

Pour qu'il n'en soit pas ainsi il aurait fallu que la société toute entière n'ait pas à opérer d'une telle manière finalement, que la médecine soit un bien public, que la science soit à la recherche de savoir, non uniquement d'invention.
Que le savoir soit partagé, non vendu.
Qu'il y ait un intérêt manifeste à opérer de la sorte ; que ce soit possible.

Que le prélèvement de biens qui poussent naturellement, ne le soit que de ceux qu'on aura fait pousser soi-même, et non de majestueux arbres que la nature seule s'est chargée de disposer dans une richement complexe biosphère.

Quand le criminel tue sa victime il fait sauter les verrous qui l'en empêchent normalement, avec la facilité d'un revers de la main, avec le dénigrement de ses propres pensées, répondant par la négligence aux questions trop fines, il commet l'acte par besoin de soulagement.

Quand il en est ainsi c'est la fin d'un processus commencé il y a très longtemps ; là aussi de nombreux verrous ont sauté au cours des événements.
Des habitudes se sont prises ; elles sont devenues normales et amplement justifiées.
Le criminel mérite alors un traitement de choc.

La prison, n'en est pas un.
C'est comme vivre en enfer.
C'est un monde auquel on peut s'habituer, car l'humain peut s'adapter facilement.
C'est peut-être sensé dérigidifier la capacité à "changer", que d'imposer une telle brutalité. c'est une méthode archaïque, non pensée concrètement, une simple réaction immature.
ça ne change rien, c'est une brutalité utilisée comme menace;
la menace de se tromper en utilisant cette méthode n'est dès lors, plus une menace.

Le traitement de choc, consiste à remettre en cause tous les fondements, pas forcément en peu de temps, c'est à dire brutalement et violemment, mais profondément ça c'est sur, avec insistance et discipline.

Ceci, est ce qui doit advenir non pas au criminel mais à toute la société qui ne peut que constater l'apparition des crimes, impuissante.