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g 11a et je v me tuer

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"je mapelle thomas jai 11ans et je me sen mal jai envi de me tuer je ne suporte plu cette douleur je sai plu koi faire jai pa dami mes paren ne maiment pas je me sen seul jai peur de me faire du mal je sui un bon a rien aidez moi jai pa de frere ni de soeur il ya personne ki maime je veu ke ca arete je veu plu avoir mal jai peur de me faire du mal mai je croi ke cest la la seule solution si je sui mor je sufrirai plu mes paren ne maimen pa je sui un acciden pour eu il me lon di je croi ke si je me tuer il seron conten il ne me parle jamai je peu faire nimporte koi il miniore il maimen pa mai moi je lai aime jai impresion detre seul ke ca va toujour etre comme ca ke jaurai mal tou le tem ke persone ne maimera il son pa mechan avec moi il mon jamai fraper il mon fai rien de mal cest juste kil maime pa defoi jai mal encore plu ke dabitude ca me fai pleurer et je me grife et je me mor ca la seule facon pour ke jai moin mal et jai peur ke si ca devien tro dur ke je me tue jai pas envi de le faire mai je sai pa commen faire autreman hier cetai mon aniversaire il mon rien dit jai de valeur pour eu je vien ce rentré du college et jai peur de me suicider ce matin jen nai parlé a mes paren il mon donné un droliprane et il son parti travaillé il sen foute de moi je leur ai di ke javai envie de me tuer et ke je me senté mal il mon pa ecouter apre je sui alle au college jai pleuré dan les toilette et je me sui fai du mal mes ciseau ca ma calmé mai mainetenan je me sen encore plus mal jai peur de pa pouvoi me controlé mes paren sen foute de moi je sai pa koi faire je me sen seul je veu plu avoir mal aidez moi jai peur kan je me sen mal kome ca je me controle plu je me grife je me mor mai aujourdui je me sui coupé je sai pa ke ki ma pri jai peur de le refaire mai je sai ke je doi le faire ca calme la douleur a linteriur mai apre ca recomence cset kome ca tou le temp je sai pa pourkoi mai paren maimen je sui pa mechan moi je lai aimen je vroudrai il me disen kil maimen je doi faire koi aidez moi silvouplai thomas"

"si je sui mor je sufrirai plu"
== mais la souffrance (chose immatérielle) existera-t-elle encore ? est-ce qu'elle sera transmise à quelqu'un d'autre ? Est-ce que ton âme continuera à souffrir ? ça tu ne peux pas le savoir.

"mes paren ne maimen pa je sui un acciden pour eu il me lon di"
== alors dis-toi en toute tranquillité que tu es le fils de Dieu, car si tu es vivant, c'est à cause de quelque chose, et dans ce quelque chose il y a le divin !

moi je lai aime jai impresion detre seul ke ca va toujour etre comme ca ke jaurai mal tou le tem ke persone ne maimera"
== Dans le pays de l'obscur, tout est sombre. Sois Avec la lumière, sois La lumière !!

"ce matin jen nai parlé a mes paren il mon donné un droliprane et il son parti travaillé"
== quelle honte pour eux ! Ne les blâme pas davantage encore en leur prouvant qu'ils ont eu tort de ne rien voir.
N'absorbe pas le médicament qu'ils te donnent, si il ne convient pas.

"hier cetai mon aniversaire il mon rien dit"
== quelle honte pour eux ! Dieu te souhaite un Bon Anniversaire, et il le fait avec son coeur.

"apre je sui alle au college jai pleuré dan les toilette et je me sui fai du mal mes ciseau ca ma calmé mai mainetenan je me sen encore plus mal"
== ce que tu veux détruire c'est la douleur, ça je te le souhaite du fond du coeur

"je sai pa pourkoi mai paren maimen* je sui pa mechan moi je lai aimen je vroudrai il me disen kil maimen je doi faire koi aidez moi silvouplai"
== *(pas?) == Tu n'es pas méchant, tu es civilisé, intélligent, tu as pris internet pour parler et t'exprimer. faire ça c'est déjà le sortir de toi et un peu, le guérir. Ainsi tu peux t'observer toi-même, car c'est ça la conscience.

Je mets en garde les réponses volatiles des uns et des autres, la pire erreur je crois, et de donner des réponses qui sont soumises à une spontanéité sans réflexion, même si c'est très cru et violent de lire un tel témoignage, tout témoignage possède une grande valeur pour la compréhension de la nature humaine. Il faut respecter et éviter de faire croire, sans faire exprès, que la personne qui témoigne représente son propre problème - ne pas la blâmer au travers de la légèreté d'une réponse souvent affligeante. Ce n'est qu'un témoignage, qui a la valeur de tous ceux qui n'ont jamais pu s'exprimer et qui ont finalement, dans un geste tout aussi irréfléchi, confisqué au monde la beauté de leur existence.

Ainsi Thomas mesure son absence, ce qui se dit sans lui, si il était mort voila ce qu'il n'aurait pas vu, qu'aurait-il manqué finalement ? Telle est la responsabilité de la réponse à un tel témoignage, poignant de sincérité et de simplicité, plus explicite que ne le feraient n'importe quel philosophe ou docteur en psychologie.

Hello Thomas, 11 ans.

C'est très difficile de te lire et de ne pas réagir. Je suis allé marcher et puis en revenant j'ai voulu te répondre.
parfois et même toujours, ce qu'on fait ou ne fait pas a des conséquences sur le futur.

Dans la catégorie de ce qu'on ne fait pas, il y a les manquements, et les manquements, on ne les fait jamais exprès.

Par exemple je vois très bien dans ce que tu écris quels sont les manquements de tes parents.
Une des pires choses qu'on puisse te dire est d'aller voir un psy !!
C'est horrible de te faire croire, alors que tu es innocent, que tu as un problème, que tu en es un. Puisque justement c'est ce que tu es amené à croire à tort.

A propos d'automutilation, faire ça te soulage, sort la douleur de toi mais ça ne dure pas longtemps. Ton témoignage est très précieux. ça permet de mieux savoir. Par exemple le drogué, pour se soulager absorbe une substance psychotrope, et soudain il ne ressent plus de douleur... jusqu'à ce qu'elle réapparaisse plus fortement encore, ce qui augmente à son tour la nécessité de se droguer. C'est comme une spirale infernale, toutes les mauvaises choses sont comme ça ; elles font croire qu'elles sont bonnes mais elles s'avèrent mauvaises.
Comment serait son contraire ?

Tous les comportements qui mènent vers la destruction sont le signalement d'un problème qu'il faut chercher et puis résoudre.
Tu me croiras sans doute pas avant de l'avoir vécu, mais simplement des mots gentils permettent, telles des formules magiques, de guérir cela.
C'est l'avantage d'avoir des amis.

A ton age une fille me courait après et voulait jouer avec moi, mais elle me faisait peur car elle était amoureuse de moi, et moi pas quoi qu'elle était très jolie. J'étais enfermé dans mon malheur, avec, comme toi, des parents présents en apparence, mais absents dans les faits.
Moi, il ne m'ont jamais adressé la parole. Le fait qu'ils me nourrissent, je devais les remercier comme on remercie le seigneur...
Je ne mangeais pas plus de un plat de pâtes tous les deux jours. J'évitais de les croiser et de me trouver en même temps qu'eux dans la cuisine.
Leur parler ne m'a jamais apporter que des ennuis alors j'ai arrêté vers ton âge. A partir de là ils n'ont plus jamais vu un "carnet de note" et ne m'ont jamais rien demandé. "si tu veux arrêter l'école c'est pas mon problème". "A 15 ans tu te casse de chez moi". "Quand est-ce que tu commences à payer les factures ?". C'est à peu près tout ce dont je me souviens, ça et les disputes violentes auxquelles j'étais habitué très jeune. Je passais à côté avec mon bol de céréales et je montais le son de la télé.

Finalement aujourd'hui j'ai 30 ans, et je cois que sans le comprendre eux-mêmes, ils ne voulaient pas me transmettre leur maladie mentale, (eux-mêmes ont eu des parents avec un mauvais contact) mais ils l'ont fait un peu quand même, mais j'ai pu m'en sortir au point de pouvoir l'analyser, l'observer comme de l'extérieur.

Ce n'est pas de leur faute, c'est la faute de personne.
Mais les manquements existent, et toi tu en es la preuve, mais eux ne le voient pas. C'est comme si leur comportement te disait "analyse-moi! deviens adulte ! n'attends pas de moi que je t'analyse car je ne le peux pas sans risquer de te transmettre ce qui me rend triste! Or je ne veux pas que tu le deviennes aussi".

Je crois que c'est ça. Tes parents t'aiment comme les miens, comme n'importe lesquels, comme tu aimerais instinctivement ton enfant quand tu verras le merveilleux prodige que constitue sa simple naissance ; puis son évolution.

J'ai aussi ça à te dire, te féliciter. Quel puissance possède ton esprit !! Il se débat, il cherche à vivre, alors il trouve des solutions, et il t'a poussé aller chercher des infos sur internet ! A 11 ans seulement tu as écris un appel au secours sur un site web, moi je te félicite en saluant ton courage.
Quand j'avais 15 ans j'ai écris au maire d'une ville pour créer une compétition de vélo. Il ne m'a pas répondu, mais aujourd'hui si je recevais un tel courrier, je m'empresserai de féliciter cette initiave, en me disant, "en voila un qui possède une énergie créatrice qu'il faut encourager !".

Moi je dis, le destin du monde en dépend

Et je t'embrasse affecueusement