Le projet de loi sur la burqa

32 min
Une promenade philosophique parmi les sorbonicoles de la République

" Au spectacle de la tragédie de l'Europe, est-il un seul Européen à ne pas pleurer silencieusement ou bruyamment ?"

La agonia de Europa, Maria ZAMBRANO, 1904-1991, Universidad politecnica de Valencia 2004, p.69, trad. Diéguez

1 - Les Janotus de Bragmardo de la France
2 - A qui la faute ?
3 - Et Pascal ?
4 - Le besoin d'obéir à quelqu'un
5 - Les modélistes de l'idole
6 - La science des religions et la culture
7 - La Sorbonne des laïcs
8 - Qu'est-ce que le meurtre de l'autel ?
9 - La République et l'enseignement de la philosophie
10 - Que faut-il enseigner sous le nom de philosophie ?
11 - La pythonisse des modernes

1 - Les Janotus de Bragmardo* de la France

- *Ce personnage de Rabelais symbolise les sorbonicoles ânonnants et chevrotants qui s'opposaient à l'enseignement du grec en France.

On raconte que quelques députés de la majorité des scolastiques d'aujourd'hui voudraient interdire jusque dans la rue le spectacle offensant qu'offrirait la burqa islamique aux citoyens de sens rassis et que le Président de la République de la raison les encouragerait vivement à légiférer dare dare. Bienheureux parfum cartésien s'il devait contribuer à redonner sa dignité et ses droits à la raison naufragée au pays de Voltaire. Mais un édit peut-il réhabiliter la pensée ? Suffit-il de se retirer une étoffe de la tête pour se rafraîchir les idées? Une civilisation censée convertie aux droits de la pensée scientifique, mais qui refuse de peser les croyances sur la balance d'une anthropologie expérimentale s'interdit d'avance tout accès à une connaissance réelle et approfondie de notre espèce.

Or, la séparation de l'Eglise et de l'Etat est devenue acéphale. La rationalité française a été rendue muette par les pédagogues de l'éducation nationale eux-mêmes. Un "Je pense donc je suis" oublieux de ce qu'il devrait raconter l'histoire des conquêtes de l'esprit critique depuis le milieu du XVIIe siècle a triomphé et nos philosophes d'Etat s'étendent mollement sur le lit de Procuste de leurs définitions théologisantes du vrai et du faux. Le cogito national est devenu à ce point vaporeux et privé de ressort cérébral qu'il a conduit non seulement à une absurdité politique, mais à une cécité suicidaire, parce que ces mimes de l'Eglise d'en face n'affichent un fier trépas de l'intelligence de la France qu'afin d'aider le monde entier à retirer les mythes sacrés du formol. On ne combat pas les Olympes par le silence. L'oubli n'est jamais qu'un tartuffisme cérébral.

Aussi une philosophie d'avant-garde et qui progresse dans l'ombre commence-t-elle de redécouvrir que Socrate était un anthropologue abyssal et que la pensée occidentale a eu le malheur de laisser cette criante évidence tomber dans l'oubli (Voir LIBERTÉ ET VÉRITÉ. PENSÉE MATHÉMATIQUE ET SPÉCULATION PHILOSOPHIQUE d'Imre Toth. Editions de l'Eclat, Le Monde, 03.07.09) . La pensée mondiale va-t-elle renoncer à sa vocation première d'approfondir sa documentation concernant la nature et la provenance des personnages célestes qui se promènent encore dans les têtes et qu'on appelle des dieux ? Deviendra-t-il à jamais inutile de légitimer l'autorité de la raison en ce bas monde ? Faudra-t-il porter la philosophie en terre, parce que, dans un premier temps - nous y sommes déjà - on mettra de simples opinions à égalité avec des raisonnements suivis, puis on en viendra à condamner froidement les arrêts de la logique au profit des désirs et des effrois que les simples cultures ont la charge d'exprimer le mieux possible ? Naturellement, tous les Etats du monde s'en frotteront les mains, puisque le rêve multimillénaire de toute politique est de haranguer des potagers.

2 - A qui la faute ?

- Mais à qui la faute, se dit notre promeneur, si Mlle X tient à porter la burqa ? N'est-elle pas titulaire d'un baccalauréat ? Mais si, mais si. Le coefficient de la philosophie n'est-il pas de huit aux examens du bac? Mais si, mais si. Diable, qu'enseigne-t-on dans les lycées et au nom de la République des droits de la raison si Mlle X sort de terminale pour déclarer qu'elle irait droit en enfer dans le cas où elle ne se cacherait pas sous sa burqa ? Bien plus, si un enseignement neutralisé et étroitement surveillé de l'histoire de la philosophie dans nos établissements du second degré passe pour enfanter les philosophes auxquels l'Etat de droit accorde sa patente, on ne voit pas pourquoi, de son côté, un enseignement non moins scolarisé de l'histoire de la littérature française et mondiale ne se changerait pas en pépinière des Balzac et des Molière de demain.

Mais il y a pis : comment se fait-il que les croyances religieuses résistent à toutes les réfutations de la philosophie et de la science? C'est sans doute que l'échiquier du sacré n'est pas celui de la raison et de la pensée, mais celui des "sentiments religieux"; et si la vérité ressortit au tribunal des sentiments, vous aurez beau démontrer que les verdicts du cœur sont trompeurs, à ce compte, vous ne ferez connaître en rien les croyances en tant que telles. Installerez-vous donc un vide désespérant à la place du plein larmoyant des dévotions? Remplacerez-vous seulement une euphorie relativement peu coûteuse par une souffrance sans mesure?

En vérité, toute la psychologie expérimentale de notre temps ignore non seulement les raisons pour lesquelles Mlle X veut vivre dans l'espérance du paradis et dans la peur des tortures infernales, mais les causes pour lesquelles les sciences humaines souffrent de cette carence dans le monde entier. La raison en serait-elle bien simple et toute politique? Car si la République des scolastiques d'aujourd'hui se demandait pourquoi l'enfant croit à l'existence physique du Don Quichotte, nos Janotus de Bragmardo courraient le risque de se demander également pourquoi la France passe pour dotée d'un corps aux yeux des citoyens sous prétexte qu'elle est censée se montrer en public et marcher de long en large dans l'hexagone, alors que personne n'a jamais rencontré en chair et en os ce personnage tout mental - la preuve en est qu'il tente en vain de se rende visible en ses magistrats, ses gendarmes, ses députés et tout son corps électoral. Ah ! si nos scolastiques s'interrogeaient sur les divers sens du verbe être, ils pèseraient le verbe savoir à son tour, mais sur les balances d'une raison encore à construire et ils se diraient: "Comment apprendrons-nous à penser la France ? " (Voir Jean-Luc Pujo, Les clubs "PENSER LA France")

3 - Et Pascal ?

- Poursuivons un instant notre promenade et prenons une bouffée d'air à nous demander si, malgré tout, la raison se révèlerait une bouée métaphysique et si cet oracle enseignerait à une espèce épouvantée qu'il lui faut se pénétrer jusqu'à l'os de l'évidence qu'elle se trouve reléguée dans un cosmos que personne ne pilote, que l'univers réel n'est dirigé que par des paltoquets élus par des ignorants et qu'il est dément de leur substituer un personnage revêtu des vêtements de l'éternité. Dans ce cas, d'innombrables simianthropes seraient pris de panique ; et seules les âmes d'une forte trempe resteraient debout, à moins que leur athéisme se veuille seulement le fruit blet de leur indifférence à ce spectacle. Mais si l'humanité se divisait effectivement entre des esprits légers à ce point et une poignée de héros de leur lucidité et de leur solitude, on comprendrait que Mlle X veuille bien trembler toute sa vie à ce prix, dès lors qu'elle ne piétinera jamais que quelques décennies à la porte de l'immortalité qu'un don Quichotte du cosmos lui a promise en arabe. Il faut en conclure que si les Français devenaient sérieux, il y a belle lurette qu'ils auraient quitté les bancs de l'école pour armer leur âme et leur entendement du degré d'héroïsme que leur cerveau désenchaîné leur imposerait de conquérir à l'écart des Sorbonne de la démocratie.

4 - Le besoin d'obéir à quelqu'un

- Cherchons donc une motivation d'origine psychogénétique plus répandue que la rare vaillance de méditer sur l'île déserte de l'auteur des Pensées. En 1962, en plein concile Vatican II, j'ai lu dans le Figaro un article signé d'un sorbonagre tremblant de l'Académie des Sciences morales et politiques qui s'écriait: "Qu'on nous dise enfin ce que nous devons croire!" Je me souviens de ma stupeur juvénile de découvrir qu'un encéphale d'académicien à la barbe majestueuse pouvait non seulement réclamer la sucette du ciel dont il avait grand besoin, mais, de surcroît qu'elle fût présentée à ses cheveux blancs dans un emballage garanti par une autorité officielle. Ce jour-là, je crois avoir commencé de comprendre que le simianthropus scolasticus ne cherche pas exclusivement à doter le cosmos d'un Président directeur général intègre et peu dispendieux: il est peureusement convaincu, de surcroît, qu'il est un naufragé de naissance, mais que, par chance, une infime minorité de sorbonicoles avertis le protégent de la noyade dans l'immensité, parce qu'ils se trouvent dûment informés, eux, de la nature et des attributs d'un puissant personnage vaporisé dans le vide et que, par conséquent, le besoin de se placer sous les ordres ou la tutelle d'un chef surinformé et tout puissant s'enracine au cœur de toutes les sociétés simiohumaines. Tel est donc, me suis-je dit, le metteur en scène de l'esprit d'obéissance et le souverain imaginaire de l'humanité adulte.

5 - Les modélistes de l'idole

- Le promeneur va rencontrer des bosquets moins fleuris et même inquiétants: quels périls la République courrait-elle d'enseigner dans les lycées que la France réelle n'est pas incarnée pour un sou, que ses hauts dignitaires n'y peuvent rien, parce que le verbe exister se pèse sur les balances d'une psychologie des valeurs et que si Dieu ou la République existaient, l'une sur cette terre, l'autre au ciel, la sorte d'existence qui leur appartiendrait en propre échapperait à tous les microscopes, parce que la quête spirituelle de tous les mystiques les contraint à se demander quel feu intérieur mériterait de servir de support au verbe exister appliqué à un personnage indissociable de leur âme. Seul saint Jean de la Croix ou Me Eckhardt enseigneraient à Mlle X que ce n'est pas Allah qu'elle protège de sa burqa, mais la pâle flammèche d'une foi tellement vacillante qu'un souffle d'air suffirait à l'éteindre. Mais, naturellement, l'humanisme démocratique et républicain n'a pas trouvé ses saints: comment sa scolastique traquerait-elle le "Dieu" de la France, celui qui vomit tout autrement le clinquant de son culte que le Dieu d'Isaïe, celui qui ignore ses Sorbonne, celui qui souffre mort et passion parmi les contrefaçons de la République?

Du coup, et n'en déplaise à Voltaire, les théologiens, me suis-je dit, ne sont pas seulement les artisans d'un absolu scolarisé parmi des congénères encore plus mal outillés qu'eux-mêmes, mais des cerveaux de manutentionnaires devenus habiles à fabriquer le plus sincèrement du monde le tape à l'œil des songes immunitaires de l'humanité. Il s'agit seulement, pour les spécialistes de Jupiter, de serrer la nasse des rêves d'enfants qui mettent les sociétés en ordre de marche sous le commandement d'un magasinier des nues. Leur tâche est lourde et ils s'en trouvent tout accablés, parce qu'à chaque génération, il leur faut retisser le mythe effiloché d'un fantoche cosmologique et le faire passer tout rapiécé aux raccommodeurs du siècle suivant. Mais il se trouve, hélas, que "Dieu" est un personnage mental contraint d'évoluer moralement et cérébralement à l'école de ses analphabètes successifs, de sorte que, sous la férule de ses pédagogues, l'idole a progressivement adouci sa complexion sauvage des origines. Il faut seulement empêcher cette marionnette de se racornir précipitamment et de se changer en un maniaque chenu; il faut seulement prendre garde qu'à l'inverse, ce vieillard rajeunisse à l'école de l'utopie

- sinon, ses couturiers s'empressent de le mettre plus artificieusement encore à la mode du jour. Malgré ces précautions, la longévité du "Dieu" qui court à la soupe que ses maîtres-queux lui apprêtent se trouverait encore davantage raccourcie si l'on tenait la nature éphémère de sa législation pour congénitale à son existence "réelle". Par chance, le besoin mécanique de structurer une société sans feu et de la placer sous un commandement rationnel, donc crédible, est tellement invincible que l'essence et quintessence attribuées par les scolastiques de la République à un créateur mythologique du cosmos suffisent à légitimer son éternité aux yeux de la laïcité, même si la diversité de ses pseudo éducateurs rend les propositions de sa doctrine incompatibles entre elles. Mais, ici encore, si la France redevenait pensante, elle distinguerait les remèdes d'apothicaires de ses faux guérisseurs de ceux de ses vrais purificateurs et elle volerait aux mystiques leur trésor. Alors la France de l'esprit déroberait son flambeau éteint à l'Eglise.

6 - La science des religions et la culture

- Poursuivons notre promenade : la question proprement politique qui se poserait à une République de la raison dans laquelle la laïcité serait redevenue le poignard de la réflexion et la réflexion une arme spirituelle, cette question est relativement simple, puisque la difficulté est seulement de savoir si nul autre subterfuge que celui des cosmologies mythiques des peuples primitifs et de leurs successeurs n'est en mesure de garantir un simulacre de cohérence mentale des sociétés modernes ou si la connaissance traumatisante des dérobades cérébrales qui servent de vaccins à la condition humaine ne se changera jamais en un élixir roboratif de l'encéphale effaré de notre espèce. Car il faut se résigner à le constater et en prendre acte sans rechigner: depuis 1905, les Etats du monde entier se sont bien gardés de seulement tenter de conquérir une connaissance scientifique et philosophique dangereuse des origines, de la nature et des fonctions des religions.

Prenons la Mythologie générale de Larousse, éditée en 1935, quatre ans avant la mort de Lévy-Bruhl, dix-huit ans après celle de Durkheim et neuf ans après L'avenir d'une illusion de Freud : ce chef-d'œuvre d'incohérence méthodologique a servi, depuis trois quarts de siècle de modèle scolaire à toutes les encyclopédies de ce genre. Le dictionnaire de Fernand Comte paru chez Bordas en 1988 et repris par Larousse-Bordas en 1996, dira seulement: "Il n'est pas question ici de croyances, mais seulement de merveilleux". "Le mot mythologie, écrivait déjà le préfacier de 1935, désigne l'ensemble des mythes et légendes concernant les religions"; et l'instant d'après, on peut lire : "Mythologie et religion sont deux choses très distinctes", au point que Lévy-Bruhl lui-même sera censé n'avoir jamais seulement tenté d'invalider une religion: "Ainsi que l'a démontré M. Lévy-Bruhl dans ses pénétrantes Etudes sur la mentalité primitive, l'homme primitif n'a nullement le sentiment du divin, mais au contraire, sa vie entière baigne pour ainsi dire dans le surnaturel."

La République née de la raison de 1905 se demandera-t-elle ce que serait une religion privée de surnaturel, donc de prodiges à la pelle et comment il conviendrait de séparer les légendes truffées de miracles du "sentiment du divin", puisque toutes les mythologies sont des religions bien cadenassées, mais auxquelles ses serruriers ont cessé de croire et toutes les religions des mythologies bardées de barreaux auxquels on s'agrippe encore.

Mais s'il est tenu pour digne de la piété républicaine et démocratique de faire civiquement silence sur le contenu religieux, donc onirique par nature des mythologies encore tenues pour historiquement démontrées, on voudra non moins dévotement ignorer que la laïcité n'est qu'une forme occulte de la pratique politique des modernes; car il est fort utile aux Etats d'interdire à la raison isaïaque d'allumer son flambeau au cœur des sciences humaines afin que ces malheureuses n'en viennent pas jusqu'à décrypter le mythe de la transsubstantiation eucharistique, le mythe de la naissance virginale, le mythe de la Trinité, le mythe de l'incarnation, le mythe du filioque, le mythe de l'ascension de Marie, qui ne remonte qu'à 1950 et qui n'est pas près de bénéficier du parfum de vénération qui, depuis les temps les plus reculés, rend sacrées les croyances d'un grand âge et fait croire à la véracité historique de leurs récits. Car la raison infirme de 1905 elle-même n'est pas demeurée tétraplégique au point de demeurer muette devant des miracles et des prodiges.

7 - La Sorbonne des laïcs

Nous voici parvenus à la cinquième étape d'une promenade philosophique pleine de surprises; car la scolastique démocratique prétend maintenant se livrer à "l'étude méthodique et comparée des différents mythes pour en déterminer le sens, l'origine, l'évolution et les rapports". Le chaos cérébral dont les Janotus de Bragmardo de la laïcité semblent collectivement affectés et dont témoigne la raison d'une République scolarisée par les Sorbonne de la démocratie se trouvera encore aggravé si le cru de 1935 de la définition du terme de mythologie en vient à illustrer une censure soigneusement tapie sous la définition relativement agressive du Larousse encyclopédique de 1898 et de son supplément de 1901: c'est que la valorisation proprement culturelle des mythologies a progressé en près de quatre décennies au point de mettre maintenant en évidence un nouvel embarras de nos sorbonagres; car on ne sait toujours pas comment passer d'une glorification sans frein de l'esthétique des religions - elle remonte au Génie du christianisme de Chateaubriand, qui disait ne traiter que de "théologie poétique" - à la validation dogmatique de la croyance.

La crevasse s'élargit et devient de plus en plus tragique : alors que le Larousse illustré de 1898 disait encore : "La mythologie raconte l'histoire fabuleuse des divinités des peuples antiques et sauvages", celui de 1935 soulignait déjà que " le propre de la mythologie est de nous mettre en contact non seulement avec l'âme naïve des foules, mais aussi avec les œuvres les plus hautes des poètes de tous les pays. De même que les monuments les plus grandioses sont ceux par lesquels les peuples ont voulu traduire leur foi religieuse, de même les plus beaux poèmes sont ceux où s'expriment les croyances, les traditions et les aspirations nationales auxquelles doit s'abreuver le véritable humanisme."

Qu'en est-il de la "volonté des peuples" de "traduire leur foi religieuse" et comment un "véritable humanisme" - mais tout compénétré, à ce titre, de l'alliance des "aspirations nationales" avec les "traditions" - évitera-t-il de faire passer les credos des ancêtres à la trappe, comment assurera-t-il la survie officielle ou semi officielle au sein de la République d'une doctrine et d'un catéchisme seulement "tolérés", donc privés de toute légitimation rationnelle ? Comment fonder une concession aussi bienveillante qu'irraisonnée, dès lors que la République se révèlera un Saint Office masqué, celui d'une laïcité aussi acéphale qu'une théologie? Comment distinguer la France en chair et en os de la France des prophètes si l'éducation nationale ignore tout autant l'âme prophétique de la philosophie que l'Eglise des scolastiques ignore les saints sacrilèges de ses mystiques?

Mais pourquoi donc la République a-t-elle si peur de toute connaissance scientifique des religions ? Est-ce seulement dans la crainte que les citoyens en viennent à cesser de croire au mythe de l'incarnation de la France en sa classe dirigeante - celle à laquelle un suffrage universel réputé infaillible sert d'oracle irréfutable ? Nenni : le pire, c'est que le sacrifice est le cœur sanglant du politique; le pire, c'est que les religions sont nées du sang du sacrifice et non l'inverse ; le pire, c'est que toutes les sociétés simiohumaines sont construites sur le modèle sanglant de la Colonie pénitentiaire de Kafka ; le pire, c'est que si la machine à torturer que le génie de Kafka a mise en scène s'arrêtait de fonctionner, l'humanité passerait, dit le grand Pragois, de la cruauté à la corruption, de la sauvagerie au pourrissement, de la barbarie à la dislocation. C'est pourquoi le sacrifice est symbolisé par le "champion du jeûne" de Kafka, dont les exploits ont rempli, vingt siècles durant, les monastères du monde entier des légions serrées de saints de leur macération.

Pourquoi le christianisme a-t-il inventé le volontariat sacrificiel et l'auto-flagellation rédemptrice, pourquoi la volonté de s'immoler soi-même par la torture de la faim sert-elle de pendant à la Colonie pénitentiaire? Claudel a tenté de répondre sur ce point au Bernanos de Sous le soleil de Satan - mais en vain, puisque le souverain de la torture, c'est Dieu lui-même, celui qui menace de précipiter Mlle X en enfer.

8 - Qu'est-ce que le meurtre de l'autel ?

- Que se passerait-il si le courage spirituel de la raison laïque allait jusqu'à se demander ce qu'il en est du fondement politique commun à une République acéphaleet à la théologie chrétienne et que symbolise le meurtre sacré de l'autel ? Les mystiques porteraient-ils sur les arcanes de l'espèce humaine un regard plus profond que les démocraties? Pour tenter de vérifier cette hypothèse, observons avec quelle prudence retorse la mythologie générale des éditions Larousse de 1935 déjà citée passe sur le sujet comme chat sur braise: "Même avant d'acquérir la notion du divin, l'homme primitif, pour dominer les puissances surnaturelles ou se les rendre favorables recourt à certains rites de caractère magique plus que religieux." Passons sans nous arrêter sur l'impuissance d'une prétendue République de la raison à distinguer les rites magiques des rites religieux: il vaut mieux gagner du temps à observer sans tarder la dérobade intellectuelle qui porte sur l'essentiel, à savoir l'oubli de ce que les rites cultuels des primitifs se résument à égorger un congénère précieux sur l'autel de leurs dieux et à offrir son cadavre à leurs idoles, puis, à partir d'Amon Râ, d'immoler des bœufs, des moutons, des brebis. Foin de cette avarice impie: la messe dit encore en toutes lettres que Jésus est la victime trucidée sur l'autel et qu'on porte sa dépouille mortelle aux pieds de la divinité afin qu'elle accepte cette offrande et qu'elle veuille bien, de surcroît, en humer l'odeur; et enfin, qu'en échange de ce parfum délicat, elle rachète d'un seul coup et définitivement, une créature coupable depuis des générations de l'avoir cruellement offensée.

Naturellement, il s'agit d'un marché de dupes : le paiement de ce tribut se perpétuera au profit d'une classe sacerdotale à enrichir

- c'est pourquoi l'islam n'a pu abolir le sacrifice humain des chrétiens qu'en supprimant purement et simplement le clergé officialisé de l'idole et en faisant de la créature son propre prêtre. Mais comment les narines de la République renonceraient-elles à humer à son tour et avec davantage de succès le fondement anthropologique meurtrier que le sacré et la politique se partagent si, tout au long de l'histoire olfactive de ce bas monde, la France s'est trouvée contrainte de déposer sur ses autels des millions de cadavres à livrer aux "forces surnaturelles" afin que la nation survive? Qui réclame le prix du sang? Si la raison française étudiait vraiment l'alliance du sacré avec le meurtre payant, elle serait appelée à bouleverser la méthode historique béatifiante et la science politique gentillette tout entières afin d'apprendre à regarder d'un dehors encore à trouver une espèce chue hors de la zoologie, mais seulement pour acquitter de père en fils de terribles tributs à la dernière idole des Incas.

Mais alors, la vocation de la philosophie occidentale d'apprendre à "penser dangereusement", comme disait Nietzsche, ferait entrer l'Occident dans son ultime postérité intellectuelle, celle qui mettait déjà saint Thomas d'Aquin dans un si grand embarras qu'il a commencé, en 1270, de tenter de réfuter l'islam dont les philosophes et les théologiens étaient déjà devenus, semble-t-il, des anthropologues post platoniciens du sacré et qui lui disaient tout de go : "Votre Dieu aurait pu tout aussi bien créer l'homme sans péché plutôt que de le condamner à se racheter après coup au prix d'un meurtre trop bien rémunéré et par lequel il aura été méchamment piégé. Qu'en est-il de votre commerce de la rédemption, qu'en est-il de l'amour de votre Dieu, qu'en est-il d'une charité si trompeuse et si retorse?"

Décidément, voici trois quarts de millénaire que l'islam a flairé l'odeur de mort des faux sacrifices - et ce début du IIIe millénaire fait bel et bien débarquer un "conflit des civilisations" dans la géopolitique, celui qui contraindra le christianisme à lire Kafka avec les yeux d'un islam d'avant-garde; et si un sado-masochisme inné sert de fondement politico-cultuel à l'Occident, comment le décryptage du monde de demain ne serait-il pas du ressort d'une anthropologie critique à l'écoute des grands mystiques?

Mais quel bienheureux sacrilège, pour la République de la raison de 1905, d'apprendre l'humanité à l'école de ses crimes sacrés, quel saint blasphème, pour la démocratie mondiale, de décoder l'histoire et la politique à l'école du sang que les chrétiens font couler sur leurs offertoires! L'Europe de la pensée entrera-t-elle de plein pied dans son double héritage, celui de la Mecque et celui du Golgotha ? La planète fera-t-elle ses premiers pas dans une seconde Renaissance, celle de l'intelligence? Pour avoir retiré à Mlle X sa burqa, l'Europe fécondera-t-elle l'islam à l'école du vrai "Allah"?

9 - La République et l'enseignement de la philosophie

- Décidément, la sixième station d'une promenade philosophique de plus en plus périlleuse pourrait bien nous contraindre à nous demander comment la République laïque conduira la raison lycéenne de la France à douter de l'existence de l'enfer. Car une éducation nationale respectueuse de toutes les superstitions de la terre n'enseignera en rien à la jeunesse de la classe dirigeante de demain à distinguer une cosmologie mythique d'une science. De plus, comme M. Nicolas Sarkozy l'a solennellement souligné dans son encyclique acéphale du 22 juin dernier, l'ignorance et la sottise de la France nouvelle prétendront exercer les mêmes prérogatives universelles que la raison et le savoir scientifiques, puisque Paris changé en Vatican des cultures a édicté motu proprio que "toutes les opinions et toutes les croyances" sont "respectables". Quelle catéchèse au pays de Voltaire de légitimer les superstitions du seul fait qu'elles poussent comme champignons après la pluie, quel Saint Office inversé que de laisser les encéphales en jachère sous le sceptre d'un Etat devenu impérieusement semi rationnel!

Savez-vous, Monsieur le Président, que le divorce de la science d'avec la croyance est si ancien qu'il a légitimé non seulement toute la pensée occidentale depuis Périclès, mais également la première civilisation mondiale valorisée par les progrès de la raison critique depuis qu'un certain Descartes, qui naquit en 1596 et mourut en 1650, a balayé d'un seul coup seize siècles des brouets de la scolastique? Si vous trouvez le loisir de remonter plus haut que le Discours de la méthode de ce fondateur de l'esprit de raison de la France, lisez le Gorgias et le Théétète de Platon, qui vous feront découvrir que la question de la séparation radicale entre l'opinion et la science y est traitée avec tant de rigueur logique que, dès le milieu du XVIIe siècle, l'Europe entière avait réappris à réfléchir sérieusement et que, deux siècles après Erasme, les philosophes chrétiens eux-mêmes se sont résignés à séparer l'opinion du savoir et à entendre ce que leur saint Thomas d'Aquin leur serinait quatre siècles plus tôt, à savoir que les philosophes "mettent les questions en bon ordre et enseignent à les conduire à leur terme"?

Savez-vous, Monsieur le Président, qu'Alexandre le Modeste ne donnait pas de leçons de philosophie à son précepteur, qui s'appelait Aristote? Mais puisque votre index impérieux montre aux philosophes français le chemin des accords qu'il leur appartient de conclure avec le Saint Siège, on commence de comprendre les raisons pour lesquelles non seulement les questions posées aux candidats bacheliers ne sont plus philosophiques, mais qu'en outre elles témoignent des difficultés croissantes que les sorbonicoles de l'histoire de la philosophie rencontrent désormais avec la grammaire et la syntaxe de notre langue. "Que gagne-t-on à échanger?" écrivent-ils. Une invention ecclésiale récente permet à ce verbe de désigner le dialogue truqué entre les confessions qu'a inauguré un œcuménisme des faux semblants, puisque les dogmes sont inébranlables par nature, donc non négociables par définition. On échange des idées, des impressions, des coups, non des propositions doctrinales qui ne seraient plus théologiques si elles ne se voulaient plus immuables. Que signifie "devoir de mémoire"? Le terme devoir appelle un verbe, non un substantif, sinon la question n'est intelligible qu'aux décrypteurs des fautes de grammaire d'une République qui s'imagine qu'initier - autre terme religieux - signifie commencer.

10 - Que faut-il enseigner sous le nom de philosophie ?

Le problème posé à la République par l'enseignement de la faculté de raisonner est fort simple : ou bien la démocratie se révèle incapable par nature de jamais exaucer la prière de Voltaire. "(Apprenez donc à penser par vous-même:i)", ou bien tout gouvernement issu du suffrage universel nourrit l'espoir de s'en rendre capable - et, dans ce cas, il doit se souvenir de ce que la laïcité est questionneuse ou n'est pas et que si elle n'est plus interrogative, elle reconduit au mutisme philosophique des théologies du meurtre rédempteur - et cela pour les mêmes raisons catéchétiques que les Eglises, à savoir le souci de protéger une orthodoxie théo-politique fondée sur l'efficacité politique du sang des sacrifices, donc du sang de l'histoire.

Mais pour que Mlle X en vienne à douter de la cruelle éternité des marmites infernales dans lesquelles Hitler et Staline rôtissent à grand feu, il faudrait apprendre aux candidats bacheliers à se poser des questions torturantes, celles que soulève un certain "(problème de la connaissance:i)", comme disent les philosophes depuis que Platon a fondé leur discipline acérée sur une pesée sans peur du semi encéphale du genre humain. Exemples : "Les verbes (expliquer:b) et (comprendre:b) donnent-ils un sens heuristique universel à la notion d'intelligibilité appliquée à la dromomanie de la matière ou se trouvent-ils construits à seule fin de faciliter les raisonnements profitables que pilotent les praticiens des diverses disciplines scientifiques"? "Quelle sorte de compréhensibilité la vérification des constances de l'univers fournit-elle à l'entendement humain?" "Les verbes (être:b) et (exister:b) ont-ils un sens universel et, dans le cas contraire, comment distinguez-vous les diverses acceptions que leur objet leur impose?" "Quel sens donnez-vous au terme de (langage:b) dans cette phrase d'un physicien :'les mathématiques sont le langage de la nature ?' ", "Si la notion de (compréhensibilité:b) appliquée au cosmos renvoie à un réseau de signifiants humains, comment distinguez-vous le mot (vérité:b) appliqué à des faits avérés, mais muets de la (vérité:b) dite intelligible, donc parlante, et comment vérifiez-vous des signifiants?", "La matière peut-elle charrier du sens ? ", " Si la matière ne parle pas, analysez le sens psychologique du terme de (loi:b) appliqué à un comportement répétitif de la nature." "Réfléchissez aux relations que la vérité entretient avec la "beauté" dans des expressions telles que la "beauté" des mathématiques, la "beauté" d'une théorie de physique, la "beauté" de la science du droit."

Ces questions mises en rosace autour d'une anthropologie centrale ne seraient pas inaccessibles aux lycéens en terminale si les professeurs de philosophie de la République étaient capables de se les poser à eux-mêmes. Il n'est pas de question à laquelle un élève intelligent ne puisse être initié en quelques mois. L'explication la plus claire et la plus accessible à tout le monde de la relativité générale est celle qu'Albert Einstein a vulgarisée lui-même dans un petit ouvrage à l'usage du grand public. Voyez comme Socrate parvenait, dans le (Petit Hippias:b), à faire comprendre aux Athéniens ce qu'est un concept et comment il fallait cerner la notion de "(beauté:i)"!

11 - La pythonisse des modernes

- Messieurs les députés, votre cervelle est à l'épreuve de votre capacité de diriger la France vers sa vérité et sa beauté. Quelles sont la vérité et la beauté sur lesquelles votre tête se trouve branchée? Une classe dirigeante peut-elle tout ignorer de la force et de la faiblesse l'encéphale du genre humain?

Beaucoup d'entre vous ont cessé de croire en l'existence vaporeuse, donc spatialisée des trois dieux uniques dont la République protège encore les autels et les parfums. Mais en êtes-vous mieux instruits de la senteur véritable de la France? Donnerez-vous à la France un Dieu plus odoriférant que celui du culte d'un sang réputé dégouliner réellement des offertoires des chrétiens? *

* Note méthodologique
On n'imagine pas une anthropologie des dieux du polythéisme gréco-romain qui perdrait son temps à démontrer que les Célestes ne ripaillaient pas sur l'Olympe. Aucune science expérimentale ne saurait progresser à réfuter l'existence et les exploits des idoles. Il en est de même des trois souverains du ciel d'aujourd'hui dont un seul reçoit l'offrande de chair et de sang de ses créatures au pied de son trône. Mais ils demeurent nombreux, les gentillets humanistes chrétiens qui s'imaginent qu'il s'agirait d'une chair et d'un sang tout symboliques et qui m'écrivent dans ce sens. Je les renvoie sur les bancs des facultés de théologie de leur religion. La dernière encyclique qui ait proclamé à nouveau la doctrine officielle de l'Eglise est celle de 1947 - il s'agissait de réfuter le père de Lubac, qui a passé sa vie à étudier le physicisme cru du sacrifice de la messe et que le Vatican soupçonnait de prétendre réfuter la "vera caro", la "vraie chair" de Jésus-Christ.

L'anthropologie critique ne perd pas davantage son temps à réfuter des prodiges qu'à prouver l'inexistence dans l'espace d'Osiris, d'Isis ou du Dieu trinitaire. Mais les stupidités les plus colossales sont aussi les trésors épistémologiques les plus précieux à ses yeux, parce que les joyaux de la sottise témoignent de la puissance du besoin simiohumain qui en soutient de siècle en siècle l'absurdité intrinsèque.

A ce titre, le fantasme collectif qu'illustre le miracle dit de la "transsubstantiation" du pain et du vin de la messe en hémoglobine et en cellules de chair sur l'autel sanglant des chrétiens se situe au centre de l'anthropologie critique, parce que, depuis les origines, le cœur battant du sacré n'est autre que le désir de l'espèce humaine de disposer, comme disent les théologiens de toutes les religions du monde, d'un "vrai et réel sacrifice", donc de la métamorphose magique de deux substances alimentaires indispensables à la livraison d'une marchandise surnaturalisée à une divinité demanderesse d'une fourniture tangible. L'Eglise catholique est prise de panique à l'idée que ce négoce porterait seulement sur une ombre ou un fantôme des victimes en chair et en os de tous les temps.

L'anthropologie critique tente de peser la condition simiohumaine actuelle dans sa spécificité psychogénétique. A ce titre, il s'agit d'une science qui ne privilégie le scannage de la religion romaine qu'en raison de la signification anthropologique de ce culte. Il n'en survit pas d'autre, de nos jours, pour illustrer à ce point le réalisme politique du genre simiohumain, donc le besoin vital qu'éprouve cette espèce d'entretenir des relations palpables avec le vide angoissant de l'immensité. Mais, dans le même temps, les difficultés considérables que la théologie chrétienne a rencontrées à partir du premier siècle jusqu'à saint Ambroise pour retrouver le sang des offertoires primitifs et pour triompher du prophète qui se voulait le pain et le vin de l'esprit, ces difficultés, dis-je, ont permis à quelques mystiques chrétiens de se changer en prophètes du "vrai Dieu" du monde, le Dieu de l'intelligence.

C'est pourquoi la question de la guerre à la sottise se situe au coeur de l'histoire universelle. Cette sottise ne craint pas de prendre appui sur la faiblesse naturelle de l'entendement simiohumain; et cette faiblesse n'est pas réservée aux simples d'esprit, mais aux encéphales les plus éminents de leur temps. Telles sont les raisons pour lesquelles le destin du cerveau de l'humanité ressortit à une anthropologie critique.

Une République incroyante est-elle davantage en charge de la vie spirituelle de la nation qu'une Eglise épuisée ou bien est-elle appelée à enterrer le "spirituel"? Messieurs les députés, si le dieu des propitiatoires est mort, de quelle vérité et de quelle beauté êtes-vous dignes de vous trouver habités?

Il est impérieux, le devoir qui vous appelle à scruter au microscope l'encéphale et les entrailles du faux dieu devant lequel vous vous agenouillez. Comment s'appelle l'idole à laquelle vous vous êtes convertis? Quels sont les instruments de son culte? Sont-ils dignes de la nation de la raison? Qui vous a initiés aux arcanes de la Démocratie ? De quelle République êtes-vous devenus les philosophes? Pourquoi votre France veut-elle arracher à la rue les filles cachées sous leur burqa ? Montrez-nous l'offertoire de votre Démocratie et de votre République et nous vous dirons quel dieu sanglant vous êtes à vous-même.

En vérité, votre déesse de la beauté politique vient encore de vous fournir un témoignage universel de la laideur des miracles dont sa puissance stupéfie la planète des singes: ses ateliers vous ont fabriqué un Orphée mécanique et monté sur ressorts. Figurez-vous que la cessation subite de ses trémoussements a fait cent fois plus de tapage sur la terre que la mort de Pavarotti. Messieurs les députés, votre dieu, nous allons l'autopsier. Nous plongerons le bistouri de la pensée dans les entrailles de votre idole. Savez-vous qu'elle racontera l'histoire du peuple romain, savez-vous qu'elle est à l'école des courses de char sous Tibère, savez-vous que si les démocraties modernes n'avaient pas leur cirque pour idole, elles n'auraient pas d'Histoire, savez-vous que votre Démocratie enseigne seulement à la France que les civilisations sont en trompe-l'œil et que leurs chanteurs populaire sont devenus les gladiateurs et les cochers du ciel de 1789? Allons, Messieurs les députés, votre faux paradis est votre burqa à vous. Apprenez donc à regarder en face le seul acteur de la beauté qui ne s'en laisse pas compter et qui s'appelle la vérité. Alors ce sera à Marianne que vous retirerez sa burqa.

Le 6 juillet 2009
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