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Est-il licite de parler de « nouvelles règles du jeu » sans avoir référencé et admit les injustices du précédent ?

Désormais la marge d'erreur est faible pour que les instigateurs de solutions ne soient pas considérés comme les serviteurs conscients ou inconscients (peu importe) d'un crime contre l'humanité.

Traiter des « règles du jeu » sont mon domaine de travail depuis de nombreuses années, étant quasiment seul dans ce secteur désert de la montagne, voilà soudain débouler des hordes de citadins dont la seule présence fait complètement l'impasse sur tout ce qui aura été élaboré patiemment sur ce thème. Tels des sauvages.

J'ai publié de nombreux articles sommaires du genre « ce qu'il faut faire pour nous sauver », « tous les maux du monde », « l'intercoopératives », et surtout sur le principe des systèmes dévaluation rétroactifs, qui sont de mon point de vue la panacée. C'est normal que ces billets soient confidentiels et d'un certain point de vue psychiatrique, « normal » qu'ils soient considérés comme très secondaires.

Tant que le monde reste dans une relative paix, bien que 1/6ème de l'humanité crève de faim et que cela ne se voit pas à la télé, c'est très difficile de percer à travers les conceptions acquises depuis la naissance par les gens des pays riches.

Qu'ils ne se soient jamais révoltés contre la misère subie par les autres par leur faute indirecte, par leur silence et leur inaction, constitue déjà un crime grave, auquel ils semblent accoutumés.
Peut-être même que c'est cette misère mondiale comparative qui rendrait la lutte pour ses droits illégitime tant qu'il ne s'agissait que de s'inquiéter de ce qui est égoïste.

Mais maintenant on peut faire le calcul : la vitesse du vélo est de 40 Km/h, son cycliste dévale la pente dans le but de gagner une course idiote, les freins sont inopérants, et le ravin se situe à moins de 5 mètres : que faire ?

Faut-il être l'unique et magistral messie pour voir que la mort guette ?
Y a-t-il des preuves dont les gens auraient besoin pour ne pas risquer de s'alarmer inutilement, de peur de gaspiller une énergie intellectuelle enquilosée par des décennies d'inaction ?

Même aux derniers fous qui réclament « il faut le voir pour le croire », on peut avoir envie de répondre : Vous ne voyez déjà pas ce qui est sous vos yeux ! Quand ce sera l'heure de voir il sera trop tard !!

Que faut-il de plus ? Les limites de ce qui peut être qualifié d'humain ont déjà été dépassées. Toute action désormais ne sera plus dans le cadre de l'intelligence mais dans celle du réflex de survie.

- Se jeter à terre, se frotter la gueule sur la pierre, se promettre à des écorchures et des blessures inévitables, est tout ce qu'il reste à faire.

Mais pour l'alarmisme aucun besoin de mon renfort ils savent le faire ; par contre les raisons de cet alarmisme ne devraient-elles pas être le centre du débat ?

Alors bon.

Les cinq biens et services vitaux sont l'habitation l'alimentation la santé l'éducation et les transports.

Pour les uns et les autres sont vitaux la logistique, l'organisation prévisionnelle, l'écologie la paix et l'énergie humaine.

Tout le reste, le commerce les assurances la finance la politique, c'est à dire ce qui fut notre véhicule, on n'en a pas besoin on peut le balancer, s'en délester, l'envoyer dans le ravin, c'est pas grave au moins il n'y aura pas mort d'homme.

Voilà les données du problème sont simples.

L'observation est que malgré le temps aucune évolution n'a permit d'aboutir à ce que les droits de l'homme ne se réalisent, au contraire le travail la liberté de se mouvoir l'assurance d'avoir une vie paisible, la justice et l'équité n'ont pas pu être atteints, et cela pour des raisons très précises (que sont la finance le commerce la politique etc...).

Même le droit d'avoir un travail, enfant d'un système déjà périclité, n'a pas été rendu, au contraire on accusait les sans-emplois d'être des sans-emploi.

Pourtant il est possible d'obtenir les effets préconisés par les droits de l'Homme, autant qu'il est certain qu'il aurait pu être possible de les atteindre depuis longtemps mais bon.

A la limite quel que soit le système comptable permettant de les obtenir peu importe, il faut d'abord les réaliser en ensuite changer les règles qui les en empêchent ; et non l'inverse, qu'on fait d'habitude, rogner sur les droits de l'Homme en raison de ces règles qu'on imagine seules capables, par principe, d'y aboutir. Je sais c'est stupide. Mais c'est toute l'année.

C'est à dire que la création d'un système doit succéder à la création du résultat de ce système, non le précéder. Car au final la structure est une chose mentale facilement changeable, tandis que le résultat qui veut être obtenu lui est rigide et certain, et urgent : nourrir tout le monde de façon équitable.

Ainsi la seule question de la création d'une nouvelle architecture est-elle déjà en soi une mascarade, tant qu'elle ne tient pas compte de ce qui appartient au champ d'étude des altermondialistes.

Et même avant d'en arriver là, n'eût-il pas fallu ausculter les injustices, les erreurs, les incohérences, l'absurdité, et toutes les autres critiques sévères d'un système de toute évidence affreusement injuste, inopérant, inepte, et même simplement : qui n'a jamais pu être pensé dans sa globalité ?

- Toute solution proposée ne tient compte que d'un milliardième des données du problèmes, et pour cette raison au moins il est légitime de s'inquiéter.

Toute l'architecture est héritée d'us et coutumes qui sont plus à classer au rang de rituels religieux que de pratiques fonctionnelles.

Il faut se lever le matin et être prêt à huit heures, car avant les agriculteurs devaient profiter de la lumière du soleil.
Il faut manger à midi et le soir, car avant le principal du travail était physique.
Il faut engranger des fortunes, car avant il fallait pouvoir passer les hivers en ayant l'ultime intelligence d'engranger (mettre dans une grange) du grain.
Il faut établir un prix de tête en visant large, car on ne sait jamais quels sont les frais qu'il faudra ajouter au coût d'une production.
Il faut réduire les coûts de production au maximum car ainsi on augmente le bénéfice qui sert à la précédente chose (inclure des coûts non prévus) sans augmenter le prix.
Il faut mettre son argent dedans une banque comme ça le gentil monsieur de la ville le gardera dans un coffre-fort très solide.
Il faut donner des coup-de-pieds aux jeunes car d'instinct ils n'ont pas envie d'aller labourer les champs en fouettant le boeuf.
Il faut être bien rasé car ainsi on prouve qu'on n'est pas sale et donc porteur de microbes.
Etc etc...
Quand un supérieur hiérarchique dit une chose il ne faut pas le contredire car lui au moins il sait ce qu'il fait.

Tout cela, est notre « architecture ».
Rien de tout cela n'a plus de raison d'être pourtant ça a toujours cours, au point que ça en devienne dogmatique, militairement imposé par la force, et objet de discrimination quand ce n'est pas respecté.

Ainsi quand un homme expose sa grande richesse financière, au lieu de l'insulter pour avoir dérobé leur moyen de subsistance aux pauvres, les pauvres le félicitent et se sentent presque merdeux et inférieurs par rapport à lui.

Après cela, venez me parler de « changer les règles du jeu ».
Allez-y faites-moi rêver.

- Bien qu'on en ait pas besoin, et bien que cela n'ait produit aucun bénéfice, ce sont pourtant des politiques impérialistes motivées par des buts lucratifs qui ont causé sciemment la faim et la pollution à grande échelle.

Afin d'éviter que les gens ne se rendent pas compte que le sacro-caint « libre échange » aurait dû lui rendre favorable une immigration intense (puisque plus de monde = plus de demande = plus de richesse), une mentalité de racisme est venue s'intercaler comme une excuse afin de dissimuler la faille majeure de la religion économique : qu'elle ne marchait pas.

Que la démographie des pays soit l'objet d'une concurrence effrénée alors que la population globale va dans le sens inverse de ce que le système peut lui-même supporter, n'a-t-il jamais été perçu comme une flagrante contradiction ?
Ceci n'est-il pas sensé faire apparaître l'idée qu'il serait plus judicieux de procéder à une comptabilité globale plutôt qu'à une concurrence absurde des comptabilités locales ?

C'est le genre de thème qui exige que soit prioritaire non pas la règle qu'on s'était fixée, mais plutôt les Droits de l'homme que ces règles étaient sensés permettre.
C'est là qu'il aurait fallu, déjà, se dire qu'il y avait un problème.
Pas en attendant que l'autodestruction du système n'atteigne les couches de la population qui sont les plus en sécurité.
Mais bon.

- Le seul principe de l'argent est à remettre en cause, ainsi que les principes pourtant élémentaires de commerce, d'élaboration des prix, qui d'habitude sont confiés à la joie de l'arnaque.

Tous les prix qui sont pratiqués et la plupart des biens qui sont vendus, sont ancrés d'arnaque, et même le principe de l'arnaque est ce qu'on nomme avec une foi religieuse : le libre-échange.
Pratiquer l'arnaque « est un art », c'est « bien », et ne pas en avoir l'instinct, ne pas profiter des avantages offerts par une injustice, est une « faiblesse ».

Il n'est pas humainement concevable qu'un système ait pour but principal (étant donné qu'on peut nommer but principal l'effet le plus flagrant) la destruction de la nature, la baisse de qualité infinie des biens de consommation, et la mise en esclavage des peuples.

Ce n'est pas en appliquant les recommandations superficielles et névralgiques, et conçues pour les arranger, des politiques actuelles qu'on pourra résoudre cette flagrante observation.

De la simple et seule énumération des inconvénients du système actuel, découlent d'office les solutions les meilleures pour l'avenir de l'humanité.

Cela permet une bien meilleure économie intellectuelle que de commencer ce travail par son commencement.

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