060720 9 min

Ces bannis de la république

w4lk60720

Je crains que l'actualité et le travail intensif de RESF n'ait pour conséquence que l'on se dise que cette affaire est réglée ou en passe de l'être.

L'histoire le fera mieux qu'aujourd'hui, mais on peut déjà formuler des analyses sur la situation actuelle.

Dès le début, l'initiative populaire s'est accordée pour réitérer cette brèche ouverte par les acteurs de la paysannerie en colère, José Bové, nommée "désobéissance civile".

Cet état de fait n'a pas été sans rappeler la Gestapo, et la résistance qui consistait à dissimuler des cibles, enfants, adultes, à la fureur des troupes armées.

Quoi que difficile à admettre la répétition de l'histoire est un fait établi.
Mais là ne se sont pas arrêtées les comparaisons et les adjectifs.

En premier lieu, le "racisme" consiste en gros en une inconséquence des actes et des paroles, une imprécision, un refus de réflexion et d'analyse soigneuse, pour retomber le plus rapidement possible sur la solution de la violence. A ce titre, le manque de considération pour le devenir de ces "sans papiers", l'incertitude des raisons qui motivent leur expulsion, leur retour dans un pays qui sera le plus souvent en guerre ou dans une très grande misère, peut établir que cette décision légale soit "raciste".

La logique sur laquelle elle se fonde, n'est jamais déclarée, mais on suppose qu'elle est économique.
Mais dans ce cas, les rétentions, les avions, les forces mobilisées - comme si la police n'avait pas déjà assez de travail - ont un coût.
A partir de là il est légitime de poser les questions :
- combien coûtent les "sans papier" à la communauté ?
- combien coûte leur expulsion ?
- quelle économie est attendue (par soustraction des deux précédents) ?
- et enfin, comparé à d'autres dépenses, est-ce que cela vaut le coup, est-ce que les français n'acceptent pas une telle charge au titre d'un motif de fierté historique de la France, et quitte à "bannir" d'autres dépenses, militaires par exemple ?

Enfin, par extension toujours dans le domaine économique :
- quelle charge supplémentaire cela va-t-il coûter aux pays qui les reçoivent ?
- le système économique n'était-il pas sensé s'équilibrer, comme il le fait de toutes manières avec le simple effet de démographie ?

Outre la dimension purement économique, une dimension morale et psychologique ne peut pas être occultée.
- Quel traumatisme engendrent ces expulsions et quelles peuvent être leurs conséquences ?
- Que ces réfugiés politiques, immigrés, aient cru en la France était-il une erreur ?
- n'est-ce pas injuste (inique) si les lois changent d'une façon que rien ne laissait prévoir ?

La migration des peuples qui fuient la misère et la guerre n'est pas un plaisir pour ces peuples, mais une nécessité de survie.
D'autre part le droit international est garant par les Droits de l'Homme, et par le bon sens, que chacun ait le droit de voyager, d'aller habiter où bon lui semble. Je veux dire que tout humain né sur Terre est en droit de s'attendre à cela, et il est légitime qu'il soit surpris si on lui annonce que certaines zones lui sont interdites, non en raison du danger qu'il y court, mais en raison du fait qu'il n'y soit pas le bienvenu.

Mais on ne peut occulter non plus que toutes ces questions sont loin des raisons qui ont fondées cette politique.
C'est à une fin électorale, que Sarkozy a préféré fédéré ainsi les le mouvement d'extrême droite à son avantage, en lui apportant satisfaction, et en se fixant de cyniques "objectifs", tout comme des commerciaux ont des objectifs à poursuivre, afin de satisfaire les exigences de leur entreprise.
ela fait croire à une entreprise plus vaste que le simple Sarkozy. Il entend ainsi se défendre par anticipation des critiques qui peuvent lui être faites, en reportant la raison de ses actes sur des raisons supranationales.
Ce qui est peut-être vrai, mais alors, ce serait plus grave encore.

Mais revenons à une dimension qui ne peut être occultée non plus, celle de la stricte logique.
Au niveau politique, le problème est posé de sorte que la régularisation des sans papiers n'est pas possible pour la raison que cela va motiver les immigrations, sous-tendant que cela constitue un problème, mais quel problème ?

En effet seul un certain pourcentage peut être accepté, et à cela même ceux qui sont choqués par cette politique en arrivent à le croire. C'est travail de sapage moral qui est à l'oeuvre.
Alors se pose le problème de la méthode de sélection. De là, commencent des discussion sans fin, très compliquées, mais ayant toutes en commun de devoir faire l'impasse sur la dimension morale.
En effet si on sélectionne par l'intelligence, ou par le niveau de vie, ou par le fait de parler la langue française, ça devient cynique, et en tout état de cause, il s'agit toujours et jamais d'une "discrimination".

En aparté, l'argument selon lequel la langue d'origine devait avoir été "oubliée", bat tous les records de cynisme, puisque ça invite ceux qui veulent passer ce barrage à mentir, ou pire, à vraiment oublier leur langue natale. Cela, sans le moindre doute, est une agression psychologique d'une rare cruauté, inutilité, en fait, ça a tout d'un acte raciste pur et dur.

**

Mais revenons au "problème" : peut-on accepter tous les immigrants ?
Telle qu'est posée la question du choix de la discrimination, la réponse paraît être "non", mais en toute logique : Pourquoi ?

En effet si tous les pays riches s'organisent, alors les immigrés peuvent très bien être dispatchés dans chacun de ces pays en mesure de la proportion de capacité d'accueil dont ils disposent les uns par rapport aux autres.
Notez bien cette idée qui est très forte, puisqu'ainsi il s'agit de faire naître un sentiment de justice, agencée de façon rationnelle. Si la capacité d'accueil de la France par rapport aux autres pays accueillants, est de 10%, alors 10% des immigrés dans l'ensemble de tous ces pays leur reviendrait. De cette manière il n'y aurait pas de disproportion, et aussi, il y aurait une homogénéité propre à équilibrer entre les pays riches l'accueil de ces immigrants, qui fuient la misère, faut-il le rappeler.

Dans le même temps, il conviendra d'opérer une légère auto-psychanalyse sur les raisons de fuir ces pays pauvres.
En effet, comme l'évidence le dit, si ces pays sont pauvres c'est en raison de l'activité qui les aura appauvri, c'est à dire, l'activité des pays occidentaux.

Donc de la même manière que Sarkozy (petit ministre qui est obnubilé par l'accession au pouvoir) entend "éduquer" le monde en lui faisant savoir que la France n'allait pas être un pays d'accueil pour tout le monde, il convient, le plus légitimement du monde, de vouloir procéder de la même sorte avec la France elle-même, en lui rappelant quelles sont ses responsabilités.

Notamment les responsabilités des pays riches sur les états souverains mais ruinés par les banques mondiales, surendettées, consiste en divers efforts sur lesquels là aussi, et surtout, il ne faut pas lésiner.

Parmi lesquels, certains qui sont gratuits, et d'autres qui sont de l'ordre de l'investissement.
C'est à dire qu'il n'y a rien à perdre à aider un pays pauvre à ne pas le rester.
Notez quand même que ces immigrants ne quittent jamais leur terre natale de gaité de coeur, fussent-elles en guerre ou sous le joux de dictatures injustes.

En premier lieu, faire stopper les injustices étatiques, est prioritaire, bien plus que d'y renvoyer ceux qui s'en sont évadés.

Ensuite, y développer des industries, n'a aucune raison de ne pas être profitable.

Enfin, y colporter une instruction, y implanter des écoles, des hôpitaux, qui emploient localement, ne peut qu'être salutaire.

Evidemment l'inconvénient de ce plan serait que la propriété de ces implantations resteraient étrangères de leur point de vue, mais quoi ? aucun pays ne se bat pour cela ?
Et est-ce réellement important si en échange, une économie est activée ?
En fait, plus sérieusement, je sais que cela serait une nouvelle forme de dictature, mais au moins, ça aurait l'avantage d'avoir tenté quelque chose. Et puis si ces industries sont nationalisées en France, à but non lucratif, ce serait seulement plus juste. Le gain resterait évident.

**

Pour l'heure, à quoi assiste-t-on ? A des rafles policières visant à dénicher les "sans papiers" afin de les expulser brutalement dans le pays d'accueil relatif à la tête qu'ils ont. Puisque leur nationalité n'est stipulée sur aucun papier légal...

Certains, sont renvoyés en Chine où ils passeront la fin de leur jour dans de véritables camps de travail, sans espoir de retour évidemment.
A ce propos, la déchirure que cela occasionne dans leur coeur, d'être séparés de leurs amis, de perdre tous les espoirs qu'ils se faisaient sur leur futur, et ce sur un "coup de tête étatique", en l'espace de quelques mois voire quelques semaines, si cela n'est pas une composante politique, est un facteur extrêmement grave de diffusion de la haine.

Au moins, il serait malin, enfin la moindre des contre-réactions, qu'on crée des centres permettant de suivre l'évolution en permanence de ces exilés de force, ces "bannis de la France", cela afin de suivre leur évolution et les conséquences de leur expulsion, au jour-le-jour.
Puisque la dimension économique est incalculable en vérité, celle-là, humaine simplement, est parfaitement réalisable.

Je trouve d'autant plus cynique de s'en prendre à des "sans papiers", que ceux-ci les réclament et qu'on le leur refuse, comme si on les accusait d'un mal qu'on leur avait déjà fait subir, et non qu'ils avais commis.
Car en tout état de cause, une expulsion, (surtout vu comment elle a lieu : pieds et poings liés), est une condamnation d'ordre criminelle.

Du point de vue sémantique, si on nomme "nettoyage ethnique" le fait de tuer une population identifiée par son ethnie, le meurtre, c'est à dire le fait de faire disparaître, est moins douloureux que le fait de les rejeter, d'anéantir chez eux tout espoir. Dans cette mesure, il est approprié de nommer cette opération légalement mise en oeuvre par la folie d'un seul homme, Sarkozy, un véritable "nettoyage ethnique".

Il faut bien noter qu'il avait cette idée en tête depuis un certain moment, bien avant que les médias ne nous mette, nous peuple, au courant.
En fait, c'est très clair maintenant, quand celui-là s'était déplacé dans une cité en hélicoptère entouré de gardes du corps et de caméras pour déclarer à la cantonade "On va nettoyer tout ça au Karchër, vous allez voir!", maintenant on le sait, c'est à ce plan qu'il pensait.

Alors si la prononciation de ces mots avait soulevé un taulé général, que devrait-il en être maintenant qu'il passe à l'acte ??

-8119