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1500 euros par mois pour Tous, deuxième volet

Rien que ce titre semble grossier et met mal à l'aise.

Il faut dire que la mentalité de droite a connu une croissance dans la mesure où elle a pu devenir celle des travailleurs :
En premier dans les années 80 il s'est agit de critiquer systématiquement les administrations d'état pour la cruauté de leur technocratie, l'inhumain de leurs compétences trop segmentées, et l'injustice de leurs barèmes non algorithmiques qu'on cherchera toujours à contourner, alors qu'en réalité les entreprises en se perfectionnant héritent des mêmes caractéristiques qui sont dues aux systèmes complexes mal pensés.

(note : les barèmes par paliers sont injustes mais dûs à une époque pré-informatique, et sont toujours d'actualité alors que ça pourrait ne plus l'être, et quand on est juste au-dessus d'un palier, on est taxé comme si on gagnait trois fois plus par exemple, alors qu'un algorithme permettrait d'avoir un calcul rendu selon une courbe progressive.)

Puis il s'est agit de ce que les travailleurs, dans leur mentalité, devinssent incapables de se figurer pourquoi d'autres restaient au chômages, considérant que ce n'était pas leur genre, et dénigrant sévèrement ceux qui venaient du RMI ou qui avaient passé de longues périodes de chômage, au point de ne plus vouloir les embaucher.

Pour répondre à cela les administrations de l'emploi ont concocté des procédures dites de « réhabilitation au monde du travail » qui sont intermédiaires entre le chômage et la reprise d'un emploi, faisant que les ANPE n'ont plus réellement pour fonction de connecter employeurs et employés, mais plutôt d'intercaler des étapes intermédiaires. De cette manière sont apparues les agences d'intérim qui ont pu faire d'énormes profits sur le marché de l'agencement entre employés et employeurs, ce qui est relativement scandaleux puisque c'est une perte de rendement dans l'économie, étant donné que ce service devait être gratuit, et les salaires non ponctionnés par ces intermédiaires.

Acte 2, quand les banques plongent on ne parle pas de « trou » (de la sécu), et on les renfloue sans limite et sans discutailler.

De là apparaît plus clairement la faisabilité de l'idée qui traînait de-ci de-là d'un revenu commun minimum égal pour tous, quoi qu'il advienne, en plus de tout autre salaire, puisque la création monétaire est informatique et donc quasiment gratuite.
C'est à dire qu'on voit clairement, pour ceux qui refusaient de le croire, que ça ne coûte rien et que c'est possible.

L'inflation des prix qu'on pourrait objecter ne résulte en réalité que des trop grandes différences de salaires entre les riches et les abandonnés à leur sort, et ainsi c'est une objection qui ne tient pas la route si on réduit les inégalités.

Acte 3, l'économie d'échelle.

Si au lieu de comptabiliser les gains et les pertes au niveau individuel cumulé pour constituer un obscur PIB, on comptabilisait le rendement de productivité par heures travaillées en rapport avec la richesse créée, il en résulterait des objectifs sociétaux tous différents de ceux qui consistent à considérer les employés comme des marchandises à part entière, auxquelles on apprend à se vendre, et si elles n'y arrivent pas elles périssent telles de vieux yaourts.

L'idée toute simple est que pour un salaire gratuit et chronique, en contrepartie l'inemployé soit rendu disponible 8 heures par jours transport compris aux employeurs qui ont besoin de lui, de façon ultra fluide, quasiment à la journée ou même à l'heure, en pouvant ainsi obtenir l'effet de flux-tendu contre lequel se bat maladroitement « la gauche » alors que ce sont les réalités économiques qui l'y oblige.

En effet par tradition on voudrait tous avoir un salaire régulier ce qui oblige à demander à ce que l'emploi le soit aussi, même si personne ne souhaite et n'aime réellement avoir un emploi monotone, étant donné que c'est une cause d'abrutissement et d'aliénation.
Pourtant si c'est le seul moyen d'avoir un salaire constant et d'espérer d'être augmenté, alors c'est ce qui est réclamé.

Aux états-unis, qui est un contre-modèle, l'employé est embauché et « fired » dans la même journée ou à la moindre contrariété ou retard. Cela est très excessif et sûrement que ça tient d'un esprit dictatorial, cependant c'est le fruit logique d'une économie dynamique qui a besoin et qui a été rendue capable de gérer l'énergie humaine de façon millimétrique.
Il n'est pas possible pour eux qu'un employé reste à ne rien faire, en attendant des clients par exemple, et dans un sens c'est logique et pas plus mal.

Tout cela est stupide.
Ces deux courants, un qui veut que l'employé soit une marchandise en flux-tendu, condamnée à la pauvreté, et l'autre que l'employé ait « des droits », tellement lourds et obsolètes qu'ils démoralisent l'idée d'employer trop de monde, préférant surcharger ceux qui restent, sont dans une opposition qui ne se rencontre jamais, en raison de ce que reste inamovible le principe de base de toute la société humaine, qui se résume à un feu au cul pour pouvoir manger.

Si par contre on considère l'ensemble des sociétés et l'ensemble des employés au sein d'une même comptabilité, alors tout change.
En octroyant un salaire de vie normale à chacun, et prenant de ses huit heures quotidiennes celles qui sont non employées, ont pourrait le rendre disponible en flux-tendu aux entreprises qui le souhaiteraient, à n'importe quel moment, en étant joint par SMS, et en gérant tout cela sur une base de donnée accessible par le web.

Cela, il y a quelques années encore, relevait de la science-fiction, mais aujourd'hui c'est largement possible et même, étonnant qu'on n'en soit pas déjà là.

Acte 4, L'intérêt est flagrant.

De cette manière est résolu le problème du chômage, puisque toutes les entreprises ayant besoin d'énergie de travail sont rassasiées aussitôt.

Chacun n'est tenu de ne faire que le travail qu'il choisi de faire, en raison de sa compétence.

Les associations à but non lucratif et d'intérêt public (ainsi désignées par un système à points par exemple, qui serait un vote ouvert au public) peuvent très bien se développer et lutter contre les injustices.

La musique, les arts la culture qui font partie intégrante des activités humaines, seraient rendues gratuites. Rien que sur ce point si ça ne s'appelle pas « une économie » alors qu'est-ce que c'est ?
Cela mettrait fin à ce problème, issu de contradictions entre l'ancien et le nouveau monde, des téléchargements interdits.

Le domaine des logiciels, un des premiers à avoir signalé par quel chemin la société allait devoir évoluer, serait lui aussi rendu gratuit, de sorte que lorsqu'on crée un logiciel il soit rendu disponible pour tous et sans limite, sa valeur ne naissant que du nombre de licences utilisées, ce qui aurait pour conséquence de drôlement dynamiser la créativité.

Les transports aussi, c'est très important, seraient rendus publics et gratuits, non pas seulement par les réseaux bus et trains, mais aussi par le prêt de vélos, scooters, véhicules électriques.

L'habitation ne se résumerait plus qu'à la comptabilisation des heures de travail ayant suffit à leur fabrication, et n'auraient pas besoin de devenir des produits financiers, en imposant des loyers.

Tout cela pourrait parfaitement fonctionner, à condition que l'économie d'échelle prouve qu'il est plus rentable pour un fabriquant de rendre disponible sont produit à dix-mille personnes gratuitement plutôt qu'à 100 personnes en les faisant payer.

Et pour se faire, le seul moyen est d'abord de fournir un salaire minimum de vie à chacun, de façon à ce qu'ensuite le calcul du rendement puisse se faire sur d'autres bases que les seuls coûts, parmi lesquels en particulier la quantité de l'usage, c'est à dire, ce qu'on peut nommer aussi l'efficacité ou l'intérêt public, ou encore des facteurs de dynamisme, bref la vitalité de la société.

En résumé si tout le monde est payé, quasiment tout peut devenir des biens publics d'accès gratuit, et du coup le coût de chaque produit est rapporté à son nombre d'utilisateurs qui a besoin d'être le plus grand possible. La seule chose qui permet cette gestion ultra perfectionnée est notre capacité à juger de l'efficacité d'un tel système.

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newsnet 09/03/16 22:20