060725 11 min

Psychopathogène

Psychopathogène :: 2 articles
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# guerre : attention danger !

Après ces semaines à passer en revue tous ces crimes, lire tous les articles et les recopier sur mon site (un bon millier d'analyses), parfois je suis en pleur, notamment quand je me rends compte que ça fait 8 heures que je fais ma petite revue de presse sans verser une larme, en me disant "tient ça, il faut que ce soit diffusé, ça, je ne savais pas, ça, c'est du déjà dit..."
Puis une question apparaît : c'est bien ce qui arrive, cette accoutumance, cette augmentation, cette dose de tristesse, deviendrait-elle chronique, deviendrait-elle une drogue ?

C'est bien ce qui arrive le plus théoriquement du monde (je veux dire, prouvé scientifiquement) quand un parent tortionnaire inflige son indélicatesse à son enfant, afin de le faire devenir "adulte" c'est à dire à ce moment-là : "dur", "préparé pour ce monde".
La négligence, le désintérêt, l'absence de réaction émotive ou même un simple visage impassible, cela a été démontré, provoque une réelle douleur chez l'enfant.

Ce traumatisme est contre-nature, ainsi l'enfant est "formé" à l'image de son parent, pour devenir pareil.
Et même s'il veut, plus tard, se défaire de cette rigueur, il ne le pourra pas, le plus inconsciemment du monde il reproduira les mêmes effets, c'est comme ça qu'on a créé, après une génération où on frappait les élèves avec une règle métallique sur le bout des doigts, une autre génération qui demandait à son enfant ce qu'il voulait faire de beau, en attendant que la réponse vienne de lui...
Ce sont les mêmes effets qui se reproduisent, l'enfant, est "mal traité", même si cela n'en a pas l'air à la conscience du parent qui lui a été maltraité d'une autre manière.

Et le maladif de l'histoire, c'est comment s'inculque la maltraitance, par répétition, jusqu'à ce qu'elle soit prévisible. Passé un certain seuil, elle est tellement prévisible, qu'elle est indistinctement anticipée mais également attendue.
C'est à dire que l'attente naturelle de l'enfant s'est mutée en une attente éduquée.

Et cette lacune durant l'enfance fera que l'adulte n'aura développé aucun moyen d'anticiper le facteurs négatifs, qu'en réalité il préfère attendre, voire même déclencher.

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Alors bon on en est pas là après quelques semaines de remue-ménage (à 200 morts par jour, on peut résumer les guerres comme l'équivalent d'une catastrophe naturelle...) mais quand même le processus de l'habituation est à l'oeuvre.

Depuis le début en Irak, les "attentas" sont quotidiens.
(aparté)
J'utilise des guillemets car dans un article, Robert Fisk, légende vivante, expliquait comment les innocentes recrues, qui passait 75% de leur formation à apprendre à conduire, étaient envoyées en centre ville par les américains, avec un téléphone portable et avec la consigne : "quand tu es là-bas tu nous appelles" ; sauf que quelquefois le portable ne fonctionnait pas, la jeune recrue sortait pour capter le signal, et c'est comme ça qu'on a eu des témoignages comme quoi ces voitures explosaient !

Bon, je disais, les attentats sont quotidiens, et l'habituation a été à l'oeuvre sans le moindre doute.
On s'offusquait à l'époque, que pendant toute une semaine l'acharnement des "terroristes" faisaient la Une des journaux chaque soir.
Puis officiellement une guerre a été déclarée comme "officielle", puis il s'est passé des mois. Puis la date de fin de guerre a été stipulée dans tous les journaux. Il s'était passé un an. Aujourd'hui, 3 ans après, Bagdad est appelée "la ville la plus dangereuse au monde".

Et ce temps a défilé sans qu'on s'en aperçoive.

Il se passe la même chose maintenant au Liban, et en Palestine évidemment, la seconde ayant été un peu soulagée par la première, s'en trouve néanmoins occultée...

Une semaine, puis deux... (ça recommence, on connaît la combine)

Que la guerre en Palestine soit occultée par celle au Liban, ce sont des aléas qui ne peuvent être prévus. Mais une autre chose ne peut être prévue non plus, c'est qu'avec le Liban, la compassion pour la Palestine soit en forte augmentation.
du moins, cela n'était pas prévu par l'intelligentsia israélienne (dont les schéma de réflexion sont primitifs et grossiers).

Mais une chose est prédictible, selon la science : l'habituation rend normal ce qui la veille était scandaleux, et ce "normal" devient la base d'un nouveau "scandaleux", qui le surpasse en folie. En fait, l'excès dû à la démence est mesuré relativement à ce qui est précédemment admit comme usuel. Cela, précisément, est la définition de la déviance. Ainsi a-t-on pu fonder scientifiquement l'adage populaire "qui vole un oeuf vole un boeuf".
Dans ce cas, nous nageons en pleine psychopathologie, dans le pays de l'éternelle insuffisance, dans la déconstruction de l'humanisme, la régression vers le stade animal, régit par des réflexes primitifs, l'incapacité à juguler une émotion, ou dit autrement, la fermeture de l'accès au cortex frontal (où a lieu la réflexion combinatoire).

# Le voile se lève sur ce qui se passait en Irak sans que, malicieusement, on n'en ait été informés.

ou Pourquoi ces événements sont le fruit d'un "travail d'arabe"

Je suis de plus en plus persuadé que ces enchaînements d'événements n'ont rien de prévu ou de planifié. Bien sûr il y avait des plans et des ambitions, mais leur mise en oeuvre est névrotique, comme si c'était "le moment où jamais", comme si c'était de l'improvisation.

D'abord en Irak, la manipe de faire passer Saddam Hussein pour un terroriste alors qu'il ne détenait aucune arme, n'avait heurté personne, nous tous en occident avions admis cette hypothèse comme crédible, sans demander la moindre preuve. Pourtant à cette époque la paix régnait en Irak, la liberté de religion était plus grande qu'aujourd'hui, "le dictateur" redistribuait les richesses, les peuples vivaient en paix et même, benoïtement, Saddam Hussein envoyait ses condoléances à l'Amérique pour le 9/11.
Puis l'intervention américaine a provoqué la division des clans et une guerre qui à l'origine était imaginaire, dite "préventive".

La notion de "préventive" mérite un détour.
La loi, stipule qu'on est coupable quand on a une preuve, sinon, on est innocent.
Or, agir par anticipation est propre, simultanément, à l'intélligence - donnant lieu à une conclusion rarement partagée - ou à une forme maladive de déni - qui elle est généralement très convaincante.
Par exemple l'accusation illicite d'une personne, consiste finalement à "sortir" une angoisse qui concerne en premier lieu celui qui accuse. De même agir préventivement, par exemple empêcher l'enfant de sortir jouer de peur qu'il ne fasse des bêtises, est de l'ordre de la maltraitance, et le conduira à en faire, alors qu'au départ il n'en avait pas l'intention.
Parfois on utilise le terme de "préemptif", car ce qui est préemptif est une réaction qui aurait dû être une conséquence, mais qui anticipe la cause, devant ainsi une cause, provoquant une conséquence... Dans son acception usuelle, un instinct est préemptif, et un instinct, est l'opposé d'une réflexion, c'est donc une réaction absolument animale.
Disons-le clairement : agir sur un fondement instinctif au lieu que cela soit réfléchi et fondé, est absolument la définition du néonazisme. Et cela a lieu tous les jours ! En fait, c'est sa popularité, l'angoisse qu'il permet d'exprimer, qui rend une action instinctive acceptable par les masses.

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Nous en Europe on se demandait bien ce qui se passait, pourquoi la guerre préemptive n'a-t-elle pas fonctionné comme prévu, d'où venait cette résistance ?
Ou dit autrement : Pourquoi accuser sans preuve provoque-t-il la colère ?
Ou encore : Pourquoi l'injustice c'est mal ?

Ensuite en Palestine, Liban, Iran, Syrie, il s'est agi de coloniser ces pays en faisant pareil qu'en Irak, imposer un mode de civilisation qui ne peut et ne pourra jamais convenir, qui plus est en l'imposant brutalement, c'est à dire rapidement et de façon irrespectueuse.
Pourquoi est-ce mal ?

Dans un article de Réseau Voltaire "Aveu d'échec de la propagande états-unienne dans le monde Arabe" on voit qu'ils ont essayé de les envahir à coup de Coca-Cola, de magazines pour les jeunes, de chanson pop, et que cela a généré plus de l'écoeurement qu'autre chose. (bon ok j'extrapole l'article mais c'est ça)

Qu'il soit illégitime, brutal, inapproprié, et inconvenant d'arriver dans une culture différente, et sans même se donner la peine d'apprendre la langue locale, imposer un mode de vie qui est le sien donc qui paraît être "le bon", fait ouvertement rire n'importe quel anthropologue même amateur, qui vous répondrait "ah ! oui, on fonctionnait comme ça il y a cent ans à peine, quand on utilisais le terme de "sauvage" pour sauvagement désigner et sauvagement maltraiter des humains dont la richesse de la culture nous était tout simplement inconnue".

Si un mode de vie est le bon pour quelqu'un qui y est accoutumé, il faut vraiment que ce dernier soit un sombre crétin pour s'imaginer que ce mode de vie, est bon pour tout le monde, et que motivé par une espèce de générosité, celui-ci se sente obligé de l'imposer aux autres !

De quoi cela procède-t-il ? De l'expérimentation sur autrui, afin de se placer soi-même comme observateur extérieur de ses propres douleurs refoulées.
Cela, est le fondement de la psychopathologie, "le sujet" veut s'extérioriser de ce qui le ronge, en l'imposant aux autres.
Qu'Israël provoque une véritable "Shoa" (catastrophe) sur ses voisins, tient à ce processus, qui est relativement animalier, ou tout du moins dû à une déficience mentale.

C'est bête mais : c'est l'ignorance qui fait croire que sa propre ignorance n'existe pas, et qu'il n'y a rien à découvrir ou à comprendre d'autrui. C'est la culture morale découlant de millénaires d'ignorance et d'inconséquence qui explique le nazisme et le conservatisme.

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Mais là où le plus énorme n'était pas prévu dans cette guerre psychotique, et c'est pour cela que je peux dire qu'il ne faut rien avoir dans le crâne pour mettre au point de tels plans, c'est que soudain tous les pays attaqués se soient unis face à cette agression, alors que le plan initial était de les diviser, en les montant les uns contre les autres.

Qui plus est, malgré la propagande médiatique - qui est un bras gauche de l'étatisme : lire compop.net c'est scientifique et très intéressant ! - les pays Arabes n'ont qu'à souligner le sens réel des mots employés par leurs agresseurs, "Démocratie", Droits de l'Homme", pour justifier leur résistance.

Ils gagnent le coeur de l'opinion internationale qui arrive à se détacher de l'information publique, c'est à dire de "l'élite intellectuelle" - celle qui n'a pas voté pour Bush aux états-unis) - sur la seule base des crimes commis à leur encontre, et du mensonge proféré avec une répétition qualifiable de maladive, paranoïaque.

Et donc soudain ce qui arrive en Irak est éclairé par une nouvelle lumière, cette fois placée à un meilleur endroit.

Et même les "bandes rivales" qui se battaient, voyant comment la même technique est utilisée en Palestine et au Liban, en visant la Syrie et l'Iran, en voulant crée la division au Liban de sorte que e peuple se retourne contre le Hezbollah, eux aussi soudain perçoivent leur situation sous un nouveau jour : cette haine leur a été instillée par contagion, depuis les états-unis, dans le but de les diviser et donc de les dominer, exactement de la même manière.

Et même, partout ailleurs, en Afrique, en Inde, c'est toujours la même technique qui est utilisée, une technique inconsciente, puisque psychopathogène.
Créer la division, (on peut prendre la question dans l'autre sens) est le moyen de détecter une psychopathologie à l'oeuvre.

Naturellement, voyant la technique de l'envahisseur se préciser, apprenant à comprendre comment il renverse la situation avec son vocabulaire toxique, les Arabes s'unissent par compassion, comme jamais ils n'avaient l'intention de s'unir.

C'est toujours plus facile à dénoncer quand on l'observe, mais quand c'est une seule personne - et non un état tout entier - qui a ce comportement, il est très difficile pour la loi comme pour ses victimes de dénoncer où est le crime. Pourtant j'appelle cela la "psychoviolence", et j'estime que c'est très répandu.

En fait, la bêtise des états-unis aura fait un bien énorme au monde, en lui faisant comprendre avec une vive certitude pourquoi il fallait :
- non pas faire changer, tuer, désarmer, envahir, mais rendre caduque :
- non pas un pays ou des gens, mais une idéologie psychopathogène.

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