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tout un chemin

On pourrait me poser la question « c'est bien ce que vous dites mais quand même vous n'êtes pas sérieux ? Refondre la société aussi entièrement ne pourra jamais marcher, même théoriquement on sait que les changements ne peuvent être que graduels ! »
« N'aurait-il pas été plus judicieux de faire conserver à vos idées une dimension « exemplaire » ? dans le sens où ces propositions ne sont qu'à titre d'exemple, mais pas pris littéralement au pied de la lettre ? (sachant que le plus important c'est de montrer qu'il est possible d'en avoir l'idée)

-réponse de moi-même :
C'est en effet très important que le concept prédomine dans le discours, et oui bien sûr la matière sur laquelle il travaille n'est que synthétique, à défaut d'être exemplaire.
Dessiner un système social comme certains, dont c'est le métier, créent des jeux de société (ce qui est très parlant du genre de technique qu'il faut déployer si on parle de repenser la système social – en fait le système des échanges), savent le faire, ne peut qu'être insuffisant, car la question au fond est comment ce système se greffe-t-il la réalité telle qu'on la connaît ? Concrètement, les gens doivent faire quoi, hormis la première remarque : « les gens se lanceraient-ils aussi benoîtement dans le premier projet de système social venu ? »

Déjà il faudrait que les gens se lancent,
ensuite que le système dans lequel ils se lancent soit éprouvé par simulation et surtout par le consensus,
et enfin il faudra savoir dire quoi faire et à qui.

C'est tout un chemin !

Alors qu'une c'est une mutation du système existant suppose qu'on n'ait aucun de ces soucis ou de ces questionnements.

Donc de deux choses l'une, soit les choses vont se résorber toutes seules, auquel cas même de paniquer il n'est pas la peine – ça c'est la théorie selon laquelle il eût été préférable de ne pas même bouleverser les règles du système au moment où les banques faisaient faillite – soit on fait l'observation de certains mécanismes, et alors forcément, ce travail fait prendre la direction d'obtenir au final un contrôle sur ce mécanisme.

Et si contrôle il doit y avoir, autant qu'on ait au préalable le contrôle du système en entier, qu'on l'ai entièrement en pensée pour mieux pouvoir travailler dessus ensuite.

Cela, c'est la version que je préconise, celle du changement conscient. Avoir conscience, connaître, puis maîtriser le système, dont dépeint des vies humaines quand même, est de la plus haute importance.
Si au contraire on se limite à devoir faire émerger quelques règles de fonctionnement en se basant sur les mécanismes et les règles du jeu tels qu'ils sont aujourd'hui, étant donné que ces derniers sont le fruit d'un empirisme aveugle, tout ce qu'on a à notre disposition pour opérer ce sont les lois de la thermodynamique, pour cette raison que nous sommes réduits à ne pouvoir comprendre que des phénomènes macrophysiques.

Dans ma tête, la liberté elle-même est une délégation à l'humain d'un mécanisme de la nature, qui ressemble à une force centrifuge, dans la mesure où l'énergie découle de deux forces combinées, l'évolution (la poussée initiale du bolide) et une contrainte (un câble invisible relié entre le bolide et un point fixe arbitraire). De là, l'objet est continuellement contraint d'adopter un trajet cyclique (moteur = système).
Peut-être que ça vient de là les répétitions de l'histoire, du fait qu'on conserve malgré l'évolution des repères mentaux identiques, alors les mêmes événements se reproduisent, à toutes leurs échelles.

La liberté, qu'est la délégation du choix de la contrainte à l'émulation produite par la fusion de tous les cerveaux humains prix ensemble, souligne bien la nature de ce qui veut que soit entrepris par l'humain : la prise en main de son système social.

Bon, c'était un aparté, mais ça nous conduit à cette question, quelles contraintes doivent être centrales dans le système ? Cette question n'a jamais été résolue car jamais posée, car depuis toujours implicite de la formation du système social humain, qui se nomme l'argent. (puis qui en découlent la propriété privée, et forcément la liberté de contrat).

Car le jeu amusant et qui devrait être conseillé à des groupes d'étudiants de tous les âges rien que pour l'intérêt de l'exercice, consistant à créer de toutes pièces un système fonctionnel, ne peut être qualifié de réaliste qu'au regard des contraintes qu'il s'est posé à lui-même, et à la façon dont elles sont structurées entre elles.
Sinon c'est du délire.
(les gens qui sont incapables d'incorporer assez de contrainte dans leur pensée sont dit des délirants – c'est un truc qu'on devrait tester avant d'élire des président – enfin je dis ça comme ça).

- Ainsi est-il légitime que ma proposition pour un monde meilleur (en gros, une contrainte, les droits de l'homme, un mécanisme, informatique, un état minimal sur lequel se greffent les autres états (économie de confort, économie d'abondance) fasse l'effet d'un frénétique angélisme, ou d'une naïveté ridicule.
La prise en main des règles du jeu des échanges est une science qui dépasse de loin ce que les hommes savent faire apparemment, même si ça marche ce sera détruit par réflex, rien que d'en parler pourrait même être odieux à certains.

Il n'y a pas de moment favorable pour faire cette opération historique, à part celles de crise, qui se résolvent toujours plus ou moins, ou si ce n'est pas le cas, alors on verra.
Pourtant dans la pratique, si on est en guerre, le système social (des échanges) peut se voir résolument transformé, les services, les redevances entre les gens peuvent être de très différentes natures. Ce ne sera pas un contrat par exemple qui fera échanger un bien contre un service passé il y a longtemps, et avec le plus grand sourire.

Il y a d'autres systèmes qu'on a sous les yeux qu'il serait bon d'avoir analysés aussi, les micro-systèmes comme l'organisation militaire ou industrielle, à l'intérieur même des sociétés, où chaque « habitant » a un salaire obligatoirement, et travaille obligatoirement.
Personne n'a jamais par exemple supposé qu'il serait possible d'étendre le principe des entreprises au principe des sociétés (humaines), et en présence de cette contrainte, modeler les entreprises de sorte que le développement de leur méthode finisse par toucher tout le genre humain.
(et heureusement, ou dommage plutôt).

C'est pour cette raison qu'il est fondamental d'observer que dans la proposition de création ex-nihilo d'un système, avec l'exemple qu'est le nôtre, nous avons prit soin de créer le concept de « raison sociale », par extension du but non lucratif, puisque le patron pour lequel le système est lucratif, ce serait toute la société.

On peut aussi imaginer que les systèmes sociaux soient plusieurs, et en concurrence les uns aux autres, selon les mêmes modalités que le libéralisme actuel. Dans cette optique j'avais pondu le principe de nationalité non géographique, adoptée par contrat libre, indépendamment de toute considération (vraiment totalement libre).

Dans ce cas aussi, on n'aurait presque rien changé au système actuel, à part de simples considérations mentales, ayant pour objectif que la société puisse vivre ; sans temps d'interruption, car pour un système vivant, c'est illégal d'envisager cela.

Quand les banques (entreprises en faillite) sont renflouées par les états qui ne peuvent se passer de leurs services (car si ils font faillite forcément ils mettront à mort leurs mécanismes – enfin « forcément » c'est un peu du chantage mais bon) alors soudain la règle du jeu du système social humain vient brutalement de changer. Le risque est l'interruption que constitue ce trop brusque changement, bien plus angulaire plus intense que tous les exemples que nous avons pris.

Dès lors on plonge dans un monde où on se voit obligés de demander : « mais si on donne cet argent aux banques pourquoi ne pas le donner directement à ceux que les banques font vivre, et réduire le phénomène de banque à sont plus simple appareil, à savoir : une base de donnée entièrement automatisée ?

Ou alors, on n'a rien le droit de dire, car cette civilisation ne peut plus supporter la logique, en raison du fait que le système social sur laquelle elle fonde toutes ses mécaniques est bien moins élaboré que ces dernières. Dès lors, comme je le disais au début, si on ne peut agir qu'au niveau macrophysique, il ne fait pas s'étonner que le système tel qu'il existe oblige à ce que de telles injustices puisse se produire, sans ne laisser aucune autre alternative.

Ceux qui sont tellement imprégné par ce système, jusque dans leur plus profonds réflexes, se croient rationnels d'affirmer qu'il est stupide, incohérent voire dangereux d'envisager un système social entièrement rénové et repensé, ou en tous cas autre chose que l'existant déjà.
C'est la principale difficulté de cette transition systémique, et pourtant à partir d'un certain moment de délire, il apparaît que c'est moins stupide que de devoir subir les dysfonctionnements actuels.

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