23/07/2006 7 min #2602

Une autre politique est possible

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La rue est le seul endroit où «la démocratie» est effective.
Et son effet est très amorti.
C'est cette difficulté dans la fluidité qui peut être rénovée.

Avant il y avait des penseurs, des philosophes, des écrivains, poètes, artistes...
Il leur suffisait de cogiter pour accomplir l'oeuvre de leur vie : véhiculée des idées révolutionnaires Ils n'avaient pas besoin de travailler comme aujourd'hui, c'est à dire devoir fournir une rente à la société de 1000 euros par mois minimum, juste pour avoir un toit, du gruyère et du pain. La pensée est déjà tout un «travail».

Ce sont ceux-là, ces philosophes perdus, qui ont pourtant bâti la démocratie telle qu'elle est aujourd'hui, qui ont muté le moyen-âge en un âge moderne et pluriel.
C'est le fruit de leur travail qui donne les arguments pour lutter contre «la tyrannie», pour élever la conscience des peuples, les éclairer, et ainsi activer le potentiel qu'il y a en eux.

Aujourd'hui ils ont été décimés. Un penseur, c'est soit un bourgeois qui peut vivre sans avoir à aller au bureau, soit un compilateur d'informations urbaines qui se place dans un créneau commercial, un grand courant populaire, dans le but d'obtenir le consensus et donc un revenu.

En devenant consensuelle et surfaite, la culture s'est limitée pour des raisons commerciales à un âge mental de 12 ans maximum, et cela le plus sciemment du monde. Je suis sûr que cette information véridique n'étonnera personne.

Et pendant ce temps, le contrecoup s'opère, la démocratie n'est plus que l'ombre d'elle-même.
En restant campé sur des protocoles, le Système n'a pas suivi l'évolution attendue par l'accroissement de la masse d'intelligence calculable par le pouvoir en augmentation d'un peuple en augmentation, de plus en plus cultivé, compétent et nombreux.

La démocratie qui a été dessinée pour un peuple pour moitié illettré, ne peut être la même que pour un peuple capable de mathématiques, de philosophie, et surtout capable de communiquer intensément et à grande distance.

Ce qu'on appelle la Démocratie aujourd'hui n'est plus qu'une ombre de ce mot, une fierté royaliste, une excuse pour les dictatures, mais aucunement le sens réel de ce mot n'a été repensé comme il aurait dû l'être.

Pour que le peuple puisse avoir une influence sur la politique, il n'existe qu'un seul et sacro-saint protocole, le vote, qui d'un point de vue fonctionnel signifie un seul mot prononcé collectivement tous les 5 ans : c'est trop peu !!!

Le fait même d'avoir à choisir, est l'entraille de toutes les manipulations puisque le fait même de devoir choisir permet implicitement de conditionner cette «liberté» en créant un choix dont restreint à des options qui finalement vont dans un sens qui lui, a été décidé arbitrairement.
Ensuite après ce vote, tout le champ est libre pour créer le conditionnement des choix futurs.

A part cela, le seul moment où «le peuple» peut agir politiquement, c'est en exprimant son mécontentement en faisant des manifestations dans les rues qui ne sont relayées par la presse assujettie au pouvoir que plusieurs années après..
Sur le moment, l'information contenue par une manifestation se résume en valeurs du nombre de manifestants, deux chiffres officiels, celui des organisateurs et celui des renseignements policiers, l'un et l'autre «gonflé» proportionnellement à la tension qui veut être créée de part et d'autre.

C'est le seul moment où «la démocratie» entre en jeu véritablement, et ce moment n'a aucun effet, est à la limite de la légalité, et peut être balayé du revers d'une critique sournoise émise par une aristocratie incrédule et méprisante.

-- Nous aurions pourtant les moyens d'une démocratie à la hauteur systémique de ce dont est capable le simple commerce : j'ai nommé «le flux-tendu».

Le peuple n'est plus un village d'illettré de 100 000 habitants, dont seuls une petite centaine est capable de grandes décisions politiques.
C'est un réseau puissant de millions de citoyens responsables et chacun spécialisé dans un domaine complémentaire aux autres.

Parmi les projets de loi proposés toute l'année (je suis abonné à cette publication de l'assemblée nationale) 9/10 portent sur des questions extrêmement annexes à ce qui est véritablement important pour le développement à long terme de la société, ne sont que des questions qui devraient revenir à des délégations spécifiques.
Seuls 10% finalement ont un effet (ou même moins selon d'autres sources) et peu d'entre celles-là ont l'efficacité qui était voulue. Et pour cause, si on voit le rapport entre ce qui est voulu et la méthode pour l'obtenir, en tenant compte du travail qui a été fait pour cela : presque nul, à part des rédactions ultra-pompeuses et fastidieuses.

Les textes de loi sont si nombreux qu'il faudrait raser une Amazonie entière d'arbres pour faire le papier pour l'imprimer...
Et à part ça «nul n'est sensé ignorer la loi», puisqu'elle est sensée tomber sous le sens.

Le flux-tendu lui, est d'une toute autre nature politique : c'est le peuple qui fait ce travail, par internet, toute l'année.

Bien sûr il s'agit toujours d'élire des représentants, mais cette élection est elle-aussi soumise à une réévaluation permanente : il n'y a pas de date fixe pour les élections, mais des algorithmes d'élection.
Le représentant d'un groupe social est celui qui tranche pour l'incorporation d'un projet de loi au système.

L'algorithme de nomination permet à l'élection d'être perpétuelle mais de «cranter» les votes, autant que d'opérer un changement rapide s'il est massif et soudain.
Un algorithme sera donc dans ce système, l'objet d'une loi ; elle-même en mutation.

De leur côté, les gens sur internet, peuvent faire deux choses distinctes : des propositions de loi, qui sont votées par les internautes, puis soumises à des votes nationaux après avoir avoir «rendues» (c'est à dire travaillées, achevées), et bien sûr l'autre partie consiste à faire ce travail.

Le travail du rendu de loi est celui de l'analyse, de la confrontation, de la documentation, de l'apport d'arguments statistiques, logiques, philosophiques... Cela peut à sont tour être traité par divers «forums de discussion» spécialisés dans leurs domaines, l'économie, la science, la philosophie du droit, etc etc... où chacun peut intervenir et suivre ce processus confié aux élus locaux.

Bref il est possible de mettre en place une organisation en réseau véritablement démocratique et informatique, et cela uniquement en copiant-collant des systèmes de forums sur différents serveurs, avec une administration dédiée pour les relier, qui consisterait en une association de quelques dizaines de personnes employées à plein temps.

C'est tout ce qu'il faut, et cela permettrait de défaire les politiciens de la trop lourde tâche d'avoir à décider de tout, en huis-clos, sans capacité à supporter la discussion contradictoire.

Cela permettrait aussi de faire qu'une manifestation, ou un soulèvement populaire, ait lieu directement sur internet et ait pour conséquence immédiate le remplacement d'un dirigeant qui se met soudainement à avoir un comportement honteux, ou dont on se rend compte soudainement de la déficience grave.

Dans un tel système, les politiciens tels qu'on les connaît, c'est à ire des commerciaux populistes et démagogues, ne seraient pas utiles. Et d'autre part, celui qui serait élu par plusieurs millions d'internautes aurait pour lui une bien plus grande fierté que s'il avait accédé à ce poste au prix de coups bas, de manipulations, d'autoritarisme, et de mensonges voire de crimes inéluctables....

Ps.
Votez pour moi en 2007 !

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