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A côtés de la plaque

La réflexion prend le départ sur une névralgie soignée par l'observation.
Mettons, nous avons un Michel Collon qui passe à la télévision et qui se fait chambrer par un front sioniste, rabaissant sa personne à un hurluberlu qui fantasme sur des idées pré-conçues, ce qui est ironique.

Ce fait-là, n'est pas grave. Mais si on tire la ficelle on découvre qu'elle est enfouie dans le sol immonde du mensonge et qu'elle renvoie à tout un réseau de ficelles, qui est la construction de la pensée de ce monde.
Alors on envoie un petit message, pour lui dire « ne t'inquiète pas, de toutes façons ils ont déjà perdu ».

Et à partir de là seulement, nous avons le schéma d'une guerre, asymétrique, et d'un nouveau genre, dans le champ des idées. D'un côté il y a la pensée dominante qui a tout pouvoir d'exprimer la façon de voir qui est la sienne comme si elle devait être unique et légale, et de l'autre il y a tout un réseau de gens qui ne se connaissent pas, mais qui sont dans le même camp.

Ce réseau de gens, est celui de ceux qui sont correctement informés sur ce qui se passe réellement dans le monde via internet, et qui à un moment de leur vie on opté pour la pilule rouge, par laquelle ils abandonnèrent de grandes sommes d'idées pré-conçues assimilées depuis la naissance sans critique, et qui soudain se sont trouvées en porte-à-faux avec le constat d'un monde en pleine crise hystérique.

Dé là on peut se dire « c'est marrant », Bush a installé dans les esprit l'idée qu'il se faisait de l'ennemi, musulman ou pro-musulman, organisé en réseaux qui ne se connaissent pas, sans véritable tête pensante, sans véritable corps saillant, et d'ampleur internationale.
Et donc aussitôt il s'est dit « il faut entrer en guerre contre ce corps fantôme ennemi, et partout où il y aura une trace de son existence, nous seront là ! ».

Mais de quoi cette berlue-là est-elle la provenance en vérité ? D'un réseau de « caïds » (dit « le Queda »), ou bien du peuple savant, capable de rivaliser avec ses propres analyses ?
Les gens de pouvoir semblent effrayés de constater que grâce à la troisième révolution historique de l'humanité qu'est internet, après l'invention de l'écriture et de l'imprimerie, le tout-venant dispose des moyens de rivaliser avec eux pour faire des analyses crédibles.
Pourtant officiellement, ils sont bien obligés d'admettre qu'une société n'est démocratique que si ses électeurs votent en connaissance de cause, donc qu'ils soient savant.

Je veux dire par là, que « le Queda », on le sait est une berlue, une excuse, un motif, (et que par-dessus est venu se greffer un but lucratif d'appropriation des richesses) mais surtout si on psychanalyse sur quoi s'enracine cette idée, on ne trouve qu'une seule réponse il semble, qui est la révolution qui consiste à faire que des gens puissent être unis immatériellement.
Et par « immatériel », on peut aussi entendre « sans que l'ordre n'en soit donné à quiconque, et sans ne se fasse jour de discours représentatif de l'ensemble ».

Ce qui est extraordinaire est la distance qu'il y a entre la réalité sur laquelle se fonde l'observation et la réduction emplie de crainte de celle-ci. Et ce qui doit paraître flagrant à l'improbable lecteur de cette réflexion, est combien en psychanalyse c'est très courant d'observer une telle distanciation entre le signifié et le signifiant, tellement grande que les deux n'ont en rapport que leurs propriétés qui, une fois placées dans la réduction, prennent une tournure menaçante.

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Nous avons un monde décentralisé en train de naître, sans cerveau matérialisé. Mais bien que le cerveau de ce réseau ne supporte pas d'être représenté physiquement et symboliquement par un « chef » à la façon des tribus, pour autant il n'est pas inexistant.

Ce qui est « directeur » pour un réseau immatériel ne sont aucunement les décisions légales prises par des autorités représentatives auxquelles le groupe se soumettra par consentement, lui-même symbolique d'un entendement sur l'existence de ce réseau. Non, le courant est inverse, d'abord le réseau se conforme, puis ensuite des lignes directrices, des mouvements macroscopiques en émergent, et ensuite seulement on peut spéculer sur elles ; mais dans un esprit scientifique, c'est à dire sans dogmatisme, et en conscience que ce qui est observé est vivant et changeant.

On est dès lors très loin d'un système des lois et de règles résultant de « politiques ».
« La politique » devient tout autre chose, une émergence de lois qu'il faut savoir observer.

Peut-être est-ce cela précisément, la science des réseaux, le paradigme salvateur qui ex-filtrera la civilisation de la voie sans issue dans laquelle elle s'est fourvoyée.
Les lois d'une tribu appliquées à une non-tribu, mais à un consortium planétaire, ne peuvent plus marcher. Elles n'étaient que symboliques de ce qu'il fallait faire.

Une civilisation doit être un réseau, et tout réseau, que ce soit le réseau de protéines qui forment les organes, le réseau de neurones qui forment le cerveau, le réseau d'humains qui forment une société, répond à des loi qui ne sont aucunement l'objet d'une législation arbitraire et consentie ; ce sont des lois de la nature qu'il nous faut découvrir et comprendre.

Les jeunes générations ont très bien capté cette tendance à devoir affirmer leur nature par-delà ce qui est attendu d'eux, quitte parfois à ce que cela prenne des tournures dramatiques, si jamais ce n'est plus que le dernier recours pour l'exprimer.
(c'est pourquoi toute tentative de serrer le cadre de la liberté n'aura pour effet que d'augmenter l'entropie d'un système régit par l'absurde, selon le terme hystérique de la désaliénation).

A partir de là il apparaît plus clairement pourquoi le fait de se placer dans un paradigme périclitant produit une observation angoissée, paranoïaque, abrupte, insuffisante, non fonctionnelle et même préjudiciable aux réalités qui se font jour.

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