090116 7 min

Attardés mentaux

Il n'y a pas de raison en vérité que des dirigeants de pays, aussi contents soient-ils de leur position sociale relative, ne puissent être qualifiés d'attardés mentaux.

Le simple fait d'observer un certain et évident retard intellectuel chez des gens, et parmi eux chez des dirigeants, ne peut être entendu comme une insulte que par, justement, des esprits trop peu évolués.

Les crimes commis par des dirigeants irresponsables et inconséquents, ne peuvent que difficilement échapper à la vue. Et pourtant un des principaux caractères des attardés mentaux est que le mal qu'ils produisent échappe étrangement à leur vue. Ils ne le voient pas.

Quand on leur dit qu'ils sont trop peu élevés intellectuellement, ils ne l'entendent pas. Et au moment où on attend d'eux qu'ils se justifient ou s'excusent, ils ne savent plus parler.
C'est un peu cela, l'image chinoise des trois singes.

Si la remarque est constructive et pertinente, ou si elle provient d'une personne capable de la faire, l'observation d'une insuffisance intellectuelle ou émotionnelle – ce qui est aussi grave l'un que l'autre – doit être entendue par les personnes de bonne volonté comme une action positive.

En effet il ne s'agirait pas moins que de vouloir sortir ces attardés mentaux et émotionnels de la boue mentale dans laquelle ils engluent leurs raisons d'agir, et leur apprendre à savoir discerner la cause réelle de leur souffrance, de leur apporter la paix et la clarté, et en même temps évidemment de réduire la nuisance que ceux-ci occasionnent autour d'eux, plus ou moins volontairement.

D'autant à une époque où les nouvelles générations qui vont devoir payer un prix extrêmement élevé les délires irrationnels de leurs parents, et au fur et à mesure qu'elles deviennent capables de s'en rendre compte et d'accuser froidement les raisons de ces maux, il devient non plus seulement une question de santé sociale, mais même carrément une question de préservation que de savoir dénoncer les causes des crimes, et surtout juger durement les attardés mentaux qui en ont été responsables, du moins tant qu'ils sont encore vivants, et de sorte qu'ils en profitent le moins possible.

A un moment où on parle de crise politique, économique, écologique, d'un système financier hérité des âges lointains qui produit plus de misère que de richesses, et en tous cas dans n'importe quelle situation de crise il devrait devenir primordial de multiplier les critiques qu'il est possible de faire, quel que soit le domaine d'ailleurs.

On peut même observer que la plupart des situations de dégénérescence sont causées précisément par l'absence de critiques constructives qui auraient dues être dites à certains moments-clefs.
De même on devrait qualifier de « crime » le refus d'entendre et de tenir compte de critiques évidemment constructives, lorsqu'il s'agit d'un dirigeant.

Or dans la mentalité humaine toute critique est considérée comme une agression, dans la mesure où elle soulève un travail intellectuel à faire et que cet effort occasionne une « douleur ».

Si l'humanité a pu arriver au niveau d'évolution actuel ce n'est pas grâce aux politiciens ou aux dirigeants. Cela a toujours été grâce aux citoyens éveillés capable de faire entendre les critiques constructives qui brûlaient leurs yeux.

Depuis lors il peut même apparaître étrange ou bizarre que la construction politique des civilisations ne soit pas devenue fondée sur les gens les plus aptes intellectuellement, et non uniquement les plus populaires, c'est à dire, ceux qui savent le mieux séduire ou vendre un produit.

Ainsi est-il question du retard mental des dirigeants de certains pays.
Pour le peu de souffrance qu'occasionnerait une remise en cause, cela économiserait une quantité bien plus importante de souffrance humaine.
Ainsi les critiques constructives pourraient être considérées comme les meilleurs investissements.

Autant pour les dirigeants que pour les individus, l'absence de critiques et de freins à leurs délires participe à la nuisance qu'ils occasionnent sur leur entourage et perturbe la progression qu'ils ont envie et besoin de faire.

On connaît tous des gens dans notre entourage qui n'ont aucun sens de ce qui nuit à l'inspiration et à la paix de l'esprit, qui se montrent énervants et de mauvaise foi, bruyants et dont les interventions sont autant de causes de stress.

En réalité c'est le stress qui est en eux, leur douleur qui tend à vouloir se communiquer, dans la mesure où, 1 ça les soulage et 2 c'est un message d'alerte, un appel.
Cet appel est destiné à ceux qui sauront ou penseront être capable de leur dire les mots qu'il faut afin de susciter chez eux une réflexion qui leur permettent de se tirer du bourbier intellectuel dans lequel ils surnagent à peine.
Certains même appellent « la paix » le fait de s'enfermer totalement sous la boue.

La réaction qu'il convient d'avoir dans ces cas-là, outre le fait de rendre reconnaissables les crimes qu'ils commettent sans se dire que c'en sont, et à part les grincements de dents légitimes et que l'ancienne médecine déjà avait bien préconisé de ne pas laisser entrevoir (selon laquelle il faut toujours être d'accord avec un fou), doit être exemplaire de sagesse et de droiture.

La mauvaise réaction aux agissements des attardés mentaux consiste à reprendre le langage qui est le leur pour espérer mieux se faire entendre d'eux. Non, en fait ce qu'il faut faire est simultanément leur enseigner un nouveau langage, et avec celui-ci leur communiquer les points d'accès à une réflexion plus rationnelle et plus globale.

Bien que les attardés mentaux attendent le plus souvent que la réflexion sur laquelle ils peuvent faire reposer leurs agissements leur soit donnée telle quelle, pré-mâchée et prête à être réutilisée – ce qu'ils ne manquent jamais de faire, et constatant l'échec produit ils ne manquent jamais non plus de vouloir reprendre leur ancien langage et leurs anciennes raisons oisives – il doivent être mis en position de comprendre par eux-mêmes, à travers l'exemple, qu'aucune idée au monde n'a de valeur tant qu'elle n'aura pas été comprise, au sens de soutenue par leur propre réflexion.
(et que ce n'est pas grave de ne pas y arriver tout de suite tout de suite).

L'évolution de la mentalité, n'est pas comme on l'enseigne dans les écoles une somme de raisons qu'il convient d'engrammer mnémoniquement, mais une somme de raisons issues d'une construction personnelle.
Car en effet les raisons oisives que l'enseignement tend à vouloir faire substituer par des raisons possibles à soutenir au cours d'une discussion raisonnable, sont elles aussi des raisons qui ont été fabriquées au prix d'un effort intellectuel personnel, et c'est la raison pour laquelle les attardés mentaux tiennent tant à leurs raisons oisives d'agir, aussi minimes qu'elles soient, comme si c'était de l'avarice intellectuelle.

Ainsi donc il est non seulement vain d'opposer des raisons qui ne sont pas les leurs à des attardés mentaux, qu'il est même dangereux de consolider le langage (de la peur) qui est le leur, en utilisant celui-ci pour avoir une chance de les toucher.

Les attardés mentaux sont faciles à reconnaître en ce que leurs raisons d'agir sont abruptes, irréfléchies d'un point de vue extérieur, et impossibles à négocier.

Dès lors qu'on en repère un, surtout si c'est un dirigeant politique, (mais aussi pour n'importe quel citoyen Lambda) il convient de faire deux fois l'inverse de ce qu'ils font, utiliser un langage qui n'est pas le leur, et leur communiquer non pas des réflexions mais des points d'appui à une réflexion plus vaste, qu'ils auront pour charge de commettre par eux-même, progressivement.

Cela dit, on voit comme les choses sont toujours empruntes de mystère, cette description pourrait tout aussi bien être celle de l'oppression morale, où le perturbateur se dissimule derrière les apparences et les manies de l'intelligence.

Enfin, je dis tout ça non pas en me croyant capable de me substituer à un spécialiste du comportement et de la psychologie, mais seulement en observant les hommes politiques et l'actu de ce monde.

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