090430 5 min

l'intelligence des choix

L'idée n'est pas de moi mais elle est bonne.
La guerre, c'est une question de fierté et d'égo, c'est ça qui cause la souffrance.
La stratégie de guerre, ce sont les petits coups qui, quand on les raconte, permettent de rabaisser l'ennemi, du genre « on ne s'est pas laissé faire », « on n'a pas laissé un outrage sans réponse », « on ne va pas leur donner des signes de faiblesse », etc etc...

Ce sont les cons qui agissent ainsi, et les faibles, brutalisés et attaqués, n'ont pas à s'exprimer sur ce registre. Les « forts » qui sont les malades emplis de lacunes et de rancune, finalement, le leur demande, de ne pas leur répondre sur le même registre que le seul qu'ils connaissent. Au fond leur rêve c'est de découvrir des nouveaux registres qui éteindra la douleur qui est la leur.

Les faibles sont les forts et les forts sont les faibles. Jésus, Gandhi, Bouddha, et sûrement d'autres parmi ceux qui tenaient le plus à préserver l'état d'esprit dans lequel ils se sentent libres et heureux, ont toujours résisté en silence, avalant, digérant, et recentrant au maximum en eux la peine qui leur était infligée. Et pour cause, leur énergie n'aurait pas supporté de se faire ainsi décentrer, déstabiliser. C'est un meilleur investissement que de voir ce mal en face et de le maintenir prisonnier pour qu'il ne reparte pas par ricochets dans la société. Soi-même c'est peu, le bien de tous c'est mieux. Beaucoup ne le comprennent pas, mais il faut dire aussi que sans la foi ni sans preuve, ils ne le comprendront jamais.

Certains vont dire, maintenant que Obama est là, les choses vont changer, c'est sûr, on commence à voir la fin du tunnel de l'horreur d'une occupation mi-centenaire, les manifestations pacifiques, hebdomadaires, et très régulières contre le mur de l'apartheid, pour la défense des terres pures et prolifères de leurs ancêtres, que les colons veulent bétonner et transformer en désert, qu'ils ont déjà contaminé par le sang qu'ils y ont versé, cette terre il faut l'abandonner, la leur laisser.
Obama n'est qu'une plaquette publicitaire, il ne faut pas s'y fier : son job concerne son pays pas les autres pays.

Ils la veulent, qu'ils la prennent, et qu'ils laissent grandir en paix les enfants de Gaza, de sorte que la rancoeur et la violence ne vienne pas enlaidir leur coeur.
Que les gens de Gaza, exemplaires et plaints par le monde entier, soutenus du fond du coeur par l'histoire, la morale et la justice, et par la plupart des humains vivants, s'en aillent !
Qu'ils se choisissent une nouvelle terre, un pays qui voudra les accueillir et leur céder les parcelles dont ils ont besoin.

Après on découvrira les richesses minières qui auraient pu guérir et apaiser, les colons se les approprieront, et ils seront fiers de leur bonne fortune.

De cette façon, la souffrance prendra fin. En agissant ainsi il ne sera plus question d'attendre que leurs tortionnaires se ressaisissent et s'arrêtent soudain de les humilier et de les torturer moralement et physiquement. L'espoir que les plus faibles d'esprit, les orphelins, les traumatisés prennent les choses en mains est assez faible en vérité ! Il leur faut un exemple auquel se référer.
Céder à leur volonté de colons, complètement rétrograde et anachronique, qui continuent sur l'élan d'une croisade lancée il y a de nombreux siècles, c'est rendre effectif le cime qui les tient tant à coeur.
Partir, c'est leur céder une terre sur laquelle rôdent des âmes en peines et une souffrance cicatricielle, qui ne manquera jamais de saisir les voyageurs de passage.

Le droit au retour, le droit de retourner vivre libres sur la terre ancestrale, sera toujours parfaitement légitime tant que la fuite aura eu pour seul but la fin des souffrances.
Car les souffrances infligées par le uns sur les autres, quel que soit le niveau de conscience de cette imposition, sont inutiles. Elles ne construisent rien, n'apportent rien, n'enrichissent rien, elles ne servent à rien, au contraire elles freinent l'évolution, et elles rallongent le chemin qui mène à la paix.

Les pays qui les accueilleront, seront glorifiés pour leur générosité.
Confier des terres à un peuple en exil ne sera pas une première, bien d'autres raisons pousseront à l'avenir des peuples à quitter leurs terres, dont la définition n'est qu'une illusion. Car la terre est la même partout sur Terre, c'est la même matière, le même soleil et les mêmes nuits ; rien d'utile ou de fonctionnel ne fait qu'une terre est meilleure pour les uns ou pour les autres.
Tous les humains sont frères, tous peuvent s'aimer, sans se juger ou se maudire, en dépassant facilement le réflex nerveux qui consiste à avoir peur de l'inconnu. La vie est inconnue, pourtant il faut bien la parcourir, en étant porteurs d'espoirs.

Qu'ils partent et qu'ils cessent de souffrir, qu'ils la leur laisse, leur « terre sainte », sainte pour quoi faire on ne le saura jamais. Les colons démoliront les monuments historiques et les remplaceront par des cages en béton armés aux angles droits qui se fissureront au bout de trois intempéries.
Ils stockeront leurs bombes atomiques dans des hangars jusqu'à ce qu'elles soient démantelées, ou que l'une d'elle ne s'enflamme par inadvertance.

Et après ? Ils recommenceront ? Ils se feront encore chasser ? Et ils repartiront encore ? Eh bien ok alors ! Pour aller où, nulle part, sous terre, sur Mars ? Pour se faire exterminer ?
Qu'importe, ce qui compte c'est l'intelligence des choix que chacun fait.

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