090124 9 min

Une erreur philosophique

Voilà l'histoire en gros :

Israël s'est implanté en pays inconnu et selon lui vierge et y a chassé les animaux sauvages qui s'y trouvaient. Après ils se sont rendus compte que c'étaient des humains mais ils ont refusé d'admettre avoir eu tort.

En fait au début les juifs étaient chassés et exterminés avec la complicité de la cécité internationale, et donc des penseurs enragés parmi eux se sont dit « Rien à foutre, on n'a qu'à créer notre propre nation dans un pays vierge pas trop loin ».

Après ils se sont appuyés sur des textes religieux dont la violence nazie avait rendue la lecture douce et réconfortante, pour dire « Venez ! Avant vous avez été dispersés et affaiblis, maintenant on sera réunis et forts ! ».
Alors les gens étaient d'accord, sauf que là moi je vois une très très grave erreur conceptuelle et philosophique, dont la portée est criminelle.

Dès le début l'erreur native d'Israël a été de vouloir s'auto-exclure d'un monde trop violent pour lui et de s'en isoler en créant des fondements rapides à intégrer par une population nouvellement formée, confondant religion, culture et politique en un seul package mental appelé « identité juive ».

Ceci n'est que la côté pratique, le côté philosophie est celui de l'enfermement dans une bulle de préservation de cette identité, confédérée par un renouveau de la langue hébreuse qui était une langue morte.

C'est comme si on s'en était prit aux aristocrates parisiens et qu'ils s'étaient retrouvés chassés et assez nombreux pour former un nouveau peuple à part entière, et que sous le coup de la colère ils avaient ressuscité le Latin comme langue nationale, qu'ils étaient les seuls à comprendre, ce qui est toujours un avantage stratégique en cas de guerre.
En tant qu'humains de base c'est normal qu'ils agissent ainsi.

Mais au même moment le nazisme fut anéanti par une riposte légitime contre l'horreur, et du coup l'idée de s'isoler du monde trop violent est tombée aussitôt et immédiatement en désuétude, ainsi les idéologues de ce courant sioniste n'avaient plus qu'à pointer au chômage.

Mais au contraire un accord a permit la création de l'état d'Israël et après avoir discrètement exterminé la population locale comme si ce n'était qu'un inconvénient mineur, du coup Israël a été une porte ouverte pour un bon vieux réflexe colonialiste de se défouler un petit coup en utilisant cette fois une méthode moins visible et plus tartuffée du colonialisme, et est devenue une base occidentale considérée comme avant-poste du monde civilisé, qui gagne du terrain sur un monde inculte (mais pas violent).

Ce courant est lui-même natif de l'envie de propager les Droits de l'Homme dans le monde au moyen d'une méthode colonialiste par laquelle, sans que ce ne soit un scandale, on en profite pour faire du business.

En Palestine, l'état d'Israël n'est pas reconnu mais en même temps la Cisjordanie n'est pas non plus vraiment considérée comme une nation civilisée pour les occidentaux, ainsi ils n'ont aucun mal à redessiner les cartes de géographie de la région au cours de 60 ans en appelant tout ce territoire « Israël », et à en modifier les tracés à chaque fois en faisant comme si c'était déjà comme ça avant.

De là l'histoire où Israël en profite pour utiliser ça à son avantage en faisant la victime qui ne veut pas être reconnue par la Palestine, alors qu'eux-mêmes à la base ne considéraient même pas que c'étaient des humains qui habitaient là.

Mais bon malgré tout Israël continue d'étendre ses frontières pas vraiment fixées, en détruisant les habitations expulsant les habitants ou en les conformant dans leur nation comme citoyens de seconde zone (ceux de première zone étant ceux qui ont des bunkers antimissiles personnels).

L'apanage de la frontière floue est un élément très important sur lequel je vais radoter un peu, en disant que c'est pas loin d'être bon concept si un peuple d'une nation peut circuler librement sur un territoire multinational. De là pourraient naître beaucoup de sortes d'altermondialisme puisque des états se créeraient comme on crée « sociétés ».

- Mais revenons à l'erreur philosophique, qui consiste à s'isoler du monde trop violent pour créer une nouvelle nation fédérant une identité juive, sur laquelle avant Hitler seuls quelques mecs bourrés dans les bars tard le soir ne prenaient le temps de s'étendre.
Parce qu'en fait on n'en a rien à foutre de l'identité juive, chacun a l'identité qu'il veut et peut rire ou se scandaliser d'une blague ou d'une comédie, ça ne change rien au fait qu'il est admit par les peuples que les gens sont différents.
Sans cette différence on a du mal à s'identifier soi-même, et ainsi à se connaître et donc à gagner en sagesse.

Si l'Europe rejette le nazisme et se réclame des Droits de l'Homme alors les juifs ou n'importe qui d'autre n'ont plus rien à craindre et peuvent se reconstruire une nouvelle vie après l'holocauste, au sein de la communauté occidentale, qui a bien besoin par ailleurs de voir des nouvelles têtes.

Mais non au lieu de cela la création d'Israël prive les occidentaux d'un peu de son cosmopolitisme, et s'isole en créant une ethnie pure de race, ce qui a de quoi être assez troublant, alors qu'on vient juste de leur dire que la guerre était finie, et que le nazisme avait vaincu ; pourquoi ne pas se joindre à la fête ?

L'histoire il me semble est que les comptes rendus sur les raisons de l'apparition du nazisme étaient un peu trop lourds à avouer, car finalement ça remontait bien plus loin que ce que le public est prêt à entendre ; et donc il semble qu'il valait mieux vite oublier tout ça.

Pour le coup d'une décision qui changea la face de l'histoire de l'humanité, ça c'en est une d'une assez grande taille ! Peut-être qu'il faut aussi ausculter l'histoire de protonazisme et les différentes rivières de refoulements qui se déversent dans ce fleuve de haine pour retrouver un point d'achoppement plus grand que celui-là, mais en tout cas la société occidentale s'est un peu décosmopolitisée et 60 ans d'atrocités et d'hypocrisie intenses s'en sont suivis.

- Aujourd'hui la situation est que nous retrouvons des stigmates de cette urlu-berlue, où en Palestine on a d'un côté les arabes qui disent « causez toujours, moi je suis d'accord tant que vous nous payez », qui est le Fatah, et une résistance qui dit « finalement, on ne veut pas de votre argent sale si c'est pour nous faire culturocider », qui est le Hamas, devenu majoritaire. (en gros)

Je pense que normalement une France qui cocoricotte à la beauté et la grandeur de son identité nationale révolutionnaire chérie, devrait facilement s'identifier avec cette résistance à l'acculturation, puisqu'elle même n'a eu à compter que sur elle-même pour commettre les Droits de l'Homme, et surtout pas aux pouvoirs qui tendent à vouloir rester toujours en place dans le but de se pavaner dans l'abêtissement de la luxure.

Maintenant alors que la destruction la plus sauvage de Gaza, territoire résistant, a été menée et s'est heurtée à l'écœurement des peuples du monde, et maintenant que les gens supplient pour avoir à manger, l'oligarchie occidentale en profite pour mettre sous condition cette aide en joignant avec le colis de petits beurres le contrat à sceller pour éviter toute nouvelle destruction, qui est de cesser de voter pour le Hamas.

La bonne action humanitaire consistera pour les occidentaux à surveiller le trafic d'armes à destination du Hamas pour le compte d'Israël, tout comme ils l'ont fait contre le Hezbollah sur l'autre frontière, avec exactement les mêmes circonstances et la même hypocrisie.
Ces deux guerre ont en comme de s'être stoppées nettes dès la barre des mille morts franchie, et bien sûr l'anéantissement de l'architecture urbaine, qui est devenue un peu comme une tradition.

Les israéliens avouent de façon ouverte vouloir dégoûter le peuple de voter pour le Hamas en appliquant sur eux une méthode de conditionnement désuette même pour la race canine, qui consiste à frapper et punir, et donc que c'est de leur faute s'ils sont obligés de les frapper.
Mais on peut aussi voir en cela un piège pour déjouer l'attention de vrais plans, en forçant la critique à travailler sur un thème inutile, puisque de toutes façons ce qui est fait aujourd'hui était prévu depuis le début, donc peu importent les raisons qui sont livrées à la discussion.

Ils en profite aussi pour tester les nouvelles armes à douleur infinie, que les USA leur fournissent à cette fin.

Et finalement apparaît ce stigmate de l'isolement inutile, qu'Israël refuse d'admettre et qu'il fait rejouer en permanence à ses voisins, en les plongeant dans un enfer de solitude et dans l'horreur de se trouver seuls contre le monde entier.

Et de là apparaît le terme de transmission de la pathologie si les palestiniens sont amenés à leur tour à se dire qu'ils doivent fuir vers un pays étranger et vierge pour y fonder « la nouvelle Jérusalem » et plus se faire chier avec ces connards. C'est vraiment tout ce que veut Israël.

Mais ils ne feront pas cela car sur la terre de leurs ancêtres qui y rôdent en fantômes se sont livrés les événements les plus bibliques de l'histoire de l'humanité, c'est pour ça qu'elle est nommée, malgré tout ce qui s'y passe, « la Terre Sainte ».

Et c'est en cela qu'existe le terme de « résistance », car c'est toujours du côté des résistants que Dieu porte son amour, et qu'on sait déjà que ce sont eux qui gagneront à la fin, le jour où une brèche d'intelligence humaniste s'ouvrira dans la pensée politique.

Israël doit admettre avoir eu tort de vouloir s'isoler du monde de façon intempestive, et doit ensuite admettre et combattre le réflex de vouloir isoler autrui plutôt que de s'y joindre.

La seule solution que je trouve viable est celle de l'état multinational où chacun profite malgré sa nationalité des mêmes structures sociales et du même urbanisme : qui ne doivent pas être conditionnés par les discussions politiques et les avis contradictoires, mais uniquement par les besoins vitaux des habitants.

Je crois que dans une microsociété (société minimale), qui est un terrain d'étude propice des grandes lignes de ce qui meut une civilisation, le guerrier est celui de tous qui a la meilleurs conscience politique de l'endroit où il doit mener son action, mais que dans une société cosmopolite à la recherche de l'intelligence, le terrain des opérations doit rester celui des idées, et que le moment de l'action doit être avalisé par la multination ; sans quoi toute guerre devrait être d'office illégale, et toute fabrication d'armes suspectée d'intentions illégales.

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