090216 9 min

Le capitalisme n'est pas un système social

Introduction, pour mettre dans l'état d'esprit de la réflexion

Je suis allé à rendre un dictaphone MP3 en raison de ce que le produit était mal développé. Le clapet de la batterie ne tenait pas et le jeu des boutons provoquait des bruits qui recouvrent l'enregistrement.
Comment Philips peut-il vendre un produit qui ne passe pas le premier et le plus basique des tests de fonctionnalité ?
Bien sûr ils ont refusé de me l'échanger, même contre un meilleur produit moyennant la différence, sauf contre un autre qui soit absolument le même.
Le vendeur m'affirme que ce produit est celui qu'ils vendent le plus, et que jamais personne ne s'en était plaint auparavant.
C'est à dire que face au constructeur qui fait des appareils bruyants, face aux consommateurs qui n'y voient pas d'inconvénient, et face à la procédure super supérieure de l'usage courant de remplacement, et face au vendeur sûr de lui bien que je le lui ai démontré par A + B, il n'y a rien à faire pour corriger ce défaut.
Je demande au vendeur : signalerez-vous aux futurs acheteurs que ce produit enregistre les cliquetis de son propre fonctionnement ? La réponse est qu'il me ria au nez.

- Au départ l'humanité ne voulait que bien faire, ça c'est sûr, mais pour autant les méthodes employées pour construire un réseau social humain vivable et heureux n'étant pas les bonnes, mais ayant été adoptées par tous dans l'élan de la précipitation, sont devenues indécrottables et inamovibles.
Les quelques analystes qui prétendent que le système de l'argent est injuste, s'appuyant sur la famine de 1/6ème de la population mondiale pour le démontrer, se confrontent à une routine lancée il y a si longtemps que la remettre en cause constitue en soi comme une sorte d'agression, dont les défenseurs ne tardent jamais à apparaître, armés de leur rhétorique dont la puissance, insuffisante, ne peut être compensée que par la violence.

A chaque fois qu'on émet une hypothèse dont l'analyse requiert une remise en question, le premier réflex est toujours de la rejeter en s'appuyant sur des raisons conditionnées, quitte à ce qu'elles perdent leur teneur, mais sans que cette perte de sens ne soit suffisante pour pousser à une réflexion plus profonde.

C'est toujours l'absence de réflexion qui oblige à se contenter de raisons automatiques pour justifier l'injustice ; et la force de violence qui vient en renfort de la force de la raison.

Quand on débarque avec une réflexion originale on est toujours confrontés à l'inertie de la réfléxion de ceux qu'on a en face, qui se pensent majoritaires et supérieurs, en train de devoir expliquer le monde simple à des abrutis.

Pourtant tout le système social mondial s'effrite, et même malgré cela en l'absence d'une réflexion profonde individuelle puis collective, l'inertie du changement est trop grande pour qu'on puisse en voir le bout assez tôt, du moins avant qu'une dictature ne se fasse jour, où là, tout sera vérouillé par le pouvoir de la force.
Cela est inéluctable si une profonde remise en cause, reconnaissable par des excuses publiques et une honte visible, ne veut pas se faire.

- Le dessin d'un système doit commencer par la dictée de ses buts : en l'occurrence que les gens puissent tous vivre en paix.

L'ère informatique dans laquelle on vient juste d'entrer rend caduque une somme invraisemblable de croyances fonctionnelles qui n'avaient jamais été prouvées que par la rhétorique, en y opposant les lois proto-mathématiques des systèmes.

Quand on projette une loi fonctionnelle, j'appelle ça l'effet Doppler, tant qu'elle se situe dans le futur c'est le plus souvent perçu comme une bonne idée, quand on passe à sa mise en oeuvre on est presses par le temps, et une fois qu'elle est accomplie, on se rend compte de la somme d'incohérences et d'illogismes qu'elle constitue, de la courte vue qui en fut à l'origine...

En général en politique la fonctionnalité d'une loi est toujours univoque, il ne s'agit que de régler les problèmes un par un, au sein d'un système si grandiose que ce n'est même plus du ressort de la politique de s'en charger, mais de l'histoire.
Ainsi si on ne devait se fier qu'à la politique une quelconque révolution prendrait cent mille ans.

Alors que l'action de repenser un système peut ne prendre que quelques secondes si on se défait des usages et du sens commun, et que le temps presse de guérir une société malade de ses propres routines, il convient désormais de ne plus se fier qu'à ce qui est fonctionnel, et d'étendre cette préoccupation à une échelle globale.
La seule solution est de Penser, et donc d'admettre sa précédente ignorance et le poids de ses erreurs.

- Ce qui est fonctionnel est que les marchandises doivent parvenir à tous et chacun.
Je propose depuis longtemps qu'on commence par faire ça avant même de décider exacement par quel système cela serait logique de le faire.

Mais surtout, il existe de nombreuses manières et motifs par lesquels ce serait logique de réaliser cela.

Les questions auxquelles on se confronte sont celles des abus et des injustices, mais en mesure de la famine de 1/6ème de la population mondiale, on devrait quand même pouvoir soupeser le pour et le contre.

Pour créer un système entièrement nouveau et repensé, quel qu'il soit, il faudra que ça ait lieu dans un prototype de réseau social, avant de vouloir l'appliquer à grande échelle.
Cela, devrait être la première de toutes les priorités.

Et si cette idée offusque, ce ne sera que pour des raison d'égo, en mesure de ce que cette volonté soit la manifestation de l'échec du système actuel, ce qui pourrait être interprété comme "une fin d'année scolaire".

Le symptôme de la fin de l'année scolaire est celui de la perte de ce qui maintient l'ordre, c'est le moment où on n'a plus envie de s'acheter des nouvelles chaussures, de nouveaux cahiers, et de se faire une nouvelle coupe de cheveux pour avoir l'air d'un bon élève. C'est un moment de décadence où soudain on se permet rompre avec ce qui conditionne habituellement la pensée.

C'est exactement cela que craint le pouvoir en place, maître et principal bénéficiaire du système injuste, en essayant par la force de plonger les population dans une ambiance de dureté hiérarchique, afin de dresser et contenir toutes les velléités de liberté.
Leur discours est bien sûr qu'ils font ça pour le bien des élèves, et ainsi la dureté se renforce d'autant que l'humeur social tend vers "la fin de l'année scolaire".

Mais en réalité ils ne peuvent pas lutter longtemps, de plus cette idéologie de fin de soumission au pouvoir est fortement ancrée dans les psychologies. Et en voyant le monde s'émietter de façon aussi flagrante qu'à notre époque, il ne faut pas se leurrer, toutes les règles du système injuste finissent par apparaître, et tout ce qu'il faut pour pouvoir se projeter dans une "nouvelle année scolaire en classe supérieure", c'est ce que je préconise, un système social prototype, des systèmes sociaux prototypes ;
Prendre vacance du système social injuste.

- On arrive à l'ère de l'informatique, et désormais ce qui compte est ce qui fonctionne, et c'est en mesure du fonctionnement qu'on juge du "bien" et du "mal" d'une procédure, et non plus en s'appuyant sur l'image de marque qui lui aura été associée.
De toutes façons les esprits sont fatigués des discours oisifs et publicitaires, basés sur des slogans messianiques qui utilisent les vices et les berlues comme des moteurs de motivation (quoi que ces simplifications puissent être utiles comme on vient de le voir !)

La question principale est ce qui fait un système social.
En résumé, un système social est ce qui permet à chacun de vivre en paix et heureux.
Le nombre de paramètres à cette équation est si énorme, qu'on ne peut que se demander comment la réponse apportée, qui est le système de l'argent et du but lucratif, a pu survivre aussi longtemps en étant aussi faible et débile.

La plupart des fournitures de marchandises dans le monde sont des dons et du secours apportés aux plus faibles, par le biais de ce qu'on nomme "l'humanitaire", ou encore mieux "les personnes à charge". Ce système est venu se greffer au système de l'argent pour compenser sa défaillance, et ce qui arrive aujourd'hui est que le vague "humanitaire et personnes à charge" commence à prendre une place prépondérante sans pour autant n'être réglé par quelque règle que ce soit.

En fait si on projette le futur en partant de l'élan actuel, finalement il n'y aura plus que des super puissants dont la moralité ne pourra se jauger qu'en fonction des dons qu'ils feront aux esclaves pour leur permettre de manger....

Puis, comme par le passé, à force de donner, les puissants vont se poser la question de comment recevoir en retour. C'est comme cela que le système des banques est né, pour que les puissants le restent, tout en permettant une circulation permettant aux esclaves de vivre sans trop se plaindre.

- Le principe du système de l'argent est que chacun veut faire du bénéfice commercial, bien que dans la logique ce ne soit possible que si la quantité d'argent en circulation est grandissante, quitte à ce que la valeur des produits soit en baisse permanente, ce qui est hautement stupide.

C'est ce système qu'il faut reconfigurer.
Et ce n'est clairement pas le principe de l'argent qui permet aux humains de vivre, en fait, les humains vivent actuellement "malgré" le système de l'argent.
En fait le principe de l'argent ne peut être qu'un sub-système de la mécanique qui permet d'obtenir un résultat viable.

La question initiale est celle de la valeur des marchandises, biens et services dont chacun a besoin, afin de produire une comptabilité, sans laquelle il ne peut y avoir d'effet de justice, à moins que tout le monde soit parfaitement honnête, ce qui n'est pas non plus illégitime comme requête.

L'ère informatique qui vient de naître le dit avec une clarté mathématique : la valeur des marchandises ne peut s'évaluer qu'en fonction de la valeur des marchandises !
C'est une fonction itérative d'auto-régulation qui permet, au moyen de coefficients qui sont des "paramètres politiques" d'évaluer ce qui est "plus" ou "moins" (cher) qu'un autre produit ou service.
Le nombre de paramètres permettant de renvoyer la valeur d'une marchandise est donc de deux natures : le rapport avec des autres marchandises en mesure de leurs coefficients, et un sub-système, l'évaluation de ces coefficients en mesure de l'effort nécessaire pour le produire.
En troisèle instance, il faut ensuite conférer une valeur à l'effort produit, afin que chacun produise un effort acceptable et comparable aux autres, en mesure de leurs moyens.

Dans ce sens, le calcul sera jugé "bon" si et seulement si on obtient un résultat autorisant un effort allant de 0 à 100, en fonction de ce que l'humain soit actif ou inactif.
Pour un effort de 0 pour un humain inactif (enfants et vieux), on doit obtenir un résultat comparable à celui qu'autorise un humain actif avec une valeur d'effort de 100.

Je reviendrai pour la suite !

8119