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Dire les choses simplement

Dans mon dernier article (1) je concède de ne me concentrer que sur l'étape 1/10 du projet complet de réforme légitime du système social, en continuant à utiliser l'argent commun et en réduisant à une idée unique et facilement portative tout ce qui peut être demandé par un peuple : 1000 euros par mois pour tout le monde, sur toute la terre.
Le but de la manoeuvre étant bien sûr de rendre caduque par avance la plus grande totalité des crimes qui ne peuvent que découler de la misère provoquée par l'inconséquence du système actuel.

(1) 1000 euros par mois pour tous w41k.info

Faire cela hélàs, conservera en l'état des structures injustes et des commerces frauduleux, et ne servirait qu'à éviter les famines, sachant qu'au-delà de cela, il s'agit d'améliorer le rendement et l'écologie du système, c'est à dire de lui permettre de se fixer cela pour objectif, ce qui est toute une autre histoire.

Car ce dont l'humanité a besoin, c'est d'intelligence, en plus de panache et de courage.

Oppressés par le temps qui joue contre nous, il est difficile de faire voir toute la beauté et la sophistication d'un plan, fut-il parfait, et donc encore moins de l'analyser froidement s'il ne l'est pas.

Ainsi l'exercice qui consistera à dire les choses les plus simples et directes, les plus vraies et les plus sincère va-t-il s'avérer être la première condition du sauvetage de l'humanité de l'enfer qu'elle a laissé ses puissants en faire.

-- Jésus présentait ses meilleurs potes comme « des simplifiés », par opposition à des simplistes ou des manichéens, c'est à dire des gens qui ont traversé la forêt de la complexité et y ont dégagé des chemins clairs et praticables.

Dans une première analyse de la situation dramatico-économique actuelle, voici une idée-maître posée par le groupe WSWS : « Pour ce qui est des multimillionnaires et des milliardaires qui monopolisent l'économie et qui dominent le gouvernement américain, ils resteront aussi impitoyablement préoccupés que jamais par leur enrichissement personnel. ».

Je crois que ça résume bien la situation.

Il est en effet dramatique que la famine soit créée sciemment par des puissants qui désirent ardemment et inconsciemment le rester, ce que Jean Ziegler nomme de véritables « assassinats ».

On peut aller plus loin. tout système défaillant se terminant inéluctablement, ceux qui en sont les maîtres n'ont plus aucune marge de manoeuvre dans leur décision.
Non seulement leur esprit est cloisonné par les règles d'un système absurde, mais aussi toute l'intelligence dont ils feront preuve ne pourra pas rivaliser avec celle d'un enfant à peine en âge de comprendre le monde.

Dans ce contexte, on a pu observer la naissance d'une nouvelle mode qui consistait à faire re-voter des lois qui n'étaient pas passées au premier coup, d'abord avec la constitution européenne trop sauvagement libérale, qui voulait placer la liberté du marché à la hauteur d'un droit de l'homme, mais ensuite le plan Paulson aux états-unis, qui donna l'idée aux autres pays de socialiser les pertes des sociétés privées à but lucratif les plus dommageables pour l'humanité.
Par opposition, au Vénézuéla l'année dernière quand la constitution de Chavez n'a pas été votée, celui-ci s'est incliné humblement, poursuivant par un chemin plus rallongé son objectif.

L'eau ne casse pas la pierre elle le contourne.

- Mais « dire les choses simplement » est aussi un piège car il est difficile de discerner dans une première approximation l'affabulation manichéenne d'une simplification noble et judicieuse. C'est ce en quoi les idées racistes ont toujours excellées, en confortant des raccourcis intellectuels qui étaient de véritables pièges pour l'humanité.
Car en fait il existe bien des différences de supériorité entre certaines personnes et d'autres, comme les adultes et les enfants, et ce que cela implique, est avant tout la responsabilité des forts envers les faibles.

Et c'est ce en quoi excellent les politiciens embrigadés dans un système injuste, dont le principal du métier est de communiquer de façon publicitaire et partiale des décisions aussi brutales qu'alambiquées.

Où je veux en venir c'est que confrontés à la non possibilité de choisir, et habitués au langage des slogans sophistes, déjà les politiciens eux-même agissent de façon déterministe, ce qui préfigure la société telle qu'elle se dessine si on continue sur ce chemin : une dictature.

Il y avait des prémisses qui ne trompent pas, certains ont réellement cru qu'il était « laïque » de discriminer des femmes portant des tissus de coton sur la tête, certains ont vraiment cru qu'il était scandaleux de parler sincèrement des crimes commis par des pays alliés, certains agissent pour que toute parole contradictoire avec les opinions d'état soit criminalisée et qualifiée de « terroriste », etc etc...

Le problème est que l'impuissance des puissants à se dégager d'un système où les contradictions pullulent comme un cancer à une vitesse exponentielle, conduit à ce que le seul état d'esprit acceptable pour que leur gestion soit la moins chaotique possible soit la soumission inconditionnelle des peuples à tout et n'importe quoi, sans jamais se référer à la logique ou à la morale, mais uniquement à une autorité lourde et pesante, dont le but est de construire des réflexes de peur et de contrainte.

C'est à dire de rendre directement valable dans la loi ce qui n'est que l'état d'esprit dans lequel ils sont contraints de se réfugier eux-mêmes, étant incapables de remettre en cause les règles injustes dont ils jouissent.

Saisissons cette opportunité pour leur faire comprendre qui est vraiment le maître à bord du vaisseau de l'humanité.

Il n'a jamais été réellement compris en ce bas monde que ce qui impulse l'évolution n'est pas une pression comme le moteur d'une fusée collée au derrière d'une humanité qu'il faut battre pour qu'elle avance sur un chemin prédéterminé.

Ce qui est vraiment moteur d'évolution est le degrés d'intelligence dont on est capables.
Ce qui doit être « directeur » ne pourra jamais, en aucun cas, n'être que la force, puisqu'elle n'est qu'un effet de l'intelligence et de l'imagination.

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