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Et le capitalisme, il est too big to fail ?

Depuis peu j'ai des ennuis avec mon opérateur internet, qui divise par deux chaque seconde la vitesse de transfert jusqu'à étouffement, demandant 5 minutes entre chaque requête si on veut qu'il soit réactif.

Je me suis renseigné et en effet, cet opérateur étant le seul en France à ne pas voir le nombre de ses clients grandir, se pose des questions.
En ce qui me concerne ils m'avaient prélevé 500 euros en deux mois, et m'avaient abonnés deux fois, sachant qu'il faut un an pour se désabonner, et qu'ils ne répondent jamais à aucun courrier.
A chaque fois que je vais dans leur boutique je vois des gens fous de rage s'exclamant qu'ils veulent se désabonner. Une fois il y avait une file d'attente de deux cent mètres devant la boutiques, et ils n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'embaucher des vigils.

Pour pallier à cet effet indésirable qu'est la perte massive de clients ils ont décidé d'arrêter tous les chantiers informatiques pour se consacrer uniquement sur le commercial.
Et donc quand il y a des panes, c'est nous les utilisateurs qui devons la leur signaler... sauf entre vendredi après-midi et lundi-mardi car c'est le « week-end ».

- Voilà bien le genre de société de l'arnaque, dont la mentalité tellement odieuse réussi même à occulter les plus élémentaires des données d'un problème.

A ce moment-là je me suis dit « bon sang, mais c'est bien sûr ! » La crise économique virtuelle est en train de s'étendre à l'économie physique.
Donc désormais toutes les petites entreprises vont faire faillite et les grosses aussi bien sûr, sauf que ces dernières recevront des crédits pour continuer d'exister, car leur arrêt sera trop inimaginable.
Quoi que pour l'internet ça arrange pas mal de politiciens qu'il soit stoppé, le stopper donnerait naissance à un réseau public gratuit, et donc ils perdraient sur les deux niveaux. (que sont l'occultation de la vérité et l'argent qu'il est possible de se faire sur la non-occultation de la vérité).

Mais pour l'alimentaire, même schéma, les petits vont crever famine et les grands, on leur dira « too big to fail! », et on leur injectera de l'argent automatique, comme c'était prévu de le faire dans le plan altermondialiste, dont ils ne veulent nonobstant toujours pas entendre parler.

Normalement c'est comme ça que ça devrait marcher, les entreprises doivent recevoir les crédits publics qui permettent d'alimenter la population en biens et services vitaux, qui doivent être donc gratuits.

- Ce que la nature essaie de nous enseigner à ce moment-là est l'existence du rapport holistique entre deux dimensions d'une même chose : par exemple l'économie.

L'économie virtuelle est le carré de l'économie physique, elle est venue se greffer sur elle, et elle, l'économie physique, est imbriquée dans l'économie virtuelle.

C'est la même chose que j'étudie à longueur d'année quand je compare avec un cerveau l'émergence de groupes de cerveaux, leurs pathologies, et les rôles neurologique et fonctionnels (d'une pathologie) qu'endossent certaines personnes dans ces groupes.

Les règles qui s'appliquent à l'une des dimensions s'appliquent également à l'autre, et selon la dimension qu'on étudie, l'observation est très différente mais riche d'enseignement pour les autres dimensions.

Dans l'économie virtuelle on voit au grand jour, à cause de sa démultiplication, les erreurs fondamentales et les contradictions du système. Le système étant malade, son entropie renvoie aux dimensions inférieures les mêmes symptômes de destruction. En fait l'organisme « système social humain » est en train de se décomposer.

Le moment intéressant sera quand les cerveaux individuels seront vraiment atteints par le virus.

Peut-être qu'à ce moment-là apparaîtra dans l'esprit des gens plus clairement ce que les altermondialistes essaient d'exprimer sans jamais vraiment trouver les mots qui touchent.

- Quand notre opérateur décide de tout miser sur le commercial en abandonnant le côté technique, observant ses clients fuir en courant, aussi curieux que cela paraisse il ne fait pas de rapprochement entre son propre comportement et les conséquences qui en découlent.

Au lieu de se remettre en question positivement en faisant son auto-critique, il décide d'accentuer la cause de son mal (que sont les problèmes techniques).
Il est clair que la bonne réaction devrait être, pour un moins grand nombre d'utilisateurs, d'en profiter pour obtenir le meilleur ratio entre technicité et nombre d'utilisateurs, sachant que s'ils diminuent et que la technique augmente, ils gagneront en qualité et donc ensuite en nombre de clients.

J'en parle assez souvent aussi, en tant que personne dont la vie est modulée par les systèmes informatiques : un système est un être vivant, pas un simple automatisme sans âme et sans émotion. Si on l'abandonne il est triste et il se dérègle tout seul. Bah si, c'est comme ça.

Pareil pour les Droits de l'Homme, tant qu'on les croit acquis on ne fait que s'asseoir dessus ; il faut s'y référer en permanence et savoir être dans son esprit, pas seulement pour les entretenir mais surtout pour les développer.

- Eh bien la chose mentale occulte qui est au centre de tous ces épiphénomènes est cette fameuse foi en le libre-échange.
Mais cette dénomination est trop courte pour vouloir tout dire : il convient de la décortiquer.

L'idée n'est pas tant qu'il y a un équilibre magique qui se crée automatiquement entre l'offre et la demande, alors que l'offre est une obligation de consommer à prix maximisé, et la demande, celle d'une survie tant bien que mal.

L'idée est surtout celle de l'esprit de l'entreprise, le fait qu'on ait à ce point intégré et rendu subconscient, logé dans les réflexes conditionnés, une conception à laquelle personne n'a jamais pensé, mais seulement rêvé d'imiter, en voyant comment se comportaient des ultra-riches désinvoltes et immoraux.
Aujourd'hui la plupart des gens trouvent normal que tout soit payant, car tout a un prix. On oublie même que l'eau, qui compose 70% de notre masse corporelle, a toujours été gratuite et définissait même la puissance d'une cité ; Quand ses canalisations et sa fourniture étaient brillamment opérationnels, l'eau coulait à flots et on pouvait dire que la civilisation avait fait de grandes avancées.
Le fait que les routes en bitume soit fréquentables, que les écoles soient à disposition de tous, que la santé soit un problème public, que la retraite soit financée, tout cela a été décomposé par le fait d'admettre sans y réfléchir que tout devait être payant, sans pour autant saisir la distinction selon laquelle tout ne devait pas être à but lucratif.

La mentalité qui en découle et se généralise, y compris chez les plus jeunes qui ne jugent plus les gens que sur les objets de luxe qu'ils détiennent, est celle du businessman démuni de tout sens moral et critique, et qui donc, n'a aucun problème dans la vie.

Ce qui fonde le sens critique de nos jours est la capacité à trouver les moyens les plus rentables à générer une richesse privée. Et du coup tous les autres sens critiques sont vidés d'énergie pour fonctionner.

L'école du businessman apporte avec elle tout un lot d'us et coutumes dont l'utilité se désagrège, ayant pour effet que ses étudiants n'ont d'autre alternative que de pousser encore plus loin la logique qui leur a été enseignée ; et de s'enfoncer dans l'erreur, et l'horreur.

Ce processus est celui du virus et sa définition est l'application forcenée de tout ce qui empêche sa non-application.

C'est de cette manière auto-stimulée par exemple que l'homme préhistorique, au lieu de délicatesse, va forcer les portes qui ne s'ouvrent pas, arracher les composants d'un casse-tête chinois, violenter ceux qui ne manifestent pas la réaction qu'il se croit en droit d'obtenir d'eux, etc etc...

- Avec Obama, premier noir président, ou Clinton ça aurait été la première femme présidente, et la ministre d'Obama qui sera la première femme premier-ministre (et qui peut très bien être Clinton d'ailleurs), et pas que ça, mais aussi avec les premières transhumances de raison écologiques, les premiers dérèglements climatiques, les premières crises graves du capitalisme, les premières centrales nucléaires à exploser, les premières guerres à but lucratif, etc etc... Là où je veux en venir c'est que notre civilisation semble être à l'âge des premières fois, dans une adolescence perturbée par des remous surtout chimiques, une grande énergie à revendre mais très mal maîtrisée, et outre quelques boutons sur la gueule, une propension à se croire déjà adulte alors qu'ils pensent comme des enfants.

J'imagine très bien où mène une adolescence qui se saura mal passée, où on traîne dans les rues (pauvreté, nombreux sans domiciles, nombreuses manifestations de rue, etc...) et où on est confronté à une violence à laquelle on ne sait faire face que par une violence égale ou supérieure.

Cela nous conduit à une société où, dans mille ans alors que tous les problèmes seront réglés et qu'il n'y aura aucune raison de faire des guerres, pourtant il y en aura de violentes et subites qui éclateront sans aucune raison, qu'on appellera « des soubresauts de l'histoire ».

Cela nous mène à une échelle de quelques dizaines d'années, à une population qui connaîtra de nouveaux maux, qui consisteront à commettre des crimes sans raison, et sans que rien ne puisse le laisser prévoir, qu'on appellera « des criminels intempestifs ».

Mais l'adolescence est aussi un âge où se consolident très vite et très puissamment des structures décisives pour le comportement.
Une réaction légitime, morale, réfléchie, pourrait être exemplaire aux yeux de toute l'histoire de l'humanité.

Cette réaction consiste à lâcher prise avec de mauvaises habitudes acquises à une époque où on n'était pas encore capable de les analyser et de les critiquer.

Le refus de l'idéologie du but lucratif individuel, à la faveur de ce qui est lucratif à grande échelle sauverait réellement l'humanité.

La liberté, comme les Droits de l'Homme, comme tout système, est quelque chose qui doit se saisir avec courage, et qui peut s'avérer très rentable (s'il n'y a que ça qui vous parle).

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