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Les causes des crimes

Inutile d'analyser les raisons des guerres, que même les historiens auront du mal à élucider, et que même en lisant la somme d'articles écris par les plus prestigieux analystes et journalistes de ce monde n'élucide pas complètement.

En droit il faudrait juger le crime indépendamment des raisons ou des circonstances, fussent-elles atténuantes ou aggravantes. Dans cette guerre des discours actuelle, d'une part le plaidoyer de la cause atténuante se fait en peu de phrases et sans explication ni justification déployées des millions de fois sur les supports étatiques, et d'autre part le plaidoyer de la cause aggravante nécessite des milliers d'articles lus à quelques milliers de fois chacun sur le web, afin de consolider et approfondir un pôle de connaissance et d'intelligence auxquelles les conversations entre citoyens font référence.
(car cela n'est possible que si la réparation attendue rend justice dans un sens mesurable)

C'est normal que le front de la guerre actuelle soient les médias interposés, puisque le monde matériel sont les actes et le monde virtuel sont les raisons ; le but étant absolument symbolique au final, comme dans toute guerre.

Et c'est habituel (opposé à ce qui est normal) que les défenseurs des deux plaidoyers, accablant ou excusant les crimes, se font face à égalité alors pourtant que l'un des deux est déjà en train de commettre ce qu'il a planifié et que l'autre en est empêché, alors que c'était sensé être cela « la politique », à part que ça devait se passer avant le passage à l'acte.

On peut même se dire que c'est l'humanité qui est immature de devoir provoquer les faits pour apprendre à en discuter en étant suffisamment concentré sur les questions importantes, si on veut mettre l'accent sur les causes quasi déterministes des crimes.

Mais ce qui compte le plus est le crime commis, en-deça de sa définition complète : mensonge, organisation criminelle, génocide, capitalisme, avidité, irresponsabilité, mise en péril de l'humanité.

Ce qui compte le plus est que chaque crime soit jugé comme tel, et avant encore cela, que ces crimes cessent.

- Bien que passablement peu cultivé je m'étonne ne d'avoir jamais rencontré d'étude sur la question de ce qui permet d'éviter les crimes. C'est sans doute parce que cette question remonte vite bien au-delà d'une réflexion ayant pour bases stables nos habituelles croyances.

L'action qui consiste à contrecarrer le crime en train de se commettre doit déjà être considéré comme l'aveu d'un échec du système social global, si tant est qu'il puisse s'organiser sans l'aide des gouvernements, si ce sont eux les criminels.

Cette question devrait faire l'objet de débats toute l'année et pendant toute le vie de la société.
C'est avec cette question que se concluent les Droits de l'Homme, c'est la plus imposante de toutes les déclarations, un peuple a le devoir de se lever contre un gouvernement criminel, qui refuse de se laisser convaincre par des arguments plus pesants que les siens.

Dans la vraie vie les causes des crimes sont rarement des facteurs déterministes, de l'ordre de ce qui est fatal, historiquement habituel selon une certain fréquence, ou naturel ou encore « sain ».
A la limite ce n'est sain que pour défaire une injustice, sur laquelle on aura été empêché de débattre.

Là on apprend comme dans une aiguille dans une botte d'informations, que le sous-sol de Gaza assiégé git de grandes ressources combustibles de gaz sur lesquelles les pays riches en apparence veulent mettre la main.

Que ceci soit une cause ou non n'est pas important, ce qui compte est la structure sociale qui organise le monde de sorte qu'il apparaisse positif dans sa comptabilité de cramer des trucs (ou des gens).

Selon le modèle covalent, où une propriété partagée est comptabilisée autant de fois qu'elle sert, et d'après une politique algorithmique dont les paramètres sont soumis à des choix politiques (démocratiques et chroniques), il apparaît absurde d'appauvrir une autre comptabilité que la sienne si tant est qu'elle dépend directement de la comptabilité d'ensemble.

Dans une société dont le but est de nourrir et d'abreuver tout le monde en biens et services de première et seconde nécessité, c'est la rentabilité qui empêche de commettre des crimes.

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