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Butch président

"Et on père l'a gardée dans l'cul pendant trois ans, et moi-même pendant 2 ans quand j'étais en prison, tu sais j'en ai chié, cette montre, je te la remet !"

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La machine démocratique montre sans cesse ses nouvelles failles, dans le même temps où elle est répandue avec vigueur et force dans les pays qui sont de potentiels clients.
C'est que derrière la démocratie, littéralement le pouvoir donné au peuple, se dissimule comme derrière le masque de la non maladie mentale les bases capitalistes de son fonctionnement.

D'une part, le Peuple, est très facilement manipulable, il ne fait jamais que moduler les informations qui lui sont transmises, et s'attache sans le savoir à la façon dont cette information est présentée. A l'extrême, "la télé réalité" est le symptôme de la dénomination qui induit en erreur, se sert d'un courant naissant pour le tourner à son avantage, en présentant des vidéo improvisées, peu onéreuses, formatées sur fond sonore approprié à l'humeur qui fait l'épisode du jour, selon des règles acquises en terme de tv-show, destiné en lui-même à captiver l'attention afin d'insérer des écrans publicitaires.
Cette technique est ensuite acquise comme une manière de faire, dans le but de créer des associations au niveau subconscient, comme de façon à marteler une opinion en faisant croire à sa spontanéité ; c'est l'antre de la manipulation.

C'est ainsi que l'actualité est capable de faire balancer les opinions sincères brutalement, et facilement ; son contenu est la force de la conviction, le moment où elle est diffusée est l'appropriation, ou l'association, et la façon dont elle est présentée le socle des arguments déjà tous prêts, qui n'ont plus qu'à être proclamés avec une évidence huppée, hautaine, et semi scandalisée.
Ce qui est terrible aussi, c'est d'entendre "Bush est un bon président, l'autre, on ne sait pas qui c'est".
C'est comme une réminiscence de la royauté où le roi est roi, et d'ailleurs c'est sa famille la mieux placée pour lui succéder ; un point c'est tout, ne cherche pas plus loin.

Il faut dire que pour polariser les opinions dans un sens aussi primitif, il faut activer la peur, et c'est bien ce qui est transmit dans l'idée d'auto-protection face à l'ennemi qui tombe bien : le non risque, le non courage, le renfermement ; et finalement la non liberté.

Mais ça amène d'autres interrogations subliminales mais capitales, au fond, le président américain présenté comme un bon chef de guerre, est par la même muni de multiples blocages psychologiques qui l'empêchent d'évoluer, tout du moins lui interdit d'entrer en conflit avec ceux qui l'ont propulsé ici, notamment les puissant lobbies. C'est alors que dans l'élan, si le nouveau président est homophobe, diminue l'impôt des riches en accentuant les injustices sociales (sous prétexte comme en France que ces derniers sont des pôles vitaux de l'activité économique alors qu'ils ne font que faire travailler leur argent tout en s'écartant de la société), emmène avec lui toute une politique rétrograde qui n'a rien à voir avec le motif de son élection, comme des bagages qu'il pose car ils font partie de lui, alors oui ça pose des questions.

Je me suis demandé cela en écoutant mon psycho favori, le français Sarko, qui profitait de sa parole déviante pour caser son point de vue sur l'éducation religieuse : c'est alors que je me suis demandé : "ne peut-on confier l'éducation à ceux dont c'est le métier ?"

Ne peut-on confier l'économie à ceux dont c'est le métier ? Là, c'est une mauvaise question, car ces derniers sont fortement personnellement intéressés par le sujet, directement bénéficiaires, et puisque c'est leur métier ils n'hésitent pas à écraser les plus faibles en les narguant.
Alors oui il faut confier les choses importantes à ceux qui savent, mais il ne faut surtout pas qu'ils en soient bénéficiaires autrement que par la dignité de leur activité ; qu'ils soient polyvalents et connectés aux autres sphères de la société.
Regardez mon exemple si il n'est pas une belle preuve de l'exercice de la dignité ! Je suis au RMI, eh oui, et ayant travaillé pour sauver ma vie, cette somme a directement été déduite dudit RMI, ce qui laisse à ma charge les frais divers qui sont liés au travail. Alors, ma consolation, est d'avoir gagné mon argent par mes propres moyens et non sur le dos des autres, ainsi je (suis sensé) me sens(tir) libéré d'un lourd poids humiliant pour moi. Oui, je préfère cela, c'est ça la dignité, c'est un truc qui coûte cher mais auquel on tient beaucoup. ça évite aussi de passer pour un profiteur, dans une société où les exclus sont des exclus et ils ont bien tort...

Cette élection donne vraiment envie de répartir le pouvoir entre différentes mains, des sphères proactives qui fonctionnent ensembles, et dont la responsabilité est séparée, et dont l'intérêt est la seule dignité, c'est à dire si possible un salaire moyen égal sans prétention.
Car sinon à part ces élections, à quel moment la Démocratie s'exprime-t-elle ? A quel moment a-t-on la parole ou l'analyse du concerné peut-elle rivaliser avec l'analyse du bien placé ?
A part ce grand matche de boxe national, la démocratie s'exprime dans cette loi mal expliquée de l'offre et de la demande, dans laquelle on confie au client la tache de se responsabiliser et de ne pas se faire avoir. Souvenez-vous, c'est dans cette sphère qu'on entend "si le client veut des OGM, on lui en donne ! Et d'ailleurs comme c'est moins cher il en veut et d'ailleurs le client a raison".

Aujourd'hui, j'ai entendu les larmes des américains "c'est encore les riches égoïstes qui s'en foutent plein les poches qui gagnent ! C'est vraiment injuste !".
Comme je compatis.

Aussi ça me conforte dans ma vision du déchirement, la polarisation.
On voit bien que 51%-49% issus d'une grande tension nerveuse n'offre aucune différenciation avec un 51%-49% qui serait issu d'une globale indifférence....
Dès lors, comment, dans "cette démocratie-là" s'exprime ces tensions sociales qui finiront par éclater violemment ; tout comme le bourdonnement psychotique entraîne des comportements compulsifs imprévisibles ?

Il y a fort à croire qu'en plus maintenant, le petit W, non content d'amasser des milliards de barils, va obtenir une grande assurance dans son oeuvre divine, se prendre lui-même pour Dieu qu'il a vu dans un miroir un soir où il était bourré, qu'il va se constituer des statues à son effigie pour remplacer celles d'Abraham, et ce dans ce confort psychologique propre à dissimuler encore les phases traumatiques qui guident sa conscience ; sans qu'il ne le sache ; sans que personne ne s'en doute... puisque d'autres en profitent.