040915 11 min

l'Expérience

Le monde qui vit dans une société pacifique se demande quelle mouche pique les autres hommes de vouloir se faire la guerre.
Aussitôt on leur répondra « mais dans quel monde tu vis ? C'est normal qu'il y ait des guerres, puisqu'il y en a toujours eu ! ».
Ce qui est intéressant c'est le « puisque », car en fait il n'englobe pas complètement toute la vérité.
Oui, c'est sûr, de nombreux paramètres font aboutir les actes des hommes à la guerre, et parmi ces paramètres il y a l'évolution normale de l'humanité, c'est a dire une sorte d'espoir enfouit que tout ça n'est pas vain, que la justice s'obtient pas la lutte.

Mais l'enseignement de toutes ces batailles, c'est sûrement qu'une bataille ça doit se mener intérieurement, jusqu'à ce que la paix et l'équilibre psychique soient obtenus.
Comme sur un tapis roulant qui va en sens inverse de la marche et qui se rallonge sans arrêt, le destin de l'humanité ne cesse de reporter à plus tard cet instant de paix, ayant de plus en plus de choses à résoudre entre temps, qui se rajoutent, s'additionnent, se résolvent parfois, mais finalement ne cessent de rallonger la marche à faire pour atteindre la Paix.

C'est le second enseignement des batailles, c'est que ce qui les fait naître est aussi absurde en réalité que tout le processus qui précède cet instant, et celui qui le suit.
C'est que lorsqu'on veut résoudre un problème, il est nécessairement vain de croire que le dissimuler d'une manière ou d'une autre le fait disparaître.
Comme si tuer un empêcheur de tourner en rond allait résoudre ses motivations.
Comme si un déséquilibre provoqué par une chose dite, était annulée en tuant cette personne.

C'est infiniment puéril et stupide.
Le comportement imbécile des humains ne cessent de s'accroître au fur et à mesure qu'il continue d'appliquer les mêmes mauvaises méthodes de résolution.
Lui-même, pense qu'il suffit d'oublier le mal pour qu'il disparaisse, là où en fait le refoulement ressurgit toujours par des milliers de facettes, dont l'addition est amplement supérieure au mal voulu oublier.

Par exemple si on veut résoudre une inégalité, par exemple une inégalité des chances dans la vie professionnelle, les humains utiliseront toujours cette même méthode de torsion du réel afin d'aboutir à cet équilibre apparent. Il y aurait alors des embûches pour les favorisés, et des favoritismes pour les défavorisés ? N'est-ce pas stupide ?
Pourquoi ne pas remonter à la source du problème, pourquoi refuser de remettre en cause les fondements de la société humaine ?

Qu'ont-ils de si chers pour qu'on les sauvegarde comme un esclave défend son tortionnaire ?

En Irak, il y a des bains de sang quotidiens.
Pardon pour cette expression « bain de sang » qui suppose une sorte de délice.
Mais en même temps, on ne peut s'empêcher de s'apercevoir que ce qui devient quotidien, devient monotone, en fait « normal ».
C'est à dire que si il se passait un mois sans aucun attentat, ça créerait nécessairement une rupture avec l'habitude acquise (de force) pendant ces dernières années.

Je pense que la révolte contre la violence devrait surgir juste avant que de nouvelles connexions neuronales se créeront dans les cerveaux afin de rendre plus supportables, plus « normales » les attaques mortelles ; comme un dernier sursaut nerveux.

Mais dans le même temps ça fait tellement longtemps que ce pays est sous la dictature, qu'il en vient à espérer le retour de cette dictature stabilisatrice de la folie des hommes.
La folie à la rescousse de la folie.

C'est sûrement une étape douloureuse à franchir pour un peuple, d'accéder à un équilibre et un entendement, après une brusque intrusion de nouvelles données dans la société.

C'est là que ça devient intéressant.
Personne, même ceux qui ne connaissent pas ce mot, n'a ignoré que c'est l'aspect anthropologique qui a causé la plus grande rupture avec les Américains, arrivés en sauveurs, et perçus comme des tortionnaires qu'ils sont en réalité.
C'est à dire que même si ce n'étaient pas des tortionnaires, l'intrusion d'une autre civilisation, qui impose ses règles démocratiques avec la méthode de la dictature, avait de très fortes chances de tourner à l'échec.

Et même on peut se demander, pourquoi l'Irak ? N'y a-t-il pas de nombreux pays qui sont dans le même cas ? A commencer par la Chine ?
Aïe aïe aïe? La Chine, c'est maintenant impossible de la contredire, elle est la première puissance mondiale, alors qu'elle a à peine démarré son envol économique.
C'est à dire que bientôt le reste du monde sera une société de service pour les touristes chinois.
Si 1% des chinois viennent habiter en France, ça double la population française !
Comment, alors, démocratiquement, refuser l'émergence d'une nouvelle dictature ?

Mais il y a un autre aspect encore plus pertinent à regarder, juste pour la curiosité.
Mettons : la plupart des gouvernements a été contacté par des ET qui ont fait des propositions solides pour améliorer significativement la pauvre condition humaine, énergie, production de protéines, médecine, mais ils se sont fait rejeter pour des « motifs économiques ». Ceci, est parfaitement logique. En effet les décideurs et les propriétaires sont très amis, et partagent les mêmes goûts, les mêmes discours.
L'autre aspect serait alors de s'interroger sur la réaction des humains à une telle intrusion, et un tel bouleversement dans la structure sociale humaine mondiale.

Alors est venue l'idée de l'Expérience.
Par comparaison, l'apport technologique ET réduisant à néant toute l'utilité de l'économie, de la bourse, des finances, du pétrole, le choc produit serait comparable, à une plus faible échelle, au passage brutal d'un peuple sous la dictature vers une société démocratique, ce qui représente pour elle un brusque passage dans un lointain futur, sans aucune étape intermédiaire d'assimilation.

L'expérience, consisterait à observer la réaction des diverses peuplades irakiennes tenues en laisse par la dictature, et de voir si ces tensions internes se résolvent, ou au contraire surgissent de façon chaotique ou incontrôlable.
L'expérience était à tenter absolument, puisque c'est ce qui pend au nez de toute la planète.

Si la théorie ingénue est que tout le monde est heureux et dit « merci les ricains », la société irakienne fonctionne parfaitement, contrôle sa production et au meilleur des cas augmente le prix de ses productions.
Dans notre société fiduciaire, la meilleure chose qu'une entreprise espère est d'augmenter ses prix le plus possible. N'abîmez pas votre cerveau à vouloir comprendre la logique de ceci, c'est juste culturel et profitable à court terme.
Dans le « business » il y a les affaires, ou il n'y en a pas.
Mais même si ça avait été le cas, les USA n'aurait pas oublié de montrer la facture de son intervention, en tant que prestataire de service, conseil démocratique mondial avec des tarifs de folie. (ne riez pas, peut être que c'était ça le plan initial !)

C'est à peu près ce qu'on peut espérer d'une injection brutale, qui ne saurait tarder (et très probablement qui a été retardée depuis très très longtemps) de nouvelles technologies, telles les sources d'énergie inépuisables, rendant possible les transports et la production gratuite, et rendant caduque la moitié des affaires commerciales mondiales.
On se dirait alors : chouette, les gens n'auront plus qu'à travailler 3 heures par jour pour remplir les tâches utiles ! Ils auront le temps et les moyens de développer n'importe quelle autre activité !

Mais, ce n'est pas le cas.
Déjà en Irak on peut voir les effets dévastateurs de la libération de la « Liberté », l'usage qu'en font les malades mentaux nés dans une ambiance de tuerie secrète, de menace permanente, de folie perpétuelle masquée par une accoutumance qui, pour finir, devient comme une preuve de « maturité » aux yeux des enfants.
Ça, pour être apocalyptique, c'est apocalyptique.

L'usage premier de la Liberté est de s'en emparer afin de la détenir.
Qu'a t-elle de si précieux si on la détient ?
Quel intérêt d'esclaver un amoureux dans une dyade affectivement possessive ?
Quel idée d'acquérir un bijou et de le stocker dans un coffre ?

Si vous trouvez ça enfantin, c'est normal, c'est ce que c'est.
La Liberté comme une chose si précieuse, qu'elle n'appartient qu'aux Maîtres, mais non aux esclaves qui sont des bêtes, des animaux sans éducation.

A ce moment-là, n'est-ce pas une hypocrite démence, que de freiner l'évolution, et d'insulter ensuite ces pauvres esclaves en leur rappelant leur immaturité ?

Puis l'étape suivante est « que faire avec cette Liberté » ? Ce qu'on veut !
Combien de générations et d'erreurs immondes faut-il avant de s'apercevoir que la Liberté agit dans le choix de ce qu'il Faut faire, et non dans l'action elle-même ?
Car de toutes façon, l'homme est libre, mais obligé d'agir.

On voit alors en Irak, comme une expérience sur des rats de laboratoires, ce que serait la situation sociale mondiale, après une injection brutale de solutions pourtant pertinentes pour l'équilibre, qui aura déjà fait ses preuves ailleurs (sur d'autres planètes où la guerre est un souvenir d'une lointaine époque préhistorique).
Et même en Irak, il suffit de voir le « american dream » pour connaître la promesse, tandis que dans le cas d'une injection à l'échelle planétaire de technologies décisives, ça ne se réfère à rien de connu, ce qui est encore aggravant pour l'entropie du système.

On se demande comment réagirait la population à l'apparition d'OVNIS par milliers dans le ciel, se révélant à la vue laissant comprendre qu'ils ont toujours été là, comme des observateurs anonymes.
Rien que ça, motiverait une immense quantité de débordements psychopathologiques, comme des fusibles qui sautent, une pression excessive qui nécessite un soulagement immédiat, à travers la démence et la folie absolue, irraisonnée et donc loin de toute pression, d'autant plus que le soulagement par débordement est la seule et unique méthode connue jusqu'ici pour soulager une douleur mentale.
Très peu, ont bénéficié de plusieurs générations de sagesse ayant pour finalité d'induire des réactions intellectuelles axées dans le sens de la résolution pacifique et astucieuse.

Le reste des humains, sont comme des sauvages, des hommes préhistoriques, indignes de la plupart des biens dont ils usent.
Il est impossible de leur confier une technologie, sans que le premier reflex soit de s'interroger sur le moyen de l'utiliser comme arme de guerre.
Ici-bas, qui dit « énergie illimitée » ne dit pas « transport et production gratuite », non non surtout pas, ça veut dire en premier « arme à plasma très pratiques pour convaincre avec un meilleur rendement ».
Un seul bouton suffit à convaincre toute la planète, sans plus d'effort. Voilà la toute puissance ! Quelle extase ! Quelle branlette !

Mais peut-être que je me trompe sur ce sujet précis, une méthode pour que les débordements soient minimes, est précisément que la situation globale en vienne à un tel dérapage incontrôlé, que les consciences soient averties de la nécessité d'un tel bouleversement ; comme à chaque fois qu'une décision n'ose être prise, au dernier moment, on vous pousse de force, ou bien on se met inconsciemment dans une posture de nécessité.

C'est simple, c'est parce que si la Liberté n'est pas utilisée correctement, à un moment où à un autre, elle s'exprime par la Nécessité, et à ce moment-là, le passage et étroit et douloureux.

Au niveau Irakien, ce qui s'est passé on l'a vu, des groupes se sont formés car ils sont programmés par une ancienne civilisation, et projeté dans une toute autre, ils sont totalement déstabilisés, comme ce mot l'indique, imprévisibles, irrationnels, fous-dangereux, polarisés, psychiquement bloqués, et comme il se doit dans ces cas-là, parfaitement sûrs de leur cause et de détenir la Vérité.
N'importe quel névralgie polarise la haine, et qu'elle se porte sur leurs propres frères n'est pas même un inconvénient, seulement une « nécessité ».
C'est comme symbolique de la réalité, mais ça n'est pas du tout à ce niveau-là que la nécessité existe.

En Irak actuellement, personne ne sait dire qui est ami ou ennemi, tout le monde se sent menacé, les Américains-sauveurs doivent se cacher pour ne pas être déchiquetés, des milliers de coups de téléphone sont donnés pour s'assurer de la survie d'un membre de la famille en temps réel (et je suppose que la société de télécom est en partie américaine, non ?).

Ainsi, on peut certainement dire des américains que, jeune peuple qui fait des erreurs stupides, entre la belle théorie à but obscur, et les diverses bafouilles qu'il faut ensuite minimiser au moyen d'une dignité offusquée et colérique, s'est planté royalement depuis le début.
Le plantage est tellement énorme, que c'est ainsi que, comme pour soulager cette accusation, est née dans mon esprit cette théorie du cataclysme volontaire, à but expérimental.

Dans le même temps, au proche-orient, aussi, on n'hésite pas à tester toutes les conneries de l'humanité, comme des questions posées par avance au prochain Messie qui ne devrait pas tarder à apparaître avec ses réponses libératrices.