090524 6 min

The dead-end

J'avais déjà écris un Ecolonomie, et entre deux années, sur 27000 articles publiés, j'ai dû voir maxi deux ou trois personnes capables de faire le lien entre écologie et économie.
Les fils d'infos sur l'écologie commencent à prendre de l'ampleur et le soucis grandit en même temps que les solutions se perfectionnent. On trouve chaque jour de nouvelles manières, qui s'avèrent, en premier, plus économiques à long terme, et en second plus écologiques.

Mais le problème est que c'est une dead-end, une voix sans issue. Il est illogique d'associer écologie et économie tant que le système économique est axé en priorité sur « le profit ».
Le système du but lucratif, à court terme ou à long terme si jamais il devenait intelligent, ne peut pas se contenter de la procédure actuelle qui consiste à monter des sociétés privées, sur des propriétés privées, dans un but lucratif égoïste.

La solution actuelle, en l'absence de volonté d'admettre la fin du capitalisme, consiste uniquement à augmenter la rudesse et le nombre des lois afin d'empêcher les crimes écologiques de se commettre.
Mais en réalité tant que des gens voudront faire du bénéfice, toute l'intelligence humaine ne sera jamais vraiment tournée que sur les manières de contourner les lois ou de commettre des crimes qui n'auront pas encore été reconnus comme tels.

Un jour un gars ira rendre visite à un parent malade dans l'urgence, sans faire sa demande d'autorisation, et on l'accusera d'avoir violé la loi principale sur l'interdiction globale, et on lui fera payer une lourde amende. Ce sera une société où on ne pourra rien faire, ni entreprendre, ni se sentir libres d'inventer quoi que ce soit sans obtenir l'aval de consortiums, qui seront forcément lents et attardés.

Le principe de précaution, si vanté et tant aimé des sophistes, ne peut exister que dans une société où il est convenu de s'abstenir d'agir si il y avait un doute sur la portée écologique ou de santé d'une activité. Mais en réalité d'abord les produits sont commercialisés, et seulement si les pertes excèdent les profits alors ce produit ou ce procédé est arrêté.

Si on continue dans ce sens, il faudra 525 mille milliards de lois pour empêcher tous les crimes de se commettre. Au final on aura une société où, après simplification, on abolira l'état de droit plutôt que le capitalisme, et on déclarera que « tout est interdit », sauf les procédures approuvées démocratiquement. C'est le meilleur espoir qu'on puisse attendre d'un système capitaliste.

Quand une société produit des biens de consommation, elle part du principe que la pollution qu'elle génère, balancée dans la nature, est un non-coût. Soit on l'interdit soit on la taxe pour l'autoriser à commettre ce méfait, mais quoi qu'il arrive la pollution s'écoule toujours dans la nature.

Les biens une fois vendus, sont faits pour être jetables car c'est plus rentable, et sont détruits ou jetés dans la nature. Et surtout, c'est le propriétaire de la boîte de conserve qui se retrouve coupable, culpabilisé, de jeter ses détritus dans la nature. Combien de lois faudrait-il pour faire tenir debout une telle mascarade ?

Quand une contamination a lieu, par exemple des épaves de bateau abandonnées dans des pays où les gens sont trop faibles pour s'en défendre, des dégazages en pleine mer ni vu ni connu, des problèmes de santé inhérents aux appareils radio-électriques ou OGM, l'éradication d'une dizaine de milliers d'espèces animales pour capturer le seul bois d'une forêt (pour qu'ensuite on en fasse des étagères IKEA), l'extermination des espèces protégées qui dès qu'elles le deviennent, deviennent également très prisées sur le marché noir, l'insistance à fabriquer des voitures à essence alors qu'on aurait pu s'en passer depuis cinquante ans, etc etc... dans chacun de ces cas c'est le but lucratif qui est en cause.

Refuser de voir cela c'est s'obliger à créer des centaines de lois de plus en plus autoritaires pour pallier à cette défaillance. Et tout l'intelligence humaine ne sera tournée que vers les activités mafieuses, dans cette poursuite dus sacro-saint but lucratif.

Il y a un autre exemple, qui marche très bien quand il s'agit de mettre des jeunes femmes en esclavage sexuel, leur macro leur annonce simplement que leur travail n'a pour seul finalité que de les rembourser du prix qu'elles leur coûte. Les filles comprennent cela, et admettent que leur macro est avant-tout très gentil de bien vouloir s'occuper d'elles. C'est dans ce genre de société que nous vivons, c'est ce mode de société qui refuse de muter.

Dans une société où le but lucratif serait relégué au but social, toutes ces vieilles habitudes acquises par nos sociétés démentielles voleront soudain en éclat, en s'épargnant plusieurs décennies de dictatures qui ne mèneront à aucun résultat palpable (à part que les puissant d'aujourd'hui auront pu couler des jours heureux jusqu'à la dernière minute de leur vie).

Il faut bien voir et bien comprendre que la dégradation de la biosphère, du climat, des conditions de vie ne seront rien d'autre que de nouveaux prétextes pour faire admettre aux masses laborieuses la nécessité de se serrer encore et encore la ceinture, le tout bien évidemment dans un but lucratif.

C'est à dire que le système tel qu'il existe, utilise positivement les destructions qu'il occasionne pour s'auto-justifier.
En fait il est même simple et clair que plus le système économique provoquera de catastrophes épouvantables, plus il aura de chances de survivre en rendant légitime la réduction du niveau de vie global.
S'il fallait créer des lois par centaines et par milliers pour empêcher toutes les sortes de crimes possibles de se commettre, il viendrait un moment où elles entreraient en contradiction les unes avec les autres de façon si flagrante, que la justification de ces loi n'aura plus à résider que dans l'intérêt du but lucratif lui-même.

Si bien que, logiquement, le discours de façade de cette procédure qui consiste à prétendre se soucier du bien des peuples ne va pas tarder à voler en éclat, de sorte, tels que beaucoup de gens savent le prédire, les lois n'auront plus à être justifiées ou démocratiques pour être mises en oeuvre ; elles ne le seront que sous l'autorité de conglomérats industriels, au sein de ce qu'il faudra bien avoir l'honnêteté d'appeler des dictatures.

Le côté vicieux de ce qui arrive à cette époque fait qu'en plus de tout cela, dès qu'une initiative est à-même de survenir afin de représenter un quelconque espoir, que ce soit la liberté de s'informer gratuitement, la volonté de s'organiser en fédérations, ou quoi que ce soit, c'est aussitôt condamné par le système industriel qui y voit une menace pour ses intérêts.

Quelle prétention les écologistes peuvent-ils avoir au sein d'un système social entièrement consacré à remplir la piscine des riches d'eau potable, volée à ceux qui meurent de soif ?
Voudraient-ils que cela se fisse de façon « écologique » ?

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